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Eric Walther, directeur-adjoint de la rédaction
La Grèce survit dans un chaos politique à trois semaines d'élections dont on peut craindre qu'il sorte le pire, c'est-à-dire rien. Et l'Espagne marche depuis plusieurs jours au bord d'un précipice bancaire dont nul ne semble connaître la profondeur, puisque le gouvernement Rajoy est littéralement saisi par l'ampleur du désastre. Au point de se livrer à des acrobaties financières à faire tomber en catalepsie le moindre employé de la Bundesbank. Pensez ! L'Etat s'apprêterait à émettre de la dette souveraine pour recapitaliser, disons plutôt tenter de sauver, Bankia à hauteur de...on verra bien, car cela semble changer de 24 heures en 24 heures.
Et pourtant. Pourtant, en d'autres temps, (en fait, il y a six mois) les dirigeants européens sonneraient toutes les alarmes, un sommet serait convoqué en urgence, les marchés s'affoleraient. Bref, tout le tremblement. Et là, silence sur les ondes politiques à l'exception de Christine Lagaffe qui s'est improvisée contrôleur fiscal en chef, en déclarant au Guardian que « les Grecs devraient commencer par s'entraider collectivement en payant tous leurs impôts » et que ses pensées compassionnelles allaient ces temps-ci « davantage aux enfants du Niger ».
Alors, pourquoi ? Depuis deux semaines, et cela n'est pas directement lié à l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, donc à une place éminente dans le concert agité de la zone euro, les Européens et le FMI sont engagés dans une partie de poker à jeu ouvert avec la Grèce, plus précisément avec les Grecs. En leur disant officiellement ou presque qu'un retour à la drachme, s'ils ne se plient pas aux ordres d'austérité, n'est plus un sujet tabou (alors que tout le monde sait fort bien ou, au choix, ne mesure pas du tout, le choc que cela produirait), ils ont sorti un très gros atout. En agissant ainsi, on veut donner le sentiment que la crise est sous contrôle. Mais c'est un fusil à un coup, tiré dans un tunnel peu éclairé, puisque les sondages rendus publics sont interdits en Grèce pendant les deux semaines précédents le scrutin du 17 juin.
Nous allons donc entrer dans une période blanche, à l'image du silence radio que la Nasa vivait avec angoisse lorsque les navettes sur le chemin du retour pénétraient dans l'atmosphère. « Houston, houston, we have a problem »? On espérait pouvoir garder la situation "under control".
Pas de chance, l'Espagne pointe à nouveau le bout de son désastre financier. On sentait bien que le gouvernement de Madrid, malgré sa toute nouvelle légitimité électorale, commençait à perdre un peu l'équilibre. La première alerte est venue de la demande d'un rééchelonnement de son plan d'assainissement des finances publiques. Mais la crise désormais ouverte de son système bancaire est bien plus menaçante. On la devinait considérable depuis des mois, elle nous plonge aujourd'hui dans un vertige que, là encore, les autorités refusent de reconnaître. Madrid affirme ne pas avoir besoin d'aide - jusqu'à quand ? - et l'Europe se tait. Surtout ne pas faire monter la tension : l'EBA, l'autorité des banques européennes a été jusqu'à affirmer ce week-end benoîtement qu'il n'y avait pas lieu de réévaluer les besoins de refinancement des établissements qu'elle surveille, établis au mois de décembre dernier...
De deux choses l'une : soit l'Union européenne, échaudée par l'effet désastreux qu'ont eu ses affolements et ses (in)décisions prises dans l'urgence, préfère jouer l'autruche en priant pour que le pire ne soit pas possible. Soit elle mûrit dans l'ombre, et se prépare à toutes les éventualités en bonne intelligence, sans que l'on sache d'ailleurs de quelles munitions elle dispose. Rien ne nous dit aujourd'hui que cette seconde hypothèse soit la plus probable.
