15 388 Pts (c)
+0,34 %
15 381 Pts (c)
+0,13 %
|
|
latribune.fr | 19/10/2012, 15:32 - 546 mots
A quoi les choses peuvent-elles tenir, au cours d'une terrible catastrophe nucléaire que l'on cherche à maitriser ? Parfois à de simples batteries de voiture ! Partiellement rendus publics, les enregistrements des visioconférences entre la direction de la centrale de Fukushima et celle de son opérateur Tepco, à Tokyo, viennent de révéler un épisode peu glorieux pour l'industrie électronucléaire et son haut degré de sécurisation. Mais à mettre au crédit de ceux qui faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour éviter le pire.
C'était le 13 mars 2011, à 2h44 matin, deux jours après le début des événements, le lendemain de l'explosion d'hydrogène qui avait dévasté le bâtiment du réacteur n°1. Le système d'injection d'eau de refroidissement à haute pression du réacteur n°3 s'est brusquement arrêté, la batterie de secours qui l'alimentait entièrement déchargée. Dans ces conditions, il devenait impossible de poursuivre son refroidissement, la pression interne au réacteur augmentant très rapidement et y faisant obstacle. En effet, les vannes permettant la dépressurisation nécessitaient également une batterie pour être actionnées, mais celle-ci avait à son tour cessé de fournir de l'électricité à 6h39.
Aucune batterie de secours n'ayant été prévue, il a fallu de toute urgence récupérer des batteries sur les véhicules présents sur le site. Une tension de 120 volts étant nécessaire, 10 batteries délivrant 12 volts devaient être trouvées pour être branchées en série. A 7h05, un appel général était lancé aux ouvriers et techniciens présents sur le site, afin de leur emprunter leur batterie de voiture. Suivi d'un autre à 7h21 pour leur emprunter cette fois-ci... de l'argent, afin d'aller en acheter au plus vite à la ville la plus proche, car il n'y en avait pas assez ! 20 batteries finalement branchées, la dépressurisation (éventage) pouvait enfin intervenir dans les réacteurs n°2 et 3, dont la salle de contrôle est commune, permettant également à 9h20 la reprise de l'injection de l'eau de refroidissement.
Mais une nouvelle alerte était lancée à 17 heures, de la vapeur d'eau visible au-dessus du réacteur n°3, comme cela avait été précédemment le cas la veille, trente minutes avant l'explosion d'hydrogène intervenue au réacteur n°1. Comment évacuer l'hydrogène du sommet du bâtiment du réacteur au plus vite, où à son tour une vanne ne pouvait être actionnée ? La pression interne au réacteur recommençait à monter, les vannes de dépressurisation se refermant automatiquement à peine ouvertes. A 11h01, le 14 mars, L'explosion d'hydrogène redoutée intervenait finalement.
Le même scénario menaçait de se répéter dans le réacteur n°2, dès le 13 mars au soir. A plat, les batteries des voitures utilisées pour faire fonctionner le système d'injection ne délivraient plus d'énergie. Mais cette fois-ci la dépressurisation fut couronnée de succès, une vanne d'éventage ayant pu être actionnée après de multiples essais, permettant la reprise du refroidissement par eau du réacteur, qui s'était interrompu dès 21 heures.
Finalement, 320 batteries d'un lot de 1.000 commandées à Tokyo arrivaient le 14 mars à 21 heures, permettant désormais d'assurer l'alimentation de secours des dispositifs d'éventage et d'injection d'eau. Une explosion dévastatrice d'hydrogène n'avait pu être évitée, mais le refroidissement des réacteurs avait repris. Sans parvenir à empêcher la fusion du combustible nucléaire et la formation de coriums hautement radioactifs, à la localisation imprécise et au comportement imprévisible...
Le prétendu arrêt à froid des réacteurs est une très mauvaise plaisanterie.
|
|
nicolasodc a écrit le 20/05/2013 à 23:14 :
Wow... je viens de tomber par hasard là-dessus... C'est édifiant... Bon, ils ont quand même réussi à sauver la situation de par leur ingéniosité, c'est déjà ça ;)
Appamée a écrit le 07/11/2012 à 09:47 :
Pourquoi ne pas avoir acheté des groupes électrogènes 110 volts
Stupéfiant ... a écrit le 19/10/2012 à 21:21 :
... de partialité et de révélation à la petite semaine, du sensationnel pour midinette verte. Fukushima est le procès du fric, et de la soumission des Japonais aux hiérarchies, pas du nucléaire. Le nucléaire doit rester sous contrôle public du début à la fin, d'agents formés et hors du cadre compétitif. A propos Bophal et ses 20000 morts ça vous parle ?
Rico a répondu le 20/10/2012 à 00:56:
Exactement. On parle d'un tsunami énorme, consécutif à un tremblement de terre titanesque, qui a affecté la centrale la plus ancienne du Japon (1969, conçue avant l'ère informatique), une centrale où les procédures de contrôle des équipements de sécurité étaient grugées sur ordre de la direction pour améliorer la profitabilité... Le tout chiffré à 0 morts directes, et probabilistiquement parlant très peu à venir. Mais aucun groupe politique ou ONG en vue n'a fait de la lutte contre l'industrie chimique son cheval de bataille, alors Bophal et AZF, dont on ignore toujours les raisons, n'auront pas autant d'écho dans l'opinion !
