La grande disruption énergétique

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Pour la première fois, les 1.500 dirigeants interrogés pour le traditionnel « Global Risks Report » du Forum économique mondial l'ont placé au premier rang de leurs préoccupations, au même titre que la crise des réfugiés.
Pour la première fois, les 1.500 dirigeants interrogés pour le traditionnel « Global Risks Report » du Forum économique mondial l'ont placé au premier rang de leurs préoccupations, au même titre que la crise des réfugiés. (Crédits : Leo-setä)
L'encre de l'accord de Paris sur le climat à peine sèche, quelles suites attendre du vent d'optimisme soulevé par l'oecuménisme de la COP21 ?

Le soufflé COP21 ne risque-t-il pas de retomber, chacun étant rentré chez soi avec certes la satisfaction d'avoir assisté à un moment historique, mais aussi avec le soulagement que rien de fondamental à court terme n'y ait été réellement décidé ? L'accord, signé en décembre, doit encore être ratifié en avril à l'ONU et n'entrera en vigueur qu'en 2020. Et des pans entiers de l'économie mondiale, notamment les transports maritime et aérien, n'étaient pas inclus dans la négociation post-Kyoto. Et doivent être abordés en dehors de ce cadre.

Un mois après, force est de constater que l'actualité s'est déplacée sur d'autres terrains. Les dominantes de ce début 2016 sont le ralentissement de l'économie chinoise, sans doute plus fort qu'on ne le pensait, le krach du pétrole, et surtout, la crise des réfugiés, qui menace de détruire l'Europe, si l'on entend bien le cri d'alarme adressée par Jean-Claude Juncker. « À quoi sert d'avoir une monnaie unique si l'on ne peut plus se déplacer librement d'un pays à l'autre ? », a déclaré le président de la Commission européenne. A l'heure où les frontières se ferment en Europe, quel crédit donner à la solidarité "verte" exprimée à Paris.

Question climatique et crise des réfugiés sont les deux priorités

Pourtant, la question climatique demeure au premier rang de l'agenda global de l'économie mondiale. Pour la première fois, les 1.500 dirigeants interrogés pour le traditionnel « Global Risks Report » du Forum économique mondial l'ont placé au premier rang de leurs préoccupations, au même titre que la crise des réfugiés. Que 195 pays se soient mis d'accord sur un agenda et un plan d'action sur le climat, apportant enfin une prolongation aux accords de Kyoto de 1997, est un événement structurant pour l'économie mondiale. Même s'il lui faudra du temps pour se mettre en place, il engage chacun, individus comme entreprises, sur un chemin qui ne pourra plus connaître de retour en arrière. Désormais, la grille d'analyse de chacun de nos comportements, c'est : COP ou pas COP ! Un peu pénible dans la vie quotidienne, mais c'est une sorte de conscience, un Jimini Cricket ou une fée Clochette qui nous rappelle à l'ordre lorsque nous oublions d'éteindre la lumière, de trier nos déchets ou appuyons trop fort sur l'accélérateur en voiture.

La marche vers une économie décarbonée est lancée et même l'effondrement des prix du pétrole et du charbon ne pourra pas détourner les yeux de l'objectif de bâtir un monde plus propre et surtout plus durable. Comme l'a dit Barack Obama, nous sommes la première génération à connaître les conséquences du changement climatique et, sans doute, la dernière à pouvoir faire quelque chose, sinon pour l'éviter, du moins pour en amoindrir les effets.

La transition énergétique entravée par le pétrole pas cher

Le secteur de l'énergie est en première ligne dans cette transition. Il va subir de plein fouet le choc, sous le regard d'opinions publiques de plus en plus intransigeantes à l'égard des comportements incompatibles avec les enjeux climatiques. D'ores et déjà, la finance se détourne du charbon, et même s'il est bien présomptueux de prédire le sort de ce qui reste la principale source d'énergie dans les pays émergents, Inde et Chine en tête, les investissements vont désormais se tourner vers le gaz, l'énergie de la transition, et les énergies renouvelables - solaire, éolien, biomasse... Dans un monde idéal, expliquait Patrick Pouyanné, le patron de Total à Davos, il faudrait passer du charbon au gaz dans les pays émergents. Et financer un formidable effort de R & D dans les renouvelables. Une chose est sûre, avec un pétrole à 30 dollars, cela n'aide pas ! Mais les esprits changent, à l'image de l'initiative prise par les 28 milliardaires réunis autour de Bill Gates pour aller vers les « 100 % renouvelables ». Cet effort, conjugué avec l'impérieuse nécessité de l'électrification de l'Afrique, pour laquelle se bat avec beaucoup d'énergie Jean-Louis Borloo, est une chance pour la croissance et l'emploi dans le monde entier.