Laurent68 a écrit le 29/05/2012 à 08:53 :
Ce qui est grave dans l'histoire c'est la perte de la démocratie rien de moins ! La convergence des politiques économiqes et fiscales celà veut simplement dire que les budgets nationnaux sont soumis a validation a la commission européenne avant d'etre présentés aux parlements. Or, cette commission n'a été élue par personne et n'est pas controlée par le parlement européen. Et nous européens on veut donner des lecons de démocratie dans le monde entier ? Nous devrons bientot choisir entre: - plus d'intégration européenne et - retour vers une souveraineté plus importante des pays membres. Sachant que la première solution implique une perte de souveraineté au profit d'un système qui n'est pas démocratique !
Opinion a écrit le 29/05/2012 à 07:58 :
Ca sert à quoi l'Europe ? Importations Chinoise, rachat de tout ce qui bouge par le Qatar ou autres, délocalisations ... Je crois me rappeler que nous étions capable d'acheter des voitures Allemandes, des tulipes Hollandaises, ou des tomates d'Espagne avant toute cette mascarade "pour l'homme et l'avenir". Que tout cela continue, ça ne sert à rien et le débat n'est pas sur l'Europe mais sur entre ceux qui ont le cerveau totalement lessivé et dont le seul argument est "l'argent, l'argent, l'argent" et ceux qui pense que tout les progrès ou toutes les idées ne sont pas forcément bonne à prendre. Cette crise c'est l'Europe qui l'a créé (financement, crédit à tout va, échanges, règles, dogme, utopie .... ) et il y a des gens capable de s'imaginer que c'est l'Europe que va la résoudre ! Bon on verra bien.
Confusion a répondu le 29/05/2012 à 08:50:
Ce que vous décrivez, c'est l'Etat providentiel obèse français, pas l'Europe. Ne confondez pas !
errance a écrit le 29/05/2012 à 07:52 :
L'Europe c'est trop bien. Vous voulez vous débarrasser d'une partie de votre population vous l'envoyez en France en Allemagne....... ..on ne peut rien vous dire rien vous reprochez c'est la libre circulation; Cette Europe est fantastique nous voici avec de nouveaux bidonvilles. Je vois que dans les rédactions on commence à avoir la trouille.
Truk a écrit le 29/05/2012 à 07:09 :
Le rêve européen, c'est pour les banquiers, les avocats, les jet-setteurs de la politique, les cadres dirigeants, les mafias, les footballeurs, les trafiquants, les hauts fonctionnaires, les rentiers, les industriels allemands, les exportateurs asiatiques. Pour tous les autres, c'est à dire les Européens, c'est un cauchemar : industries lessivées, démocraties effacées, croissance étouffée, nations accablées... Et bien sûr, nos élites, comme toujours dans l'Histoire, nous vendent pour un rêve ce qui n'est qu'un dogme protégeant leurs intérêts aux dépens de la majorité. L'UE est le pire ennemi des Européens.
TARTARIN a écrit le 29/05/2012 à 06:47 :
Don't worry, be happy ! Après l'orage, la neige et la grêle, le beau temps ! Les crises sont salutaires, elles permettent des prises de conscience et de nouveaux départs. L'Europe repartira sur de nouvelles bases, plus saines, plus solides mais après un bon bouillon ! Une quasi noyade ! Comme d'habitude, les décisions ultimes ne seront prises qu?au bord du vide, car chacun jouant « perso » le plus longtemps possible. A quand les nécessaires abandons de souveraineté pour enfin déboucher sur une vraie Europe ? Peut-être bientôt grâce à la crise !
simple citoyen a écrit le 29/05/2012 à 06:41 :
J'espère avoir mal compris votre anayse, mais si en gros, toute remise en question des dogmes et dirigeants qui nous ont amenés au bord du goufre c'est le pire; et partant que toute tentative de ramener les élites auto-proclamées à un rôle plus modeste et plus en rapport avec leurs échecs patents c'est du rien; alors je serai tenté de dire que nous nous dirigeons droit non pas dans le mur mais dans le vide...
Bruno a écrit le 29/05/2012 à 04:55 :
C'est l'Europe du désespoir, de la misère et du malheur qui est en train couler. Et dans un sens c'est tant mieux. Cette Europe là a été faite contre la volonté des peuples. Il y a des pays qui ne sont pas dans l'Europe et qui s'en sortent mieux.
