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Libre échange : le syndrome du village d'Astérix

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Philippe Mabille  |   -  1255  mots

La France a peur, comme dirait ce bon vieux Roger Gicquel. De tous les peuples du monde, nous serions, selon une étude fameuse de l?Université du Maryland, l?un des plus rétifs à l?économie de marché et au libre commerce. Avec 41% d?opinion favorable, contre 36% en 2005, nous remontons néanmoins la pente, alors que la cote d?amour du marché baisse dans les autres pays. Le débat sur le TTIP, dont le mandat de négociation européen vient d?être validé permet de revisiter ce vieux poncif qui a la vie dure.

En anglais, TTIP, ou Transatlantic Trade and Investment Partnership, ça fait chic ; en français, traité de libre échange bilatéral Etats-Unis/Europe, cela fait peur, parce que, de ce côté-ci de l?Atlantique, on se méfie du libre échange.

 

La France a donc peur, mais qui a peur, de quoi et de qui ? De l?invasion de la malbouffe yankee nourrie aux hormones et aux OGM? Oui, certes. Mais a-t-on avec la crise de la viande de cheval dans les surgelés beaucoup de leçons à donner à ce sujet, tandis que la PAC favorise aussi en Europe une agriculture intensive à hauts rendements. Peur pour le respect de la vie privée (on l?a vu avec l?affaire PRISM sur l'espionnage par le gouvernement américain des citoyens du monde entier) de la domination inquiétante des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon)? C?est clair. Mais c'est un sujet de régulation, pas un sujet de commerce. D?ailleurs, nous ne sommes pas seuls à nous méfier de l?Oncle Sam, qui pousse son avantage pour tenter, avec ce traité de libre échange, de s?imposer, entre le Pacifique à l?Ouest et l?Atlantique à l?Est, au c?ur du commerce mondial.

 

La France affaiblie par la récession a peur, mais comme le dit un célèbre dicton, « la peur n?évite pas le danger »? Les négociations qui vont commencer en juillet sur le commerce entre les Etats-Unis et l?Europe ont mis plus de cinquante ans à s?ouvrir. Il faudra au moins deux ans pour espérer des décisions concrètes. Pendant ce temps-là, on peut prédire que la Chine et les pays émergents vont continuer de nous prendre des parts de marché. On a donc raison d?être prudents, car un accord de libre échange est rarement gagnant-gagnant pour tous, mais on aurait tort de se priver de cette opportunité d?augmenter la taille du gâteau, même si c?est pour n?en prendre que quelques miettes.

 

L?Occident, en perte de vitesse dans la mondialisation n?a rien à perdre à un accord équilibré en son sein qui le renforcera dans les secteurs où il bénéficie encore d?avantages comparatifs face aux pays à bas coûts, c'est-à-dire les secteurs à haute valeur ajoutée et les services. Créer le plus grand marché du monde, celui où malgré la crise, le PIB par habitant demeure le plus élevé, c?est une louable ambition. D?ailleurs, s?il reste ferme sur l?exception culturelle dans l?audiovisuel, François Hollande ne refuse pas, loin s?en faut, cette négociation contre laquelle s?unissent tous les souverainistes, de droite et de gauche.

 

On l'a bien compris cette semaine avec la polémique entre la France et José Manuel Barroso : le président très libéral et atlantiste se trompe de combat quand il juge la France « réactionnaire » parce qu?elle défend les secteurs où elle conserve des positions fortes. Les Etats-Unis le font aussi, pour leurs agriculteurs, leur aéronautique et leur finance, qui a décidé unilatéralement de ne pas appliquer les accords de Bâle 3 (alors que les banques européennes s'y sont soumises). Qui traite l'Amérique de « réactionnaire » ?  Pourtant, il y aurait de quoi saisir l'OMC, si le sujet de la finance y était éligible.

Ce qu'aurait vraiment voulu dire Barroso, du moins c'est ce qu'il a expliqué dans un grand mouvement de rétropédalage sur sa déclaration maladroite, c'est que le combat des extrèmes (droite et gauche) en France contre la mondialisation est rétrograde. Ce n'est pas faux. La France, du moins une partie de la France, a vraiment du mal avec la mondialisation, comme d'ailleurs avec l'euro, accusés de tous les maux et en particulier de détruire l'emploi. Cette position existe, elle a ses arguments, mais elle est loin d'être majoritaire. Et on voit bien que dans la réalité, les entreprises françaises, les grandes du CAC 40 comme les PME, cherchent à s'ouvrir de nouveaux marchés à l'extérieur, dans les pays émergents. Pour ces entreprises, une plus grande ouverture commerciale de l'Amérique, l'autre plus grand marché de consommation du monde, serait à l'évidence une bonne choses. Même s'il ne faut pas en exagérer les effets réels.

