Catalogne  : l'erreur politique de Rajoy

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Mariano Rajoy.
Mariano Rajoy. (Crédits : Reuters)
Le Premier ministre espagnol sort affaibli par le recours à la violence contre les votants du référendum sur l'indépendance de la Catalogne. Son incapacité à gérer cette crise régionale menace le pays d'une crise politique, au moment où l'économie connaît une reprise encore fragile, et inquiète l'ensemble des capitales européennes.

Le processus qui a mené dimanche dernier au référendum - illégal - sur l'indépendance de la Catalogne relève d'une histoire complexe du rapport entre Barcelone et Madrid depuis la guerre civile.

La répression violente et disproportionnée à l'encontre des votants - un bilan fait état de quelque 900 blessés - a déjà fait perdre la bataille de l'image au gouvernement minoritaire du conservateur Mariano Rajoy. L'aile dure du Partido Popular entend régler le problème par la force, autant dire qu'elle risque d'attiser le feu indépendantiste plutôt que de l'éteindre, et provoquer une grave crise politique au sein de la quatrième économie de l'Union européenne. C'est donc une faute politique.

Loin de faire l'unanimité

D'autant que les visées séparatistes du président de la région Carles Puigdemont sont loin de faire l'unanimité. En effet, les 2,26 millions des votants au référendum dont 90% ont voté oui à l'indépendance (selon les chiffres de l'exécutif catalan) représentent à peine plus de 40% des quelque 5,34 millions du corps électoral.

Les indépendantistes n'étant pas majoritaires, le pouvoir fédéral aurait été mieux inspiré d'avancer des arguments pour montrer que l'aventure indépendantiste n'était pas sans risque économique tant pour les Catalans que pour les Espagnols.

Le risque de casser une fragile reprise économique

Mariano Rajoy a d'autant moins d'excuses que le contexte plaidait davantage pour la diplomatie que la matraque, l'économie espagnole enregistrant depuis quelques mois de bons résultats en terme de croissance et de baisse du chômage. Mais cette reprise reste à consolider, car on est loin d'être revenu au niveau de l'avant-crise financière de 2008. Avec cette confrontation ouverte avec la Catalogne, qui pèse pour presque 20% du PIB espagnol, le gouvernement prend le risque de casser cette fragile reprise.

Car l'idée qu'une Catalogne indépendante deviendra mécaniquement riche en mettant fin à la spoliation organisée par le gouvernement fédéral, comme le martèle une rhétorique indépendantiste, reste à démontrer.

4,5 milliards d'euros par mois

Dans un document établi par le Conseil national de transition, ses experts estiment que la nouvelle république aura besoin, une fois l'indépendance proclamée, de 4,5 milliards d'euros par mois pour faire face aux dépenses de la nouvelle administration. Ce financement se fera par émissions de titres obligataire de la nouvelle entité. Mais il s'agit là d'une hypothèse pour le moins optimiste. Or, aujourd'hui, la dette souveraine de la région est classée tant par Moody's que Standard & Poor's et Fitch en catégorie « junk bond » au regard des risques qui pèsent sur les perspectives économiques. De quoi faire fuir la majorité des investisseurs obligataires.

Une Catalogne indépendante renverrait, selon le document, la question de la dette à l'Espagne. Mais ce serait oublier que, par ce geste, la nouvelle république créerait un « événement de crédit » entraînant une défiance du marché obligataire à son égard pour avoir modifié les termes du contrat qui la liait. La Catalogne perdrait, au sens propre, tout crédit. Ces aspects qui semblent techniques sont pourtant ceux qui limitent les envolées lyriques des leaders politiques.

"Événement de crédit"

De même, selon le document, une Catalogne indépendante bénéficierait d'un ratio dette/PIB faible. Mais le stock de dettes n'est qu'une partie du problème car, si le pays bénéficie d'une forte croissance et donc d'une capacité réelle à pouvoir honorer en temps et en heure ses obligations, grâce à l'augmentation des recettes fiscales, la création de richesses, les investissements, le risque d'un défaut se trouve considérablement réduit.