Robur32 a écrit le 29/05/2012 à 03:06 :
L'Europe démontre son incompatibilité avec un libéralisme pur développé à l'échelle mondiale compte tenu de l?hétérogénéité des facteurs de production ajouté au profit comme variable primordiale et exclusive. La concurrence libre et non faussée mise en oeuvre à l'échelle mondiale tue la production européenne et paupérise population et états membres. La folie du financement des états par le marché financier ajoute un facteur au cadre suicidaire.
GABUZO a écrit le 28/05/2012 à 23:21 :
Et si pour une fois l'Economique respectait le peuple est faisait ce qu'une majorité d'européens souhaitent et que refusent les politiques c.a.d faire éclater cette Europe libérale de la commission européenne?
Gilles1 a écrit le 28/05/2012 à 22:50 :
Pendant ce temps les contribuables européens continuent à déverser des milliards sur la Grèce. Le tonneau se vide aussi vite qu'il se remplit.
Patrice a écrit le 28/05/2012 à 22:45 :
Bientôt on dira, Paris brûlé, Paris martyrisé, mais Paris libéré. Peut-on dire de la France que c'est une démocratie quand le président n'en fait qu'à sa tête, quand son administration rivalise de cruauté contre la population et quand les entreprises d'Etat ne rendent pas de comptes. On se croirait en Chine populaire... mais au moins chez eux on respecte le vrai travail et on crée de la richesse, non pas des dettes. Et que dire de la démocratie grècque qui n'a pas de comptes publics?
DRD2 a écrit le 28/05/2012 à 21:38 :
L'analyse est tout a fait pertinente. Cela n'a jamais ete aussi mal et il flotte comme un sentiment d'apaisement. L'idee d'une strategie off de l'Europe parait peu realiste, meme si tout le monde voudrait y croire, au regard de l'histoire recente. Reste la loi de la relativite. L'europe va mal c'est certain, mais peut on dire avec certitude que les autres vont mieux?
Bain de soleil a écrit le 28/05/2012 à 21:21 :
Ben tiens ! On vient de voir un reportage où l'on voyait les Grecs, confortablement installés aux terrasses des cafés (bondées), profitant du soleil. Suivait l'interview d'un gars bien nourri qui se plaignait de devoir faire quelques efforts. Ahhh, c'est trop dur, la crise du socialisme !
Ivan a répondu le 28/05/2012 à 23:35:
Aux cafés d'Athènes , il n'y a pas que des Grecs , mais des Bulgares , des Albanais , des Roumains etc..de là l'imprévoyance de nos Politiciens CE et Français , qui ont fait entrer la Grèce, dans la zone euro ...;à méditer ..
ré a répondu le 29/05/2012 à 01:49 depuis un Iphone :
toi aussi tes Europe
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J'aime bien la petite phrase entre parentheses comme si elle contenait une vérité absolue : "(alors que tout le monde sait fort bien ou, au choix, ne mesure pas du tout, le choc que cela produirait)," en parlant du retour a la drachme. Mais, qu'en sait-il ce...
par papat le 29/05/2012 à 09:01
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papat a écrit le 29/05/2012 à 09:01 :
J'aime bien la petite phrase entre parentheses comme si elle contenait une vérité absolue : "(alors que tout le monde sait fort bien ou, au choix, ne mesure pas du tout, le choc que cela produirait)," en parlant du retour a la drachme. Mais, qu'en sait-il ce grand spécialiste économique (les memes qui nous ont foutus dans la m... aujourd'hui) ? Il s'agit évidemment du discours officiel a servir aux peuples pour les dissuader de retrouver leur souveraineté. Sinon l'aristocratie financiere perd ses esclaves bon marché. De meme qu'on commence a voir fleurir des articles sur la "diabolisation" de la dette pour essayer de nous convaincre que cette dette n'est pas si monstrueuse que ca. Dernieres tentatives de sauver un systeme inique qui reduit les peuples a l'esclavage. mais trop tard, le peuple est en train de se reveiller...