Le grand problème de l?Europe, c?est que la notion d?intérêt général européen n?y existe pas vraiment. Il n?y a que la juxtaposition d?intérêt nationaux. En France, cela s?appelle le syndrome du village d?Astérix. Si la France, ou une partie de la France, craint d?avoir plus à perdre qu?à gagner à un accord transatlantique, c?est qu?elle devine bien que le libre échange profitera plus aux pays forts et compétitifs. Et que ce n?est pas le cas, loin s?en faut, de la France de 2013. Plutôt que d?accuser la commission de Bruxelles - qui s?est néanmoins parfois montrée bien trop naïve en matière de commerce (on en voit l?effet retour sur les panneaux solaires chinois?)-, ou bien l?impérialisme américain, chaque pays doit avoir le courage de balayer devant sa porte.

 

En matière de concurrence, force est de constater que la France cultive encore trop souvent les archaïsmes, retardant le moment, inévitable où la réalité s?impose. C?est cela, le bienfait du libre commerce, que d?accélérer les mutations nécessaires. Si pour cela, il faut supprimer quelques rentes, qui feront hurler quelques chiens de garde, ce n?est pas un prix si élevé à payer pour redonner de l?espoir aux millions de jeunes qui recherchent désespérément du travail. Et savent bien bien qu?il ne trouveront pas tous leur futur emploi dans l?agriculture, dans l?industrie métallurgique ou dans l?audiovisuel, mais bien plutôt dans la nouvelle i-conomie, de l?innovation et des services immatériels de demain.

 

Evitons donc les faux-semblants. Si la France profitera moins que le Royaume-Uni ou l?Allemagne, en terme de croissance et l?emploi, d?un présumé "boom transatlantique", elle en profitera un peu quand même : 122.000 emplois selon un récent rapport de la fondation Bertelsmann. Par les temps qui courent, à raison de 30.000 chômeurs supplémentaire en moyenne par mois, a-t-on les moyens d?en faire l?économie ? D?autant qu?il ne tient qu?à nous, par un effort accru de productivité et de recherche-développement, que d?espérer prendre une part encore plus grande au festin. Mais, pour cela, il faudra accepter de prendre des risques, c?est-à-dire, cesser d?avoir peur?

Retrouvez notre dossier sur le libre échange transatlantique dans La Tribune Hebdomadaire du 28 juin 2013 : "Qui a peur de l'oncle Sam".
 

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Commentaires

reduce weight丨burning fat丨lose weight  a écrit le 01/11/2013 à 0:13 :

Libre échange : le syndrome du village d'Astérix
reduce weight丨burning fat丨lose weight http://zxtweightt.myblog.de/zxtweightt/art/7061559/in-order-to-trim-down-and-keep-it-off

Ferdinand  a écrit le 01/07/2013 à 19:48 :

Le danger est aussi de perdre notre système d'autosuffisance agro-alimentaire.

wanderer  a écrit le 30/06/2013 à 17:53 :

je veux bien y croire mais comment porter un tel message quand on objecte le plus simplement que depuis 1973 date inaugurale de libéralisation qui s'est accentuée depuis que ce soit au niveau mondial ou européen, et bien la croissance NETTE DE l'
ENDETTEMENT a été des pus faibles, aggravée par les soubresauts des crises financières à répétition alors que les années précédentes, l'interventionnisme - dirigisme - colbertisme - d'Asterix-de Gaulle nous a procuré croissance et bien être et que les atouts dont la France bénéficie encore datent de cette époque AIRBUS, Nucléaire, TGV, Vivendi (ou d'avant).
Après tout chaque pays n'a t'il pas dans son "ADN" (histoire, culture, géographie) des caractéristiques qui le rende performant dans tel ou tel contexte socio-économique et médiocre dans un autre.
Un athlète selon sa morphologie sera bon en sprint ou en endurance...
La France est elle si médiocre lorsqu'elle s'en remet à Asterix ou De Gaulle pour l'économie.
La question reste posée

Pierre  a écrit le 30/06/2013 à 1:50 :

Encore une idée des élites qui pensent au grand groupe et a la finance Vous pouvez rêver encore un peu le peuple va tous envoyer promener et vous finirez a l echaffaut.

Non merci  a écrit le 30/06/2013 à 1:48 :

On nous déjà fait le coup avec l euro et l Europe souvenez vous les énarques étaient sur que le grand marche nous donnerait croissance et pleine emploi. Résultat 15 ans après plus d industrie plus que des dettes énormes et 9 millions de chômeurs Nous faire croire que ça rapportera 0.5 % c est pas sérieux on va s assoir sur toute nos normes alimentaire etc

Citoyen  a écrit le 29/06/2013 à 18:55 :

Libre-échange : l?entêtement

A mesure que le monde s?enfonce dans la crise économique et financière, ses dirigeants semblent de plus en plus arc-boutés sur des certitudes d?un autre temps.

