Livre blanc de la défense : le Livre noir du désarmement français

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Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale tentait un pari intenable qui n'a pas été tenu : celui du maintien des ambitions (« assumer toutes les missions » - (le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian) avec une baisse sensible des moyens. En partant déjà d'un modèle très dégradé, « à l'os », il était impossible de faire la même chose avec sensiblement moins. Général Vincent Desportes est professeur associé à Sciences Po, ancien directeur de l'Ecole de Guerre

Avalé le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale ! Beaucoup d'émotion avant, belle levée de boucliers bipartisane, quelques récris le 29 avril jour de la révélation officielle ... et puis plus rien. L'excellente man?uvre de communication gouvernementale a estompé, puis rapidement fait oublier, que c'était une grave dégradation de la défense de la France et de sa place dans le monde que ce Livre Blanc venait d'acter. Un nouveau mantra, pernicieux, anesthésie le monde de la défense : « Nous avons évité le pire ... »

Décrochage stratégique

On a d'abord fait craindre l'apocalypse, « le modèle Z », pour que le décrochage apparaisse ensuite comme une bénédiction. Le 29 mars, notre Président s'engage et fait des promesses budgétaires ... qui seront démenties par le Livre Blanc sans que nul ne s'en émeuve. Alors qu'il était impatiemment attendu, le Livre est présenté par le Président au milieu d'un « pont » de Mai, à l'Elysée certes mais juste avant une grande manifestation en faveur des entrepreneurs qui réunit tout le gouvernement ... et qui fera l'ouverture des journaux télévisés. Efficace man?uvre de diversion. Dans le discours même de présentation du ministre, les chefs d'état-major sont nommément impliqués, comme pour contraindre chacun d'entre eux à l'acceptation silencieuse. Le tour est joué. Quelques discours apaisants encore. Nous serons bientôt à l'été dont nous reviendrons pour découvrir une Loi de Programmation Militaire qui entérinera le décrochage stratégique. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. A défaut d'avoir fait les choix indispensables, à défaut d'avoir même sanctuarisé les budgets nécessaires au modèle défini, le Livre Blanc nous réserve probablement l'effondrement que nous croyons avoir repoussé !

Depuis plus de deux décennies, la défense de la France se dégrade. Elle se dégrade de manière homothétique sans changer de modèle, celui d'une défense globale pour une puissance à vocation mondiale. Jusqu'ici l'exercice était difficile, mais il semblait possible. Le Livre Blanc de 2008 étirait pourtant déjà le modèle au-delà de ses limites, avec des capacités déconnectées des ambitions affichées. Son image emblématique et caricaturale est celle du porte-avions : à l'instar de cet unique porte-aéronefs auquel on décida alors de ne pas donner de sister-ship, la France avait déjà fait le choix de ne plus pouvoir qu'un peu, et pas tout le temps !

Un pari intenable qui n'a pas été tenu

Le Livre Blanc 2013, pour sa part, bénéficiait de deux opportunités : celle de « devoir » choisir et celle de pouvoir politiquement s'inscrire en rupture avec les exercices antérieurs. L'occasion était donnée de penser un modèle de défense cohérent et autonome, adapté à notre situation de puissance régionale. C'était possible. Finalement, le modèle proposé n'est qu'une dégradation du précédent sans que sa cohérence ait été reconstruite, sans que notre autonomie stratégique ait été rebâtie.

Il fallait choisir. A budget en baisse, avec des coûts d'équipement qui ne peuvent que croître à chaque renouvellement, il était devenu impossible « d'assumer toutes les missions » (1), de préserver un « outil de défense complet ». Un pari intenable qui n'a pas été tenu : celui du maintien des ambitions avec une baisse sensible des moyens. En partant déjà d'un modèle très dégradé, « à l'os », il était impossible de faire la même chose avec sensiblement moins.

