Pourquoi les universités américaines dominent-elles les classements ?

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Qu'est-ce qui fait le succès des universités américaines, toujours premières au classement Shanghai Jiao-Tong des meilleurs établissements du monde ? Leurs anciens élèves, répond Shailendra Mehta, directeur académique de Duke Corporate Education et professeur à l'Indian Institute of Management.

Les universités américaines n'ont pas de rivales. Selon le classement de l'université Shanghai Jiao-Tong, sur les 20 premières universités du monde, 17 sont américaines (voir tableau ci-dessous). Et le constat n'est guère différent si on regarde les 50 premières. Plusieurs mystères entourent ce classement de Shanghai, certes controversé, mais qui fait référence au niveau mondial. Pourquoi les universités américaines sont-elles aussi remarquables ? Et pourquoi l'université Harvard est-elle systématiquement et continûment en tête de liste ? Alors qu'il est communément admis qu'il faut des siècles pour qu'une université atteigne une réputation mondiale d'excellence, comment se fait-il que tant d'universités américaines aient atteint un niveau international en à peine quelques décennies (Stanford, Berkeley, Carnegie Mellon, l'université de Chicago, Johns Hopkins, l'université du Michigan, et bien d'autres)??En 1991, Henry Rosovsky [professeur émérite et doyen de l'université de Harvard, ndlr] a résumé les raisons qui expliqueraient ces succès : la richesse des États-Unis, leur démographie, leur tradition philanthropique, leur politique d'immigration qui, tout de suite avant et après la Seconde Guerre mondiale, a accueilli et choyé un grand nombre d'étrangers éminents, y compris des Européens qui fuyaient leur pays d'origine. Il mentionne aussi la politique de recrutement des étudiants et des professeurs - férocement concurrentielle - et la structure juridique qui rend les présidents et doyens d'université responsables devant un conseil d'administration. D'autres chercheurs (Aghion, Dewatripont et al., *) insistent sur l'autono-mie dont jouissent les universités.Ce sont des raisons intéressantes, mais elles n'ex-pliquent pas tout. Un grand nombre d'établissements d'enseignement supérieur dans le monde ont repro-duit quelques-unes de ces pratiques. Parmi celles-ci, la centralisation des crédits dévolus à la recherche, la validation des promotions et des titularisations des professeurs par leurs pairs, un mode de recrutement hautement compétitif, un soutien privilégié à quelques établissements d'excellence soigneusement sélectionnés, etc. Et pourtant aucune université n'a réussi à briser le quasi-monopole des universités américaines.
En fait, les universités américaines ont atteint leur niveau d'excellence rapidement et massivement, bien avant que les facteurs de succès identifiés par Rosovsky, Aghion, Dewatripont et d'autres ne fassent partie du contexte américain. Par exemple, les mécanismes de financement à grande échelle des centres de recherche n'ont été mis en place qu'au moment de la Seconde Guerre mondiale. Il est intéressant de noter que, lorsque Rockefeller a voulu créer une grande université, il ne s'est pas inspiré d'Oxford ni de Cambridge, qui étaient des modèles traditionnels de l'époque coloniale, mais de Harvard, qui avait, à l'époque déjà, une réputation d'excellence. D'autre part, les grands savants qui avaient fui l'Allemagne de Hitler ont choisi les universités américaines parce qu'elles étaient déjà célèbres. Albert Einstein n'a pas rendu Princeton célèbre, s'il a choisi Princeton et son Institute of Advanced Studies, c'est parce que l'université était déjà très connue, qu'il y avait déjà donné des conférences et qu'elle lui avait déjà décerné un titre de docteur honoraire.
Quel est donc le facteur clé qui a permis aux universités américaines, tout particulièrement Harvard, de se hisser aux premiers rangs des établissements d'enseignement supérieur et aux universités de fondation récente d'atteindre, voire de dépasser, le niveau et la notoriété d'universités beaucoup plus anciennes ? Il faut ici souligner le rôle décisif joué par le réseau des anciens élèves.
Ces succès sont le fait d'une innovation qui a consisté à confier le contrôle de la gestion à un conseil d'administration composé dans une proportion plus ou moins large d'anciens élèves qu'on désigne par le mot latin alumni.

