La Tribune

Emploi : pas facile d'être jeune en Afrique

Copyright DR
Copyright DR
Jan Rielaender  |   -  1416  mots
Jan Rielaender est économiste au Centre de développement de l'OCDE. Cette analyse est publiée à l'occasion du rapport Perspectives économiques en Afrique 2012 : Promouvoir l'emploi des jeunes que lance l'OCDE à Arusha lundi 28 mai aux Assemblées annuelles de la Banque Africaine de développement.

Les temps sont durs pour les jeunes Africains. Les performances économiques du continent sont bonnes, mais les emplois de qualité y sont rares. Même si le continent affiche des perspectives de croissance satisfaisantes, passant de 3,4 % en 2011 à 4,5 % en 2012, selon les estimations, 40 millions de jeunes sont privés de travail et beaucoup d'autres n'ont pas d'emploi décent.

A travers le monde, la crise économique a frappé les jeunes de plein fouet. Le taux de chômage des jeunes est bien plus élevé que celui des adultes dans bon nombre de pays. Ils sont en effet souvent les premiers à être licenciés, tandis que la concurrence à l'entrée du marché du travail devient de plus en plus féroce avec l'arrivée de chaque vague de diplômés. Les jeunes Africains ne sont pas épargnés par ce phénomène, mais leur situation est particulièrement difficile.

Dans certains pays, comme l'Afrique du Sud, le taux de chômage des jeunes atteint les 50 %. Dans d'autres, la plupart d'entre eux travaillent, mais ne gagnent pas assez pour vivre. Dans les deux cas, ces jeunes ont besoin que la croissance en Afrique crée des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Et ils ont besoin que ce changement s'opère vite. Au cours des 10 prochaines années, 130 millions de jeunes sortiront en effet du système éducatif et chercheront du travail. Or, le rythme actuel de création d'emplois est loin d'être suffisant.

L'édition 2012 des Perspectives économiques en Afrique, élaborée conjointement par la Banque africaine de développement, le Centre de développement de l'OCDE, le Programme des Nations Unies pour le développement et la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, estime que sur les 200 millions de jeunes Africains âgés de 15 à 24 ans, 53 millions connaissent une situation d'emploi précaire, très souvent analogue à celle des travailleurs pauvres. Quarante millions de jeunes Africains sont sans emploi. Et pourtant, seulement 18 millions d'entre eux en cherchent un ; les 22 millions restants ont abandonné toute recherche.

Étonnamment, les pays les plus pauvres d'Afrique comptent moins de jeunes chômeurs que leurs voisins mieux lotis. À mesure que les pays s'enrichissent et que les revenus y progressent, les consommateurs sont attirés par les marques connues et se détournent des produits locaux, jusque-là un moyen de subsistance pour de nombreux habitants. Avec l'augmentation des revenus, les familles disposent aussi de davantage de moyens pour venir en aide à leurs jeunes demandeurs d'emploi, lesquels peuvent donc se montrer plus sélectifs et rejeter des offres qui ne seront pas pourvues. Cette tendance se traduit par une hausse du chômage des jeunes et, potentiellement, par un alourdissement des coûts sociaux. L'amertume s'installe lorsque le « meilleur emploi » attendu ne vient pas. Le fait que ces nombreux jeunes soient dés?uvrés, et restent sans travailler ni faire d'études, représente un véritable gaspillage. Ils sont la ressource la plus précieuse d'un pays.

Les jeunes Africains ont des attentes bien précises. Selon une enquête mondiale réalisée par Gallup, en Afrique du Nord, les jeunes préfèreraient un emploi dans la fonction publique plutôt que dans le secteur privé. Cependant, compte tenu des ressources publiques limitées et de la croissance démographique, l'État ne peut pas employer une forte proportion de jeunes. D'ailleurs, les Perspectives économiques en Afrique estiment que l'Égypte devrait créer environ 200.000 emplois publics chaque année pendant la décennie qui vient pour maintenir la part actuelle de la population qui travaille dans le secteur public.

De toute évidence, l'État ne peut pas procurer tous les emplois que les jeunes espèrent. Mais il peut toutefois aider le secteur privé à créer davantage d'emplois. Les grandes entreprises, locales et multinationales, sont la principale source d'emplois bien rémunérés. Mais ces entreprises sont encore trop rares. Elles ne peuvent embaucher qu'une infime proportion des jeunes demandeurs d'emploi. La plupart des emplois devront donc venir des petites entreprises, qui pullulent dans les pays d'Afrique. Il s'agit souvent d'affaires tenues par une seule personne, qui vendent des produits simples ou des services de réparation, ou encore mènent une activité manufacturière rudimentaire, comme la fabrication de mobilier. D'autres opèrent dans les hautes technologies ou Internet, et proposent des services modernes à un secteur des communications en plein essor. Beaucoup de ces petites entreprises ne sont pas officiellement déclarées, mais elles possèdent un fort potentiel et dégagent un rendement de 60-70 % sur leur capital chaque année. Elles se heurtent à des obstacles auxquels l'État peut remédier.