Les forces conventionnelles, la variable d'ajustement

Le premier arbitrage nécessaire concernait l'équilibre à rétablir entre dissuasion et capacités conventionnelles. Fallait-il maintenir à tout prix l'arsenal nucléaire en l'état, planifier même son amélioration, au risque de réduire très fortement nos capacités conventionnelles ? Ou bien fallait-il, à effet dissuasif inchangé, consentir des réductions raisonnables de l'arsenal pour préserver nos capacités d'action classiques, demeurer capables de faire face aux aléas du quotidien, aux guerres que l'on ne choisit pas, aux menaces et catastrophes sur le territoire national ? Réponse claire : pour ne pas toucher au nucléaire - alors même que d'importantes économies peuvent y être faites sans dégrader la dissuasion, cela mérite d'être répété - on fait des forces conventionnelles la variable d'ajustement budgétaire. Jusqu'à la caricature.

La France, grand pays de tradition militaire, forte de 65 millions d'habitants, ne sera désormais en mesure de participer à une opération majeure en coalition qu'à hauteur de 15.000 hommes et de 45 avions ! C'est-à-dire rien. Avant le Livre Blanc 2008, nous étions encore supposés nous engager avec 50.000 hommes et 100 avions ; depuis, nous étions tombés à 30.000 hommes et 70 avions. Le fait est là : dans les interventions conventionnelles en coalition, nous sommes revenus à nos capacités de la 1ère guerre du Golfe en 1991, capacités tant vilipendées alors pour leur insignifiance. Au sein d'une coalition, nous n'aurons plus désormais ni effet, ni influence stratégique. Nous ne serons plus à l'avenir qu'un partenaire mineur, une « proxy force ».

Une autonomie stratégique fortement dégradée

Le deuxième arbitrage relevait du dimensionnement de nos ambitions au regard de nos capacités, puis de l'adaptation de celles-ci aux premières. Ici encore, l'adéquation n'a pas été faite. Un des points positifs du Livre Blanc est d'établir des zones d'intervention prioritaires : territoire national, Europe, Méditerranée, Afrique du Nord et sub-sahélienne. Très bien. Il fallait dès lors doter la France d'une force expéditionnaire solide, en mesure de lui permettre d'exercer ses responsabilités et de protéger ses intérêts dans ces zones prioritaires. Il fallait reconstruire notre autonomie stratégique fortement dégradée aujourd'hui puisque, par manque de capacités de transport stratégique, de ravitaillement en vol, de renseignement et de mobilité opérative (hélicoptères lourds et de man?uvre) en particulier, nous ne sommes plus en mesure de conduire dans la durée que les opérations validées par les Américains. L'autonomie stratégique, la cohérence opérationnelle, sont revendiquées, à raison, tout au long du Livre Blanc, mais ce dernier ne prend pas les mesures indispensables pour les restaurer. C'est même le contraire qui se produit.

Les petits programmes condamnés

Le Livre Blanc défend l'industrie de défense intelligemment, mais de manière parfaitement théorique. A juste titre, il rappelle l'importance économique et sociale de l'activité industrielle, fait disparaître le concept pernicieux des « cercles technologiques » apparu dans l'exercice précédent, rappelle l'importance de la préservation des technologies clefs, souligne le besoin de financement étatique des recherches amont et la nécessité d'assurer la pérennité des bureaux d'études, ouvre davantage l'industrie au marché du maintien en condition des équipements, prône l'accompagnement à l'exportation. Mais, en même temps, il annonce des diminutions sensibles de cibles et des étalements de programmes.

En préservant tous les programmes « à effet majeur », il condamne nombre de « petits programmes » ceux qui assurent justement la « cohérence opérationnelle » revendiquée par ailleurs. La diminution des budgets ne pouvant porter (au moins au début, avant le « pay back » des diminutions d'effectifs) que sur les investissements conventionnels, des calculs simples montrent que ceux-ci, selon les hypothèses, pourraient diminuer immédiatement de 30 % à 40 %. Ce qui condamne pour longtemps ceux qui n'ont pas encore été lancés, dont le programme Scorpion pourtant vital pour l'efficacité des forces terrestres. L'industrie de défense est sanctuarisée théoriquement, mais elle devrait pourtant perdre mécaniquement entre 10.000 et 20.000 emplois, selon le sort réservé à la « trajectoire budgétaire ». Dans cette destruction, l'industrie terrestre et les PME seront inévitablement les premières concernées.