C'est ce dispositif qui a permis tout à la fois d'assurer à ces universités autonomie, vision, financements généreux et sérénité. Le rôle de ces anciens élèves au conseil d'administration a été peu étudié jusqu'à présent, bien que le rôle des administrateurs indépendant ait déjà été mis en lumière en particulier par Rosovsky. Et il est vrai que les administrateurs d'écoles américaines sont effectivement indépendants et qu'ils servent souvent de tampon entre l'école et le politique, par exemple.
Le pourcentage donné dans le tableau indique la proportion des anciens élèves qui siègent au conseil d'administration de leur université. À une exception près, cette proportion est partout supérieure à 50 %, elle est à 100 % dans trois des cinq premières du classement, les deux autres dépassant les 90 %. En d'autres termes, 19 sur 20 des meilleures universités américaines sont entièrement entre les mains de leurs anciens élèves ! Ce sont également des établissements à but non lucratif. On peut conclure que c'est la combinaison de ces deux facteurs qui assure durablement la permanence de l'excellence.
Cela est vrai aussi pour les 100 premières universités. La richesse et la notoriété d'une université sont directement corrélées à l'importance de la part prise par les alumni dans sa gestion. Ce constat vaut pour tous les établissements, qu'ils soient privés ou publics, confessionnels ou non. Ce système a été inauguré par l'État du Massachusetts qui, en 1865, a pour la première fois officiellement confié la gestion de son université aux alumni - Harvard était donc jusque-là une université d'État ! Harvard a rapidement atteint un niveau international d'excellence tel que de nombreuses universités américaines, privées et publiques se sont empressées d'adopter le même système de gestion.
Il est intéressant de noter que les États-Unis ont emprunté à l'Europe cette forme de gouvernance à but non lucratif (institutions philanthropiques) en y infusant une dimension de compétition. Le modèle est fondé sur le principe qui veut qu'on donne le contrôle à ceux qui tiennent le plus à l'institution, en l'occurrence à ses anciens élèves qui ont ensuite à c?ur de mettre les élèves et les professeurs en concurrence, qui veillent aussi bien aux installations qu'aux cursus et à la recherche. Dans cette logique, ils sont responsables du financement qui permet d'atteindre l'ensemble de ces objectifs d'excellence. Toutes ces responsabilités sont symbolisées par une « peau de mouton » dont ils se revêtent symboliquement toute leur vie !
Curieusement, le processus de contrôle par les alumni n'a été repris par aucun pays, pas même le Canada. Il mériterait pourtant d'être plus connu, et que d'autres pays s'en inspirent. &

_____

*Why Reform Europe's Universities ? Par Philippe Aghion, Mathias Dewatripont, Caroline Hoxby, Andreu Mas-Colell et André Sapir. Bruegel, sept. 2007.

 

 

