Les États-Désunis d'Amérique

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DR (Crédits : Albert Caen)
L'Amérique va mal. Elle souffre pour l'essentiel des mêmes maux que les nôtres. Ils ont pour noms vieillissement de la population, endettement excessif, chômage de masse, déficits budgétaire et commercial et stagnation du niveau de vie.

Il est un domaine où elle fait pire, c'est le creusement gigantesque des inégalités, avec un écart entre les plus riches et les plus pauvres au plus haut depuis la crise de 1929. Il y a, en revanche, deux domaines où elle fait mieux, beaucoup mieux. Le premier : son dynamisme entrepreneurial, soutenu par un écosystème d'innovation qui fait l'admiration du monde entier et a fait naître des géants qui n'existaient pas il y a vingt ans.
Le second atout de l'Amérique est inscrit dans sa culture profonde : c'est la confiance inébranlable de ce peuple de migrants dans la résilience de son système capitaliste et universaliste. On aurait pu le croire menacé par la crise financière de 2008, qui a failli rayer Wall Street de la carte. Et pourtant, malgré leur immense ressentiment contre la finance, les Américains continuent majoritairement de croire en l'économie de marché.
L'Amérique va mal mais elle se redresse lentement : automobile, finance, industrie, nouvelles technologies sonnent le réveil du géant. La croissance revient, le marché immobilier va mieux, et les créations d'emplois s'améliorent, lentement. Certes, pas aux niveaux auxquels les États-Unis nous avaient habitués : 2% de croissance du PIB outre-Atlantique, nous nous en contenterions volontiers, mais c'est à peine suffisant pour faire baisser un taux de chômage dont les économistes se demandent s'il n'est pas devenu structurel. Et très insuffisant pour rétablir naturellement les comptes publics.
L'Amérique pourrait aller mieux, si elle arrive à affronter son principal défi, sa désunion. Entre l'Amérique blanche des classes moyennes, essorée par la crise, tentée par le Tea Party, et les Noirs et les Latinos, dont la poussée démographique change le pays en profondeur, le fossé se creuse. L'Amérique qui votera ce mardi s'interroge avant tout sur son identité. Pour Barack Obama, la reprise arrive bien tard et le premier président noir de la démocratie américaine, largement en tête jusqu'à l'été, est désormais au coude-à-coude avec son rival républicain, Mitt Romney. L'élection présidentielle de 2012 se jouera peut-être, en faveur d'Obama, sur une surprise d'automne, l'ouragan Sandy qui vient de dévaster la côte Est du pays en provoquant, selon les premières estimations, quelque 20?milliards de dollars de dégâts.
Pourtant, le vrai sujet est ailleurs. Plus de 80 grands patrons américains, dont ceux de Boeing et de Microsoft, viennent de lancer un appel pour que républicains et démocrates trouvent, quel que soit le résultat du scrutin, une solution pour la dette, qui est selon eux une menace pour la « sécurité » du pays. Le premier défi pour le nouveau président sera de franchir la falaise fiscale de la fi n d'année. En l'absence d'accord budgétaire, c'est l'équivalent de 3% du PIB de baisses d'impôts et de dépenses publiques qui serait effacé automatiquement, largement de quoi faire replonger le pays dans la récession. Qui doit payer pour la crise? Tel est l'enjeu principal du scrutin du 6?novembre. Jamais sans doute depuis Reagan, en 1980, la fracture idéologique n'aura été si profonde dans une Amérique en plein doute.