Un effort budgétaire de deux à trois milliards d'euros par an

Pour que l'on s'en tienne là, encore faudrait-il que les budgets prévus soient bien alloués par la LPM, que les lois de financement soient votées, puis qu'elles soient exécutées. Encore faudrait-il aussi que les fragiles hypothèses de construction ne s'effondrent pas : que la conjoncture économique soit au rendez-vous, que la croissance reprenne, qu'il y ait eu retour à l'équilibre des finances publiques, que l'exportation de matériels majeurs se concrétise enfin, que les frais de démantèlement des infrastructures militaires du CEA ne soient pas imputées au ministère de la Défense... Encore faudrait-il aussi que soient engrangés les six milliards de ressources exceptionnelles nécessaires au respect des engagements budgétaires, ce qui - même sans procès d'intention - est très improbable.

Contrairement à ce qui a été dit, l'effort budgétaire devrait se situer annuellement en moyenne entre deux et trois milliards en dessous de ce qu'il était en 2013. En 2019, fin de la LPM, nous serons donc loin du compte. Non seulement le Livre Blanc prévoit d'emblée une diminution de l'ordre du quart de nos moyens d'action conventionnels, mais il porte aussi en lui la certitude de prochaines coupes claires dans les équipements et les effectifs. D'autant que dès la fin de la décennie, si les indispensables décisions ne sont pas prises, les lancements des programmes du « nouveau » renouvellement des armes nucléaire vont venir écraser de leur poids budgétaire ce qui restera encore de nos forces conventionnelles.

L'armée de Terre suisse surpassera en format et équipements l'armée de Terre française

Le désarmement massif de l'Europe avait fait émerger la « France militaire » et lui avait donné, d'un même souffle, une responsabilité, un rôle et une chance historiques. L'opération Serval au Mali aura été le marqueur de cette brève époque. Avec ce Livre Blanc, nous nous banalisons et perdons cet avantage comparatif majeur. Alors qu'elle est déjà la plus grande puissance économique de l'Europe, l'Allemagne ressort grandie de cet exercice comme sa plus grande puissance conventionnelle ; avant la fin de la LPM, l'armée de Terre suisse surpassera en format et équipements l'armée de Terre française !

Façonné d'emblée par les contraintes budgétaires, bâti sur des trajectoires financières ambiguës et incertaines, le Livre Blanc 2013 conduit au déclassement stratégique. Que l'on parle ou non de « décrochage», en une décennie, de 2008 à 2019, les réductions d'effectifs et d'équipements auront affaibli de plus de la moitié nos capacités de combat ! Le modèle proposé constitue une dégradation homothétique du modèle précédent déjà très affaibli. En l'absence de vision et de choix clairs, n'abandonnant rien, il saupoudre les moyens pour donner à la France une armée qui peut de moins en moins dans chacun de ses domaines d'emploi. Il affaiblit partout, sans chercher à rétablir notre autonomie stratégique en comblant les trous capacitaires qui se multiplient, s'agrandissent et la minent. Ce livre noir est celui du désarmement français.