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a écrit le 03/06/2015 à 6:14 :
pour moi les universités des Etats-Unis sont quasiment les meilleures au monde ..vis à vis que les Etat-Unis restent la première puissance mondiale !!!!!
a écrit le 28/07/2012 à 14:25 :
Il y a beaucoup trop d'étudiants dans les universités françaises ; je vous donne juste un exemple : il y a le même nombre d'étudiants à Chicago et à Limoges (14 000 !). Comme le répète le directeur de la Sorbonne, seuls 20 % des étudiants français à l'université ont le niveau. La seconde raison qui explique le mauvais classement des universités françaises dans les classements internationaux est que les meilleurs vont en CPGE, sauf de rares exceptions.
a écrit le 08/07/2012 à 16:27 :
Privatisation des universités, concours à l'entrée systématique (puisque le bac cadeau offert à tous ne représente plus rien), autonomie totale des budgets et des recrutements des élèves et des professeurs. Il n'y a pas d'autre solution pour relever le niveau risible des universités françaises.
Réponse de le 15/07/2012 à 18:27 :
En Droit, Medecine, Sciences et même Commerce, le niveau universitaire est très bon, très relevé. Il faut savoir sortir des clichés entretenus par une population de première année, qui, de toute façon, faute d'être capable d'obtenir un diplôme, ne peut être représentative de la qualité de l'enseignement universitaire. Sinon, je suis d'accord sur la valeur du Bac. Il était censé apporter la preuve d'une capacité à poursuivre des études, or plus de la moitié des bacheliers échoue dès la première année de fac...
a écrit le 08/07/2012 à 9:58 :
les universités US, Harvard .... c'est pas là qu'a été formée toute "l'élite mondiale" qui a envoyé l'économie mondiale droit dans le mur ?? on pourrait se poser la question de la pertinence du classement :-))
Réponse de le 08/07/2012 à 12:18 :
C'est aussi eux qui ont formés plus de 50 prix nobels. Qui produisent des scientifiques aux productions fabuleuses, des brevets technologiques révolutionnaires, des produits technologiques futuristes etc.
a écrit le 07/07/2012 à 23:19 :
Le classement de Shangai ne prend en compte que les publis en anglais, et la plupart des revues internationales sont menées par des nords-américains, dévouées à la mode là-bas, à leurs préoccupations du moment.
Bizarre quand meme que ces universités recrutent encore, au niveau doctorat, chez les étrangers: les universités hors classement de shangai seraient-elles meilleures pour former les chercheurs ?
a écrit le 07/07/2012 à 22:11 :
c'est ridicule comme classement puisque la plupart des profs làbas sont des français ou russes , en plus les jeunes diplomés ne parlent qu'un seul langue l'anglais
a écrit le 07/07/2012 à 21:46 :
A LA LECTURE DE CES COMMENTAIRES QUE J APPRECIE A LEURS JUSTES VALEURS, JE PREFERE LES PSEUDOS DES PERSONNES QUI COMMENTENT N EST CE PAS MR LEPIMPAMPOUM69
a écrit le 07/07/2012 à 21:06 :
Je n'ai jamais aimé les chiffres, les colonnes, les classements, et rien que de savoir qu'en intégrant une structure, école, université ou entreprise, je serai un numéro, un chiffre, évalué, soupesé, classé, ça me donne des boutons. Je n'ai rien fait de ma vie qui m'ait obligé de subir un quelconque classement, et je m'en suis toujours bien porté.
Réponse de le 02/08/2012 à 15:10 :
Je Je Je ......................
a écrit le 07/07/2012 à 14:13 :
Le classement des universités dépend de leur production scientifique.
Les universités françaises et américaines ont des buts et des règles du jeu totalement opposés:
Une université américaine est un lieu de recherche. Les professeurs ont des postes instables, leur salaire, obtenu en dehors de l'Université, dépend de leur résultats. Cela entraine un recrutement fondé sur la qualité et la capacité à produire de la recherche, donc de l'argent.
Une université française est un lieu de pouvoir. Les professeurs ont des postes stables, à vie. Ils sont recrutés pour des raisons de politique locale ou de népotisme. Leur qualité principale est de s'adapter à un système ou la servilité est la plus grande des qualités.
Cela laisse peu de place pour la productivité scientifique.
(Dumbo 53 est Professeur dans une Université Française après avoir été Professeur à l'Université de Californie- il connait, de l'intérieur, les deux systèmes)
Réponse de le 08/07/2012 à 8:23 :
Les recrutements ne sont pas toujours optimaux, mais la politique locale et le népotisme ne rentrent pas beaucoup à l'université, ne serait-ce qu'en raison du mode de recrutement, d'une part, et du fait que beaucoup de membres du comité d'expert ne sont pas en poste dans la région, d'autre part.
Réponse de le 08/07/2012 à 9:36 :
"la politique locale et le népotisme ne rentrent pas beaucoup à l'université" Je vous cite.
Vous devez être Doyen ou Président d'Université...
a écrit le 07/07/2012 à 1:09 :
J'ai etudie a Poitiers (MSG) et a Wharton Business School (MBA). J'ai quitte la France il y a 20 ans pour vivre aux Etats Unis.
Je me souviens du nom de la pluspart de mes professeurs de l'Universite de Poitiers. Ils etaient competents, travailleurs et m'ont beaucoup aider a reussir. Je pense pas que la difference de qualite entre les Universites francaise et americaines, s'explique par l'absence de selection en France et une selection EXTREMEMENT dure aux Etats Unis. Les Universites francaises acceuillent un grand nombre d'etudiant sans motivation et / ou capacite d'apprendre. Les ressources des Universites francaises sont gaches par une armee d'etudients mediocres. Il faut reduire le nombre des etudiants de 90% et cesser de gacher des milliards a tenter de convaincre une immense majorite qu'il faut TRAVAILLER pour reussir.
Réponse de le 07/07/2012 à 1:45 :
Oui et vous proposez de les gazer ou de les pendre ?
Réponse de le 07/07/2012 à 11:49 :
J'ai moi même étudié aux U.S. (UCLA). Et je peux vous dire que soit vous êtes un menteur, soit vous n'avez rien compris. Contrairement à beaucoup d'étudiant j'ai fais tout mon cursus graduate (master) aux U.S. (pas seulement une année comme font la plupart des étudiants en échange).

