Grèce  : la crise s'éloigne, l'austérité demeure

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Le ministre des Finances grec, Euclide Tsakalotos.
Le ministre des Finances grec, Euclide Tsakalotos. (Crédits : Reuters)
L'accord signé entre Athènes et ses créanciers européens a permis d'éviter une nouvelle crise de la zone euro, en débloquant une tranche de l'aide financière. Mais la Grèce devra continuer à se serrer la ceinture. Surtout cet accord ne règle pas la question de fond qui oppose certains pays européens, Allemagne en tête, au FMI sur l'allègement de la dette comme préalable à la poursuite de l'aide.

L'accord préliminaire signé la nuit dernière entre la Grèce et ses créanciers (Commission européenne, Union européenne et Fonds monétaire international (FMI)) a un air de déjà-vu. Comme les précédents, il permet de sortir d'une impasse qui aurait conduit à une nouvelle crise de la zone euro, et surtout de gagner du temps pour préparer... de nouvelles discussions.

En effet, en percevant une nouvelle tranche du programme d'aide de 85 milliards d'euros, la République hellénique va pouvoir honorer en juillet le remboursement de 7 milliards d'euros de dettes, en évitant un défaut préjudiciable aux créanciers. C'est en effet le circuit  habituel, l'Europe prête de l'argent à Athènes qui le redonne à l'Europe (et au FMI).

De là à voir dans cet accord la possibilité de « tourner la page du chapitre de l'austérité pour le peuple grec » comme y appelle Pierre Moscovici, commissaire européen des Affaires économiques, c'est faire preuve d'un (trop) grand optimisme.

Nouvelle réduction du montant des retraites

Car pour obtenir le versement de cette tranche, le gouvernement d'Alexis Tsipras a dû accepter au préalable de voter des mesures d'austérité supplémentaires : nouvelle réduction du montant des retraites en 2019, abaissement du seuil d'imposition qui passe de 8.360 euros à 5.700 euros. Le tout assorti de conditions suspensives de l'aide si ses mesures ne sont pas appliquées. La page de l'austérité est donc loin d'être tournée.

Tout juste si un programme d'accompagnement pour les plus défavorisés a été consenti - à condition de bien appliquer les mesures d'économie -, comportant notamment une enveloppe de 250 millions d'euros pour les enfants les plus pauvres, ou encore une contribution réduite pour l'achat de médicaments pour les plus bas revenus.

Mais l'enjeu de ces négociations est ailleurs. Le pays n'arrive pas en effet à retrouver depuis sept ans qu'il est entré en crise une croissance économique qui puisse lui permettre de s'en sortir. En 2016, selon la Commission européenne, celle-ci s'est affichée à 0,3%. Le pays a le taux de chômage le plus élevé en Europe, à 23,4% l'année dernière. La Commission prévoit qu'il baissera à 22% cette année, et que le pays enregistrera une croissance de 2,7%, des chiffres encourageants, mais qui ne suffiront pas à régler le problème du pays plombé par une dette qui représentait l'année dernière 180% du PIB.

Or, sur ce dernier point, Athènes n'est pas maître du jeu. En effet, depuis plusieurs mois, l'un des créanciers, le FMI, a indiqué qu'il ne participerait pas à une nouvelle aide à la Grèce tant que la question d'un allègement de la dette n'aurait pas été réglée, condition première selon l'institution pour que la Grèce sorte de la crise.

Cercle vicieux

L'accord est également suspendu au feu vert des pays de la zone euro. Les ministres de la zone euro doivent se réunir le 22 mai pour l'entériner. Or, plusieurs pays, Allemagne en tête, posent comme condition au versement de leur quote-part la participation du FMI.

Un cercle vicieux dont le ministre des Finances grec, Euclide Tsakalotos, espère que l'accord permettra de sortir en intégrant officiellement des discussions entre Européens et FMI sur les modalités d'un allègement .

Or celles-ci promettent d'être difficiles, Berlin s'étant toujours opposé à une telle option. Et surtout d'être longues, l'Allemagne étant en campagne électorale en vue des législatives qui se tiendront le 25 septembre prochain.

Finalement, cet accord est conforme à la philosophie des précédents : gagner du temps.