(1) : Discours de Jean-Yves Le Drian, Ecole Militaire, lundi 29 avril 2013

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Commentaires
a écrit le 14/06/2013 à 23:01 :
il faut que les militaires descendent dans la rue , les gays et anti gays l'ont bien fait, il faut qu'ils defendrent leur metier , les gendarmes l'on il y a quelqeue années et on eu ce qu'ils voulaient , aller les bidasses dans la rue
a écrit le 26/05/2013 à 10:48 :
Nos armées sont top cools hypers intelligentes, après les plus belles pages de la bible ancestrale et royale, le livre blanc va devenir le best seller de toutes les galaxies dans le monde entier du ciel infini après le mur du son à fond.
a écrit le 24/05/2013 à 17:49 :
Les américains ont, dans leurs plans d'évolution de l'empire, découpé le monde comme les romains, en prépositionnant des "légions modernes" dans chaque zone chaude du monde, des task-forces de marines alliant un peu de tout. C'est exactement dans ce schéma que s'inscrit la France pour être compatible à son allié principal, dont on a vu le format lors de l'opération au Mali, la France aura au maximum l'équivalent de 2 task-forces de marines, une pour l'Afrique de l'ouest et une pour le moyen-orient. Rappelez-vous que c'est dans tout l'OTAN qu'on abandonne progressivement la division pour la brigade rapide expéditionnaire, en la renforçant par un patchwork de puissance de feu.
L'Allemagne, si puissante autrefois sur le plan terrestre, prépare ses plans actuellement pour n'avoir à terme que la puissance d'au maximum 2 divisions, une pour son nord et une pour son sud. Le royaume-uni lui n'aura bientôt que la puissance d'une seule task-force.
Il faut raisonner global, pour appréhender toute la nouvelle architecture.
Et, pour l'avoir plusieurs évoqué ici, mon inquiétude est liée au réarmement de nos voisins, Russie Turquie, pays du sud méditerranée, car nous ne compensons pas nos faibles forces d'actives par une réserve appropriée( à la mode suisse ou suédoise), à l'heure où d'énormes autoroutes parcourent les continents facilitant les mouvements de troupes, nous n'aurons pas plus que quelques jours pour réagir en cas de crise majeure.
a écrit le 23/05/2013 à 18:24 :
Il faut simplement ouvrir les yeux! A la fin de la 2ème guerre mondiale, la Grande-Bretagne, l'empire où le soleil ne se couchait jamais, a dû se saborder car le pays n'avait plus les moyens de ses ambitions. Il en va de même pour la France: la France n'est déjà plus une grande puissance mondiale (contrairement à ce que chantent nos politiques et aujourd'hui elle n'a même plus les moyens de rester une puissance moyenne. Lorsqu'il faut choisir entre payer ses fonctionnaires et faire le beau sur les Champs Elysées le 14 juillet, la priorité va au financement des affaires courantes
a écrit le 23/05/2013 à 15:44 :
Bonne analyse de votre part, M. Desportes, en particulier à l'égard de la stratégie de communication gouvernementale.

Suite à l'annonce de l'"apocalypse" faite par M. Guisnel, je notais, le 16 mars 2013, sur le blog de M. Merchet : "Méthode élémentaire de manipulation de l'opinion (à la Edouard Bernays) : vous annoncez "l'apocalypse", pour mieux faire ensuite accepter une forte réduction mais moins importante que la catastrophe annoncée : la perte est alors considérée par la victime comme un soulagement." ; je terminais mon commentaire en écrivant : "la crédulité du "bon peuple" est abyssale".