Premièrement, il faut mentionner l'attitude de l'État vis-à-vis des petites entreprises. L'histoire du vendeur de légumes tunisien Mohamed Bouazizi illustre bien l'importance des PME. Cet homme s'est immolé par le feu, ce qui a déclenché la révolution, parce que les fonctionnaires le harcelaient quotidiennement, confisquant son matériel et ses légumes et l'empêchant de faire prospérer son commerce et de nourrir sa famille. Au lieu de lui mettre des bâtons dans les roues, l'État aurait dû lui procurer les services et les incitations qui l'auraient conduit à déclarer son activité.

Deuxièmement, les pouvoirs publics peuvent favoriser l'instauration d'un système d'assurance sociale adapté aux besoins des petites entreprises telles que celle de Mohamed Bouazizi. Fort de la sécurité que lui procure une assurance, le propriétaire d'une petite entreprise peut investir son bénéfice dans son affaire au lieu de gonfler son bas de laine en prévision de dépenses imprévues, comme par exemple des frais de santé pour les membres de sa famille.

Troisièmement, en Afrique, bien souvent, les chefs des petites entreprises n'ont pas accès aux crédits qui leur permettraient de développer leur activité. Même si, grâce à la microfinance, il est aujourd'hui plus facile de recevoir des financements de très faible montant, il reste très difficile d'obtenir des prêts de montant moyen, par exemple de 10.000 dollars. La plupart des banques ne sont pas intéressées, car elles gagnent de l'argent plus aisément avec les entreprises plus grandes. L'État doit concevoir des incitations pour pousser les banques à se rapprocher des petites entreprises.

Quatrièmement, l'amélioration de la qualité des services pourrait jouer un rôle majeur. Ainsi, avec une fourniture d'électricité stable, beaucoup, surtout dans les zones rurales, pourraient se lancer dans une activité de production à petite échelle. Si l'alimentation électrique était fiable, certains jeunes pourraient, par exemple, démarrer une entreprise de couture.

Les pouvoirs publics pourraient également veiller à ce que les jeunes reçoivent une éducation plus proche de ce qu'ils ont besoin de savoir dans le monde du travail. En effet, en Afrique, beaucoup de jeunes sont victimes du décalage entre les compétences effectives et la demande des employeurs. Ils sont allés à l'école, certains même jusqu'à université, mais n'y ont pas acquis les compétences pratiques recherchées par les employeurs. De nombreuses entreprises souhaitent embaucher des jeunes possédant des qualifications techniques et capables de faire fonctionner des machines ou de superviser des processus de fabrication, et ne les trouvent pas. Parallèlement, l'Afrique est la région du monde qui compte la plus forte proportion d'étudiants dans les filières littéraires et des sciences sociales. Bon nombre de jeunes ayant fréquenté l'université se retrouvent ainsi au chômage. En Afrique du Sud, par exemple, les entreprises font état de 600.000 postes non pourvus, tandis que 800.000 jeunes diplômés de l'université sont sans emploi.

En Afrique, beaucoup de jeunes apprennent un métier auprès d'un maître artisan. Bien souvent, les compétences qu'ils acquièrent ainsi ne sont pas officiellement reconnues, ce qui les empêche d'avancer dans leur carrière. Les écoles peuvent faire énormément pour remédier à ces carences, surtout en tissant des liens avec le secteur privé local et en donnant aux jeunes l'opportunité d'obtenir une certification pour les compétences qu'ils ont acquises ailleurs.

Le nombre des jeunes en Afrique va doubler d'ici 2045, pour passer de 200 millions de personnes aujourd'hui à 400 millions. L'essor économique du continent est soutenu et le restera. Mais les pouvoirs publics comme les entreprises doivent redoubler d'efforts en faveur de la création d'emplois afin de faire de la croissance démographique une chance pour le continent.

Réagir

Commentaires

Kobiw1n  a écrit le 30/05/2012 à 4:25 :

C'est toujours marrant de lire les donneurs de leçons sur ce genre d'articles. Toujours tout résumer au nombre d'enfants... Désolant.
Sinon, c'est un très bel article qui malheureusement ne traite pas selon moi, d'un des plus gros problèmes de l'Afrique : la participation des grands groupes étrangers au développement de ces pays - aussi bien en termes de création d'emploi que d'infrastructures. L'Afrique continue à être pillé avec la complicité des dictatures bien (mises?) en places depuis des décennies. Dans ces conditions tout changement est difficile à mettre en place. Cependant, je pense enfin que les révolutions de printemps sont un signe annonciateur du grand bouleversement que s'apprête à vivre ce continent dans les prochaines années...