La question de la régulation des échanges mondiaux traduit parfaitement ce paradoxe.

En effet, alors que le libre-échange généralisé qui s?est imposé ces dernières décennies est en grande partie à l?origine de la crise, on nous répète à l?envi qu?il demeure un horizon indépassable, et que le protectionnisme, ce vilain mot, doit être férocement combattu...

Cette petite musique a déjà résonné lors de la réunion du G20 (il est "vital" de rejeter le protectionnisme pouvait-on lire dans le communiqué final).

Elle fut de nouveau jouée ce week-end à l?occasion de la réunion de l?APEC, qui rassemblait les pays de l?espace Asie-Pacifique, dont les Etats-Unis.

Depuis Istanbul enfin, 47 dirigeants de multinationales regroupés au sein de la Table ronde européenne, ont exhorté les Etats à repousser le protectionnisme le 17 novembre : "Nous soutenons fermement l?objectif du G20 consistant à lutter contre le protectionnisme, ont-ils précisé, et nous alertons chacun contre les dangers d?une régulation excessive, qui entraverait toute perspective de croissance économique."

Le rejet des solutions protectionnistes, et l?entêtement libre-échangiste qui en découle, est on le voit impulsé par les firmes mondialisées bien conscientes de leurs intérêts.

Et pourtant, les efforts de nos dirigeants devraient au contraire se focaliser sur la lutte contre le libre-échange généralisé en faveur d?un protectionnisme de bon sens, comme l?appellent de leurs voeux nombre d?économistes, parmi lesquels le Prix Nobel d?économie Paul Krugman.

Le libre-échange généralisé est en effet nocif à 3 niveaux :

* au niveau économique, en instaurant la concurrence totale entre des zones de développement très inégales.

Ouvrez à fond les vannes du commerce entre l?Europe et la Chine, et vous obtiendrez la destruction du tissu industriel européen, la baisse des salaires et les délocalisations. Sans parler des risques sanitaires inhérents à l?importation de produits à très bas prix fabriqués sans contrôle. Nous y sommes aujourd?hui ;

* au niveau financier, en laissant les marchés et les spéculateurs libres de jouer avec l?argent des petits actionnaires, des épargnants et des retraités.

Qu?une crise se déclenche à un bout de la planète, et c?est toute l?humanité qui trinque, les protections ayant été supprimées ;

* au niveau humain enfin. Le libre-échange généralisé se traduit aussi par la mise en concurrence des travailleurs du monde entier.

Lorsqu?un secteur d?activité peine à attirer des nationaux en raison de la faiblesse des salaires qu?il propose, le grand patronat préfère importer de la main d?oeuvre bon marché et docile, légale ou illégale, plutôt que d?augmenter les rémunérations. Cela explique pourquoi l?immigration est depuis quarante ans réclamée par le patronat, qui sait pouvoir compter sur la naïveté d?une certaine gauche un peu bébète pour défendre, la main sur le coeur et la larme à l?oeil...exactement la même idée.

Pour ces différentes raisons, le recours au protectionnisme s?impose.
Un protectionnisme raisonné bien sûr, à l?échelle nationale et européenne dans le cas de la France.

Si certains confondent malicieusement protectionnisme et autarcie, rappelons qu?il n?est rien d?autre que la défense intelligente de ses intérêts, le retour à la raison et au bon sens contre le dogmatisme ultralibéral.

Les dindons de la farce dans cette histoire sont d?ailleurs une nouvelle fois les Européens.

Que Bush ou Obama pourfendent le protectionnisme, et les "élites" européennes embrayent immédiatement, n?ayant pas encore compris que les Etats-Unis ne se privent pas de recourir au protectionnisme quand cela les arrange...

Toute la construction de l?Europe de Bruxelles d?ailleurs repose sur cette dramatique naïveté.

C?est en Europe que les règles favorables au libre-échange définies dans les universités américaines sont reprises et appliquées avec un zèle sans égal ailleurs... Les Traités européens, les directives et règlements regorgent de concepts américains ultralibéraux qui s?imposent aux Etats, et que l?administration américaine n?oserait pas un instant s?appliquer à elle-même. Ne citons que la concurrence "libre et non faussée" ou l?interdiction des aides d?Etat (article 87 du Traité CE).

On attendrait du président français qu?il défende ces quelques vérités, qui trancheraient avec le discours ambiant du "je fonce, droit devant".