Or, aujourd'hui, la Catalogne ne dégage pas d'excédent budgétaire. Les indépendantistes se focalisent sur les transferts de la région vers l'État fédéral sans prendre en compte des services fournis par cet État fédéral ou par les entités internationales. Demain, un tel coût devra être assumé intégralement par la nouvelle république. Or, nombre d'entreprises nationales et internationales installées aujourd'hui en Catalogne, qui contribuent fiscalement au budget de la région, pourraient rapidement quitter le territoire en raison des incertitudes. C'est un phénomène auquel on assiste en ce moment dans le cadre du Brexit, résultant lui aussi d'un référendum.

Exclusion automatique de l'Union européenne

Le document suggère que la région pourrait compter sur la Banque centrale européenne (BCE) pour garantir ou acheter le « papier » catalan dans le cadre du programme de rachat prévu par le QE. Mais cette hypothèse est très optimiste, car en faisant sécession la nouvelle république s'exclurait d'elle-même de l'Union européenne et de son noyau dur la zone euro. Sans soutien, sans garantie, la Catalogne devra accepter des taux très élevés pour trouver des créditeurs pour financer son budget.

Quant à une reconnaissance de la nouvelle république par le conseil européen, elle demeure très hypothétique. Un veto de l'Espagne bloquerait un tel processus. Et certains pays qui doivent déjà composer avec des poussées régionalistes, comme la Belgique, l'Italie, voire demain l'Allemagne ou la France, se méfient de cette « Europe des régions » potentiellement déstabilisatrices pour les États nationaux. Bruxelles et la plupart des capitales européennes se montraient d'ailleurs prudentes hier en considérant qu'il s'agissait là d'un problème interne à l'Espagne qui devait se régler par le dialogue.

Un effet domino

Mais cette prudence cache mal l'inquiétude née de la violence utilisée hier par Madrid et du résultat d'un référendum où les indépendantistes n'ont pas craint de se compter. Le gouvernement espagnol doit impérativement renouer les fils du dialogue avec la région la plus riche du pays afin d'éviter de sombrer dans une crise dont l'effet domino n'est pas négligeable dans une Europe où l'euroscepticisme sous toutes ses formes progresse régulièrement.

