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Olivia Phélip, directrice de la rédaction de JOL Press | 29/10/2012, 14:52 - 1318 mots
Monsieur le Président de la République Française, Madame la ministre de la Culture et de la Communication, Madame la ministre déléguée au Numérique,
en recevant aujourd'hui Eric Schmidt, le président exécutif de Google, vous vous engagez dans une bataille dont nous pensons qu'elle pourrait aboutir au but inverse que celui que vous pensez atteindre. En effet, vous prenez acte que la guerre est déclarée entre les éditeurs de presse et le géant Google. Au départ, il y a une situation de fait : Google référence les liens des articles publiés par les médias en ligne, ce qui permet aux internautes de chercher à partir d'une requête les articles qui correspondent le mieux à leur recherche. Le réflexe est donc devenu courant chez les consommateurs d'information de rechercher leurs lectures, non pas par le titre de presse qui produit les contenus, mais par l'article référencé par Google notamment.
La fronde des éditeurs de presse
Se souvenant peut-être des éditeurs de livres qui s'étaient attaqués à Google, afin de lui interdire de reproduire le contenu des livres dont ils possédaient les droits, les éditeurs de presse allemands, français et maintenant italiens, se sont unis pour faire pression sur Google, afin d'exiger que celui-ci les rémunère, sur la base des contenus référencés. En oubliant au passage, qu'ici la situation est bien différente, car si d'un côté Google référence les titres des articles, il renvoie vers leur site initial et contribue donc à leur audience. Donc selon nous, le partage est équitable: Google bénéficie de la publicité qui accompagne sa sélection de liens, quand les médias, eux, vivent de la publicité générée par les renvois de liens.
Or, vous êtes-vous demandé pourquoi ces éditeurs s'unissaient ainsi ? Le lobby des éditeurs de presse, représenté majoritairement par de grands groupes a fait pression sur vous au nom de la défense des intérêts de sa corporation, tout en prétendant défendre les contenus d'information. Ce lobby se permet même de parler aussi au nom des petits pure players (médias d'informations n'existant que sur Internet), sans jamais les avoir consultés et sans chercher à comprendre leur intérêt.
"Pilleur de contenus ?"
Dans ce climat délétère qui semble diaboliser le moteur de recherche en le présentant comme un « pilleur de contenus », nous ne pouvons rester silencieux. Car selon nous, Google est au contraire le meilleur défenseur de la presse et des journalistes. En effet un site comme le nôtre, indépendant de tout groupe de presse, qui s'est lancé il y a un an sans budget et sans notoriété, n'a pu exister que grâce à Google.Car à partir du moment où Google nous a sélectionnés pour faire partie de Google Actualités, notre audience est montée en flèche. En ce sens, Google est donc un formidable levier pour la liberté de la presse et l'indépendance des journalistes.
C'est donc exactement l'inverse de ce que prétendent les éditeurs de presse. Leur volonté d'exiger un paiement de leurs contenus estinjustifiée et contrairement à ce qu'ils prétendent, une atteinte à la liberté de diffuser l'information.
La défense des corporatismes ou celle de la liberté ?
Injustifiée, car le travail de référencement que fait Google est un vrai service qui n'est pas payant et comme chaque lien renvoie vers le site initial, il sert en vérité son audience qui, elle-même, permet aux éditeurs de bénéficier de leurs revenus publicitaires. Une atteinte à la liberté de l'information, car c'est Google qui a permis à des pure players d'exister. En cherchant à s'unir contre Google, les éditeurs de presse souhaitent surtout défendre leur corporation contre les petits, car les petits contribuent à l'érosion de leur audience et ne pourraient exister sans Google. En prétendant défendre les journalistes, ils défendent avant tout leurs intérêts.
Une bataille économique
Le vrai sujet est économique. Comme l'explique très bien Fabrice Boé,ancien PDG de Prisma Presse, dans sa dernière tribune sur JOL Press, là où les pure players ont su générer une valeur avec la publicité, des coûts de production optimisés et des activités de service, les groupes de presse ont des difficultés à rentabiliser leurs sites web, et à réussir la mutation de leur modèle papier. Quand on sait que Newsweek a décidé de passer au tout numérique à partir du début 2013, on comprend l'enjeu du déploiement de la presse sur le web. L'époque où les éditeurs regroupés en quelques grands groupes ont dominé la presse en kiosque depuis les années 60 est révolue et le web a redéfini le champ de diffusion de l'information dans un monde ouvert et libre.