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/libre-echange-l-entetement-47671


+1  a répondu le 30/06/2013 à 9:45:

Très bonne analyse Voilà pourquoi les français on vote non a Maastricht il sente bien que la word compagnie va nous appauvrir Quand on voit la naïveté des européens avec les chinois on se demande si ça vaut le coût de garder l Europe Les chinois taxe les importation de luxe taxe plein de produit interdise de détenir des entreprises dopent leurs monnaie ect.

ATTAC  a écrit le 29/06/2013 à 18:42 :

L?histoire du monde donne, en fait, une image négative du libre-échange. L?historien Paul Bairoch a montré que l?ouverture des frontières fonctionna toujours de manière dissymétrique. Les pays les plus avancés, comme l?Angleterre, imposèrent l?entrée des produits anglais dans les pays de la périphérie et l?importation à bon marché vers l?Angleterre des produits nécessaires à cette économie. Bairoch va jusqu?à faire de ce libre-échange inégal la cause de la polarisation du monde entre pays du centre avancés et pays de la périphérie retardataires. Karl Marx avait déjà souligné les effets de la dissolution de la Compagnie des Indes, dévastant la manufacture et l?artisanat textiles indiens. Ce n?est pas la concurrence en soi qui est en cause. La concurrence entre pays de niveaux de dévelop-pement comparables peut impulser un dynamisme, mais l?ouverture des frontières entre pays de développement très inégal, disons les Etats-Unis et le Mexique, a des effets destructeurs sur le second. Ces chocs entre « le pot de terre et le pot de fer », se terminent toujours au détriment du premier.
Le cas du Mexique, présenté comme un bon élève du libéralisme, est exemplaire. Les taux de croissance de 6 ou 7 % avant 1980 furent divisés par 2 ou 3, et de fortes récessions sont apparues, renforcées par les « remèdes » du FMI. La signature de l?Alena en 1994 n?arrangea rien. L?emploi créé dans les maquiladoras, zones de montage à la frontière des Etats-Unis, où les conditions de travail et de vie sont déplorables, n?a pas compensé la destruction de l?industrie nationale. Dans l?agriculture, 1,3 million d?emplois ont été perdus en 10 ans. Les investissements directs, en fait la prise de contrôle de sociétés, ne débouchent guère sur des investissements « physiques » créateurs d?emplois. Désormais, 95 % des oléagineux, 30 % du maïs, 40 % de la viande, 50 % du riz sont importés. Les exportations de fruits vers les Etats-Unis ont augmenté de 76 %, mais les importations de conserves de fruits ont crû de 300 %. En 2002, la moitié de la population du Mexique, soit 50 millions d?habitants, vivait au-dessous du seuil de pauvreté. Le cas de la Chine (auquel il faudrait ajouter l?Inde à un moindre degré) est désormais mis en avant comme contre-exemple. Depuis 1979, ce pays enregistre des taux de croissance d?environ 7,5 %. A la fin des années 1970, le commerce extérieur (les montants des importations et exportations, approximativement égaux) représentait à peine 5 % de la production totale, contre à 23 % en 2000. Mais il faut y regarder de plus près. La source de la croissance de la Chine réside d?abord dans ses taux d?épargne et d?investissement élevés. Le pays est engagé depuis 1979 dans un programme de « réformes » majeur. Outre le développement d?un secteur « privé », national et étranger, le principe de l?ouverture du capital des sociétés nationales aux capitaux extérieurs est acquis depuis 1997, bien que l?État en conserve le contrôle. Jusqu?à ces dernières années, l?ouverture de l?économie chinoise a été très sélective. Le bas prix de la main d??uvre a favorisé les activités d?assemblage et de sous-traitance qui rendent compte de la moitié du commerce extérieur. Avant 1979, le yuan s?échangeait à 50 % de sa valeur en termes de parité de pouvoir d?achat, depuis les années 1990, ce taux est descendu à 20 %. La Chine ne porte pas le fardeau d?une dette extérieure massive. Enfin, cette croissance s?est opérée dans le cadre d?un contrôle des changes, c?est-à-dire des mouvements de capitaux, qui ne nuit en rien à l?investissement direct des étrangers. La Chine ne pâtit pas d?une fuite de capitaux, même si elle place ses devises aux États-Unis. Pour ces raisons, on peut affirmer que ce sont des échanges bien peu « libres » qui ont contribué à la croissance de la Chine. En réalité, l?ordre néolibéral menace, et on peut douter de la capacité de ce pays à maintenir sa trajectoire au terme de son intégration dans l?OMC, lorsque tous les effets négatifs du libéralisme - montée des inégalités, de la précarité et du chômage - se feront pleinement sentir. Resterait à ce pays à libérer les flux de capitaux et revaloriser sa monnaie, ce qu?elle vient de faire modestement en juillet 2005 pour rejoindre la cohorte des victimes de l?ordre néolibéral. Aux Etats-Unis, les demandes de remise en questions des sacro-saints principes du libre-échange, suite à la fin de l?accord multifibre en 2005, qui ont entraîné des exportations massives de produits textiles chinois, montrent bien les contradictions de cet ordre néolibéral. Que ces exportations menacent deux millions d?emplois au Bangladesh est, aux yeux des Etats-Unis, dans la logique du système. Mais, chez eux, non !
Source: http://www.france.attac.org/articles/les-pi-ges-du-libre-change

