La Tribune

Monsieur Baroin, ne tuez pas Alternext !

"Cette querelle de clochers et d'egos est à l'image des querelles des candidats à la présidentielle : déconnectée de la réalité", estime Marc Fiorentino. . Copyright Reuters
"Cette querelle de clochers et d'egos est à l'image des querelles des candidats à la présidentielle : déconnectée de la réalité", estime Marc Fiorentino. . Copyright Reuters
Marc Fiorentino  |   -  561  mots
La Bourse de Paris est déjà devenue une place financière provinciale. Nyse Euronext mérite un blâme pour ne pas avoir su développer Alternext. Ne cassons pas ce qui marche, plaide notre chroniqueur financier, Marc Fiorentino, en réponse au rapport Giami-Rameix remis au ministre de l'Economie et des finances et qui menace cette plateforme de cotation pour les PME et les ETI.

Il y a une tradition en France : remettre en cause ce qui marche bien. Plutôt que de l'ajuster pour cela marche mieux.
L'offensive menée actuellement pour "améliorer le financement des PME et des ETI par le marché financier" en est la parfaite illustration. Le rapport, dit Giami- Rameix, adressé à notre ministre de l'économie, Monsieur François Baroin, qui alimente ce mouvement, commence d'ailleurs par une citation pour le moins surprenante : "Si nous voulons que tout continue, il faut d'abord que tout change". Une citation extraite du film bien connu "Le Guépard", mais une citation que Jean Luc Mélenchon ne renierait pas. Hop ! On détruit tout. On repart à zéro... Pour tout détruire à nouveau dans deux ans ou trois ans ? Intéressant comme démarche.

Arrières-pensées

Le constat est simple : la Bourse doit être un axe prioritaire du financement des PME et des ETI dès lors que les banques ne jouent pas leur rôle. Jusque là tout le monde est d'accord, mais c'est là que cela se gâte. Pour des raisons étonnantes, et des arrières-pensées qui manquent de clarté, certaines associations et certaines personnalités de la Place de Paris veulent remettre en cause le seul marché de PME et d'ETI qui fonctionne, le marché d'Alternext, un marché qui en 2011, alors que la Bourse de Paris était fermée de fait, était le seul à continuer à introduire des entreprises. Je parle en connaissance de cause : Euroland a introduit deux sociétés, une en Novembre, une en Décembre. Et Euroland est avec Allegra Finance et d'autres acteurs dynamiques le plus gros intervenant sur le marché Alternext depuis sa création en 2005.
Alternext est un marché formidable, plébiscité notamment par les entrepreneurs qui y sont cotés. On remarque d'ailleurs que dans le rapport « Giami Rameix » aucune entreprise cotée n'a été contacté en direct. Alternext doit être soutenu, aidé, amélioré. Mais il ne faut pas changer une équipe qui gagne même si elle devrait gagner encore plus !

Querelle de clochers

Nyse EuroNext est en position d'accusé. On parle même d'aller monter une plateforme avec une bourse anglaise pour faire concurrence à Alternext ou encore d'aller demander de l'aide à la Caisse des Dépôts qui ?uvre déjà très efficacement et activement pour les PME et les ETI. Ce sera donc le passage à « l'ennemi » ou « la nationalisation » ?
Cette querelle de clochers et d'egos est à l'image des querelles des candidats à la présidentielle : déconnectée de la réalité. Et ce sont ces querelles qui ont fait de Paris une place financière provinciale. Nyse Euronext mérite un blâme : cela fait des mois qu'on leur demande de nous aider à mieux commercialiser cette plateforme formidable de cotation pour les PME et ETI. Et ils n'ont pas fait grand-chose. Ils réagissent aujourd'hui en créant un « comité stratégique ». Et tout cela va traîner encore pendant des mois. EuroNext mérite un blâme mais pas un carton rouge délivré par des arbitres auto proclamés.
Les  vrais, acteurs de la Bourse pour les PME- ETI ont besoin d'un soutien  Mais ne réinventons pas ce qui existe déjà et qui fonctionne.

Monsieur François Baroin, vive Alternext !

Vous pouvez retrouver les informations de monfinancier.com en cliquant ici

 

 

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Commentaires

KCM67  a écrit le 01/03/2012 à 8:33 :

Le curé ne prêcherait-il pas pour sa paroisse?

georges ugeux  a écrit le 23/02/2012 à 22:47 :

Je vous suis entierement.
Il est extremement difficile de developper un marche boursier pour les actions de PME, mais l'erreur est de blamer la Bourse.Les autres places europeennes ont la meme difficulte, y compris Londres (AIM).
Pour qu'Alternext fonctionne, il faut que la plate-forme ait trois caracteristiques: une auto-regulation qui fasse que la cotation sur Alternext soit un gage de qualite et de bonne gouvernance (effort commun de l'AMF et d'Euronext); une structure informatique legere(Euronext);l'engagement par les operateurs de la place de Paris d'allouer une liquidite adequate. C'est l'absence d'engagement et de soutien des banquiers et agents de change francais qui sont a l'origine de l'echec. La Bourse ne peut, a elle-seule, creer un marche de toute piece.

dd  a répondu le 24/02/2012 à 4:55:

Les Agents de Change n existent plus depuis longtemps, les societes de Bourse quant à elles sont controlées par....les banques....
Chacun son métier....to late to cancel....

voir le commentaire suivant pour les sourds  a répondu le 24/02/2012 à 9:40:

j'oubliais dans les gens complètement à l'Ouest M. Ugeux, encore que parfois je crois savoir que ce Monsieur se trouve complètement à l'Est (Géographiquement s'entend).

Mieux vaut entendre ça que d'être sours? Pas si sûr.  a écrit le 23/02/2012 à 19:15 :

Alternex a fait vivre la boîte de ce chroniqueur qui se goure 2 fois sur 3 au mieux, alors vous comprenez? Regardez les avis de ses analystes, les estimations de ce que valent les actions des sociétés qu'il a introduite en Bourse et leur performance réelle, et vous comprendrez mieux que ce Monsieur préconise maintenant d'investir dans l'immobilier...au plus mauvais moment. Alors no comment, et dire que des gens comme ça ont leur ouvre les portes de tous les médias, c'est comme Minc ou BHL, des gens qui à mon avis sont complètement à l'Ouest pour rester poli.

bob  a répondu le 24/02/2012 à 8:57:

...dit le mec blazé de suivre betement les conseils d'un chroniqueur. C'est le principe de TOUS les traders, te faire croire qu'ils te rendent service alors qu'ils s'appuient sur toi pour LEURS proffits. Si t'a pas compris ca retourne jouer avec ton livret A.

réponse à Bob  a répondu le 24/02/2012 à 11:58:

depuis 1986 (à cette époque là Euroland Finance la boîte de Fiorentino n'existait pas), je crois que je n'ai jamais acheté de titres de petites boîtes sur le marché, mon dernier investissement à cette époque su ce qu'on appelait le second marché, ça a été Dumesnil Leblé, j'ai réalisé certainement le pus gros profit que j'ai jamais fait en bourse sur une durée de placement inférieure à un an, et j'ai dégagé, j'ai dû avoir le nez creux comme on dit puisque cette boîte quelques temps plus tard a déposé le bilan, grosses pertes sur le MATIF.