La transition énergétique sera un grand chambardement

Le grand changement de paradigme dans le secteur de l'énergie vient de la prise de conscience que les progrès technologiques sont en train de rendre les prix du solaire et de l'éolien compétitifs sur le long terme, face aux autres formes d'énergies, qu'elles soient carbonées ou même nucléaire. Cette mutation va profondément transformer le modèle économique des énergéticiens, qui certes auront besoin de quelques années pour réussir cette transition, mais comprennent désormais que leur survie même est en jeu. Elle dépend de leur capacité à innover sans attendre et à lutter contre la tentation jusqu'ici dominante de tenir jusqu'à la dernière goutte de pétrole. Bien sûr, des résistances seront rencontrées, de la part des pays producteurs de pétrole, comme l'Arabie saoudite ou la Russie, et de la part des « majors » pétrolières. Mais le mouvement qui a été lancé ne s'arrêtera plus.

On mesure déjà les conséquences de cette transition sur les cours de Bourse des grands énergéticiens mondiaux. Voir un géant comme EDF supprimer 3500 postes  et quitter le giron du CAC 40 pour être remplacé par la foncière Klépierre est un signal important du grand chambardement du « business model » des énergéticiens, qui vont devoir se repositionner vers un « mix » plus en ligne avec l'objectif des +2°C de l'accord de Paris. Ils s'inscriront ainsi dans le mouvement de la quatrième révolution industrielle, thème central du forum de Davos, qui alliera les révolutions numérique et écologique, pour bâtir une économie plus efficiente, plus sobre dans la consommation des ressources rares, en s'appuyant sur la dynamique ouverte par l'accord de Paris.

@phmabille

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a écrit le 02/02/2016 à 5:42 :
La terre, l'eau, l'air et le feu contenue dans les trois sont surexploités
par l'homme au seul profit d'une idéologie capitaliste, qui s'enlise
et ne voit que le court terme. Le réveil se fait dans la douleur et
balbutie faute d'actes concrets. Le partage n'est pas une utopie,
il est indispensable et nécessaire à l'évolution de la Vie.
Le XXI ème siècle se doit d'en être conscient. Le facteur
temps est à l'urgence, et au passage d'une compréhension plus
globale des intêrets d'un savoir être et d'un savoir vivre pour
éviter les catastrophes et donner du sens à la Vie dans son
authenticitée la plus juste, la plus pertinente, la plus solidaire.
a écrit le 02/02/2016 à 0:09 :
Encore les mêmes affirmations vides de sens : le solaire et l'éolien, dont les prix sont en effet en baisse, ne peuvent être comparés aux prix du nucléaire, pour deux raisons fondamentales :
- ces énergies dites Vertes sont subventionnées
- mais surtout elles sont aléatoires ! Comment comparer un produit qui répond au besoin (le nucléaire ou l'hydraulique) à un autre qui n'y répond que quand la météo est favorable (éolien et solaire) ? Sans nucléaire et hydraulique, la France ne pourra satisfaire ses consommateurs en électricité.

Enfin, quel lien entre la COP21 et les énergies dites renouvelables (éolien et solaire) ? Aucun, car la COP21 exige de réduire nos émissions de CO2, qui en France ne proviennent pas de l'électricité, déjà décarbonée car produite avec de l'hydraulique (10 à 15%) et du nucléaire (75%). Mettre des renouvelables n'améliorera donc pas la situation ; en revanche notre pouvoir d'achat est de plus en plus diminué par la taxe CSPE qui finance ces énergies Vertes "à l'insu de notre plein gré"!
a écrit le 01/02/2016 à 8:41 :
Les élites feraient mieux de changer en essayant d'autres systèmes. Cela pourrait commencer par la répartition. 1/4 des bénéfices net pour le développement, 1/4 pour l'actionnariat, 1/4 pour l'investissement et 1/4 pour le travail (ergonomie , formation)et les travailleurs. Là est la disruption.
a écrit le 01/02/2016 à 7:52 :
Il serait temps que les économistes intègrent l'énergie dans leur raisonnement; il y a le travail, le capital, ET l'énergie. On oublie le role de l'énergie. Les charges sociales doivent être réparties sur le travail, sur le capital, ET sur l'énergie.
Réponse de le 01/02/2016 à 9:04 :
Pour compléter la panoplie du parfait "taxeur", il ne manque plus qu'une taxe sur l'air qu'on respire qui avec le nombre croissant d'habitants sur la terre, va se raréfier !
Réponse de le 01/02/2016 à 10:39 :
@ozarmes. L'énergie pollue l'air que nous respirons. Il faudra taxer l'air, (donner un prix à l'air) ou l'énergie (donner un prix à l'énergie). Taxer l'énergie est plus simple à appliquer. C'est la proposition de notre prix Nobel d'économie. Merci.
a écrit le 31/01/2016 à 22:31 :
Pas de grande disruption pour la grande arnaque.

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