Commentaire n°39 : http://www.marianne.net/blogsecretdefense/m/Defense-l-Apocalypse-n-est-pas-pour-la-semaine-prochaine_a983.html?com
a écrit le 23/05/2013 à 13:52 :
http://librepolitique.com/2013/03/28/entre-les-armes-les-vivres-et-la-confiance-le-gouvernement-choisit-la-confiance-au-risque-de-la-perdre-definitivement/
a écrit le 23/05/2013 à 12:03 :
Je trouve étonnant votre absence dans les médias ou à défaut sur les blogs. Ne vous alignez pas alors de voir FH vous démunir.
Et pourtant, plus que jamais, la France a besoin de professionnels, et d'hommes et de femmes de grandes valeurs.
Il n'y a jamais de fatalité, vous pouvez et devez réagir..
Réponse de le 29/05/2013 à 10:03 :
Un militaire est caractérisé par son obéissance : contrairement à d'autres fonctionnaires, il se plaint peu et ne manifeste pas.
On trouve de temps en temps dans la presse quelques cris d'alarme, mais ça reste rare.
a écrit le 23/05/2013 à 11:54 :
Et on en est où avec le transfert de ces fonctions et budget vers une super armée Européenne ? Moins couteuse que la somme des budgets cumulés dans chaque état, elle n'en deviendrait pour autant pas moins une sacrée machine... et elle pourrait surement servir dans un futur pas si éloigné, alors que là, on agit en ordre dispersé, et sans aucun livrable sérieux au bout...
Réponse de le 23/05/2013 à 12:19 :
...Et votre super armée supra nationale elle obéira à qui ? à 27 ça va être compliqué de s'entendre. En plus l'armée combat les ennemis de la nation, or l'Europe n'est pas une nation...situation glissante, non ?
Réponse de le 23/05/2013 à 15:21 :
Vous avez parfaitement raison, cela reviendrait a poser la question du pilotage Européen.. joli sujet non ? ;-) Quant a la notion de défense de la nation, au sens guerrier du terme, je pense qu'il n'est pas inconcevable de l'étendre au concept d'ensemble de nations. Les Etats des US auraient fort bien pu conserver une armée par Etat, mais le problème a vite convergé...
a écrit le 23/05/2013 à 11:15 :
qu un general demande plus d argent n est pas tres surprenant. par contre, il faut aussi reflechir a quoi utilser cet argent. l armee francaise n a plus rien gagne depuis 14-18 (1945 ets une victoire russe et americaine). on a peut etre pas vraiment les generaux dont on a besoin (et si j en crois le canard enchaine, on est proche de l armee mexicaine avec plein de generaux mais peu de soldats)
Réponse de le 23/05/2013 à 17:22 :
cela fait débat depuis longtemps sur ce modèle de l armée qui a plus de généraux que de soldats en première ligne .comme le rappelle le sujet la dégradation budgétaire date au moins de 20 ans alors tirer sur ce gouvernement est facile mais réducteur .faut il dire aux contribuable de fournir de l argent pour l armement et grossir les grandes entreprises qui ont l habitude de vivre aux crochets de la république .ne vaut il pas mieux avoir un peu moins mais meilleur car les exemples ne manquent pas la 1 er guerre de golfe nous éclairait déjà sur une armée qui n avait déjà pas les moyens déjà fin des années 1970 les brigades françaises en Allemagne ne pouvaient faire des man?uvres faute de matériels adéquates .alors !
Réponse de le 29/05/2013 à 10:00 :
Les "grandes entreprises qui ont l'habitude de vivre au crochet de la république" sont un des principaux secteurs d'exportation du pays, pour info.
On peut avoir moins mais meilleur, dans une certaine mesure. Une armée de qualité repose aujourd'hui sur un équipement de qualité. Du point de vue industriel justement, on ne peut pas consentir des développements conséquents pour finalement réaliser un nombre ridicule d'équipements. L'exportation est un moyen d'amortir l'investissement mais une commande domestique significative reste nécessaire.
Au sein de l'armée de terre, la réduction de format a déjà été tellement poussée que plusieurs spécialités ne sont désormais plus remplies que par 1 seul régiment : réduire encore de telles capacités reviens alors à les supprimer purement et simplement...
a écrit le 23/05/2013 à 10:03 :