Et la différence la plus frappante c'est le " soin " que l'on apporte aux élèves. La bibliothèque est ouverte jusqu'à 2 heures du matin (minuit normalement mais avec raison valable vous pouvez). Nous appelons nos professeur par leur prénom et sont la pour nous APPRENDRE et non pour DEBALLER leur savoir comme cela se fait trop souvent en France. Les échanges professeurs - étudiants sont beaucoup plus présents. Et il arrive même que certains étudiants contredisent ouvertement le professeur sans que cela ne l'offusque du moment que la remarque est construite.

Ensuite vous dites la sélection ?!!! C'est sur si on parle des Ivy League et autre la sélection est drastique. Cependant le nombre d'élèves diplômé du supérieur est plus important aux U.S. qu'en France. Donc cela n'a rien avoir.

De plus même dans ces université la sélection n'est pas comme vous l'entendez.

Un élève qui a 16 de moyenne pourra se voir refuser son admission car il n'aura fait aucune activité extra scolaire etc. alors qu'un élève avec 13 de moyenne mais ayant fait preuve d'une grande ouverture d'esprit et pratiqué un certain nombre d'activité extra scolaire pourra être admis.
Réponse de le 08/07/2012 à 11:51 :
Je suis 100% d'accord, le mal français est bien décrit dans votre commentaire. C'est surtout la disponibilité des professeurs qui plombe tout le cycle de formation français. En Angleterre ou aux USA les professeurs sont à la disposition des étudiants et leur plus principal objectif est de faire en sorte que les étudiants et l'université par laquelle ils sont employés soient les meilleurs. La plupart des français arrivant dans une université anglaise ou américaine sont rapidement, malgré la langue maternelle, parmi les meilleurs alors qu'en France ils n'étaient pas nécessairement des leaders.
Réponse de le 10/07/2012 à 19:04 :
+1
a écrit le 06/07/2012 à 14:55 :
Comme pour leur économie et leurs banques: en raison des subventions directes et indirectes. Il s'agit d'une économie qui s'est petit à petit trnasformée pour être totalement organisée autour d'une bulle spéculative et de la dette des étudiants entretenue volontairement par l'état fédéral pour le plus grand profit des universités.
Quand cette bulle éclatera, il est probable que les choses changeront assez fortement.
Réponse de le 07/07/2012 à 11:52 :
Au lieu de critiquer les autres vous ferrez mieux de regarder ce qu'il y a chez vous.
Le jour au les universités aux U.S. changeront fortement 'négativement), ce sera le jour où les universités françaises produiront des coiffeurs, électriciens etc.
Réponse de le 07/07/2012 à 14:20 :
Il n'y a aucun rapport entre les deux. Rien dans mon commentaire n'indique que je défende en quoi que ce soit le système universitaire français. Je me borne à constater qu'une part importante du succès des universités US tient à leur mode de financement qui a évolué pour devenir aujourd'hui intenable.
Que les moyens mis à la disposition des étudiants soient remarquables, que l'attitude y soit très posititve, tout cela n'est pas non plus en cause.
Les problèmes français ont leur propre causes, et rien dans mon commentaire ne les exonère.
Réponse de le 07/07/2012 à 19:15 :
je ne sais pas si Kingbasso a vraiment étudié aux USA, mais ce n'était certainement pas pour y apprendre le français.Il ne sait même pas l'écrire, c'est bourré de fautes (orthographe, syntaxe).
Réponse de le 08/07/2012 à 12:22 :
Au lieu de critiquer les autres vous feriez mieux de regarder ce qu'il y a chez vous. Le jour où les universités américaines. exploseront, ce sera le jour où les universités françaises produiront des coiffeurs, électriciens etc.

T'as un problème maintenant ?
a écrit le 06/07/2012 à 11:16 :
Je pense que le facteur sport (qui n'est pas pris en compte dans l'article) est important, en effet les universités Américaines brassent des millions pour attirer, vendre, louer, acheter de grands sportifs qui feront la réputation de l'école.
a écrit le 06/07/2012 à 9:59 :
"D'autre part, les grands savants qui avaient fui l'Allemagne de Hitler ont choisi les universités américaines parce qu'elles étaient déjà célèbres"