Alors il est facile de désigner un bouc émissaire pour tenter de régler les problèmes de trésorerie et de chercher des sources financières alternatives. Et bien tentant de se débarrasser de quelques sites qui dérangent, et d'imposer un paysage numérique maîtrisé, réservé à un club trié sur le volet, protégeant ses privilèges.
Les effets pervers d'un « droit voisin numérique »
Avez-vous imaginé concrètement quelles seraient les conséquences d'une loi de pour taxer Google ? Google vous a adressé récemment une note blanche annonçant qu'ildéréférencerait tous les contenus français, italiens et allemands si ceux-ci devenaient payants. Dans une telle situation, ce sont tous les sites dépendants de l'audience que leur rapporte Google qui disparaîtraient, tout comme les emplois des rédacteurs concernés.
Nous avons lu sur le site du Nouvel Observateur, que selonNathalie Colin, présidente de l'IPG, ( l'association qui regroupe la presse française) et co-présidente du Nouvel Observateur, la taxe permettrait à la presse « d'entrer dans un cercle vertueux où chaque média aurait l'assurance d'être rémunéré pour la production d'articles ». Et « avec un droit voisin numérique, des pure players pourraient être lancés avec peu de moyens, mais des contenus de qualité. Cela apporterait un réel pluralisme à la presse en ligne ». Mais ceci est illusoire. Il est abusif que soudain l'IPG prétende agir aussi dans l'intérêt des pure players, et tout autant abusif que seuls les tenants de l'IPG aient été consultés et aient participé au projet de loi en préparation au Ministère de la Culture. La vérité est que le seul exemple de taxe Google se situe au Brésil et que cela s'est traduit par une régression de la presse et une crise grave pour les sites indépendants. Nous avons donc toutes raisons d'être très inquiets.
C'est la liberté d'expression qu'on assassine
Selon nous, un tel texte ferait subir à de petits sites d'informations comme le nôtre, une double peine, car non seulement, comme nous ne faisons pas partie des corporations de la presse, nous ne bénéficions d'aucune subvention, mais en plus, nous perdrions notre unique vitrine de diffusion. Il est étonnant qu'un gouvernement socialiste qui prétende être attaché à la liberté d'expression se soit laissé influencer exclusivement par les géants de la presse, plutôt que de replacer la question dans un contexte plus large en pensant à la défense des petits, et donc, paradoxalement d'un géant comme Google qui est le meilleur garant de leur impunité.
En menaçant Google, c'est en réalité notre profession qu'on risque d'assassiner, car ce sont tous les journalistes et les sites indépendants qui seront amenés à être en difficulté. C'est aussi ce formidable pluralisme de l'information qui a vu le jour grâce au remarquable travail de référencement de Google, qui sera attaqué.
Voilà pourquoi, au nom de tous les sites d'information indépendants comme le nôtre, nous souhaitons non seulement exprimer notre gratitude vis-à-vis de Google sans qui nous n'existerions pas, mais aussi vous demander de ne pas poursuivre dans une voie dogmatique et théorique qui risque de causer beaucoup de tort à notre profession et finalement aux consommateurs d'information.
Par conséquent, nous vous demandons, soit d'annuler ce projet de taxe qui nous semble très dangereux, soit si vous souhaitez ouvrir les négociations, d'accepter de laisser les médias eux-mêmes libres de décider s'ils veulent ou non faire partie du champ de la loi. Car en ce qui nous concerne, nous souhaitons conserver nos conditions actuelles de référencement sur Google et ne souhaitons pas les voir remises en cause.