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a écrit le 04/05/2017 à 6:26 :
..." la crise s'éloigne ..." ( en Grece )...en voilà un titre à sensation mais pensez vois que celà reflete la réalité ? Vous l'ecrivez vous meme dans votre article : ..." le pays n'arrive pas a retrouver , depuis 7 ans qu'il est entré en crise , une croissance economique qui lu permette d'en sortir ..." ! Mais , quid du cadastre ? quid du registre des impots ? quid du budget des armées ...?
a écrit le 03/05/2017 à 14:15 :
Première question : quand l'allemagne va-t-elle enfin rembourser la "kolossale" dette de guerre qu'elle a toujours vis-à-vis de la Grèce qu'elle a décimée une première fois en 1940-1945 et une deuxième fois depuis les pseudo-"aides" au pays ? Et deuxième question : quand les banques françaises vont-elles enfin rembourser à la Grèce tout ce qu'elles ont indûment perçu au titre de prêts forcés et usuraires imposés à la Grèce, et ce uniquement dans le but de renflouer (et deux fois, qui plus est !) les banques françaises gérées par des incompétents (au mieux), des mafieux véreux (au pire) ? Troisième question : quand la bce va-t-elle rétrocéder à la Grèce le fabuleux trésor de guerre qu'elle accumule en ponctionnant - sur base des diktats sans aucun fondement légal de l'eurogroupe qui n'a aucune base juridique valable - l'état et le peuple grecs à outrance ? Ce n'est pas la Grèce qui doit de l'argent à ses créanciers, mais bien plusieurs de ceux-ci qui doivent énormément d'argent à la Grèce. Quand on connaît vraiment le dossier et qu'on a le courage et les neurones nécessaires pour ne pas se laisser enfumer par de la désinformation systématique, on sait bien où sont les vrais parasites. Pas à Athènes, en tout cas ! Mais il est vrai que la vérité dérange les nervis, les profiteurs, les décérébrés.
a écrit le 03/05/2017 à 10:46 :
Politique absurde. Ça ne marche pas, mais on continue à faire pareil. Il faut annuler cette dette (ou l'étaler sur 150 ans à taux zéro avec des conditions de remboursement en fonction de l'excédent budgétaire si vous préférez), et donner un peu d'aisance budgétaire pour investir et doper l'économie dans les secteurs d'avenir. Comment faire comprendre ça ?

Et le FMI, cheval de Troie étasunien, n'a rien à faire là.
Réponse de le 03/05/2017 à 11:45 :
@Alou: allez, j'achète à crédit 100% une villa avec piscine sur la Côte selon tes modalités, à savoir que ma dette est nulle et non avenue. Mais c'est toi qui paie à ma place, non :-)
Réponse de le 03/05/2017 à 14:10 :
Moi j'imagine bien votre tronche si en allant retirer de l'argent à votre banque on vous dit que vous ne pourrez le faire que dans 150 ans quand la Grèce aura remboursé ses dettes.
Réponse de le 03/05/2017 à 23:21 :
Merci Patrickb d'avoir éclairé mon propos. Vous êtes d'une grande clarté, que ferions-nous sans vous ?
a écrit le 03/05/2017 à 9:56 :
Voilà ce qu'il advient lorsque l'on ne procède pas à une dévaluation qui s'imposait !
a écrit le 03/05/2017 à 9:49 :
"La crise s'éloigne" ? Mais pour qui ? Pour les banques françaises que les Grecs ont, une fois de plus, sauvées ? Pour la bce qui engrange un fabuleux trésor de guerre sur le dos des courageux Grecs ? Pour certains états voyous, france en tête, qui vivent grassement aux crochets des Grecs ? En tout cas, la crise s'éloigne pour tous les parasites et tous les vautours, mais certainement pas pour les Grecs qui vont subir la 7e coupe dans les retraites ! On ne peut à ce sujet que souligner leur courage et leur dignité, bien loin de ce qui se passe dans d'autres pays européens dès que l'on évoque, même de loin, l'une ou l'autre coupe dans des avantages scandaleux et amoraux. Car, outre la 7e coupe dans les retraites, les impôts (que les Grecs payent plus et mieux que les français ou les belges, chiffres officiels à l'appui, n'en déplaise aux nervis et autres décérébrés) ont explosé (y compris les impôts fonciers qui sont dus et payés même si des fers à béton dépassent des toits - ceux qui osent encore prétendre le contraire sont des trolls menteurs et, probablement plus fraudeurs que les Grecs), les allocations familiales ont été complètement supprimées, les heures réelles de travail ne cessent d'augmenter (chiffres ocde à l'appui, les Grecs travaillent réellement et concrètement plus d'heures hebdomadaires que les français - ce qui n'est guère difficile -, les belges, les allemands...) etc etc. En outre, il ne faut pas oublier - même si cela gêne les victimes de la dictature de la pensée unique et de la désinformation organisée par les politiciens et medias européens - que : 1- la Grèce est entrée de force dans la zone euro, alors qu'elle ne demandait rien, suite aux "petits arrangements" de la france avec Goldman Sachs pour sauver les banques françaises toujours en perdition (voir les rapports officiels européens de l'époque). 2- les "aides" à la Grèce ont été imposées de force au pays pour... sauver les banques françaises encore une fois en perdition (voir les rapports officiels du fmi). 3- l'eurogroupe ne repose sur aucune base légale ou juridique, n'a aucun pouvoir légal et ses décisions n'ont rien de légal non plus. 4- la jurisprudence internationale stipule expressément qu'un prêteur à un état prend et assume seul le risque d'être remboursé...ou pas et que l'état emprunteur n'a aucun devoir légal de remboursement. 4- l'excédent budgétaire grec (qui serait impossible si les Grecs ne payaient pas leurs impôts en masse !!) est nettement supérieur à celui de la france (ou de la belgique notamment) où la fraude fiscale est - selon les chiffres officiels - beaucoup plus élevée qu'en Grèce. Le reste n'est que de l'enfumage soigneusement distillé par les politiciens véreux et par les medias à leurs ordres, chargés de bourrer le mou aux décérébrés. En plus, vu certains com', ça marche. Heureux les simples d'esprit...
a écrit le 03/05/2017 à 8:32 :
Une fois les elections allemandes passes, il y aura une annulation partielle de la dette greque. Mais c est sur que c est politiquement suicidaire pour Merkel de le faire avant. C est pas tres vendeur de dire a vos electeurs qu ils vont devoir payer des impots pour les grecs (surtout quand ceux ci brulent des drapeaux allemands ou associent la RFA actuelle aux nazis). Quels francais voudrait payer pour des gens qui arreteraient pas de nos renvoyer Petain a la figure ?
a écrit le 02/05/2017 à 19:21 :
Se sont bel et bien les banquiers allemands et français qui freinent des deux pieds préférant voir le peuple grec souffrir un peu plus tous les jours plutôt que de renégocier une dette déjà largement payée.