Corso  a écrit le 29/06/2013 à 17:07 :

Amusant et faux. La France est le plus petit des très grands pays. Il faut croire que les français n'ont pas eu peur plus que les autres pour un tel résultat. La peur est de sage conseil le contraire se nomme un imbécile heureux... un peu comme ceux que l'on trouve du côté du Maryland... pas la peine de les imiter.

JM57  a écrit le 29/06/2013 à 14:55 :

C'est évident non? Les accords de libre échange sont des chevaux de Troie qui potentiellement peuvent permettre aux USA d'investir le marché et éventuellement de nous imposer des produits dont nous ne voulons pas. En 2001 la chine adhéré à l'OMC, 5 ans plus trad on ne fabriquait plus un seul vêtement de prêt à porter en France, et 13 ans après on en est à intenter des procès à la Chine pour concurrence faussée après la dévastation de notre secteur du photovoltaïque. D'autre part, protectionnistes par nature, les USA ont une vison très unilatérale et idéologique de l'ouverture des marchés. CF les foies gras, les fromages...

Corso  a répondu le 29/06/2013 à 17:12:

Faux, @JM57, il faut se documenter un peu avant de réagir. Le premier importateur de vêtements en France est l'Italie et la fabrication française existe bel et bien y compris pour les tissus spéciaux, elle est même considérée comme la meilleure du monde. Il est possible de faire mieux .. à condition d'arrêter le catastrophisme.

TC  a écrit le 29/06/2013 à 14:21 :

Ca fait la 2ème fois que je poste sur cet article. L'auteur n'apprécie pas mes propos ? Pourtant, je n'insulte personne. Je dis que non, nous n'avons pas peur de la mondialisation, car c'est un phénomène naturel d'échange commercial qui est pratiqué depuis que l'homme sait communiquer. Ce qui nous fait peur, c'est le libre-échange qui sacralise le dumping social et tire inexorablement les salaires vers le bas. Et nous serions donc rétrograde, parce que nous souhaitons conserver notre pouvoir d'achat et nos acquis sociaux ? De la même manière, nous nous tromperions en accusant l'Euro de la perte de compétitivité ? Combien gagnez-vous, Monsieur Mabille, pour penser à notre place et nous vendre quelque chose dont nous ne voulons pas ?

réel86  a écrit le 29/06/2013 à 12:51 :

L'Europe est naïve sur les panneaux solaires chinois et sur le reste aussi.
Mais est-ce bien de la naïveté quand on voit le poids des lobbys qui normalement n'ont rien à faire dans les couloirs de la commission?
En Chine on doit faire un partenariat et rester minoritaire pour créer ou implanter une entreprise, comme dans beaucoup de pays.
En Europe non, on perd ainsi le contrôle de nos entreprises sans vision stratégique à long terme.
Les secteurs à haute valeur ajoutée seront eux aussi délocalisés, c'est de la naïveté de penser que non.
On bénéficie d'avantages comparatifs dans ceux-ci mais l'économie n'est pas une photo à un instant T. On répète la même erreur que sur l'industrie classique comme le textile.
Les chinois l'ont bien compris et ont une vision à long terme, à la fois libérale et d?État stratège.
Il restera quoi? un peu de tourisme, de service et beaucoup de chômage.
On constate déjà le décalage entre l'Europe prospère grâce à l'Euro qu'on nous promettait il y a 15 ans et le résultat.

Corso  a répondu le 29/06/2013 à 17:22:

Pour 2 raisons, @réel86, les partenariats chinois sont légitimes. La première est qu'ils sont recherchés pour pouvoir pénétrer ce marché qui n'est pas comme les notres, c'est une démarche volontaire de JV ainsi il en existe partout. Lorsqu'elle est imposée comme dans l'automobile l'obligation est limitée dans le temps (encore 15 ans) et se justifie par le fait que nous avons nous aussi protégé notre secteur alors que les chinois n'étaient pas en jeu. Il demandent normalement un "handicap" (comme aux courses) pour que la compétition soit régulière [Ils copient en cela le système anglais ou américain] Nous noterons que la situation nous est surtout favorable pour le moment.