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Louis a écrit le 01/11/2012 à 19:36 :
C'est amusant en France, dès qu'il y a un problème:...on TAXE et hop le problème est résolu! Déchet électronique: taxe D3E Véolia vous remercie, il encaisse. Droit d'auteur: taxe sur tous les supports d?enregistrement (disque dur, clef usb, enregistreur dvd, etc) 181million d'? l'an dernier sans compter d'autre taxe ( voir l'article de que choisir http://www.quechoisir.org/telecom-multimedia/image-son/actualite-taxe-copie-privee-toujours-plus ) avec ça nos chers artiste vont s'installer en Suisse ou ailleurs...cherchez l'erreur ;)
HotIce a écrit le 01/11/2012 à 19:06 :
La presse française toujours a toujours été inféodée aux pouvoirs politiques, qui a leur tour, tentent de renvoyer l'ascenseur vers les gros groupes de presse... Que Google ne parle plus de ces gens là sera une grande avancée vers une information indépendante et objective.. On en a marre de lire ce que pense les politiques...On a a marre des interprétations.. juste les faits SVP... le reste on le pensera par nous même ! Faites un sondage pour savoir ce que le français pensent de leurs médias.....
petit editeur a écrit le 01/11/2012 à 14:59 :
je suis en grande partie d accord avec l article. meme si google n est pas parfait, loin s en faut, google permet a des independants d exister, et vaut mieux que le lobby de la presse a qui seul cette taxe profitera. on a un probleme similaire sur le net avec la sacem qui, en se reclamant des artistes, defend en fait les majors du disques.
castorbellux@hotmail.fr a écrit le 01/11/2012 à 13:30 :
étrange amalgame consistant à persuader indirectement "pépé" que la presse est libre, alors que sa banalité de faits-divers, son lobby de perroquet, confine le citoyen lambda à moins que rien; et je ne parle pas de la ridicule presse de province..les suiveurs... nous sommes ici loin des nouvelles générations... en ce qui concerne Google, la page Actu est soigneusement orienté dans le même sens. chercher de l'info relève maintenant de l'expert!....mais ou est donc l'indépendant gratuit!!
Alain Leroux a écrit le 01/11/2012 à 12:51 :
Une taxe Google est synonyme dans mon cas de chômage. Les articles que je rédige pour mon employeur sont majoritairement consultés via Google News (+ de 80% des lecteurs). Je salue généreusement l'initiative d'Olivia.
Ed le Belge a écrit le 01/11/2012 à 09:33 :
V4Vandetta: vous êtes bien un Français, qui utilisez sans doute un mail national et ne consultez que des moteurs de recherche confidentiels. Et contrairement à vos affirmations, Google ne stocke en matière de données de l'utilisateur rien de plus que la majorité des sites Internet, parfois même moins. Donc, avant de s'exprimer, il faut tourner 7 fois sa langue dans la bouche et s'informer un peu. Google est LA société qui a le plus contribué à faire progresser Internet en 10 ans. Ses réalisations sont vraiment exceptionnelles et accessibles à tous...
Tachou a répondu le 01/11/2012 à 09:56:
La bêtise comme l'intolérance n'ont pas de frontières. Un "vous êtes bien un Francais" fleurant bon la fierté crasse d' "être né quelque part" suivi d' affirmations grotesques. Ce qui inquiète peut-être le plus c'est que l'entreprise d'uniformisation de la pensée semble déjà avancée, certains en sont déjà à idolâtrer ce dieu Google qui leur a retiré tout libre arbitre. Vous avez dit religion ?
Captain Chris a répondu le 01/11/2012 à 17:45:
@Tachou Faudrait arrêter un peu l'extrême paranoïa mon gars, Ed le Belge a tout à fait raison lorsqu'il dit que Google ne stocke rien de plus comme données utilisateurs que ce que font les sites internet. Et dire que Google a retiré tout libre arbitre..euh...et encore euh....non mais vraiment hein...
V4Vandetta a écrit le 31/10/2012 à 23:16 :
On peut se passer de Google : il y a DuckDuckGo et Ixquick qui sont de très bon moteurs de recherche qui ont en prime l'avantage de ne pas enregistrer d'informations sur l'ordinateur et le navigateur des internautes (eh oui, Google ne se prive pas de le faire à nos insus !...).
Zeripper a répondu le 01/11/2012 à 18:53:
Vous vous laissez berner par le nom de la taxe. Car si celle-ci était votée, elle s'appliquerait tout autant à Duckduckgo et autres qu'à Google... Qui, je pense, déréférenceraient aussi les sites d'informations français pour sortir du champ d'application de la loi.