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Commentaires
a écrit le 13/10/2017 à 2:58 :
L'Europe doit se fractionner au maximum pour rester unie même si cela peut paraître paradoxal.Il faut d'abord être reconnu pour reconnaître les autres.
a écrit le 08/10/2017 à 16:41 :
Les états nation n'auront été qu'une courte parenthèse de l'histoire. Voici revenir les cités états. Bien plus florissantes contrairement à ce que dit cet article à courte vue
a écrit le 03/10/2017 à 23:50 :
Espagne ? 1936 :Franco 2017 ; Rajoy 1936 la république espagnola ! 2017 leS catalans ? Franco un galicien : Rajoy un galiciens ? De Santiago ils a travaillé à pradron comme juriste ! ?
a écrit le 03/10/2017 à 22:46 :
Monsieur Rajoy a surtout besoin de cours de natation pour survivre à l'intérieur d'un costume bien trop grand pour lui.
a écrit le 03/10/2017 à 17:49 :
"une Europe où l'euroscepticisme sous toutes ses formes progresse régulièrement"
Il ne peut en être autrement et cela par la faute du personnel politique des différents Etats européens. L'Europe ce n'est que des compromis, toujours favorables à l'économie et à la finance, mais surtout contre les droits des peuples. L'Europe est anti-démocratique. Ca se voit désormais beaucoup trop. Les gens veulent plus de proximité, moins de technocratie, de bureaucratie. Comme pour l'écologie, la "production" doit être locale.
a écrit le 03/10/2017 à 17:42 :
Pour savoir d'où viens le vent, j'attends la sortie de BHL.
Avec lui on est certain de savoir "qui a du soutien".
Ça ne devrait pas trop tarder.
Réponse de le 13/10/2017 à 2:47 :
La girouette tournera forcément d'ou vient le vent...
a écrit le 03/10/2017 à 16:29 :
En voilà un beau morceau d'histoire revue et corrigée à votre sauce, cher "thank you". Probablement aveuglé par votre pro-européanisme primaire, vous "oubliez" les leçons d'une histoire que, manifestement, vous ne connaissez pas; Dans toute l'histoire du monde et de l'humanité, aucun empire, aucune entité gigantesque, n'a réussi à survivre. C'est le cas de l'ue aujourd'hui, où les peuples, en plus, n'ont strictement rien à voir les uns avec les autres : langue, culture, croyance, économie,... A l'instar de l'ue, tous les "empires" gigantesques, par ailleurs toujours dirigés de manière dictatoriale et avec violence (l'ue le prouve chaque jour) se sont lamentablement écroulés. Seules, les petites entités ont de justes, légitimes et fortes chances de survie car elles font preuve de dynamisme, de flexibilité, de rapidité de réaction, de souplesse... alors qu'il est impossible de faire bouger un monstre tel que l'ue. mais bon : encore faut-il avoir la culture, le courage et l'intelligence de s'en rendre compte. Et donc : bravo aux courageux Britanniques et aux courageux Catalans qui, eux au moins,n sans faire preuve d'une mentalité d'assistés et de nervis, se donnent les moyens de réussir brillamment leur futur !
a écrit le 03/10/2017 à 15:44 :
En voilà un beau morceau d'histoire revue et corrigée à votre sauce, cher "thank you". Probablement aveuglé par votre pro-européanisme primaire, vous "oubliez" les leçons d'une histoire que, manifestement, vous ne connaissez pas; Dans toute l'histoire du monde et de l'humanité, aucun empire, aucune entité gigantesque, n'a réussi à survivre. C'est le cas de l'ue aujourd'hui, où les peuples, en plus, n'ont strictement rien à voir les uns avec les autres : langue, culture, croyance, économie,... A l'instar de l'ue, tous les "empires" gigantesques, par ailleurs toujours dirigés de manière dictatoriale et avec violence (l'ue le prouve chaque jour) se sont lamentablement écroulés. Seules, les petites entités ont de justes, légitimes et fortes chances de survie car elles font preuve de dynamisme, de flexibilité, de rapidité de réaction, de souplesse... alors qu'il est impossible de faire bouger un monstre tel que l'ue. mais bon : encore faut-il avoir la culture, le courage et l'intelligence de s'en rendre compte. Et donc : bravo aux courageux Britanniques et aux courageux Catalans qui, eux au moins,n sans faire preuve d'une mentalité d'assistés et de nervis, se donnent les moyens de réussir brillamment leur futur !
a écrit le 03/10/2017 à 14:10 :
Thank you aux anglais qui nous montreront le désastre du Brexit-lePen-light et merci quand il finiront leurs pays en votant dans 2 ans pour Jeremy-Corbyn-Melenchon-lignt.

Gracias au Catalan qui en quittant l'Espagne donc l'UE et l'Euro meneront leur region à la ruine et montreronr l'example encore aux Français.
Merci à tous ..
a écrit le 03/10/2017 à 14:03 :
Pas d'impasse : Sortie de l'Espagne = sorti de l'UE et sorti de la zone Euro.
A ne pas confondre avec l’écosse qui elle quitterait le UK pour RESTER dans l'UE.
Belle bagarre en perspective entre le France et l'Espagne pour récupérer le BIP de micro etat sans force.
a écrit le 03/10/2017 à 11:28 :
Comment réagir face à un délit ? C'est faux, un autre mensonge du gouvernement régional de la Catalogne, qu'il y ait eu 900 blessés dimanche. Il y a eu 900 personnes qui sont allé voir les secours ce qui est bien différent. Que ferait la France si une
Région se fout des lois nationales systématiquement ?
a écrit le 03/10/2017 à 10:25 :
Pas de référendum catalan la catalugna c est espagna ? Ok a Rajoy biens gracias Mariano Rajoy 🇪🇸
a écrit le 03/10/2017 à 9:15 :
Si les catalans ne veulent plus de l'Espagne, c'est parce qu'ils ne veulent pas non plus de l'Europe ;

