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Alexander Valkenberg
Par Alexander Valkenberg, directeur général de Swiss Post Solutions France et Europe de l'Ouest
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Au sujet de la "délocalisation", circulent un certain nombre de lieux communs que je propose d'examiner au vu de l'expérience professionnelle de terrain que j'ai pu vivre durant les dernières années en tant que directeur général France et Europe de l'Ouest de Swiss Post Solutions, la division de la Poste suisse qui est, entre autres, très active dans l'externalisation de processus métiers notamment via des délocalisations à travers le monde.
Première idée reçue, les délocalisations ne concernent que la production industrielle ou les métiers informatiques purs : faux. La délocalisation des services a été rendue possible à partir de la fin des années 1990 par la disponibilité d'importantes infrastructures de communication, conséquence du développement des télécommunications et d'Internet. Presque toutes les étapes d'un processus métier spécifique (souscription, paiement, prise de commande, réclamation, remboursement, etc.) peuvent désormais être délocalisées quel que soit le secteur d'activité. Le phénomène s'accélère d'ailleurs dans l'ensemble des secteurs publics et privés. Les projets délocalisés peuvent avoir des tailles très variables allant d'une personne à plusieurs centaines de personnes par projet. Ainsi, de nombreuses tâches externalisées sont aujourd'hui délocalisées en offshore. Ceci concerne d'ailleurs un important nombre d'administrations publiques françaises.
Les emplois à valeur ajoutée qui nécessitent un grand savoir-faire ne peuvent pas être délocalisés : faux. La délocalisation ne se heurte nullement et n'est aucunement limitée par un quelconque manque de compétence locale dans les pays offshore. Toutes les tâches afférentes à une prestation de services sont susceptibles d'être délocalisées. Les formations des salariés offshore sont organisées de manière extrêmement professionnelle et se font en général beaucoup plus rapidement que les formations de salariés de niveau équivalent en France... Il suffit d'aller visiter un centre de production offshore pour s'en rendre compte et pour comprendre immédiatement que le mouvement de délocalisation n'est pas prêt de s'arrêter.
Les délocalisations résultent du niveau élevé des charges sociales en France : faux. Le coût salarial des pays "offshore" vers lesquels sont le plus souvent réalisées les délocalisations (Madagascar, Chine, Bangladesh, île Maurice, Vietnam, etc.) est aujourd'hui huit à dix fois moins élevé qu'en France. Au vu de cette réalité, l'impact d'une baisse des charges sociales en France sur les délocalisations ou la relocalisation vers la France est négligeable. Même une suppression totale des charges sociales ne pourra entraver les délocalisations à venir ni conduire au rapatriement d'un seul emploi en France.
Les services délocalisés sont de mauvaise qualité et ce défaut conduira à terme à des réinternalisations en France : faux. Le nombre de délocalisations, spécialement dans les services, augmente de manière exponentielle mais souvent ces projets sont très mal préparés, lancés trop vite (en raison de contraintes budgétaires) et sans structure d'encadrement adaptée pourtant nécessaire à toute externalisation. La cause des problèmes rencontrés dans le cadre de certaines opérations de délocalisation réside donc dans la plupart des cas chez nous et non pas à des milliers de kilomètres. L'expérience montre que les salariés des pays "offshore" sont souvent mieux formés, qu'ils sont parfaitement capables de traiter des tâches très complexes avec une excellente qualité, qu'ils maîtrisent beaucoup mieux les nouvelles technologies et que leur motivation et leur assiduité au travail sont excellentes.
Le phénomène des délocalisations va continuer à s'accentuer, c'est inéluctable ! Ni la gauche ni la droite n'ont aujourd'hui le pouvoir de s'y opposer efficacement. La seule question que l'on peut légitimement poser à tous les acteurs publics et aux acteurs privés engagés est celle-ci : quelles mesures prendre pour remplacer les dizaines de milliers d'emplois délocalisés par année ? C'est l'un des principaux challenges de la prochaine décennie.
Lošc a écrit le 19/02/2012 à 11:03 :
Le problème du cout salarial et du modèle social n'est pas responsable des délocalisations mais le cache sexe de ce qui se passe ... dessous, ou dedans c'est selon!^^ Les vrais raisons sont ailleurs : http://vge-europe.eu/index.php?post/2008/07/25/Reponse-de-VGE
Eridon a écrit le 09/02/2012 à 12:57 :
J'ai entendu Villepin ce matin. Pour un français on peu employer cent chinois, cela me parait totalement excessif ! Tout le monde raconte n'importe quoi a ce sujet !