LibertySurf a écrit le 31/10/2012 à 20:18 :
Il y a t-il une pétition qui tourne quelque part ?
interlibre a écrit le 31/10/2012 à 18:13 :
La presse libre ? Des moutons de panurges, des perroquets qui n'abordent jamais les vrais problèmes, des clones d'un Paris Match politique hors du temps, des dinosaures qui ne font rien pour évoluer. Adieu , bon débarras.
lililé a répondu le 31/10/2012 à 20:28:
Jugement lapidaire. Généraliser, c'est prendre le risque de se tromper...
Interlibre a répondu le 01/11/2012 à 12:37:
Je vais moderer mes propos, quand je disais ca je parlais des grand groupes de presse et des grosses chaines tv. Les petites structures rattrape un peu et heureusement qu on a encore ca car la pensee unique est un fleau bcp trop rependu dans les medias. Je soutiens la tribune et je trouve cette idee de taxe stupide mais je maintiens mon commentaire pour une tres grande partie de la presse.
francky54250 a écrit le 31/10/2012 à 17:02 :
Imaginons que google refuse de payer cette taxe, et retire son service de référencement. Dans ce cas, personnellement, je me tournerai encore un peu plus vers la presse étrangère qui, elle, ne fera pas imposer cette contrainte fiscale à son pays. Si mon réflexe de consommateur est suivi par le plus grand nombre (loi naturelle du marché généralement vérifiée sur le terrain), je ne donne pas cher de la presse française. A moins que le gouvernement continue de soutenir encore un peu plus cette nouvelle exception Française en la finançant par ladite taxe? J?ai l?impression que, là encore, à force de se « protéger » du monde extérieur, on empêche notre industrie d?évoluer vers des modèles déjà établis ailleurs. Vive l?ouverture, la vraie, celle qui nous fait voir le monde et pas seulement notre nombril !
LibertySurf a répondu le 31/10/2012 à 20:20:
A vrai dire, je me disais la même chose.
lililé a écrit le 31/10/2012 à 00:25 :
Pour moi, le problème de google, c'est, par exemple dans le sud-est, qu'il propose des "articles" d'un site internet (je ne lui ferai pas de pub en le citant) financé par une communauté d'agglomération communiste. Mais cela est opaque. Le jour où un opposant à un élu de cette structure a présenté sa candidature, ce site lui a consacré... 3 lignes. Il a également diffusé des papiers très dirigés. On peut donc douter de la neutralité de l'équipe rédactionnelle de ce site internet, et la crise de confiance à l'égard de la presse n'est pas étonnante avec de telles pratiques. L'avantage, avec Libé ou le Figaro, pour en citer un de gauche et un de droite, est qu'il n'y a pas de surprise, on sait à qui on a affaire. Et leurs rédacteurs ont de véritables cartes de presse... Car il y a une vraie différence entre la communication et l'information.
Lautreamont78 a répondu le 31/10/2012 à 09:05:
C'est absolument vrai. Le vrai problème de Google News, ce sont les conditions d'acceptation des sites, qui sont, vous l'avez dit plutôt opaques. A mon sens, cette négociation devrait être l'occasion pour Google de repenser son service Google News. Pour lui, l'un des seuls critères d'acceptation devrait être un numéro de commission paritaire auprès de la CPPAP. Celle-ci délivre un titre de "service de presse", qui atteste officiellement que le site en question est un site dont l'objet premier est l'information du public. Pour obtenir un numéro de commission paritaire, il faut que le site en fasse son activité principale, et ne soit en aucun cas l'accessoire d'une activité commerciale. Ce Ceci exclurait de fait les sites des activités para-commerciales, qui ne voient en Google News qu'un instrument de communication. Et là, au moins, il y aurait, comme vous l'avez dit une vraie différence entre la communication et l'information. A mon sens, la place dominante qu'a acquis Google News dans l'aggrégation des pure players fait que l'on devrait réfléchir à deux fois avant de toucher à cet éco système. Mieux vaudrait, en effet, discuter avec Google des relations générale avec les entreprises de presse et les pure players, plutôt que de parler directement argent et taxe... PS: Pour l'exemple que vous citez, si vous voulez parler d'Expression Vénissieux, cela soulève un autre problème. Il est absolument anormal que les deniers publics aillent dans un journal dont le seul but est de glorifier l'action de la municipalité en place... Un journal d'information municipal devrait donner une large place aux débats qui agitent la municipalité, et pas seulement la présenter de manière biaisée, et vue du seul côté de la majorité en place. Ces journaux coutent très chers, et sont pour certains financés par la publicité, ce qui est le cas pour cet exemple précis. Cette publicité (plombier, PFG, et parfois promoteurs immobiliers) prend des parts de marché à la presse, et lui obère des ressources qui lui seraient bien utiles....