Peut-être, également parce que toute l'Europe était en guerre ou dans un climat de guerre future...tout simplement
Réponse de le 07/07/2012 à 12:34 :
les allemands ont la réflexion sur toute les sujets important avant l'ere d' hitler
a écrit le 06/07/2012 à 7:31 :
Parce qu'en fait ce sont elles qui font le classement...un peu comme les agences de notation, (Shangaï ne veut rien dire)
Réponse de le 06/07/2012 à 10:09 :
Il et facile de critiquer le classement de shangai mais il reste une référence : a noter au passage Uc berkeley par ex 4000 admis pour 40 000 places dont 46 % d asiatiques ; à mediter
Réponse de le 07/07/2012 à 13:43 :
les agences de notations sont très bonnes.
On ne les aime pas parce qu'elles disent la vérité.
Comme on maudit son médecin s'il nous annonce la mauvaise nouvelle
a écrit le 06/07/2012 à 2:00 :
Ce serait dérisoire si nos politiciens n'avaient pas pris tout cela pour argent comptant et entrepris des réformes qui vont finir d'achever ce qui marchait encore bien dans la recherche française. Ceci conduit à regrouper fictivement des universités ou des équipes de recherches dans des entités énormes ingérables et sans aucune cohérence scientifique dans l'espoir de figurer enfin dans ce fameux classement.
a écrit le 06/07/2012 à 1:46 :
Eh oui, aux USA on bosse et on est mieux rémunéré quand on fait son doctorat ou son post doc. Exemple : j'ai passé mon DEA Biologie 600 ?/mois en bataillant 1 an avant de trouver une bourse - maintenant je suis à Stanford pour un post doc = 3000 dollars/ms. Ma copine avait en France pour son post doc 1800 ? (Cherchez l'erreur !!!!). Aux USA vous bossez au labo mais vous bossez jusqu'à 2 heures du matin chez vous pour écrire vos travaux ou faire vos recherches de publications. Alors je vous laisse réfléchir.. et c'est du vécu !
Réponse de le 06/07/2012 à 8:51 :
Moins l'assurance santé, moins tout le reste, on doit assez vite arriver a l'équivalent du salaire français. Votre exemple est bidon.
Réponse de le 06/07/2012 à 10:37 :
l'exemple n'est pas bidon. Les universités proposent une assurance santé assez proche du cout d'une mutuelle etudiante en france. au final les charges sont à peu pres identique.
Non, il est clazirement plus interessant de faire un post-doc aux us qu'en France.
Sans parler des conditions de travail et de financement qui font pitié en France en comparaison.....
Réponse de le 06/07/2012 à 14:24 :
Je termine mon post doc aux USA ; quand je suis arrivé dans mon labo, j'économisais les produits comme je le faisais en France. Il m' a été conseillé de ne pas me soucier de ça, que j'étais là pour "chercher". Là aussi c'est différent, les priorités ne sont pas les mêmes. Pour la mutuelle, c'est prélevé à la source. Je ne cotise pas plus qu'en France ! Avant de tirer des conclusions hâtives, rédibitoires et critiques, je conseille à Arthur de s'informer et surtout de se frotter à la rude concurrence comme le font nombre de français chercheurs pour obtenir une place en post doc dans une des trois premières universités amériaines !!! Une expérience dans une université étrangère c'est toujours mieux, me semble t'il. L'heure est à la mondialisation, ne pas l'oublier ! et c'est une belle aventure ! Oser, voilà ce que je dirais en conclusion, oser s'expatrier et oser se frotter à la concurrence. Après, on peut comparer et parler en toute connaissance....
Réponse de le 07/07/2012 à 1:02 :
Ou tout simplement les États Unis sont plus riche que la France. Et en France tu peux bien travailler jusqu?à 2h du matin tu ne gagneras pas plus.
Réponse de le 07/07/2012 à 2:12 :
Depuis 40 ans, les universités n'ont pas connu une telle galère pour trouver des financements. Donc, premier argument FAUX. En France, on supprime les heures supplémentaires et défiscalisées !!!! avec ça on avance, donc deuxsième argument NUL. Aux USA tu bosses jusqu'à 2H du matin mais tu n'es pas payé en heure supp.
Tu as une bourse et point. Il faut surtout bosser et publier, il n'y a pas de secret. En France on ne bosse plus, on s'en fout et aller à la fac fait passer le temps ; c'est là que le bât blesse. Et ce n'est pas de la démagogie. Il est grand temps de s'en rendre compte. On a mangé notre pain blanc ! Ca aussi, il faut l'intégrer. C'est chic et bien de dire, je vais à la FAC.. mais pour faire quoi, avec quelle motivation ! A méditer. Sans volonté, ne pas espérer le Pérou.
Réponse de le 07/07/2012 à 13:28 :
et oui, il y a 10ans lorsque j'etais en post doc en biologie au RU...déjà, il y avait une majorité de post doc étranger dans les labos. supprimer les post docs etrangers des labos US...et vous verrez. le miracle des labos des universités US c'est justement ces floppées de post doc etrangers...qui ont qu'un seul but, bosser, bosser , publier pour ensuite essayer de revenir dans leur pays dans les meilleures conditions (CNRS, INSERM, fac pour les jeunes français!). ta remarque sur l'economie des reactifs m'a rappele un vieux souvenir de post doc , le resultats est plus important que l'economie de reactifs! je dis souvent qu'avec les poubelles des labos US on ferait tourner les labos du CNRS,INSERM ( et de quelques pays europeen), bruce alberts le suggérait dans la revue cell, il y a 27ans Cell, Vol. 41, 337-338, June 1985, Copyright © 1985 by MIT
Limits to Growth: In Biology, Small Science Is Good Science.