Gougou a écrit le 02/02/2012 à 17:36 :
Personne a dit que c'était le seul facteur. C'est un problème auquel il faut trouver une réponse. D'ailleurs délocaliser vers les,pays développes est aussi délocaliser ... Outre, je ne pense pas que cela soit vrai car quel est le pays En Europe de l'ouest qui a augmente son industrialisation (l'Allemagne n'étant pas un comparable car on y produit des choses très différentes que chez nous ou alors pour une gamme de qualité différente de ce qui se vend chez nous.
yazan a écrit le 02/02/2012 à 12:53 :
Sauf que les delocaliqations ne sont pas le facteur dominant du chomage... et si on regarde ou vont les emplois delocalises... c est principalement vers les pays dzveloppes... mais tant qu on assenera comme une verité facile que la desindustrialisation est le fait des delocalisations, on ne proposera aucune solution qui vaille: http://www.citylop.com/chomage-ce-n-est-pas-la-faute-aux-delocalisations/
Carlito a répondu le 02/02/2012 à 17:51:
Le rapport du lien est interesant mais fait par quelqu'un qui ne s'est jamais lève de son bureau ... Produit-on du textile, des chaussures, de l'électronique pour consommateurs etc en France, non ! Quant aux services, de moins en moins en France ! Personne délocalise vers l'Espagne ou l'Italie, cela s'est peut être fait il y a 55 ans mais plus du tout a ce jour. Faites un peu lentour de ce qu'on fait encore en France au lieu de citer un article fait par un recopieur de rapports qui ont ète faits par des gens colles sur des chaises dans le bureau. La réalité, c'est ce qu'on fait encore en France et c'est tout ce qu'on ne peut pas délocaliser dans qcq années ...
Gougou a écrit le 30/01/2012 à 16:51 :
Ce n'est pas les charges qui sont 10fois plus importantes mais le cout pour l'entreprise est de 15 euros par heure en France contre 1,5 euros en Asie. En enlevant l'ensemble des charges on arrive a 10 euros ce qui tjs 7fois plus ! L'industrie allemande fabrique de la qualité très chère qu'ils parviennent a vendre dans la monde, la fameuse qualité allemande, mais notre réputation est que,les peu rots qui ne sont déjà pas très fun en plus font du bruit partout. On est pas du tout dans le même segment a part qcq industries très spécifiques ( nucléaire) A quand un vrai débat sur ou on se situe en France ?
taranis a écrit le 30/01/2012 à 15:09 :
Le chroniqueur dit le contraire, c est parce que les charges sont 8 à 10 fois moins élevées dans les pays en developpement que l on délocalise. Le cout du travail fait donc tout. Il dit qu?en diminuant on ne pourra toujours pas lutter contre ces pays qui pratique le dumping social, sauf à vivre comme eux ce que l?on ne veut pas. L Allemagne et notre 1er partenaire et a ce niveau on peut encore agir pour être plus compétitif vis-à-vis de nos part de marché en Europe. Il y 2 débats différents qui sont mélangé dans ce forum. Le marché européen reste toujours le plus important et celui-ci doit se rééquilibrer entre tous les pays de l?union. Les pays en développement nous pouvons les maitriser par la taxe de réciprocité pour financer notre protection sociale. Rien ne nous empêche politiquement d?humaniser le travail.
Hector a répondu le 30/01/2012 à 16:44:
Sauf que l'Allemagne fait du high end avec des très importantes marges et que 4x plus de PME exportent. Mais ces PME n'exportent pas des chaussettes mais des machines de production sur mesure d'une incroyable qualité (par comparaison voyez simplement ce qu'une machine a laver miels coute par rapport a n'importe quelle autre machine). C'est encore plus prononce pour les machines industrielles sur mesure que beaucoup de PME exportent. En ce qui concerne les services (un peu le sujet de l'auteur) la messe est dite.
Cannon a écrit le 30/01/2012 à 12:35 :
Le président a encore dit que les délocalisations étaient dus aux charges, c'est vraiment n'importe quoi
Dadou a écrit le 29/01/2012 à 13:15 :
Qui a des solutions ? J'entends tus que c'est la faute des charges sociales. Apparemment pas du tou !
Gigou a répondu le 29/01/2012 à 16:36:
Une diminution des charges sociales crée des emplois locaux mais comment cela pourrait arrêter les délocalisations. Charges sociales a zéro égale 6 x moins moins cher en délocalisation. Mais qui va enfin dire la vérité, si ce n'est cet article et trouver des solutions ?