ce n'est pas Expressions Vénissieux a répondu le 31/10/2012 à 13:23:
Bonjour, Je ne pensais pas à Expressions Vénissieux, que je ne connais même pas, pour être honnête. Je pensais à une autre entité, située en Paca, qui a un site internet, une radio, un numéro de CPPAP (je viens de le vérifier et ils l'ont, hélas) et qui est financée quasi totalement par cette communauté d'agglomération. Après, pour ce qui est des journaux municipaux, quand les choses sont claires et que l'ours fait apparaître un élu en tant que directeur de la rédaction, ça ne me choque pas tant que ça. Oui, les bétas prennent ça pour un vrai journal... Oui, c'est de l'argent public qui pourrait être utilisé plus utilement. Mais qu'ils aillent chercher de la pub auprès des annonceurs est de bonne guerre. Mais on dévie sur un autre débat...
Lautreamont78 a écrit le 30/10/2012 à 23:46 :
Tous ces commentaires m'affligent. Je suis moi-même éditeur de presse reconnu par la CPPAP comme service de presse en ligne. J'édite des contenus spécialisés sur les thématiques foncières et immobilières. Journaliste de profession, je travaille 14 heures par jour pour monter une structure éditoriale organisée, rigoureuse et soucieuse de son indépendance économique. En ce sens, je ne peux qu'approuver les remarques fort pertinentes d'Olivia sur la question du pluralisme de la presse qu'a pu faire réémerger Google Actualités. Certes, les sites acceptés par Google ne sont pas tous de qualité, mais force est de constater que sans Google Actualités, ces sites de presse de qualité, pure player, n'existeraient pas. Faire disparaitre Google Actualités du territoire français arrangerait à coup sûr les affaires des sites de presse nationaux établis, comme Libé, le Figaro, et Le Monde, dont la seule marque suffit à assurer la pérennité d'un lectorat. Certains pure players subsisteraient, comme Rue 89, ou Mediapart, mais ceux là ne doivent leur salut qu'au charisme de Pierre Haski et d'Edwy Plenel. Si ces derniers font du bon boulot (notamment Mediapart qui fait des enquêtes très construites, et qui a su construire un business model vertueux), ils ont eu au départ la chance d'avoir des relais dans les cercles parisiens et journalistiques du fait de leur passé... dans la presse quotidienne. Chance qu'un éditeur indépendant qui démarre n'a pas. Google News, certes, est un outil qui a des failles. Google a accepté au départ tous les types d'informations, mêmes celles provenant d'éditeurs dont le business premier n'est pas d'apporter une information au public, mais bien de faire de l'information une source d'acquisition trafic comme une autre. Mais il existe, et il a permis qu'on le veuille ou non, de faire émerger des sites d'information différents, notamment dans le domaine de la Hi-tech, de la culture, et j'en passe. Jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est facile, sauf quand on est à la tête d'une entreprise, et que l'on a tout mis dedans. Quant à la remarque de Zarkan sur la reprise des dépeches AFP, j'aurais tendance à dire que ceci n'est pas le fait de Google News, mais bien des éditeurs eux mêmes. Lorsque les grands titres de la presse parisienne reprenaient une dépeche AFP sur leur canard papier dans les années 80, personne ne faisait attention qu'il s'agissait de le reprise d'une même agence. Google News a permis de mettre en avant cet état de fait. Et soit dit en passant, la reprise de dépeche AFP est bien plus le fait de journaux nationaux que de pure players (Voir les sites des grands titres de la presse quotidienne nationale, c'est l'abattage, on est dans le domaine de la neurotransmission d'info). Mais baste! Le gouvernement n'a cure des pure players... Le SPIIL, qui regroupe les éditeurs indépendants (Ceux que j'ai cité plus haut, Rue 89, Médiapart, mais aussi Slate, Dijonscope, Aqui, etc...), qui s'est prononcé contre la taxe Google pour des raisons d'indépendance, ne semble pas écouté. François Hollande écoute en revanche gentiment ce que lui dit Francis Morel des Echos, et Joffrin de Libération, qui cherchent à continuer à asseoir leurs titres respectifs, en écrasant de tout leur poids cette nouvelle forme de presse, qui, chaque jour, peine un peu plus à éclore. Je ne peux donc que demander la même chose qu'Olivia, à savoir que le gouvernement arrête cette action stupide et orientée, et qu'il laisse tomber la taxe et s'intéresse au vrai problème, à savoir pourquoi une entreprise qui fait 1.3 milliard de CA en France paye si peu d'impôt. Pour le reste, la presse libre peut survivre. Il faut juste qu'on nous laisse travailler. lautreamont78[a]gmail.com
CQFD a écrit le 30/10/2012 à 21:18 :
et google sélectionne des sites sans journalistes aussi! alimentant les fantasmes des fous de conspiration par exemple et autres lobbys... si on ajoute à cela les commentaires orientés ou faux, on a la totale désinformation avec de plus en plus de n'importe quoi et de non information (pipole/people et autres nullités) qui deviennent peu à peu la majorité du contenu du net de moins en moins net!