en 2011, lorsque bush a essayer de mettre mettre en place le patriot act, pour limiter l'immigration au US, les responsables de labos ont crié au danger..;car cela risquait de limiter la venue des psot docs...il est un fait, meme si tu considères que 3000$ c'est top...mon experience montre que 3000? en france c'est bien mieux (arthur a raison!). il est un fait, à 3000$ tu fais tourner ton foyer si tu es seul ou en couple..mais avec des enfants, la vie aux US devient problématique. d'ailleurs les labos US et RU ne tournent que grâce à une mains d'oeuvre corvéable (les CDD en France ont tendance à rejoindre ce type de gestion de la recherche).
la preuve de l'impact des etrangers
http://www.bizjournals.com/albany/morning_call/2012/06/foreign-inventors-dominate-patents.html
Foreign inventors dominate patents awarded to top research universities

http://sciencebusiness.technewslit.com/?p=10097
Report: Foreign Scientists Key to U.S. Innovation, Patents
By Alan, on June 26th, 2012

rien n'est simple mais on trouve souvent lherbe plus verte ailleurs ...à moins de creuser un peu la reflexion
a écrit le 05/07/2012 à 23:28 :
Je connais une multinationale française qui envoie ses poulains finir leur cursus à UCLA. Pas que le niveau y soit plus élevé qu'en France mais surtout pour que leurs futurs cadres supérieurs s'y fassent un bon carnet d'adresses. Quand on connait l'importance du "Kaw taw" (excusez l?orthographe) on comprend l'importance en chine d'aller dans une université américaine.
Comme on dit aux USA. "Ça n'est pas ce que tu connais qui compte mais qui tu connais..."