Navrant de voir le manque de réfléxion de ces gouvernants qui pensent toujorus avoir raison; peut être sont-ils depuis trop liongtemps en politique et planentsur leur petit nuage. Plutôt que de tourner la page de la guerre froide et enfin quitter la doctrine De Gaulle, Flamby continue dans la même voie, montrant par là même une absence totale de vision stratégique et géopolitique. L'arme nucléaire ne sert à rien, et nous coûte un bras, mais par contre nos troupes au sol ont démontré leur utilité et leur savoir-faire lors de l'intervention au Mali et seul un aveugle ne peut pas voir cela. L'armée devrait pouvoir aux besoins en matériel de ses militaires alors qu'actuellement ca n'est pas le cas et bon nombre de militaires doivent prendre sur leurs propres deniers pour s'équiper....alors que le réglement l'interdit...honte à nos politiciens qui envoient nos soladats au casse-pipe pour en tirer toute la gloire sans leur donner les moyens dont ils ont besoin pour se protéger et effectuer leur mission dans de bonnes conditions.
Réponse de le 23/05/2013 à 11:41 :
ah le bon vieux militarisme qui remonte à le surface, l'honneur d'un pays avec une longue traditionmilitaire! faut-il pappeler les défaites successives de 1870, de l'invasion en 1914, comme en 1940, et pourtant chaque fois l'on nous disait que nous avions la mailleure armée du monde! En 14 prévvalait l'idée qu'il ne pouvait y avoir de défaite dés l'instant que nous étions plus nombeux que l'ennemi, des centaines de miliers de morts ont payés de leur vie cette brillante stratégie qui était celle de l'état major, et l'on pourrait continuer ainsi fort longtemps!!
Réponse de le 23/05/2013 à 14:51 :
"lagrange", votre analyse historique est trop caricaturale. 1870 est une défaite humiliante, mais déclenche un renouveau intellectuel, réformateur dans les années 1870s et 80s pour reforger un outil totalement neuf en faisant fi de l'immobilisme bureaucratique. 1914 est un échec sanglant dû à la stupide doctrine "d'offensive à outrance", mais il y a une remarquable prise de conscience rapide du désastre et Joffre improvise une manoeuvre difficile (La Marne) qui sera victorieuse. Enfin, 1940: là effectivement, échec complet, honteux, digne par ses conséquences apocalyptiques dans tous les domaines de celui d'Azincourt. Ne voyons pas notre histoire (militaire ou non) que sous le prisme de l'auto-dénigrement!
Réponse de le 23/05/2013 à 16:56 :
La campagne de 1914 n'est pas un échec, l'objectif a été atteint, l'offensive allemande a été brisée. C'était le but.
Réponse de le 24/05/2013 à 18:05 :
C'est grâce au secteur privé( les taxis de la Marne) qu'on a pas perdu la guerre en 1914, c'était plus un coup de chance. Car étant un pays très libéral à l'époque, la France était plus avancée technologiquement que l'Allemagne, c'est comme cela qu'on a compensé. Ensuite en 1917 on a pas perdu vis-à-vis de la dernière offensive allemande uniquement grâce aux renforts américains qui ont envoyé de la chair fraiche se faire tuer sur le front. Tous seuls en 1914 nous ne pouvions gagner mais pas forcément perdre, 1870 était en fait la dernière guerre gagnable mais mal gérée, mais ensuite, la disproportion démographique était trop en notre défaveur. En 1939 c'était pire, l'âge moyen du soldat allemand était de 10 ans inférieur à celui d'un soldat français, vu qu'une offensive en 1938 était interdite par les anglais, la seule solution raisonnable était donc de perdre le plus rapidement possible pour minimiser les pertes et attendre une époque plus favorable.
A l'heure du nucléaire, la France ne peut que combattre des ennemis mineurs, sinon elle doit s'abstenir, c'est dans ce contexte qu'il faut étudier sa rentrée dans l'OTAN, si on ne choisie pas la voie Suisse, on existe alors en tant que supplétifs de l'empire, l'évolution de la France c'est l'Europe, mais l'évolution de l'Europe c'est l'occident, on se retrouve de toute façon incorporés avec les américains, on pourrait passer à la dernière évolution celle de l'occident vers le monde, en préférant dépendre directement de l'ONU que de l'OTAN, mais on se sentirait bien seuls.
Réponse de le 25/05/2013 à 14:24 :
Plusieurs points sur la WW1.