Jeannot a écrit le 30/10/2012 à 16:40 :
la presse libre ? lol
mali a écrit le 30/10/2012 à 10:30 :
Le plupart de la presse française n'est que d'articles traduits d'Anglais avec un jour de retard.
Zarkan a écrit le 30/10/2012 à 09:31 :
La presse.. la presse.. Elle me fait rire la presse. Que sont ses articles aujourd'hui sur Internet ? Pour moitié, une reprise à l'identique des dépêches de l'AFP ou une décoction faite par des stagiaires d'un ensemble d'infos piochées au petit bonheur la chance, bourrée de fautes et sans vraie valeur sur le plan informatif. Une fois ces quinze-vingt lignes publiées, on attend les commentaires des internautes et c'est cela, et rien d'autre qui fait l'article et le nombre de lecteurs. De plus, sur Google Actus, quand vous êtes un petit site, même disposant d'informations ultra-pointues parce que vous êtes spécialisé dans votre domaine, inutile d'espérer la première page. Non, vous êtes relégué au fin fond des recherches alors que vous amenez des détails que les sites de presse ne publient jamais par manque de temps et de goût pour l'information précise. Alors, monsieur Google, désindexez-les. Et conservez les sites spécialisés, vous verrez que l'information n'en sera que plus intéressante et que l'on n'aura pas 50 fois la même publiée sous diverses bannières.
2bout a écrit le 29/10/2012 à 21:38 :
@fevil Eh oui, Google est une vitrine gratuite pour tous les "indépendants" des pouvoirs économiques et politiques (la plupart, ne rêvons pas), au même titre que d'autres acteurs de la toile, aussi bien qu'une tribune gratuite, même pour vous fevil.
Ccourouve a écrit le 29/10/2012 à 20:42 :
Après avoir vainement demandé une taxe sur les FAI (fournisseurs d'accès Internet), voilà que les syndicats d'éditeurs de presse parisienne et régionale demandent une "taxe Google". Et pourquoi ce ne serait pas les éditeurs de presse qui rétribueraient Google pour le service de référencement rendu ??
fevil a écrit le 29/10/2012 à 20:28 :
google et son monopole en defenseur de la liberté. lol
2bout a écrit le 29/10/2012 à 19:18 :
Personnellement, je suis étonné de lire seulement à présent une réaction aussi clairement argumentée en faveur de de "Google actualités". Sans doute, suis-je moi-même un trop grand lecteur de cette presse qui nous formate, mais je n'avais pas vu encore apparaître ce type d'article. Quoi qu'il en soit, je suis un artisan et travaille en couple, et malgré nos "faibles" moyens financiers au regard de nos concurrents, notre capacité à exporter (80% de notre CA) et à gérer aujourd'hui une SàRL très saine, nous la devons à Google, Yahoo et auparavant Altavista. Alors quand Joffrin veut le beurre et l'argent du beurre (en plus de l'argent du contribuable), j'aurai tendance à me demander jusqu'où cette presse veut nous enfoncer ?
gegeclermont a écrit le 29/10/2012 à 19:10 :
@kaoufait. Je n'ai pas lu votre double page insalubre. Votre anti-sarkozysme est repoussant. Sarko n'est plus aux manettes depuis six mois, alors, tournez la page. La taxe google n'a rien à voir avec Sarko mais il est vrai que le matraquage des impôts hollande est très indigeste et que ce président prend la voie du président le plus impopulaire de la 5ème république.