Pour l'allemagne a bénéficié d'une annulation de sa dette, avec l'accord de la grèce à l'époque et pourquoi celle-ci refuse de renvoyer l’ascenseur ?

Notre néolibéralisme et ses représentants sont à vomir.

"Acharnement européen" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/03/HALIMI/57282

ET pour les paranos-mythos du forum, enfin pour le, sachez bien que non seulement je ne travaille pas au diplo mais en plus je n'y connais personne c'est seulement leur amour du travail bien fait qui me fait mille fois les répéter, inexistants au sein des médias de masse car contraire au dogme néolibérale, leurs articles sont denses et prennent leurs lecteurs pour des gens intelligents mais bon le diplo fait parti des 5% des médias indépendants forcément ça la fout mal, quand on a un dogme inégalitaire et inhumain à imposer, de demander à des journalistes libres de s'y coller.
Réponse de le 02/05/2017 à 22:48 :
Non, les banques françaises et allemandes n'y sont pour rien car elles ne sont plus créancières de la Grèce, elles ont accepté un "haircut" pour une partie de la dette et ce sont les états de l'eurozone, au premier rang desquels l'état français et l'état allemand, qui se sont substitués aux banques pour le reste de la dette, soit directement par des prêts bilatéraux, soit via le FESF, soit via la BCE. Les banques, surtout des banques grecques "collées" avec des titres de dette grecque détiennent 10% de l'encours total de dettes grecques. A elles deux, France et Allemagne sont exposées à plus du tiers de la dette grecque, il est logique qu'elles y regardent à deux fois. D'ailleurs une façon intelligente d'alléger un peu le fardeau grec serait de négocier un nouvel "haircut" du reste de l'encours de dette grecque détenue par les banques contre une recapitalisation de celles-ci par l'eurozone, puisque clairement, on peut faire davantage confiance aux banques, y compris grecques, qu'à l'état grec.
Réponse de le 03/05/2017 à 7:17 :
La fragilisation de banques grecques, en leur imposant recapitalisation, est bien difficile, car qui va remettre au pot? Pas les banques privées des autres pays, -elles ne sont pas stupides, et si elles ont liquidé leurs filiales, ce n'est pas pour remettre de l'argent dans des structures fragiles et incontrôlables-- et l'état grec n'a déjà pas un sou.. et évidemment, il n'y a aucune légitimité à faire payer le contribuable français ou allemand..
Réponse de le 03/05/2017 à 8:46 :
"A elles deux, France et Allemagne sont exposées à plus du tiers de la dette grecque,"

C'est bien ce que je dis donc, vous le dites différemment c'est tout mais je vous remercie pour une fois je note votre utilité ça fait plaisir. C'est bien le même bruno bd que d'habitude d'ailleurs où vous êtes un remplaçant plus consistant ? Bon yen avait besoin aussi hein...