Réponse de le 07/07/2012 à 1:50 :
Et ça fait peur...
a écrit le 05/07/2012 à 22:03 :
En tout cas belle photo, ils ont l'air très intelligents dans leur déguisements neuneus et leur gros doigts en mousse de supporters de foot...
Réponse de le 07/07/2012 à 1:50 :
Le but n'est pas de former des gens intelligents mais des gens compétents et disciplinés.
Réponse de le 07/07/2012 à 14:27 :
Vrai
a écrit le 05/07/2012 à 22:01 :
On nous le ressort années après années, rien n'y fait, les scribouillards s'en emparent et prennent ce stupide classement de shangaï pour argent comptant. A peine une phrase pour signaler son aspect discutable... Qu'est ce que c'est qu'être journaliste aujourd'hui ? C'est paraphraser les documents qu'on vous donne, surtout pas enquêter sur leur objectivité, leurs sources ou leurs concepteurs. Comme si les Russes qui possèdent encore la seconde technologie militaire la plus à la pointe du monde, les chinois (qui viennent d'envoyer sans l'aide de personne, trois cosmonautes dans l'espace, excusez du peu), les indiens (pas exactement des guignols en maths), ou même nous autres européens, ne formions dans nos facultés (souvent gratuites et oui ! c'est là que le bât blesse ! Pas la peine de mobiliser tout une rédaction pour arriver à ce début de pourquoi du comment, mais bon) qu'une bande de jean foutres tout juste bon à récurer les toilettes de Yale. Tout ceci n'est qu'une propagande honteusement grossière qui ne serait que pathétique, si elle n'était pas prise au pied de la lettre par tant de gens.
Réponse de le 06/07/2012 à 14:56 :
Vous oubliez seulement un détail: un bon nombre de ces chercheurs russes et surtout asiatiques font leurs études dans des universités américaines, avant de revenir travailler dans leur pays. J'ai étudié moi-même aux EU, quasiment la moitié des étudiants là-bas sont des étrangers.
Réponse de le 07/07/2012 à 14:51 :
Ils y vont pour les conditions de travail, certes meilleures, pas pour les savoirs, qui sont disponibles sur place dans chaque pays développés et ou gigantesques (Chine, Brésil, Russie, Inde) pour qui est un tantinet travailleur. Von Braun, Poincarré, Foucault, Bourdieu, Levi Strauss, Tupolev, Sakharov, Bombieri et consorts ne sont pas allés étudier aux US jusqu'à nouvel ordre, et leur travaux, qui font encore loi, sont toujours chez eux. Après qu'ils aillent enseigner là bas, c'est autre chose, généralement ceux là enseignent dans leur pays et aux US. Non ce qui me chagrine dans ce classement c'est les sous entendus (propre à tout classement) qu'il colporte. Et en premier lieu ceux qui laissent entendre que le système économique libéral anglo-saxon dans lequel ces facs fonctionnent est le meilleur. Personne ne rappel le statut de premières puissances mondiale des US et, dans une moindre mesure, du RU. Peut être est il plus simple d'être économiquement libéral lorsqu'on a toute les cartes en mains, vous ne pensez pas ? Suivre ces pays sur leur terrains n'augure rien de bon à celui qui s'y risque. C'est ce qu'on voit en ce moment avec des pays comme la Grèce ou l'Irlande, qui n'ont pas les reins assez solide pour jouer à ce petit jeu.
Réponse de le 08/07/2012 à 16:38 :
La France est cuite avec ses positions à vie recherchées par tous et toutes : modèle médiéval où l'on veut être protégé de la concurrence à tout prix et surtout dans l'enseignement. Cette idéologie de la sinécure et de la prébende est un facteur irrésistible et incurable de décadence: c'est d'ailleurs la cause de la disparition de l'Emprire romain. Il est bizarre que les idéologies censées émaner des travaileurs aient fini par adopter la pensée des bourgeois rentiers de l'époque de Balzac. Marx se retournerait dans sa tombe s'il voyait cela. Lui qui voulait la promotion du prolétariat, c'est à dire des travailleurs qualifiés et productifs et non l'entretien, par le biais de l'impot confiscatoire, de parasites sociaux, aujourd'hui, masses d'un "lumpen prolétariat" improductif et ignare. La libre entreprise américaine et sa concurence sont finalement plus proches de l'idéal marxiste que la société des paresseux entretenus dont rêve l'Europe et sa bureaucratie anti-démocratique.
a écrit le 05/07/2012 à 21:41 :
Le classement est effectué sur des critères qui correspondent exactement aux universités américaines : elles ont manifestement servi de base de référence.
Il serait intéressant de recouper ce classement avec les prix Nobel, médailles Field etc...
De plus tous ces classements sont généralement absurdes, les données étant hétérogènes, à la limite, ils ne classent que leurs auteurs ;
Réponse de le 06/07/2012 à 11:47 :
Surtout qu'avec 40000 étudiants il y a plus de chance de tomber sur un prix Nobel ou une médaille Field qu'avec la centaine de polytechnitien français. Il serait déjà plus claire de mettre un peu de pourcentage dans tout ça.