jmdesp a écrit le 19/10/2012 à 18:44 :
Ce que cela souligne surtout est que la catastrophe a été provoqué essentiellement à la fois par l'impréparation de Tepco, et par l'incapacité à se mettre en mode de crise pour résoudre le problème en mobilisant les moyens nécessaire, où qu'ils soient. M. Leclerc a "oublié" plusieurs détails qui soulignent cela, le fait que les ouvriers n'ont pas osé réquisitionner d'office des batteries à la ville voisine, et sont repartis les poches presque vide faute d'avoir assez d'argent liquide et d'avoir pu payer avec les cartes de crédits (plus d'électricité !), le fait que le siège aurait pu envoyer les 1000 batteries plus vite s'il n'avait pas attendu de précieuses heures pour avoir l'autorisation de transport de matériaux dangereux correspond. Et on le voit, cela aurait probablement suffit à éviter les explosion. Et même le système de refroidissement de secours utilisé à ce moment là aurait pu techniquement être alimenté par des citernes d'eau amenées par hélicoptère de transport pour éviter la fusion, le débit minimum indispensable étant relativement limité. Tout ceci rappelle en fait d'autres catastrophes japonaises incroyablement mal gérées, le refus pendant plusieurs jours de laisser venir les secours internationaux à Kobe, le crash du vol JAL123, un hélicoptère militaire américain était sur place immédiatement, on l'a forcé à repartir à sa base pour que les secours civil japonais n'arrivent que le lendemain, la gestion de l'attentat au gaz sarin en 95 a aussi été très désorganisée et mal vécue par les survivants, même si heureusement cette fois là le bilan a été limité. Plusieurs pays ont tenté de proposer leur assistance pour envoyer des générateurs de secours, cela a été refusé. Il n'y a que 1000km de Vladivostok a Fukushima, un MI-26 peut franchir cette distance. Le problème finalement est aussi de trouver une alternative viable au nucléaire, les 90 milliards dépensés par Obama pour les EnR ont conduit à plusieurs faillites retentissantes, et un coût de 2 millions de $ par emploi créé. En Espagne certains estiment que les dépenses ont coûté 2 emplois dans d'autre secteurs pour chaque emploi EnR créé. L'Allemagne s'en sort financièrement grâce à son record mondial d'exportation, qui d'autre a autant d'argent disponible pour financer les EnR ?
Bilan éclairant a écrit le 19/10/2012 à 17:43 :
Tsunami = 20 000 morts. Accident nucléaire = 0 mort. Où se situe le danger ?
K a répondu le 19/10/2012 à 18:39:
Certes, 0 morts à présent, on ne peut pas dire le contraire. Mais pour autant, des milliers de km2 contaminés pour de longues décennies (même si ces zones restent vivables sans dommages majeurs), et une psychose relativement justifiée de la population. Le bilan financier, humain (même si ce ne sont pas des décès) et écologique est quand même énorme ... Et ils ont eu de la chance sur les vents : s'ils avaient été contraires les premiers jours (vers l'intérieur du pays, et notamment Tokyo plutôt que vers la mer), la situation serait catastrophique avec des millions de personnes déplacées !
Sub a répondu le 19/10/2012 à 18:58:
Et dans les 20 milliards de $ de coût pour l'instant...
yan13 a répondu le 07/11/2012 à 21:40:
Le nucléaire dans toute sa splendeur: la seule industrie capable de faire 0 morts et entre 100 et 1000 milliards de dégats (estimation de l'irsn pour Fukushima). Et encore ça c'est une hypothèse très favorable car , comme l'explique K, si le vent avait soufflé vers Tokyo c'est probablement entre 1000 et 10 000 milliards de dégats/pertes que ça aurait engendré, peut être même la faillite économique du Japon avec un énorme impact sur l'économie mondiale.
Mordrakheen a écrit le 19/10/2012 à 16:32 :
article instructif Mais le vrai coeur du probleme n est pas la Ce n est même la question du nucléaire Juste de la logique et du bon sens il faut être le roi , que dis je l empereur suprême des c... pour batir des centrales nucléaires dans un pays qui connait prés de 5000 séismes (a des degrés divers je vous l accorde) par an !!!!!!! Et que dire de cette autre idée de génie qui a fait faire construire une centrale a 10km de la faille de San Andreas !!!!!!!
youyou a répondu le 22/10/2012 à 15:13:
Un auteur unique pour ces deux idées de génie : les USA. "Atom for Peace" et "Bussiness is bussiness" ...
Lutner a écrit le 19/10/2012 à 16:19 :
Effrayant!! Nous savons résoudre des accidents dans des mines, sur des plateformes pétrolière, dans des raffineries. Nous avons la connaissance et l'outillage pour cela. Mais dès qu'une catastophe survient dans une centrale nucléaire, là c'est le néant. Personne, aucun scientifique ou ingénieur n'est capable à ce jour de déterminer un plan d'action efficace pour traiter ce type de catasrophe et ses conséquences. C'est tout simplement effrayant! Nous avons à faire avec des apprentis sorciers et des irresponsables.
Rico a répondu le 20/10/2012 à 00:44:
On a surtout affaire à bon nombre d'incompétents qui n'y connaissent rien, n'ont pas les moyens d'appréhender le secteur et ses technologies et émettent des avis péremptoires et ridicules. Si vous savez arrêter un coup de grisou dans une mine ou colmater rapidement une brêche du type de celle de la plateforme BP dans le golfe du Mexique, vous pouvez enfiler une combinaison de Superman. Inversement, l'article vous explique que des batteries de voiture ont permis de contrebalancer l'incurie de Tepco mais vous en concluez que nous "n'avons pas l'outillage"... Marre des gens comme vous !
Marc a répondu le 07/11/2012 à 18:25:
Lorsqu'une société doit, pour maîtriser un risque majeur envers la population, emprunter dans l'urgence des batteries de voitures à ses employés. Et mieux encore, de l'argent liquide, oui, on peut en conclure que nous avons à faire à des incompétents, irresponsables et dangereux. Mais c'est aussi valable pour l'essentiel des industries qui depuis un siècle rejètent des quantité incroyables de polluants et ce, dans le cours normal de leurs opération.