"Pas les banques privées des autres pays, -elles ne sont pas stupides,"

et pourtant l'UE leur fait un cadeau énorme en les utilisant comme intermédiaires pour les emprunts d'états, les gars ils prennent plusieurs pourcentage d'intérêts sans aucune raison si ce n'est du fait de notre fonctionnement oligarchique et du copinage entre hommes politiques et hommes d'affaires, ils pourraient quand même faire un minimum d'efforts.

Individualisation des gains et socialisation des pertes voilà l'imposture néolibérale dont notre économie crève.

Au secours
Réponse de le 03/05/2017 à 9:53 :
Sauf que vous feignez d'"oublier" que la Grèce est entrée dans la zone euro dans le seul et unique but de sauver les banques françaises en perdition. Et que vous "oubliez" aussi que les pseudo-aides à la Grèce ont été imposées manu militari dans le seul et unique but de... sauver les banques françaises une fois de plus aussi bien gérées et encore en perdition. Si vous en avez le courage, vérifiez ces infos auprès des documents officiels de l'ue et du fmi. le reste, ce ne sont que des fake news et de la désinformation organisée à destination d'un populo sans beaucoup de courage (c'est toujours plus facile de vivre aux crochets des Grecs, n'est-ce pas ?) et de cervelle. Mais, manifestement, ça marche
Réponse de le 03/05/2017 à 10:41 :
@citoyen..."A elles deux, France et Allemagne sont exposées à plus du tiers de la dette grecque". Ce sont les états français et allemand qui sont exposés directement au tiers de la dette grecque, et non les banquiers (vos têtes de turc habituelles) français et allemands. Autrement dit une réduction de la dette grecque revient à transformer en perte certaine pour les états de l'€zone (au premier rang desquels la France et l'Allemagne) ce qui est pour le moment une créance (très) douteuse.
Réponse de le 03/05/2017 à 10:47 :
@BH : les banques grecques sont déjà fragilisées parce qu'elles sont "collées" avec des titres de dette grecque qu'elles ne peuvent céder à la BCE.
Une solution possible serait que l'Eurozone recapitalise directement les banques grecques (n'oublions jamais que contrairement par exemple à ce qui s'est passé en Irlande, en Islande ou en Espagne, ce ne sont pas les banques grecques qui ont coulé la Grèce mais l'état grec qui a coulé ses banques) et en contrepartie celles-ci abandonneraient leur créances sur l'état grec. Ceci parce que les banques grecques sont plus dignes de confiance que l'état grec.
Réponse de le 03/05/2017 à 11:15 :
"Sauf que vous feignez d'"oublier" que la Grèce est entrée dans la zone euro dans le seul et unique but de sauver les banques françaises en perdition"

Sauf que vous vous oubliez que c'est grâce au trucage des comptes grecs via goldman sachs et avec l'aval des autorités européennes que la grèce est entrée dans l'UE.

Vous pouvez vous débattre autant que vous le voulez, cette europe est pourrie à la base.

Je note par contre que vous avez énormément de temps et donc d'argent pour défendre l'indéfendable.

Qu'est-ce que c'est agréable de commenter librement au sein d'une démocratie libre et non faussée hein...
Réponse de le 05/05/2017 à 9:33 :
"Ce comm là n'est pas de moi mais d'un autre utilisateur du site qui me répondait. Redde Caesari quae sunt Caesari."

ET c'est quoi qui me le prouve ?

Vous passez votre temps à me harceler tandis que je ne lis jamais vos commentaires mais du cou moi je vous laisse tranquille et je devrais croire sur votre bonne foi que je n'ai que très rarement constaté ce que vous me dites ?

Non mais ho ? Faut remettre les pieds sur terre hein, sortez vivre un peu et arrêtez de gober derrière votre écran, merci.
Réponse de le 05/05/2017 à 20:56 :
@citoyen "Vous passez votre temps à me harceler tandis que je ne lis jamais vos commentaires"... non seulement vous les lisez mais apparemment ils font assez souvent mouche puisque vous éprouvez le besoin d'invoquer systématiquement contre eux les ciseaux d'Anastasie... parfois avec un certain succès comme cette fois-ci. En attendant, vive l'expression et la concurrence libres et non faussées.
Réponse de le 09/05/2017 à 18:37 :
Non je ne lis jamais vos commentaires, sauf ceux que vous m'imposez à savoir quand vous me répondez, comme je suis bien élevé je réponds.

Donc je comprends parfaitement que vous ne pouviez pas vous passer de lire les miens, vous devez apprendre beaucoup mais merci au moins de lesl ire en silence.

BIen entendu j'ai une énième fois signalé votre trollage puisque votre réponse n'est là que pour troller.

Je mets en marque page tous mes commentaires victimes de trollages, vous vous fatiguez pour rien même si je comprends votre besoin irrépressible de me parasiter, c'est logique mais ça se voit beaucoup.

Réfléchissez un peu au lieu de résonner.

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