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Commentaires
a écrit le 15/11/2012 à 9:27 :
L'argent c'est de la dette; le peuple un peu partout commence à comprendre qu'il y a équilibre automatique entre endettement et richesse, car c'est la comptabilité qui l'exige, c'est donc une vue comptable qui a créé notre monde actuel; et donc augmentation structurelle des revenus des banques et donc leur taille, le système a ainsi été fait depuis 30 à 40 ans par des banquiers pour leur permettre de contrôler le monde à terme. Finalement il n'y a plus guère qu'eux qui "investissent" à long terme.
Alors évidemment, le système mis en place est en train de casser car les dettes ont trop vite augmenté et de trop nombreux pays ont été trop mal gérés, mais heureusement les banquiers veillent, leurs banques ne sauteront pas, pas avant la prise de contrôle du monde.
Que demandent finalement les gens dits "de gauche" ou ceux comme le "tea party" ? l'annulation de la dette corollaire à tout argent émis, que de l'argent soit émis librement, comme l'or, c'est à dire ayant une valeur intrinsèque et qu'on augmenterait en quantité à fur et à mesure des besoins; mais pour cela il faut passer sur les pieds des banquiers.
On en arrive à la situation où une personne ayant 1000 euros sur son compte et sans dette sera considérée comme plus pauvre qu'une personne ayant 1 million mais ayant 1.2 million de dette, car cette dernière pouvant payer les charges de la dette. Notre comptabilité serait-elle devenue absurde ? Dans la nouvelle société qui arrivera il faudra certainement changer la comptabilité mais aussi donc le mode de calcul des impôts, ceci sera nécessaire pour éviter l'effondrement total.
a écrit le 06/11/2012 à 14:13 :
pourquoi s'obstine-t-on à dire que Barack Obama est le 1er président "noir" des EU. Sa mère est "blanche". Donc il est métis. 1er président des EU non blanc = oui.
a écrit le 06/11/2012 à 11:20 :
"Mais qu'importe l'écart entre les plus riches et les plus pauvres si le niveau de vie des plus pauvres s'est considérablement élevé". Qui peut écrire de telles inepties? Et ce n'est pas être "socialiste" que de croire simplement que chacun à le droit,tout simplement, de vivre dignement.
Réponse de le 06/11/2012 à 11:54 :
C'est du La Tribune. Il faut croire que ce sont les meilleurs (entendre journalistes) qui sont partis les premiers...
Réponse de le 06/11/2012 à 12:19 :
chacun est libre de croire ce que veux dire dignement...c'est ce que j'essayais(maladroitement)de faire comprendre...si je prends les "données" de ce qui est considéré comme "etre pauvre" en france(uniquement sur des revenus et sans compter les aides,droit à,etc..)95% de la planète est pauvre,si les paradis fiscaux sont des états qui ont une imposition moindre que la france,164 états sont des paradis fiscaux,si l'on regarde les droits sociaux en france,TOUS les états font du dumping social...si l'on refuse de rembourser la dette,on aura fait cela au détriment des bailleurs et maintenir notre train de vie au détriment des pays émergents ou de l'allemagne en parlant de "dumping social" ne me semble pas tres "digne",mais c'est un point de vue personnel..surtout afficher du mépris pour ces peuples qui travaillent dur pour essayer de se construire un avenir meilleur en des temps difficiles me parait etre le summum du racisme(ethnicisme/xénophobie/intolérance de la différence,mettez le mot qui vous conviendra le mieux)
a écrit le 06/11/2012 à 9:16 :
Mais qu'importe l'écart entre les plus riches et les plus pauvres si le niveau de vie des plus pauvres s'est considérablement élevé. On a dans cet article toute l'idéologie égalitariste socialiste mue par l'envie et la jalousie : couper tout ce qui dépasse pour niveller par le bas. Donc haine de celui qui gagne ou possède plus que l'autre. Alors que le dynamisme vient des différences, justement.
Réponse de le 06/11/2012 à 10:54 :
merci de votre analyse.Je n'oublie pas cependant l'augmentation des écarts entre faibles revenus et hauts revenus depuis trente ans dans le monde qui est source de problemes;cependant la "qualité" de vie des pauvres c'est nettement améliorée(surtout en france)c'est d'ailleurs une des limites du rapport gallois(imposee par la question de ayrault à gallois,cf rapport gallois)ou l'on definie la croissance...et les réactions légitimes de certains internautes:prendre en compte les aides,subventions,allocations données à ces populations.Autre problème,la possibilité offerte de changer de classe sociale...avec beaucoup de frein idéologique en france:celui qui a reussit est un "pourr" ou un "fils de"...enfin le chomage me semble stable aux states à 8% depuis des décennies,mais avec des personnes cumulant plusieurs emplois et des "journaliers"..comme toujours,les chiffres ne tiennent pas compte des mentalités et des lois de chaque pays...cependant les prétendants au poste aux e-u savent que l'élection se gagne sur le programme économique...ce qui n'est pas le cas en france
a écrit le 06/11/2012 à 8:06 :
Bon article qui oublie une donnée essentielle, le dollars. Tout secpaye en dollars . Les monnaies mondiales s index sur le dollars. De fait, si demain le systeme capote du fait d une dette trop importante, les americains reformeront le systeme et effacerons leur dettes car de toute maniere il faudra continuer a nourrir la bete , et tout le monde sera d accord, les chinois en premier. Est ce le cas de l europe et de l euro ?
Réponse de le 06/11/2012 à 8:30 :
Ou Alice aux pays des merveilles, la preeminence du dolaars n'est deja plus qu'un leurre et cette monnais est attchee a la puissance des USA les deux vont de paires. Le jour ou les US ne seront plus qu'une puissance parmi d'autres le $ ne sera plus qu'une puissance parmi d'autres et soyez certain que la ou les nouvelles puissances y veilleront...
Réponse de le 06/11/2012 à 11:10 :
à French ;
Le dollars ne fait plus envie, les Chinois n' achète plus de dette Américaine. le trésor à pris le relais
d' ou planche à billets......qui a sa limite imminente. Brésilien Indien Russe et Asie du sud est idem
Pour finir combien de gents vivent en dessous du seuil de pauvreté .?
Réponse de le 06/11/2012 à 11:58 :
à French kiss: Tu as déjà quelques wagons de retard. L'hégémonie du dollar est finie. De plus en plus de transactions internationales se font en Euros justement, et en Yuans. La puissance américaine n'est plus que du vent. Malheureusement ils sont trop aveugles pour s'en rendre compte... un peu comme toi...

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