Aristeas  a répondu le 30/05/2012 à 9:40:

Piller ? Pouvez-vous donner des exemples, qui sont plus important que le pillage en Europe ?
Car pour être aller en Afrique à maintes reprises, je constate que les entreprises de blanc payent plus leurs employés et payent les impôts locaux à la différence des magouilleurs professionnels locaux qui souhaitent un "bonus" à chaque instant. Quant ces entreprises ne participent pas "bénévolement" à la construction des écoles, des routes, et dispensaires.
De plus, ces mêmes entreprises font exactement, le même travail dans des pays "blanc" à fortes activités minières, comme l'Australie, le Canada, etc..., et ils ne crient pas au pillages. Pourtant les prix payés pour ces matières sont les mêmes pour le client.

Jean marc  a répondu le 30/05/2012 à 15:56:

Je peux vous contredire avec des exemples de français qui payent et traitent le plus mal possible leurs employés locaux. Sans parler de la gestion des grands ports d'afrique subsaharienne par les Bolloré, Getma... par ailleurs souvent en zone franche Et des exploitations minières (uranium au niger, phosphate au togo...), et les brasseries nationales et autres grandes entreprises. D'ailleurs, quel pays d'occident suggère une hausse des revenus minimum (30000F=43.50? au Togo). On profite bien du sous développement de l'afrique et les programme d'aide internationale ne sont pas réfléchis globalement mais ordonnés bureaucratiquement.

navynay  a répondu le 30/05/2012 à 19:52:

moi ce que je retiens c'est la colonisation des esprits par le modele occidental,qui envahis l'autre?

Jean marc  a répondu le 31/05/2012 à 8:32:

Tout à fait vrai ! Voir "Le développement - Histoire d'une croyance occidentale" de Gilbert Rist, 1996

Aristeas  a répondu le 31/05/2012 à 13:10:

Les seules exemples qui peuvent exister, de maltraitance des employés par des Français, en nombre, sont les employés de leurs foyers familiaux (mais est ce moins bien que ne les traitent les populations locales dans les mêmes job ? J'en doute).

Sinon je ne vois pas le pillage dans les exemples que vous donnez.
Vous énumérez des entreprises qui exploitent des ressources minières.
A ma connaissance, ces mêmes entreprises payent, des droits d'exploitation, des salaires et des impôts ?
Pour travailler dans les audits, je peux même vous dire que les entreprises françaises en Afrique préfèrent payer leurs impôts en Afrique qu'en Europe (par le transfert de marges) ; les taux y sont plus intéressant. Résultat c'est en Europe que l'on est laisé et les états Africain qui en profite.

Que cela ne profite pas au plus grand nombre en Afrique, cela ne concerne pas ces entreprises, mais les autorités de ces Pays.
Les zones franches concernent le transit (surtout pour avantager le petit commerce des voitures). Pas l'exploitation des ports. Désolé.

Pour l'occidentalisation de l'Afrique, je suis assez d'accord avec vous, mais je constate que beaucoup d'Africains veulent la même chose que ce qui existent en Europe. Et jusqu'à maintenant, il n'y a pas de meilleur modèle, pour un maximum de bien être d'une population civilisée.

Aristeas  a répondu le 31/05/2012 à 14:57:

Jean Marc, vous ne faîtes que débiter la propagande que l'on nous sert tous les jours, sans aller la vérifier, la démontrer par des faits et des chiffres.
Sortez moi les chiffres !!!

Jean marc  a répondu le 01/06/2012 à 16:47:

Je n'ai pas vu de chiffres dans vos interventions non plus, pourtant elle me font également penser à un discours déjà entendu...
Personnellement, je ne me suis pas mis dans une position de relai d'une "propagande" comme vous le laissez entendre mais il est possible que j'ai donné cette impression. Pourtant, je parle de ce que j'ai vu et vécu, ayant habité et travaillé un an dans un pays d'afrique de l'ouest pas très démocratique, auprès du gouvernement local et du Programme des Nations-Unies pour le Développement, dans la mise en place d'un programme national sensé appuyé le développement du pays. J'ai donc vu des pratiques et des réalités vécues par les habitants. J'ai également vu deux types d'expatriés occidentaux : ceux qui profitent de leur situation (avec des salaires dépassant parfois les 10000euros mensuels + avantages, non imposés localement car en contrat d'expat.), estimant de leur bon droit d'user et d'abuser des personnes et des biens à leur convenance, fréquentant les restaurants et hotels réservés aux expatriés et riches locaux souvent corrompus (que dire de nos exigences auprès des étrangers arrivant en France en comparaison de ce que font de nombreux francçais à l'étranger...?). Et ceux, souvent plus jeunes, sensibles aux réalités insoutenables des habitants, bien plus près du quotidien de ceux-ci.
C'est notamment partant de ce constat que j'évoque l'abus de position dominante et le pillage de ces pays. Si vous voulez des chiffres, vous en trouverez facilement si vous les cherchez. Malgré l'absence d'obligation de publication des dividendes versés aux gouvernements par les multinationales, il existe des chiffres éloquents (http://survie.org/francafrique/diplomatie-business-et-dictatures/article/les-entreprises-francaises-en).

