Revenu universel, solution particulière

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(Crédits : Reuters)
La Finlande a lancé une expérience de revenu universel pour une période de deux ans. Mais elle risque d'être trop limitée pour pouvoir être d'un réel enseignement.

À l'heure où certains pays connaissent un chômage élevé, et dans la perspective d'une robotisation croissante, il peut paraître logique de se demander s'il ne serait pas judicieux de profiter de la hausse de la productivité pour proposer une nouvelle version du paradis sur terre en subvenant aux besoins essentiels de chacun. Cette idée de moins en moins utopique a un nom : revenu universel.

Depuis le 1er janvier, la Finlande a lancé une expérience dans ce sens. 2.000 personnes, âgées de 25 à 58 ans, vont bénéficier durant deux ans du versement mensuel de 560 euros. Cette expérience grandeur nature vise à voir comment se comportent les bénéficiaires d'un tel revenu par rapport à un groupe identique qui touche le même montant, mais en étant au chômage.

En effet, à la différence d'une prestation sociale, la philosophie de ce revenu est caractérisée par son universalité - tout le monde le touche - et son inconditionnalité - la situation personnelle de chacun n'est pas prise en compte.

Ces cobayes préféreront-ils (sur)vivre en ayant l'intégralité de leur temps libre en désertant le marché du travail ou bien accepter un travail tout en conservant ce revenu primaire ? Le résultat sera intéressant à connaître dans deux ans, même si limité.

Une micro expérimentation...

En effet, un tel programme n'est pas suffisamment important (2.000 personnes pour 5,5 millions d'habitants) pour en tirer des enseignements généralisables d'autant que la somme donnée ne permet pas de vivre avec un minimum de confort, car elle ne représente que 28% du salaire moyen du pays.

Par ailleurs, il ne pourra pas réellement établir si quelqu'un qui travaille aurait été prêt à abandonner un emploi pour bénéficier d'une telle rente (même pendant deux ans) puisque les 2.000 personnes ont été choisies pour leur statut de sans-emploi.

Une expérimentation grandeur nature poserait, il est vrai, plusieurs difficultés. Si une part importante de la population choisissait de vivre avec des moyens limités, le marché du travail pourrait se retrouver en situation de pénurie. La conséquence en serait un impact négatif sur l'économie dont le dynamisme est précisément la condition nécessaire à la mise en place d'un revenu universel. Son financement reste en effet le talon d'Achille.

Le gouvernement finlandais n'a d'ailleurs pas été très précis sur la façon dont il allait le faire. Mais si demain, un tel programme était appliqué à l'échelle du pays, il faudrait recourir à des hausses d'impôts massives pour le financer, imposées notamment sur les couches moyennes de la population qui en voyant leur pouvoir d'achat amputé pourraient à leur tour vouloir réduire leur temps de travail et donc leurs revenus, l'effet richesse étant annulé au moins partiellement par l'impôt.

Dans tous les cas, les retombées sur l'ensemble de l'économie ne seraient pas neutres, la consommation étant un facteur de soutien de la croissance économique.

Tous Finlandais !

L'expérience de la Finlande, membre de la zone euro, ne répondra pas au problème de fond du revenu universel. Le Vieux continent en mal d'idées neuves l'adopte alors qu'il fut longtemps relégué au rang d'idée utopique agitée dans certains cercles universitaires.

Ainsi, en France, nombre de responsables politiques le défendent. Manuel Valls y voit un moyen de « renforcer notre modèle social », et de simplifier les dispositifs sociaux, Benoit Hamon en a fait un élément d'une politique d'émancipation (de 524 euros à 750 euros). Du côté écologiste, les pionniers en la matière, c'est également un élément d'une nouvelle approche du marché de travail en donnant l'équivalent du RSA (534 euros). À droite, Nathalie Kosciusko-Morizet l'intègre comme un élément d'une réforme fiscale en le finançant par une « flat tax », et même Jean-Frédéric Poisson y est favorable en le donnant uniquement aux membres de la nation.

Toutefois, dans tous ces cas, un point commun : il s'agit de simplifier le mécanisme des aides sociales et de les renommer sous un concept qui résonne plus positivement.