Kaoufait a écrit le 29/10/2012 à 18:46 :
Je vois que certaines personnes ont la mémoire courte...Voici la liste des taxes mis en place par M. Sarkozy en cinq ans : Taxes de Sarkozy en 2012 - Taxe sur les hauts revenus ( voir Montant de la taxe sur les hauts revenus). - Taxe sur les loyers élevés des micro-logements ( taxe de 10 % à 40 % sur le loyer des locations de petites surfaces dont le prix dépasse 40 euros du mètre carré, dès le 1er janvier). - Taxe sur les sodas et boissons sucrées ( voir Taxe sodas appliquée aux light) - Hausse du forfait social sur l?intéressement et la participation de 6 % à 8 %. - Hausse de la taxe sur les conventions d?assurance de 3,5 % à 7 % (1,1 milliard d?euros de gain pour l? Etat). Les mutuelles de santé solidaires et responsables, auparavant exemptées de la taxe, seront taxées à 3,5%. - Hausse de la taxe sur le tabac et l?alcool ( bénéficie pour l? Etat de 940 millions d?euros). - Hausse du barème de la taxe sur les véhicules de société. - Hausse de l?assiette de la contribution sociale de solidarité des sociétés et contribution additionnelle dans le secteur financier. Niches fiscales supprimées : - Fin de la défiscalisation totale des heures supplémentaires. - Suppression de l?abattement sur la participation et l?intéressement et réduction de l?abattement sur la CSG et la CRDS de 3 % à 2 %. Taxes de Sarkozy en 2011 - Taxe sur les nuitées d?hôtel supérieures à 200 euros ( 90 millions d?euros dans les caisses de l? Etat). - Taxe sur la provision pour hausse des prix mise à la charge des entreprises du secteur pétrolier ( taxe sur les entreprises pétrolières, bénéfice de 120 millions d?euros pour l? Etat). - Imposition des plus-values latentes lors du transfert d?un domicile fiscal à l?étranger ( gain pour l? Etat: 189 millions d?euros). - Taxe sur les activités privées de sécurité ( 17 millions d?euros pour l?Etat). -Taxe de risque systémique pour les banques ( 809 millions d?euros pour l? Etat). - Taxe de droit de timbre pour l?introduction d?une instance dans le cadre de la réforme de l?aide juridictionnelle ( 88 millions d?euros pour l?Etat). - Taxe sur les opérateurs ferroviaires privés autorisés à utiliser le réseau ferré français. - Taxe sur la capitalisation boursière ( taxe sur les sociétés détentrices de capitalisations de plus d? 1 milliard d?euros, bénéfice de 12 millions d?euros dans les caisses de l? Etat). - Taxe de 5 % à 10 % sur les sociétés d?assurances qui constituent une réserve d?argent dans certaines conditions. - Surtaxe de 5% sur les entreprises dites « de réseau », qui touchent à l?énergie, au transport ou aux télécommunications. - Hausse de 2,5 % à 8 % du taux de la contribution payée par le bénéficiaire sur le gain de la levée d?option sur les stock-options, et de 10 % à 14 % de la contribution patronale sur la valeur de l?option. - Hausse de la taxe sur les retraites chapeaux ( 110 millions d?euros de gain pour l? Etat). - Hausse du taux de forfait social sur l?épargne salariale de 4 % à 6 % ( 350 millions d?euros pour l? Etat). Niches fiscales supprimées : - Réduction de cotisations patronales « Fillon » sur les bas salaires. - Plafonnement de la réduction d?assiette au titre des frais professionnels. Taxes de Sarkozy en 2010 - Taxe spéciale d?