-Les taxis ont un rôle marginal dans la bataille de la Marne, c'est une image d'épinal.
C'est principalement l'action combinée des armées de Maunoury et de Franchet d'Esperey qui a provoqué la défaite allemande.
La campagne de 1914 a été un succès stratégique, en condamnant l'Allemagne à une guerre sur 2 fronts, ce fut la cause première de la victoire finale.

-En 1917, les allemands n'attaquent pas, les allemands attaquent entre Mars et Juillet 1918., 5 offensives en tout, qui malgré des succès initiaux ont toutes échouées face aux français et aux britanniques commandés par Foch, les américains n'y sont pour rien.

-Les américains entrent pour la première fois en ligne en juin 1918 mais comme simple force d'appoint, et de façon autonome en septembre 1918.

-Les vainqueurs de 14 18, ce sont les français ( au premier chef ) et les britanniques, les américains ont un rôle secondaire et non décisif.
Réponse de le 26/05/2013 à 2:02 :
@Louvois, j'ai longtemps aussi cru que la France avait gagné sans l'aide des américains mais j'ai ensuite, au vu de lettres de généraux français et allemands, compris que cela était faux, car les allemands à partir de 1917, en anticipant les renforts US ont donc accéléré leur offensive mal préparée sur le front ouest, pour preuve il y avait le nombre d'unités allemandes et autrichiennes devant occuper l'ouest de la Russie après le traité de paix, en fait il y avait 3 fois plus de divisions sur place que sur le papier car les allemands étaient trop pressés et n'ont pu les bouger, et ont donc attaqués avec un nombre d'unités insuffisantes à l'ouest; de leur côté les généraux français louaient le ravitaillement américain et la hausse de moral qui en résultait car leurs troupes étaient à 2 doigts de craquer et n'avaient presque plus aucune capacités offensives( il n'y avait plus de réserves en cas de contre-offensive donc le venue des américains permettait d'user les dernières forces française contre les allemands car on savait qu'il y aurait un relais prochainement), tout le front était en quelques sorte bloqué( comme l'administration actuelle).
Dans la guerre, chacun anticipe l'autre et réagit en fonction de probabilités, il ne faut pas s'arrêter au conflit jour à jour. Et pour les taxis de la Marne( c'était juste un exemple mais on avait d'autres avancées technologiques) ils étaient réellement décisifs car ils ont empêché la rupture du front( qui peut s'accompagner en panique puis en déroute comme en 1940 à cause de l'effet domino quand on prend à revers une aile) en colmatant la brèche illico, pour autant les français n'en ont pas profité du tout car la tête de pont allemande est restée intacte et a pu refluer., on a la même configuration avec l'offensive des allemands sur Moscou pendant la seconde guerre, sauvée de justesse par la venue de "seulement" 5 divisions de troupes sibériennes.
Un écrivain français de science-fiction, avant la 1ère guerre mondiale, avait prédit la grande guerre, ses fronts( mais il pensait que celui d'Afrique serait plus important et que celui de Turquie déborderait sur la perse), qu'on la gagnerait mais qu'on serait si exsangue que la prochaine serait perdue.
Pour le nucléaire, alors que ce genre de guerre était considérée hyper sérieuse dans les années 50 et début 60, ensuite tout s'est délité après la crise de cuba, les présidents américains n'allèrent même pas visiter leur bunker, presque plus rien n'était construit( et rien en France), au contraire des soviétiques qui encore aujourd'hui( les russes) continuent de construire des bunkers, surtout dans l'Oural.
a écrit le 23/05/2013 à 9:42 :
Celui qui a compris le logique de fonctionnement de ce gouvernement m'écrive,le soutient
à l'ASL en Syrie me laisse pantois.Que va-t-il émerger de ce Chaos qu'est devenu le Moyen-Orient.
a écrit le 23/05/2013 à 9:37 :
Pour les plus jeunes, rappelez-vous les année 1936 avec le meme scénario, désarmenent, pacification,lacheté face aux évènements, résultats nous avons eu la guerre et une bonne déculottée. Nous sommes dans le meme schéma, à savoir dans une république rose ou tout le monde est gentil, ou tout le monde s'aime au point de se marier entre sexe. Et pendant ce temps la menace gronde de partout, le risque que notre sol devienne un terrain propice aux terroriste est grand. Mais non, on préfère donner notre argent pour soutenir le lobby gay, c'est tellement valorisant. Oui l'armée va mal, nous sommes arrivés à un point de rupture. Nous ne pouvons plus nous projetér vers des théatres d'opérations pour garantir nos droits. Merci les socialistes, comme en 1936 vous avez sacrifié notre sécurité au nom d'un pacifiste de mauvais aloi. Et pendant ce temps on donne un concert pour célébrer le mariage des gays, pauvre France. Nous entrons en décadence et je comprends le mal étre des jeunes à regarder ces élites de gauche, se gausser de la mort d'un homme, fort de ses convictions
Réponse de le 23/05/2013 à 11:04 :
Je vous pas trop le lien avec le mariage gay. A côté de la plaque. D'autres pays d'Europe gouvernés par des conservateurs désarment pour une raison simple: l'Amérique protège l'Europe, donc beaucoup ne voient pas l'intérêt de dépenser pour leur propre défense... grossière erreur je vous l'accorde, mais il ne faut pas dire n'importe quoi pour autant!
Réponse de le 23/05/2013 à 14:39 :
d'accord avec toi, Jeff: les USA ne viendront plus jouer les pompiers pour nos beaux yeux. Ils nous laissent entendre, avec leur stratégie de bascule vers l'Asie ("pivot") que nous devons prendre nos responsabilités. En clair, "débrouillez-vous tout seul, on a assez de problèmes comme ça et si on vous aide, c'est en soutien et pas en 1ère ligne (cf Libye, Mali).
Réponse de le 23/05/2013 à 17:32 :
@ CADOUDAL