Clpan  a écrit le 29/06/2013 à 12:05 :

Non mais vous roulez pour qui, les journaleux ? Si le libre échange amenait la prospérité généralisée à long terme, ça se saurait, et il n'y aurait pas de "syndrome Astérix" ! Le principe de réalité sera toujours plus fort que la propagande de pseudo-experts qui se sont trompés sur toute la ligne depuis trente ans. On ne peut pas reprocher aux Français d'avoir peur de l'appauvrissement et de la précarisation mondialisée.

Paul  a écrit le 29/06/2013 à 10:34 :

Ça signifierai la fin de l Europe plus aucun intérêt d avoir l Europe si on fait la word compagnie

simple citoyen  a écrit le 29/06/2013 à 10:10 :

Une question toute bête Mr Mabille: si ce traité ne doit pas nous faire peur, quelle raison peut donc justifier que lui, comme ses homologues, soit négocié en secret? Que devons nous comprendre de l'exemple américain, quand les parlementaires en charge de la supervision de tels accords se sont vus refusé jusqu'à la connaissance des points négociés, sans parler même du contenu? Que penser de l'utilisation d'un traité, dont la particularité est de s'imposer aux lois nationales sans recours possible, alors que si les termes de l'échange sont si favorables pour tous il suffirait de le faire une fois la négociation achevée par voie réglementaire?

Corso  a répondu le 29/06/2013 à 17:27:

Je n'en suis pas d'accord mais les parlementaires, @simple citoyen, en ont voté les termes et la manière. Il seront saisis sur le résultat qu'il leur appartiendra d'amender... nous verrons alors les baudruches se dégonfler. Seul un changement politique pourrait éventuellement apporter une modification.

Ktm  a écrit le 29/06/2013 à 9:54 :

Il faut maitriser sa monaie et sortir de l'euro : AIRBUS l'a fait depuis longtemps : les contrats d'AIRBUS FRANCE vers ses fournisseurs français sont en $

krapulax  a écrit le 29/06/2013 à 9:42 :

jetons nous tous dans cet océan de subprimes régulé par feu maitres nageurs Maddoff et autres consorts puis voyons l'avenir de cette escroquerie en rose.

Salut Bisounours

JB38  a écrit le 29/06/2013 à 9:17 :

Personne ne peut être contre la mondialisation, à condition qu'elle soit équitable et bénéfique pour tous. Le libre échange ne doit pas être une "foire d'empoigne" où les plus forts pousseraient leurs avantages pour assujettir les plus faibles. La mondialisation ne peut pas être que financière, dérégulée, sans principe de réciprocité. La mondialisation ne peut pas être uniforme en s'asseyant sur la culture des peuples. La mondialisation ne peut pas être qu'américaine Mac do, Coca et sous-culture pour tous. Amen.

PM  a écrit le 29/06/2013 à 9:08 :

L'auteur a tout à fait raison : au lieu de craindre la mondialisation qui est un phénomène logique et inévitable, il vaut mieux plutôt prendre à bras le corps les problèmes de compétitivité de la France, pour revenir sur les devants de la scène en matière de commerce international.

Athanase  a écrit le 29/06/2013 à 8:28 :

Il est assez rigolo de voir, parmi les sociétés citées dans cet article dont les cours figurent en marge, un certain titre "Sam", qui baisse de 0,03%. Serait-ce l'oncle Sam ?

simple citoyen  a écrit le 29/06/2013 à 5:57 :

Vous passez complètement à côté du sujet, au point de se demander si vous ne le faites sciemment. Les français on t peur parce qu'ils ne font pas confiance aux gens à qui on a donné un blanc seing pour négocier en leur nom. Cette même bureaucratie et ces mêmes élites qui les ont a maintes reprises trahies quant au projet européen, dont il ne leur est toujours pas expliqué la finalité ou la raison des choix imposés contre leur volonté. Ils ont bien compris que derrière cette négociation qui se veut comme toujours limitée et favorable, ne se profile l'imposition encore plus grande et sans retour possible d'un modèle de société qu'ils n'ont pas choisi, des valeurs auxquelles ils sont opposées. Il suffit de voir comment le gender a été imposé, ou comment on veut nous forcer à répliquer un modèle multiculturel qui nie nos racines. L'agenda des US est clair et depuis longtemps. On redécouvre à point nommé que les positions de de Gaulle n'étaient pas dénuées de bon sens, et que les héros modernes de l'Europe le furent souvent en service commandé. Les français ont peur parce qu'ils ne comprennent pas pourquoi nos élites les précipitent vers un destin qu'ils n'ont pas choisi et surtout sans jamais leur expliquer pourquoi. A quel fin? Dans quel but?