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Commentaires
a écrit le 06/01/2017 à 14:03 :
Les grands humanistes qui combattent le revenu universel défendent une vision utilitariste de l'être humain. En définissant la "dignité humaine" au travail qu'on peut fournir, ils proposent une vision biaisée de l'être humain à qui on impose une existence "utile", mais pour qui finalement ?
a écrit le 06/01/2017 à 13:21 :
Le sujet du revenu universel est traité avec beaucoup de légèreté et de raccourcis. Les objectifs à atteindre ne sont même pas clairement définis. Avant de proposer un remède, on fait d'abord un diagnostique précis. Si le combat contre la pauvreté, qui arrive comme par hasard en pleine campagne électorale, était une priorité, alors pourquoi les français doivent-ils remplir autant de demandes et attendre si longtemps pour avoir ce à quoi ils ont pourtant droit ? En cas de décès, par exemple, le conjoint survivant est obligé de remplir un dossier complet avec des informations redondantes et attendre de nombreuses semaine, voir plusieurs mois, avant de toucher sa retraite et la complémentaire. Pourquoi une personne au chômage et sans revenu est-elle obligée de remplir des demandes pour obtenir ses allocations, alors que les services de l'état disposent déjà de toutes les informations nécessaires ? Toute cette gesticulation autour du revenu universel n'est encore qu'une diversion pour réduire la sanction aux élections qui arrivent...
a écrit le 06/01/2017 à 12:10 :
En état de faillite, et de dysfonctionnement généralisé, de cette france, ce " revenu universel " qui sera " financé " par des DPTS en faillite ( par le R.S.A ) avec une amplification de la massive Insupportable Taxe Foncière et Taxe d'Habitation ( part Dptale), et de la C.S.G-C.R.D.S à 8% et 15.5% !!!!
a écrit le 06/01/2017 à 11:43 :
Si ça s'ajoute à la retraite c'est très bien.
La France sera bientôt le pays le plus peuplé au monde
Après quelques années, il n'y aura plus rien à distribuer .
Le revenu universel est supérieur au salaire que se distribue de nombreux agriculteurs, ils vont pouvoir se contenter de produire pour eux mêmes
a écrit le 06/01/2017 à 10:31 :
Avec 5 100 euros net par mois, Henri Guaino n'arrive à "rien" mettre de côté.

et avec un RSA à 450 €, vous faites comment ?
a écrit le 06/01/2017 à 10:31 :
Avec 5 100 euros net par mois, Henri Guaino n'arrive à "rien" mettre de côté.

et avec un RSA à 450 €, vous faites comment ?
a écrit le 06/01/2017 à 9:54 :
"Cette idée de moins en moins utopique"
Ce truc c'est comme le marxisme qui n'a jamais fonctionné et n'a servi qu'a mettre en place des tyrans et augmenter la pauvreté.
a écrit le 06/01/2017 à 8:43 :
Suite. Je précise que cette réforme de la fiscalité doit tenir compte de la répartition du financement des charges sociales sur le travail et sur l'énergie, comme le propose la note n°6 du CAE. Cette mesure favorise l'emploi, la croissance, et la protection du climat. C'est urgent de l'étudier.
a écrit le 06/01/2017 à 8:28 :
Il ne faut pas à priori rejeter cette mesure, car combinée avec une réforme de la fiscalité, elle serait favorable à l'économie.
a écrit le 05/01/2017 à 23:45 :
Il y a une règle d'airain, pour DISTRIBUER de la richesse il faut commencer par la CREER. Ce qu'il faut ce n'est pas un revenu universel mas une obligation universelle de participer à la création de richesse, sous une forme ou une autre.
a écrit le 05/01/2017 à 19:05 :
Oui ça manque d'ambition tout ça et de motivation, parce que pensé par des individus qui n'ont jamais connu autre chose que l'abondance. Ou alors c'est de la perversion de la part de gens qui se plaisent à vouloir continuer d'en dominer d'autres.

On revient sur les faibles et les forts de Nietzsche, les deux étant interdépendants et motivés par la peur des forts, à savoir ceux qui ne veulent ni dominer ni être dominés, à savoir ceux pourtant dont ils n'ont rien à craindre.

Au secours.
a écrit le 05/01/2017 à 19:02 :
et qui va payer ? encore une fois les actifs

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