C'est pas une question droite/gauche, celui qui a le plus affaibli l'armée ces dernières années, c'est un certain Nicolas Sarkozy, 54 000 postes en moins.

L'armée française a des équipements de qualités, Tigre, Rafale, Caesar, Leclerc, VBCI. Une industrie militaire de qualité.

Non le problème c'est la baisse constante des effectifs depuis 20 ans, on arrive à un point critique.
Réponse de le 25/05/2013 à 11:00 :
louvois ,aller vous renseigner sur le terrain avant de dire des conneries
a écrit le 23/05/2013 à 9:32 :
L'Europe nous contraint aux décisions économiques,en matière d'armement arrêtons de "jouer" les gendarmes du monde , mettons l'Europe au pied du mur sur les conflits internationaux , cela soulagera notre effort de défense même si les "militaro-industriels" doivent un peu souffrir.... une politique commune de défense concentrerait les recherches : exemple: les drônes
a écrit le 23/05/2013 à 9:25 :
N'en va t-il pour l'armee comme pour le reste? Un Etat faisant tout ne fait plus rien. Or s'il y a un manqué de startegie c'est d'abord sur ce point. Blamons nos elus de cette lacune, sans oublier que 1 Nous les avons elus et 2 Faire un choix a la baisse est toujours un risqué or ni elus ni electeurs n'aiment le risque.
a écrit le 23/05/2013 à 9:16 :
c'est ce que j'ai dit déjà ici, si j'étais à l'état major, j'encouragerais un nombre conséquent de militaires à démissionner, à écrire dans un journal étranger la misère de l'armée et de son manque de moyens en matériels de pointe. Par exemple on va acheter des drones américains, pourtant on a des avionneurs en france, des dassault aviation des dassault systemes, des safran, des eads,....je ne comprends pas bien la logique de tout ça. A moins que le président normal, soit atteint par une crise de désarmement.

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