Trump ne fait pas ce qu'il veut

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Donald Trump.
Donald Trump. (Crédits : Reuters)
Le rejet de "Trumpcare" par nombre d'élus républicains a refroidi les ardeurs des investisseurs et va pousser le président américain à devoir composer avec des démocrates pour faire passer ses futurs projets.

Ceux qui s'imaginaient que Donald Trump allait révolutionner les Etats-Unis en sont pour leurs frais. En se faisant retoquer vendredi son « Trumpcare », qui devait se substituer après abrogation, au système de santé mis en place par son prédécesseur (l'Obamacare), le président américain s'aperçoit qu'il est plus facile de faire des tweets que de convaincre des élus dont la majorité sont pourtant dans son propre camp.

Ce qu'il y a en effet de piquant dans cette affaire est que le projet de Trump a été jugé trop mou par le courant le plus à droite du Great Old Party (GOP), celui qui se reconnaît sous la bannière du Freedom Caucus, et trop dur par l'aile modérée qui s'inquiétait des conséquences négatives de ce détricotage. Bref, une partie des Républicains trouvent Donald Trump trop à gauche, une autre trop à droite.

Certes, on se souviendra que le président américain avait dû s'imposer contre des concurrents issus du parti qui ne l'avaient pas ménagé. Et il n'avait dû qu'à sa fortune personnelle de pouvoir mener une campagne contre l'appareil du parti. Certains élus s'en souviennent, mais cela n'explique pas tout.

Les investisseurs préfèrent l'obligataire européen

Le revers que Donald Trump vient de subir lui rappelle, au cas où il ne le savait pas encore, qu'un pays ne se gère pas comme une entreprise privée. Même les investisseurs, qui lui faisaient confiance au point d'envoyer les indices boursiers à des niveaux historiques depuis son investiture, ont pris leur distance en faisant chuter la Bourse, sont passés à la vente sur le dollar, au profit notamment de  l'euro, et à l'achat sur l'obligataire européen.

Le président américain s'est dit déçu, déclarant « avoir beaucoup appris à propos de la loyauté ». Ce qu'il apprend surtout ce sont les dures lois de la politique, dont la première est celle du rapport de forces, et d'une évaluation réaliste des situations. La communication n'est que l'habillage.

Du coup, il va se tourner vers les « démocrates modérés ». Les ennemis honnis d'hier pourraient donc devenir des partenaires notamment pour faire voter son projet fiscal, qui propose notamment d'imposer une taxe aux frontières et des baisses massives d'impôts, en ciblant les classes moyennes. Les tractations s'annoncent serrées.

C'est toute la différence avec la Russie

Au delà de ce travail législatif, on mesurera combien l'homme le plus puissant du monde voit sa marge limitée par des contre-pouvoirs réels. C'est toute la différence, que visiblement nombre de personnes en France, fascinées, négligent, avec la Russie. Comment on l'a vu ce week-end, Vladimir Poutine peut ordonner la mise au pas brutale de ses opposants pacifiques, qui défilaient pour dénoncer la corruption au plus haut niveau de l'Etat, sans que le parlement ou la justice s'en émeuvent. Ce qui fait l'essence de la démocratie est en particulier l'existence de contre-pouvoirs. En cette période électorale, propice aux envolées lyriques et promesses généreuses, il serait bon de ne pas l'oublier.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2017 à 21:15 :
La vieille constitution américaine montre sa résilience même à l'élection d'un aventurier.
a écrit le 28/03/2017 à 14:43 :
Et oui , et oui c'est plus compliqué que celà la democratie aux USA même au pays de l'ultralibéralisme et du capitalisme. Oui trump ne peut pas tout règler comme celà lui chante et à coups de decrets ou de signatures de decrets anti-immigration ou anti-Obamacare. Le monde est un peu complexe que c'est 5 milliards de fortune personnelle ou encore de faire des affaires et des complexes pour milliardaires sur toute la côte est des USA. Mr Trump devrait apprendre du passé et aussi des ses prédecesseurs qui n'ont pas totalement ruiné les Etats Unis d'Amérique. Donc long est l'apprentissage de ce président, donc long est le choi de la democratie US : les Américains reviendront aussi sur le choix de trump qui ne peut pas changer toutes les règles de la mondialisation et du commerce international ( surtout avec les Chinois et avec les Russes).
Donc prudence est aussi mère de sureté : Mr Trump doit se faire à ce qu'il n'est pas toute puissance de pouvoir US même s'il a possibilité de pouvoir agir sur la diplomatie dans le monde, les conflits dans le monde et sur le capitalisme !
a écrit le 28/03/2017 à 14:19 :
« démocrates modérés »....imposer une taxe aux frontières et des baisses massives d'impôts... Il rêve... ou alors le prix politique en sera exorbitant, comme l'abandon du mur anti-latinos voire le maintien de l'ALENA.
a écrit le 28/03/2017 à 13:20 :
"Bref, une partie des Républicains trouvent Donald Trump trop à gauche, une autre trop à droite."

Les états unis sont une ploutocratie, on a le pouvoir parce qu'on est riche ou parce que les riches vous aiment ou du moins se servent de vous et c'est tout, du coup il n'y a aucune cohérence politique et au final on peut voter pour n'importe qui, le néolibéralisme sera toujours protégé.

ET quand on voit un hollande se disant de gauche et appliquant une politique néolibérale ben on peut dire que le TINA nous aussi on est en plein dedans.

Démocratie ?
Réponse de le 28/03/2017 à 14:26 :
Hollande est bien loin d'avoir appliqué une politique néolibérale, qui aurait au moins consisté :
-à faire sauter toute référence à une quelconque durée légale du travail dans la limite des 48h max de l'UE
-à autoriser un SMIC diminué pour l'embauche des chômeurs de longue durée (ex : -10% par année passée au chômage) quitte à compenser par du RSA-activité.
-inversement, à rendre dégressive l'indemnisation du chômage
-à faire sauter les seuils sociaux (une entreprise qui passe à la hausse un seuil aurait par exemple 10 ans pour mettre en place les obligations liées au franchissement de ce seuil).
Réponse de le 29/03/2017 à 9:14 :
Vous n'arrêtez pas de dire que je suis un troll mais pourtant vous me harcelez, vous me pourchassez pour venir déblatérer des banalités affligeants, tout ce dont vous êtes capable.

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