Athanase  a répondu le 29/06/2013 à 8:25:

Largement d'accord

Théophile  a répondu le 29/06/2013 à 12:25:

OK mais il existe encore un instrument qui permet à la France de reprendre la main : le bulletin de vote de ses citoyens...car on n'a jamais donné de blanc seing à personne. Si le non l'avait emporté au référendum de Maastricht (il suffisait de 2%), on n'en serait pas là aujourd'hui. Moi j'ai voté après cet échec à chaque élection européenne Jean-Pierre Chevènement quand il se présentait et Nicolas Dupond Aignan quand il ne se présentait plus...Et on peut d'ailleurs spécialement choisir les élections européennes pour le faire.

Gaston  a répondu le 29/06/2013 à 23:47:

@ Théophile
Bizarre que vous citiez le vote en faveur du référendum de Maastricht. Le vote contre la Constitution Européenne, devenu traité de Lisbonne, en 2005, vous avez oublié?
Je peux vous garantir que cela ne sera JAMAIS oublié par ceux qui on voté contre, c'est a dire la majorité des français.

philanthrope  a écrit le 29/06/2013 à 5:32 :

la notion de libre échange est une notion bien plus vaste que l'on tend à démontrer à travers des exemples bien limités de produits manufacturés. Le lien politique de structures sociales influe bien plus largement le devenir du libre échange.Doit-on considérer la valeur productive où chercher à réduire les influences pour objectiver le libre échange. L' O.T.A.N. est l'illustration d'une main mise qui n'a rien d'un marché équilibré. Doit-on gaver l'ogre, pour espérer des miettes.

Ipad  a écrit le 29/06/2013 à 2:12 :

C'est kaskouye de ne pas pouvor zoomer sir un ipad sur la tribune

Gaston  a écrit le 29/06/2013 à 1:46 :

Oui on as peur, car à la différence des anglo-saxons, on as su garder une qualité de vie. W Bush disait que le mode de vie Américan était non négociable (tant pis pour le réchauffement climatique), et bien les Français affirment qu'il en vas de même ici (tant pis pour la mondialisation).
Nous voulons garder notre bonne bouffe, nos service publiques, nos écoles républicaine et la sécurité sociale. C'est pas négociable, quoi qu'en diront l'Europe.
L?Amérique, ce n'est que dans les feuilletons que ça fait rêver...

Americanophobe  a répondu le 29/06/2013 à 11:52:

Et c'est sans doute pour cette raison que la France est le premier pays consommateur de Mc Do hors USA...
Que le Bagel, starbucks, burger King font une arrivée en force dans notre pays.
La France est un marché méga important pour les cigarettiers ricains parce que fumer ricain c'est hype (oui, même les anglicismes sont plus utilisés en France). Et par dessus le marché, la France est le pays où le président américain est le plus populaire.

Le français est fier, il est opposé à la mal bouffe, hait le modele americain et ne consomme que local?
Vous me faites bien rire, la presidence bush est passee par la et malgré tout la France est le pays le plus americanophyle du monde.

Nous avons des ancrages historiques forts avec les États Unis, et je leur suis reconnaissant de ne pas parler mieux allemand que je ne le fais actuellement, alors comme dit dans l'article, réfléchissons y a deux fois et balayons devant notre porte. Du minerai de viande français est il plus sain que de la viande aux hormones américaine?
L'auteur est ma fois bien avisé de poser la question.

Gaston  a répondu le 30/06/2013 à 0:10:

Belle tentative de TROLL

red57  a écrit le 29/06/2013 à 0:54 :

Si ils font leur sondage,ils ont peur de la mondialisation et le plus fameux Montebourg.
En France, c'est la faute à l'Europe,l'Allemagne et la mondialisation. C'est jamais notre faute.
Comment font des pays comme la Corée du Sud pour être si performants.

Chich  a répondu le 29/06/2013 à 12:06:

Justement, posez vous la question. Avez vous la moindre idée du rythme scolaire d'un enfant coréen de 10 ans ? Cours "classique" de 8h à 17h puis dès la sortie des cours direction les cours privés qui sont légions là bas. Les cours se passent en général de 18h à 22h. Puis les enfants rentrent chez eux et font les devoirs... Ce rythme est valable pour la quasi totalité des enfants sud-coréens car leurs parents voient là le seul moyen pour leurs enfants d'avoir une vie et un travail correct par la suite. Conséquence : les coréens sont corvéables à volonté, ils n'ont quasiment jamais pensé par eux même et sont programmés pour ne penser qu'au travail. Cela parait caricatural mais c'est pourtant le cas. Il faut savoir ce que l'on veut : vivre pour travailler comme ils le font ou bien travailler pour vivre. Moi j'ai choisi. D'ailleurs le taux de suicide en Corée est incomparable avec les chiffres que l'ont peut trouver en Europe.