Foued  a écrit le 29/05/2012 à 21:14 :

Encore moins facile en europe avec les mêmes symptômes :--(

Mordrakheen  a écrit le 29/05/2012 à 16:40 :

le fait que la majorité des jeunes cherchent un emploi dans le public en dit long sur leur état d esprit en gros on veut avoir un petit boulot pas violent couvert par l etat ...C est pas avec ce genre de dynamisme que l'Afrique va se sortir du sable ....

Jean marc  a répondu le 31/05/2012 à 8:40:

"en gros on veut avoir un petit boulot pas violent couvert par l etat"

Non, on veux avoir un statut social et une situation moins précaire ! Bref on veux s'en sortir et c'est pas vraiment le secteur privé qui peut aider : pas de protection sociale donc pas de quoi se soigner, le risque de se faire virer quand on est malade. Un salaire au minimum qui ne suffit pas pour vivre et qui oblige à cumuler un autre job comme taxi-moto ou petit vendeur de chinoiserie ou autre.
Vous rendez vous compte de la réalité vécue par une immense majorité d'africains? Un chiffre : selon les pays le nombre de personnes disposant d'un compte bancaire tourne autour de 10% ! Vous imaginez comment on vit quand on a de l'argent pour vivre au jour le jour...? Et vous osez laisser entendre que ces gens sont des paresseux ? Les clichés sont persistants...

Mordrakheen  a répondu le 01/06/2012 à 16:53:

pas moi qui le dit ce sont des Africains , j ai des clients Ivoiriens Malien Senegalais ...ils se saignent comme des fous cumulent deux voir trois jobs en France pour envoyer de l argent jusqu au petit cousin parce que il ne veut pas travailler dans un chantier ou sur les docks (pas des boulots faciles je le reconnais) et du coup ce sont eux qui ne peuvent pas avancer dans la vie La vraie independance c est de commencer par se prendre en charge et d arreter d attendre l aide de tout le monde en permanence

napoleon  a écrit le 29/05/2012 à 13:28 :

ce n'est pas mieux en france
surtout depuis que tous ce beau monde veut y venir et le radical pour tous ces pays c'est de faire moins d'enfants c'est le plus intelligent pour leur avenir
c'est si facile la baise

kira  a écrit le 29/05/2012 à 12:18 :

la solution: investir chez soi que dans les comptes suisse

Regards  a écrit le 29/05/2012 à 12:01 :

@ Aristeas
Avant même de lire votre commentaire j'en arrivais à la même conclusion que vous qui relève du pur bon sens le plus élémentaire.
Plus un pays est pauvre et plus il fait de gosses pour pallier les maladies et les retraites ...

Licence to live  a répondu le 29/05/2012 à 15:52:

Monumentale erreur

Aristeas  a répondu le 30/05/2012 à 9:48:

La richesse à partager par les individus d'un pays peut ce résumer au PIB.
Donc si la croissance du PIB est inférieur à la croissance de la population, il y a moins de richesses à partager.
C'est pourtant simple.

L'un des "avantages" d'une augmentation de la population, c'est le "souhait" d'une augmentation de l'activité (donc du PIB ?) avec cet accroissement.
Ce qui est, en partie, faux, à mon sens.

Aristeas  a écrit le 29/05/2012 à 11:13 :

La Solution :
Faire moins de gosses

Jean marc  a répondu le 30/05/2012 à 16:03:

Pour info, le nombre d'enfants par femme est proportionnel au niveau d'éducation des femmes, et à leur émancipation.
Une vrai solution à la situation déséspérante de nombreux pays d'afrique serait de refuser enfin la corruption et le népotisme qui mène aux postes publics à responsabilité des incompétents qui n'osent même pas agir faute de savoir faire. Pendant ce temps là, les gens compétents sont déjà partis en Europe ou en Amérique du nord... Et ils envoient leur argent à leurs proches, lequel argent participe fortement à la croissance observée en afrique. Pas très encourageant comme perspectives de développement...

Aristeas  a répondu le 31/05/2012 à 13:12:

En effet, je suis d'accord avec vous.
Mais cela ne remet pas en cause le problème : trop d'enfants par rapport au capacité de la population locale à s'en occuper, pour leur offrir un avenir économique, matériel convenable.
C'est un cercle vicieux (pour simplifier) : trop d'enfant = pas une bonne éducation = corruption (seule moyen de survivre, avoir un plus ?) = trop d'enfant = ...