Les Savoies, la Corse et le Pays Basque sont légitimes à sortir de la France engluée dans cette Europe de Bruxelles nauséabonde et ruineuse.
Réponse de le 03/10/2017 à 10:04 :
Euh vous avez loupé un épisode.... Au contraire les Catalans veulent rester dans l'Europe, et c'est là que le bât blesse. S'ils se séparent de l'Espagne ils sortent immédiatement de l'Espagne.
Réponse de le 03/10/2017 à 13:14 :
Ha alors pourquoi Puigdemont ne cesse d'en appeler à l'UE, faudrait savoir ?
a écrit le 03/10/2017 à 8:59 :
faute grave
y compris pour ceux et celle qui soutienne
m raroy.

au prochaine elections tous les catalans vont jeter l'Espagne
au lieu de travailler a unifie l'Europe
les directives de bruxelles font tous pour diviser les peuples
a écrit le 03/10/2017 à 8:42 :
Quelque soit la réponse donné, cela sera une "erreur" pour ceux qui veulent détruire l’État espagnol et en première ligne l'idéologie européiste!
a écrit le 03/10/2017 à 7:46 :
L'erreur est aussi du côté de l'UE qui est incapable de gérer ou d'anticiper le moindre problème avec son armée de fonctionnaire privilégié et surpayé.
a écrit le 03/10/2017 à 6:13 :
Bonjour, je lis: le bilan des résultats 42 pour cent votants…. et je me pose la question en démocratie politique seul les votants ont un droit ceux qui ne se déplacent pas qui vote blanc ne sont pas reconnus. Si je vous suis M. ROBERT JULES aucun pays dont la France ne peut reconnaître un vote qui n’est pas démocratique au sens de 50 pour cent des voix plus une, donc M Macron comme ses prédécesseurs n'ont ou n‘avaient aucune légitimité. J’en conclu M. ROBERT JULES que vous n’êtes est pas neutre sur ce sujet et que vous prenez fait et cause pour le gouvernement de Madrid ou alors vous remettez en cause toutes les élections du moins en Europe car AUCUN élu à tout niveau, national comme local est élu selon la règle des 50 + 1 . En conclusion M. ROBERT JULES autant votre article est bien construit sur les problèmes liés à l’économie autant la partie liée au vote est une prise de position personnelle ce qui je pense n’est pas enseignée dans l’ école du journalisme. En tant que journaliste indépendant de toute pression, j’espère, il serait bon que vous récriviez cette partie de l’article en communiquant des infos qui ne sont pas envelopper de commentaire personnel. Mon commentaire n‘est pas pour ma part pour ou contre l’indépendance mais pour que le journalisme de l’information soit neutre dans le cas contraire il faut changer de rédaction et se tourner vers du journalisme engagé type Humanité ou Minute. A vous lire une prochaine fois avec plus d’impartialité. Je vous souhaite une excellente journée.
Réponse de le 03/10/2017 à 9:01 :
le president de la France a vous lire n'est pas legitime
a écrit le 03/10/2017 à 5:07 :
Comment peux-t'on soutenir l'indépendance de la Catalogne de l'Espagne, et l'indépendance de la France de l'UE.

En outre, la sortie de la catalogne est interdite par la constitution espagnole, alors que la sortie de la France est autorisée par les traitées
a écrit le 03/10/2017 à 4:14 :
Merci pour cet article de fond, ça manquait depuis le départ de Romaric Godin. Mais :
"l'effet domino n'est pas négligeable dans une Europe où l'euroscepticisme sous toutes ses formes progresse régulièrement."

