Comment dégripper le système hospitalier ?

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Jean-Loup Durousset, président de la FHP
Jean-Loup Durousset, président de la FHP (Crédits : DR)
Quelques jours après la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2013 (PLFSS) qui impose de nouvelles d'économies aux hôpitaux publics et privés, le président de la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP) formule dans cette tribune plusieurs propositions alternatives à la rigueur, afin que les acteurs hospitaliers adoptent des solutions innovantes permettant de dépenser moins tout en soignant mieux.

Au coeur du système de santé, aux côtés de la médecine de ville et de l'hospitalisation à domicile, l'Hôpital détient une place toute particulière. De par les pathologies lourdes et complexes qui y sont traitées, le grand nombre de spécialités médicales et chirurgicales qui y sont exercées, l'accueil aux services d'urgences ou encore la formation des jeunes médecins.

En France, le secteur hospitalier repose sur trois piliers qui font sa force : l'hôpital public, l'hôpital associatif, et les cliniques et hôpitaux privés au sein desquels exercent des médecins libéraux. Ensemble les soins hospitaliers représentent près de la moitié des dépenses de l'assurance-maladie soit 74 milliards d'euros.

Compte tenu des enjeux financiers qui pèsent sur les comptes sociaux et sur les déficits publics de notre pays que la dette sociale vient alourdir, j'appelle solennellement les autorités publiques à rassembler autour de la table les acteurs hospitaliers. Des solutions existent pour réformer l'hôpital, pour dépenser mieux l'argent collectif, pour soigner mieux les patients et nous adapter aux nouveaux besoins de prises en charge. Le monde hospitalier est encore aujourd'hui trop rigide. Le dégripper avec des solutions innovantes, réfléchies tous ensemble, est devenu une nécessité vitale.

Trois pistes à explorer

Concrètement, trois pistes d'actions s'offrent à nous : contractualiser : c'est-à-dire engager chacune des grandes familles hospitalières dans un contrat avec l'Etat, ceci dans une logique de complémentarité. Dans les territoires de santé, de nombreuses contractualisations publiques-privées se sont réalisées, des groupements de coopération sanitaires se sont constitués et le développement de cliniques à l'intérieur même d'un hôpital public s'est développé. Ce qu'il est possible d'entreprendre sur le terrain doit pouvoir s'élargir à un cadre national.

Il est également impératif de rechercher les marges d'amélioration de la productivité hospitalière : la révision de normes qui datent des années cinquante, la fusion des lits de médecine et de chirurgie aujourd'hui différenciés, l'ouverture des blocs opératoires au personnel aide-soignant, la création de service ambulatoire hors bloc, l'allègement des tâches administratives dont souffrent les établissements, la mutualisation des services, la constitution de groupement d'achat d'énergie, etc. Autant de sujets concrets que nous pourrions débattre pour apporter des solutions économes.

Enfin, il faut améliorer le pilotage du système hospitalier : nul ne remet en cause la mise en place des Agences régionales de santé (ARS). Mais il est surprenant que leur rôle de régulateur cohabite avec celui d'opérateur. Les ARS restent les gestionnaires des hôpitaux publics ce qui pose une difficulté réelle dans les prises de décision au quotidien.

Les bonnes questions sont-elles posées ?

Posons-nous les bonnes questions sur l'avenir du système hospitalier. Débattons ensemble, entre acteurs responsables et prêts à s'engager. Nous serons alors en mesure de surmonter les freins qui rigidifient le système. La ministre des Affaires sociales et de la santé Marisol Touraine vient d'engager un pacte de confiance pour l'hôpital. Nous avons demandé à participer à tous les groupes de travail. Nous avons été entendus et appelons à la poursuite d'un travail en commun entre hospitaliers. Notre système de santé solidaire est un bien commun à tous. Sachons le préserver en préservant ses forces et réformant ses défaillances.

 

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a écrit le 06/10/2012 à 0:45 :
C'est le ritournelle habituelle consistant à nier la défaillance intrinsèque de l'hôpital, à savoir l'irresponsabilité constitutive de tout système collectiviste. Les acteurs peuvent être les plus responsables et professionnels, il n'en demeure pas moins qu'ils gèrent des moyens financiers qui ne leur appartiennent pas et que les décisions d'allocation des ressources par quelques experts irresponsables vis-à-vis de ceux qui financent le système, malgré toutes les commissions d'étude, les débats sans fin, les pactes de confiance, les engagements réciproques ou les plans de sauvetage, ne seront jamais aussi optimales que l'accumulation de millions de décisions individuelles responsables. Il arrive toujours l'instant où l'argent gratuit des autres qu'on dépense sans compter, même avec les meilleures intentions, finit par manquer. Ce moment est arrivé. Il va falloir s'adapter en conséquence, notamment par la privatisation de la plupart des hôpitaux publics et de leur moyen de financement, c'est-à-dire la sécurité sociale. Il est temps de comprendre qu'un système (de santé ou autre) ne devient effectivement solidaire qu'à la condition nécessaire et suffisante que cette solidarité soit volontaire, libre et constamment réaffirmée par les individus qui font le choix d'y participer.
Réponse de le 06/10/2012 à 12:51 :
embrouillamini néolibéral narcissique ,péremptoire ,fumeux ,mais finalement creux et vidé de toute sensibilité à la question de l'humain !

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