équipement au profit de la société du grand Paris. - Taxe sur les exploitants de centrales nucléaires. - Taxe sur les bonus des traders ( bénéfice pour l? Etat de 270 millions d?euros en 2010). - Hausse de 6% de la taxe sur le tabac. - Hausse du forfait journalier hospitalier et du « forfait social ». - Hausse des prélèvements sociaux sur les « retraites chapeaux » sont doublés. - Hausse de la fiscalité sur les plus-values mobilières. - Taxe sur les complémentaires santé pour participer aux frais générés par la grippe A ( 300 millions d?euros). - Taxe de 9,5% sur le produit des appels à des numéros surtaxés effectués dans le cadre des programmes télévisés et radiodiffusés comportant des jeux et concours. Niches fiscales supprimées : - Fin de l?exonération de prélèvements sociaux sur certains contrats d?assurance-vie en cas de décès du bénéficiaire . - Fin des exonérations fiscales des sportifs professionnels liées au « droit à l?image collectif ». Taxes de Sarkozy en 2009 - Droit affecté au fonds d?indemnisation de la profession d?avoués près les cours d?appel: Dans la loi de finance rectificative pour 2009, le législateur a voté une indemnisation des avoués et de leurs salariés. Cette taxe, d?un montant forfaitaire de 330 euros est due, lors d?un procès, ?par la partie qui interjette appel principal, lorsque l?appelant est tenu de constituer avocat devant la cour d?appel?. - Droit de timbre perçu en cas de renouvellement anticipé de la CNI : La loi de finance de 2009 impose à tout citoyen de présenter sa carte nationale d?identité afin de la renouveler. En cas de défaut de présentation de la précédente carte, on doit s?acquitter d?un droit de timbre de 25 euros. - Taxe sur le certificat d?immatriculation d?un véhicule neuf ou d?occasion. - Eco-taxe poids lourds ( taxe sur le transport des marchandises par la route, gain pour l? Etat de 1,2 milliard d?euros par an). - Hausse de lla taxe sur le chiffre d?affaires de la branche santé des assurances complémentaires de 2,5 % à 5,9 % ( gain pour l? Etat: 1 milliard d?euros) - Doublement de la taxe sur les retraites chapeaux. - ?Forfait social? pour les employeurs. - Taxe minière spécifique applicable à la production d?or en Guyane. - Taxe fixe sur chaque rapport de certification des comptes. Taxes de Sarkozy en 2008 - Franchises médicales. - Taxe sur les distributeurs de pharmacie. - Taxe sur les stock-options et les attributions gratuites d?actions. - Taxe sur les indemnités de mise à la retraite d?office. - Suppression de l?exonération de la taxe sur les accidents du travail et maladies professionnelles. Taxes de Sarkozy en 2007 - Taxe additionnelle à la taxe sur les certificats d?immatriculation des véhicules ( surtaxe sur les véhicules polluants).
jumbofreddy a répondu le 30/10/2012 à 10:27:
Je n'ai pas vérifié la réalité de votre liste! à supposer quelle soit exacte, qu'attend le nouveau gouvernement pour supprimer d'un trait de plume ( il est expert) toutes ces taxes d'autant plus odieuses qu'elles sont le fait du prince Sarkozy?
sandolphan a écrit le 29/10/2012 à 18:43 :
Au moins sur ce qui est de défendre les corporatismes, on peut renvoyer la droite et la gauche dos à dos, il ne faut pas oublié l'HADOPI, les négociations de type ACTA, ou encore comment l'Elysée avait essayer d'empêcher Free d'avoir accès à la téléphonie mobile...
Malar a écrit le 29/10/2012 à 17:21 :
Vous avez voté pour un gouvernement socialiste. Vous en pairez les conséquences !
err a écrit le 29/10/2012 à 17:09 :
Bravo! enfin des paroles sensées!
LolCat a répondu le 29/10/2012 à 17:30:
+1. Enfin un point de vue contradictoire sur le sujet. Et un grand merci à La Tribune pour avoir été l'un des rares sites de presse à avoir traité le sujet avec un minimum de neutralité sans succomber à la tentation du lobbying subliminal - spécialité du NouvelObs et en partie du Figaro. LaTribune.fr, le site de presse qui monte. ^^
@Olivia Phélip et Latribune a répondu le 30/10/2012 à 12:52:
+1. Merci à la tribune et à l'auteur de cet article.
chtistrasbourg a écrit le 29/10/2012 à 17:01 :
google ne diffuse pas de pub sur google news, uniquement sur son moteur de recherche
ephw a écrit le 29/10/2012 à 15:49 :
Bien d'accord ! cette maladie socialiste de lever des taxes à tort et à travers, et de défendre les corporatismes néfastes dans ce pays, est contraire au droit de liberté !