C'est là où il y a un court-circuit, être Eurosceptique est certes en progression, et sous différentes formes, mais pour quelle alternative ?
Les Eurosceptiques veulent conserver l'échelon de la Nation, et avoir une Europe des Nations ; ainsi si effet domino il doit y avoir, ce serait pas pour faire la promotion des régions, bien au contraire !
Après il y a les Mécontents, fatigués du n'importe quoi ambiant, c'est eux que peuvent porter l'effet domino. Les Mécontents en ont assez du néolibéralisme, et ça donne du repli sur soi, mais que va peser une région dans une Europe néolibérale ? Rien.

Ainsi, être Eurosceptique n'est pas être Régionaliste, c'est antinomique. Mr Godin aurait vu la différence.
a écrit le 03/10/2017 à 0:50 :
Il ne suffit pas de dire qu'une région n'a pas le droit de se séparer d'un état centraliste pour déterminer qui a tort ou a raison. Il faut démontrer sa viabilité économique...Car c'est bien la raison pour laquelle les Catalans indépendantistes veulent se séparer, c'est pas vraiment a cause de la culture...Ils sont convaincus que la Catalogne nourrit Madrid...et ce referendum aurait du être l'occasion pour Madrid de démontrer que la viabilité économique de la Catalogne indépendante est impossible... Fantastique occasion ratée..de la part du gouvernement qui aurait du gagner la bataille de la credibilite
a écrit le 03/10/2017 à 0:29 :
..Tres mauvaise decision de RABAJOY d'utiliser la force et la violence policiere alors qu'il aurait utilise une forte campagne d'information martelant la non viabilité d'une Catalogne indépendante chiffres a l'appui et l'endettement insupportable des Catalans....
a écrit le 02/10/2017 à 23:47 :
Rajoy a biens fait d envoyer l guardiacivile la Catalogne c est l Espagne je suis Espagne pas Catalogne ?
a écrit le 02/10/2017 à 23:47 :
Rajoy a biens fait d envoyer l guardiacivile la Catalogne c est l Espagne je suis Espagne pas Catalogne ?
a écrit le 02/10/2017 à 23:24 :
Hier a eu lieu une grande farce tragi-comique, qui n'a rien à voir avec les grandes messes démocratiques. Nos médias furent remplis d'images de violences policières contre des gens "qui ne veulent que voter", nous mettant dans l'émotion, interdisant toute réflexion. Comment analyser face à un visage tuméfié? Alors reprenons notre liberté et osons poser quelques questions face à ces soi-disant 90% de oui à l'indépendance..
http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/10/billet-dhumeur-quels-90-de-la.html
a écrit le 02/10/2017 à 22:43 :
L'Europe ne pourrait pas exclure la Catalogne de la zone euro puisqu'elle y est déjà de fait, et qu’aucun texte ne prévoit une possibilité d’exclusion (voir la pagaille du Brexit)
Réponse de le 03/10/2017 à 14:15 :
Si ,la catalogne devient un état indépendant elle devra faire une demande d'adhesion a :
-ONU OMS UNESCO etc .. et c..
- OTAN
- EU puis EURO
-OCDE etc...
J'imagine l'Espagne (un des 27) accepter sans son veto..
MDR.
Réponse de le 03/10/2017 à 14:18 :
Ce pauvre Pugdemont me rappelle Melenchon qui disais:
"je convoquerais les 26 autres ... "
en disant :
"Le lendemain de l’indépendance nous rentrons dans l'EU"..

Non le lendemain les taux d’intérêts ES et IT explosent et les taux Catalan frôlent les 25 %.
a écrit le 02/10/2017 à 22:28 :
La faute de Rajoy est morale avant d'être politique. D'autre part présenter le mouvement indépendantiste comme motivé avant tout par des questions économiques montre une totale méconnaissance de la Catalogne et des Catalans, ou une volonté de déformer la réalité, au choix.
a écrit le 02/10/2017 à 21:56 :
Ce n'est pas une erreur politique. Qu'est-ce qu'un risque de récession économique, à côté d'un risque pesant sur l'existence de l'Espagne ? Pugdemont et ses putschistes ne sont pas majoritaires, mais en quoi est-il nécessaire d'être majoritaire pour gouverner quoi que ce soit ? Macron a-t-il été majoritaire aux dernières présidentielles française ? Et il est président, aujourd'hui.