Rapoutou a répondu le 29/01/2012 à 16:41:
Les charges sociales, c'est ce que la droite et la gauche nous racontent. Tous des gas qui n'ont jamais vu une societe d'intérieur (a part la societe qui leur a appris a parler devant une camera carils parlent tous pareils)
Laplume.mg a écrit le 29/01/2012 à 12:13 :
La délocalisation est une stratégie inévitable si les entreprises veulent rester compétitives sur le marché. Avec une externalisation, une réduction considérable des charges est assurée, mais il faut choisir le bon prestataire. Il faut aussi bien choisir vers quel pays externaliser. L'idéal est de délocaliser vers un pays culturellement proche et se doter d'une équipe offshore ayant bénéficié d'un cursus français ou francophone.
Gigou a répondu le 29/01/2012 à 16:39:
Le culturellement proche est important dans le contact client. Dans le backoffice, il suffit d'avoir des bonnes règles de gestion, ... Demande au pole emploi ou ils ont délocalise ?
Calou a répondu le 29/01/2012 à 16:43:
Ce n'est pas une question de compétitivité mais de diminution de couts et de rentabilité. Trouvez vous normal que le pole emploi délocalise ?
Figo a écrit le 28/01/2012 à 18:40 :
Bon article qui donne sans détour la réalité des choses. Que faut il faire ?
Cannon a écrit le 28/01/2012 à 18:33 :
C'est intéressant que les charges sociales n'y changent rien. Les politiques nous racontent vraiment n'importe quoi !
Bon sens a écrit le 28/01/2012 à 18:27 :
Je pense que c'est bien de faire un état de lieu qui soit fait par qcq qui travaille quotidiennement dans ce secteur. Il faut un état denlieu commun sans se mentir dans la,poche avant de vraiment pouvoir attaquer ce problème. Mais a-il également des solutions ?
Licence to live a écrit le 27/01/2012 à 13:40 :
Et si on le délocalisait aussi, ce manager tout fier de saborder son continent ?
Compas a répondu le 28/01/2012 à 18:44:
Ce sont les sociétés françaises qui ne veulent plus travailler en France. Savez vous que le polenemploi a externalisé et que le projet est délocalise dans un pays off shore. Voila ce qui est scandaleux et non pas qcq qui a le courage de direna tout le monde ce qui se passe réellement car on peut aussi continuer a se mentir dans la poche ou croire le,politiques qui n'ont jamais vu une societe d'intérieur ...
Figo a répondu le 29/01/2012 à 08:41:
Le pole emploi délocalise ? C'est scandaleux ! Merci de faire circuler ce message
Maroufleur a écrit le 26/01/2012 à 07:39 :
Que voilà un bel article à décharge. Il omet néanmoins une barrière importante, inhérente à la délocalisation : l'existence tout aussi naturelle qu'indéniable des frontières culturelles qui peuvent rapidement faire exploser les coûts et délais d'un projet, réduisant in fine à peau de chagrin les bénéfices de ce genre d'externalisation, et surtout entamant dramatiquement l'image du service concerné auprès des utilisateurs finaux du service ou du produit. La formation interculturelle doit être prise beaucoup plus au sérieux part les parties engagées dans ce genre de contrat, et cela s'avère trop souvent négligé. Et pas que de notre côté.
Raboba a répondu le 29/01/2012 à 08:35:
La,différence de salir par heure est de 10x, alors pour que,bénéfice soit zéro il faut déjà y aller. La différence culturelle, c'est un bon point mais que si les,personnes offshore communiquent avec les clients finaux (call center). Pour le reste et dans sa majorité, ce sont des taches de backoffice sans interaction culturelle !
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"Les services délocalisés sont de mauvaise qualité et ce défaut conduira à terme à des réinternalisations en France : faux" => la bonne blague! Est ce que ce monsieur descend de sa tour d'ivoire pour aller sur le terrain et voir...
par pipo le 16/05/2012 à 20:54
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pipo a écrit le 16/05/2012 à 20:54 :
"Les services délocalisés sont de mauvaise qualité et ce défaut conduira à terme à des réinternalisations en France : faux" => la bonne blague! Est ce que ce monsieur descend de sa tour d'ivoire pour aller sur le terrain et voir les opérationnels ramer comme des fous pour gérer l'OffShore. Effectivement les salaires ailleurs sont plus faibles mais pour gérer cet "OffShore", pour piloter, pour contrôler, pour vérifier il faut mettre des processus lourds et inutiles qui mobilisent des personnes localement dont le salaire n'est pas bas. Quel gâchis! Quelle fausse bonne idée! Les effets de mode font des ravages dans l'industrie. SFR s'est complètement planté avec l'Inde et Bouygues Telecom semble vouloir les suivre dans le gouffre.