Aprés c'est aussi industriel, tu sors d'une grande Fac donc tu es embaucher dans une grande boite et tu montes vite. Comme cette université donne accès à de bonnes carrières sa réputation augmente. Or comme beaucoup de dirigeants sont issues de ces universités, ils privilégies les étudiants sortis de ces établissements... et la boucle est bouclée.
Réponse de le 07/07/2012 à 12:40 :
sauf qu'en France, on n'a pas à rougir des Médailles Fields! (On en a en veux-tu en voilà!)
Réponse de le 08/07/2012 à 8:35 :
C'est bien ce que je voulais dire ! Et des prix Nobel aussi !
Compter le nombre de publications et de consultations de celles-ci ne préjuge pas de leur importance. En plus il est très facile de "bidonner" le système comme cela a été plusieurs fois démontré avec éclat.
a écrit le 05/07/2012 à 18:10 :
mouais. il est préférable de se référer à un texte produit il y a maintenant trois ans par les gus de Shanghai qui pondent ce classement. Les universités françaises, et à un moindre degré, les universités allemandes, sont des structures qui les défavorisent. Pas de grandes écoles dans le monde anglo-saxon. La fac n'est pas, loin d'en faut, l'alpha et l'oméga de l'excellence en matière d'enseignement supérieur en France. Ce n'est pas non plus une poubelle pour les refoulés des grandes écoles, mais pas loin...
Réponse de le 05/07/2012 à 18:57 :
Essayez donc de vous présenter en tant que directeur d'une école française sur un campus américain...Vous passerez au mieux pour un touriste, au pire pour un rigolo. Les Ecoles sont une exception française qui a conduit à la déliquescence de l'ensemble du système universitaire. Sans elles, les universités françaises seraient sans doute en haut du classement. A cause d'elles, nous n'y sommes pas du tout. Il est plus qu'urgent de les réintégrer dans le système universitaire, là où il y a de vrais chercheurs, et de vrais docteurs.
Réponse de le 05/07/2012 à 22:29 :
Pure spéculation !
Réponse de le 06/07/2012 à 15:16 :
une des questions a se poser et peut être "pourquoi avons nous de "grandes écoles" en France (polytech, science po, HEC...) d'ou sortent la plupart de nos dirigeants et non pas des universités?" ils se peut que tout simplement, à un moment précis (reste à déterminer lequel) les université Française n'on pas su apporter satisfaction (pour cause de budget, de gérance?) laissant ainsi une place de choix aux grandes écoles (ou école post bac fournissant le marché du travail une partie des technicien supérieur). Ou serait ce encore un choix élitiste a la Française qui a décider de ne pas mélanger les "torchons" et les "serviettes" et donc de laisser les universités aux "torchons" et créer les grandes écoles pour les "serviettes" (attention ceci est extrêmement caricatural!), de ce fait dévaluant nos universités, créant des grandes écoles à accès limités? L'investissement dans les écoles est aussi différents, des budgets plus que disparates, des conditions de travail pas toujours bonne, un manque de reconnaissance et d'ouverture ainsi que la sacré sainte image de l'université ou l'école comme lieu de travail et c'est tout; des notions de plaisir et de construction de l'être quasi-inexistante, une appartenance très peu revendiquée, comme si nous en avions honte, contrairement aux grandes universités dont les étudiants sont fier de porter les couleurs, supporter leurs équipes et faire vivre le "campus", c'est là ou on peut imaginer l'influence des administrateurs 100% anciens élèves, ne voyant pas cela juste comme un job, mais plutôt comme un héritage à transmettre.
Apres cela reste un avis très personnel mais je pense qu'il y a de grand changement à faire au sein de l'éducation Française et ce de la primaire jusqu'au doctorat, n'ayons pas peur de dire que notre système n'est plus à jour et connais certaines défaillance, soyons fier de la gratuité des universités, de l'aide aux étudiants et de l'accès pour tous à l'éducation; mais ouvrons les yeux et essayons de stopper le clivage université/grande école, de ne pas suivre correctement les étudiants ni de les aiguiller, cela éviteras de pousser un étudiant qui n'a pas forcément les capacités ni l'envie de faire un bac S car c'est bien sur un CV, puis de le mettre au pied du mur avec son bac accordé au rattrapage et de le laisser faire une année de médecine ou ses chances de réussites sont quasi nulle, ceci coûte de l'argent, décourage les étudiants et discrédite la qualité d'enseignement.

Je m'arrête là que je commence à être long mais n'hésitez pas à réagir.
Réponse de le 07/07/2012 à 12:46 :
@ Universit: Si vous vous intétressiez aux prépas vous sauriez que l'an prochain la France en ouvre une ... aux USA!! En fait pour des raisons de coût, faire en deux ans (type prépa) ce que l'on fait en 3 aux USA intéresse au plus haut point les universités américaines. (économie pour un étudiant de 50000 dollars!). Par ailleurs, contrairement à vos dires, tout chercheur américain c'est ce qu'est l'X ou les ENS!
Réponse de le 08/07/2012 à 8:24 :
@universit: contrairement à ce que vous semblez penser, une bonne partie des grandes écoles françaises sont publique et recrutent sur des "vrais" postes de MCF/PR avec doctorat et HDR. Elles sont au moins autant construites sur la recherche qu'une université. Leur immense avantage est la sélection à l'entrée (plutôt qu'en milieu de cursus comme à la fac), leur défaut est le manque de masse critique dans certaines disciplines et les charges de service très supérieures à 192hTD pour l'immense majorité des E/C. La visibilité internationale existe, allez voir du côté du réseau TIME par exemple...

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