Rechercher la crise et miser sur le fait qu'on est plus solide que son adversaire, c'est tout sauf une faute politique. La faute politique c'est même plutôt de se lancer dans un jeu où son adversaire maitrise les règles. Les ultra-nationalistes en feront les frais si l'union européenne n'intervient pas pour faire plier Madrid, et vu l'avis de la majorité des états fondateurs de l'union sur la légitimité des putschs sécessionnistes, il y a peu de chances que l'union européenne intervienne. Si elle se met à soutenir quelqu'un, ce sera l'Espagne. Cette dernière en a bien besoin vu que sa frange la plus riche essaie de créer un paradis fiscal sur le sol espagnol.

Pour l'instant L'Espagne gagne, autrement dit l'union européenne gagne, et les putschistes perdent. Certains de ces putschistes ont été physiquement blessés, mais s'ils n'y étaient pas préparés en participant de leur plein gré à une violation caractérisée de la constitution de leur propre pays, c'est qu'ils méritent ce qui leur arrive.
a écrit le 02/10/2017 à 20:39 :
Sélim Mansour nous rappelle l' incroyable de voir la revendication de certains à l'autodétermination des régions, selon le concept qu'un marseillais est différent d'un parisien. Affligeant de bêtise. Nos grands-parents dont le mien se sont battus pour La France, en étant d'abord français, avant d'être alsaciens ou bretons, sachant que si La France était vaincue, leurs régions seraient les suivantes sur la liste. Je vous interdis de cracher sur la mémoire des résistants.

Pour les incultes, aller sur le site de l'ina et chercher, "quand les nazis finançaient les indépendantistes régionaux". Avec votre raisonnement, les français sont différents des lettons, pourquoi fusionner alors dans l' Ue ? La richesse de La France, c'est avant tout les différents apports des cultures régionales. C'est pour cela que ces cultures demeurent, et qu'un marseillais n'est pas un parisien. Concernant le Kurdistan, la position du gouvernement français n'est pas à confondre avec celui de l'upr. L'upr n'a rédigé aucun communiqué approuvant la position de macron sur ce sujet. Pas étonnant que le QI des européens a chuté. De nos jours une guerre totale est menée contre les peuples. Il faut qu'ils s'autodétruisent pour le plus grand profit de l'oligarchie euro-atlantiste.
a écrit le 02/10/2017 à 20:33 :
90% de oui x 40% du corps électoral = 36% de oui au total, 4% de non et 60% d'incertitude... Ce serait bien peu démocratique d'imposer l'indépendance à plus de la moitié de la population.
Réponse de le 02/10/2017 à 22:45 :
4% de non!
et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? un vrai référendum s'impose !
Réponse de le 03/10/2017 à 7:48 :
Combien de % des français ont voté pour Macron?
Réponse de le 03/10/2017 à 13:24 :
Selon les sondages, les indépendantistes représentent environ 40% de la population en Catalogne. Et il n'y a plus que 36% de Catalans qui parlent catalan (55% des Catalans reconnaissent le castillan comme leur langue native).
Beaucoup de bruit pour rien. Le gouvernement espagnol a commis l'erreur; historiquement, de laisser trop d'autonomie aux extrémistes catalans ; et ces derniers ont su utiliser les médias pour donner de l'importance à leur référendum illégal & folklorique (car sans observateurs et boycotté par les unionistes).
a écrit le 02/10/2017 à 20:26 :
ça va finir par péter dans toutes les provinces
a écrit le 02/10/2017 à 20:26 :
Merci de confirmer ce que toute analyse sérieuse montrait, et que la clique de Puigdemont cache : hors de l'Espagne la Catalogne n'est pas économiquement viable, et ce d'autant moins que le reste de l'Espagne ne lui ferait aucun cadeau. L'indépendance catalane est un jeu perdant-perdant. Toute proportion gardée, c'est comme le brexit.
Réponse de le 03/10/2017 à 13:26 :
Rien à voir. Je reviens de GB, et le chômage n'a jamais été si bas. Grand dynamisme économique, etc. L'UERSS coûtait cher à la GB.
a écrit le 02/10/2017 à 20:24 :
S'ils veulent l'indépendance qu'il la prenne ! On verra bien ce qu'il se passe ... il faudra une dizaine d'années de transition avant que la situation ne se stabilise...l'Europe a 28 est déjà ingérable alors à 30 ou 35 , c'est même pas la peine ... quand on voit avec cette présidence tournante Malte ou les pays lettons prendre la présidence on se marre ... N'importe quelle région française a plus de poids que n'importe lesquels de ces présidents de petits pays ... y a un moment faut arrêter de jouer
a écrit le 02/10/2017 à 19:57 :
C' est manoeuvrier, souterrain et encouragé par l' Ue pour faire exploser les états-nations..