yo  a écrit le 29/06/2013 à 0:27 :

La peur est légitime, il est normal d'avoir peur quand on sait qu'on va se faire bouffer (ou plutot gaver de boeuf aux hormones...) la peur est une condition nécéssaire à la survie d'un être vivant, si l'on a pas peur alors on se jete dans le vide en se disant que ça pourrait être rigolo, ce que propose l'auteur de l'article... sans rire le marché US est bien moins réglementé que le marché européen (protocole de kyoto que l'europe a signé et pas les us, interdiction des ogm en europe et pas aux us..) cela donne un gros avantage pour les entreprises nord américaines qui se feront un plaisir de concurencer les entreprise europeennes soumise à plus de restrictions. (restricitions légitime, on parle quand même de protection de la santé publique et de développement écologique..)

albert  a écrit le 28/06/2013 à 22:06 :

le syndrome du village d'Astérix ... contre celui du collabo ..

Théophile  a écrit le 28/06/2013 à 21:33 :

La France n'a aucune raison d'avoir peur mais elle ne partage pas forcément non plus les mêmes intérêts que tous ses voisins européens. Elle doit donc pouvoir négocier librement des accords mondiaux avec ou sans ses voisins selon les cas.

godrev  a écrit le 28/06/2013 à 21:06 :

A qui profite un marché ouvert avec les US ? Il faut demander aux Mexicains qui ont vu depuis la mise en place de l'ALENA dans le cadre du marché ouvert avec les US, la faillite de 2,5 millions de petits paysans, ruinés par les exportation agricoles US subventionnées 30 fois plus que les pratiques en cours au Mexique mais aussi par les différences de rendements des cultures US OGM. Une grande partie de ces Mexicains n'a plus eu d'autre choix que d'immigrer vers les US et par là même, suprême humiliation, apprendre la langue du vainqueur.

godrev  a écrit le 28/06/2013 à 21:06 :

A qui profite un marché ouvert avec les US ? Il faut demander aux Mexicains qui ont vu depuis la mise en place de l'ALENA dans le cadre du marché ouvert avec les US, la faillite de 2,5 millions de petits paysans, ruinés par les exportation agricoles US subventionnées 30 fois plus que les pratiques en cours au Mexique mais aussi par les différences de rendements des cultures US OGM. Une grande partie de ces Mexicains n'a plus eu d'autre choix que d'immigrer vers les US et par là même, suprême humiliation, apprendre la langue du vainqueur.

arzi77  a écrit le 28/06/2013 à 20:57 :

Tout le monde ne partage pas le point de vue exprimé dans cet article: voir
http://www.jennar.fr !
Comment ne pas penser non plus a J. Delor, en 1992 à propos du Traité. de Maastricht: "Signons le ! Ensuite, on pourra faire l'Europe sociale !" 21 ans plus tard, on voit ou nous en sommes:
la directive "Services" (Ex "Bolkensetien") a permis d'employer en Allemagne et en Europe Centrale des centaines de Chinois payés comme des esclaves pour construire la fameuse "autoroute a pièces détachées"... qui relie les multinationales allemandes à leurs sous traitants dans les... "PECO ex CEI" !
Voir aussi http://www.france-alter.info/Malediction_FA.htm

mjj  a écrit le 28/06/2013 à 20:34 :

Manger du cheval, soit, en croyant que c'est du b?uf (mais ça reste comestible). Manger du b?uf aux hormones (celui qui donne le gros c... caractéristique des nords américains obèses qu'on ne voit quasiment pas en Europe), non merci d'autant qu'on trouverait toujours chez nous des complices dans la grande distribution (le meilleur prix, etc...) pour essayer de nous le faire avaler en oubliant d'étiqueter correctement.
Id pour la "culture" de masse à bas cout (ex mercredi soir 3 nanards de Steven Seagal programmés sur 3 chaines différentes de la TNT, faut le faire non). Moins grave car on n'est pas obligé de regarder, sauf qu'une production de qualité coute cher et qu'un téléfilm correct ne peut pas rivaliser avec une soupe US déjà amortie aux US(il n'y aura rapidement plus rien de produit chez nous)
Moralité; il faut se protéger raisonnablement, ce que ne fait absolument pas l'Europe de Bruxelles;

pensée  a répondu le 01/07/2013 à 6:39:

bah ça éliminera un bon paquet , les consommateurs sont en surpopulation, le boeuf vous remerciera

Asterix  a écrit le 28/06/2013 à 20:31 :

L'expérience des problèmes que cause l'Europe et sa libre circulation ne peut que refroidir les "plus favorables" à l'abolition des frontières! Mais quel sont les échanges qui mérite de signer un traité avec les U.S. sans que l'on ait réglé les problèmes?