Mais les traités ne prévoient pour l' instant aucune procédure particulière pour le cas d’une région sécessionniste d’un État-membre souhaitant adhérer à l’UE

Il n’y a pas de raison objective d’imaginer qu’une exception puisse être faite pour des nouveaux États issus d’une sécession d’un État déjà membre. Strictement rien n’est en effet prévu dans les traités européens pour cela sauf revirement à 180 degré.

Pour qu’une procédure immédiate d’admission d’une ancienne région d’un État membre devenue indépendante ait lieu, il faudrait donc commencer d’abord par modifier les traités en ce sens. Ce qui serait non seulement une procédure elle-même très longue, mais ce qui supposerait de surcroît qu’elle recueille l’unanimité des États-membres, y compris celui qui a été amputé par la sécession en question.

Dans le cas d’espèce, il faudrait que l’Espagne accepte donc de modifier les traités pour rendre immédiate l’adhésion de la Catalogne devenue indépendante. Ce qui revient à dire que les autorités de Madrid devraient donc faciliter considérablement la stratégie électorale des indépendantistes catalans ! C’est évidemment totalement exclu.

https://www.upr.fr/av/le-demantelement-des-etats
a écrit le 02/10/2017 à 19:16 :
Et Rajoy qui nie le référendum met un peu plus d'huile sur le feu, c'était un soldat formidable du dogme néolibéral mais c'est un dirigeant désastreux convenons en, bref un comptable.

Par ailleurs son caractère ne peut que mener à encore plus de tensions:

"En Espagne, un bâillon sur la colère" https://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/VALDEZ/53224

"Dans les villes rebelles espagnoles" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/02/PERRENOT/57096

"La liberté de se taire" https://www.monde-diplomatique.fr/mav/146/RIMBERT/55166

Le problème n'est plus seulement lié à une volonté indépendantiste, le problème est lié également à une volonté européenne de mettre toutes les souverainetés au pas plus un désir de liberté général qui grandit au sein d'une société économique de plus en plus étriquée.
Réponse de le 02/10/2017 à 20:02 :
Et le refus de toujours du pays verrouillé de proposer aux français LE référendum sur le bien -fondé de rester dans ou de quitter l ' Ue pour les français, auxquels les anglais ont eu droit au pays des hommes libres, vous inspire t-il les mêmes ..inquiétudes ..?
Réponse de le 02/10/2017 à 20:07 :
Pas du tout d'accord ; les catalans en bonne minorité agissante ont choisi la BETISE ie confrontation et illégalité . Ce qu'ils ont vécu en est la conséquence : on ne viole pas l"état de droit sans s'en mordre les doigts . Et combien de blessés dans les forces de l'ordre ??
Réponse de le 03/10/2017 à 10:06 :
L'inquiétude que cela n'arrive jamais, nous n'avons pas de partis politiques qui propose la sortie de l'UE, on est chez les fous là, on suit le dogme néolibérale qui mène irrémédiablement à la misère sans aucune autre choix.

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