La Tribune

Ne pas faire d'erreurs est la plus grosse erreur

Olivier Mathiot  |   -  856  mots
Personne n'aime faire des erreurs, encore moins au travail. Pourtant, les erreurs font partie de la démarche de toute entreprise innovante qui teste de nouvelles approches. Quiconque refuse d'expérimenter et de prendre des risques de peur de se tromper est voué à se laisser distancer par des concurrents plus audacieux. Par Olivier Mathiot, Cofondateur de PriceMinister et Directeur marketing et communication de PriceMinister / Rakuten

Il ne faut pas avoir peur de commettre des erreurs, car ceux-ci sont souvent source de nouvelles idées. Il vaut mieux se tromper que de ne rien tenter par peur du changement. Plutôt que de considérer l'erreur comme un échec, mieux vaut y voir une source d'enseignement. Il vaut toujours mieux apprendre de ses erreurs que d'éviter de prendre des risques et se laisser devancer par la concurrence.

 Toutes les erreurs ne se valent pas

 L'erreur passive est celle qui résulte de l'omission. L'erreur passive est celle commise en choisissant de ne rien faire, par peur de semer le trouble ou de se tromper. Le nombre d'entreprises qui ont fait le choix de la passivité est incomptable, celles qui ont préféré se reposer sur leurs lauriers et ont vu leurs parts du marché se faire grignoter par des start-ups plus agiles ou des concurrents qui ont osé une approche originale ou qui ont misé sur un tout nouveau produit ou service.

 Quand on oublie le développement de la technologie et les attentes des consommateurs...

Dans l'industrie du divertissement, quantité de magasins de location de vidéos ont été sacrifiés sur l'autel de la modernité à l'arrivée des services de vidéo à la demande. Ces entreprises ont pêché en ne prenant pas la mesure du potentiel de développement stimulé par la technologie et les nouvelles attentes des consommateurs ; elles ont rapidement été dépassées par des start-ups dans l'air du temps aux offres bien plus attractives.

 L'erreur active s'inscrit dans une volonté de changement

A l'inverse, l'erreur active s'inscrit plutôt dans une volonté de changement. Ces erreurs sont celles qui peuvent être commises lors de la mise en question de l'ordre établi, lorsqu'une nouvelle approche veut être testée. Pour innover et se développer, une entreprise doit accepter le risque d'erreurs actives. Il est important que la direction encourage son personnel à ne pas se satisfaire du status quo ; à prendre des initiatives quitte à accepter la part de risque. Et si les choses ne se passent pas comme prévu, ce n'est pas nécessairement un échec, mais plutôt une excellente occasion d'analyser ce qui a raté pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

 Accepter la part de risque

 Qu'il s'agisse de s'implanter sur un nouveau marché, d'expérimenter une nouvelle catégorie de produits ou d'adopter de nouveaux canaux marketing et réseaux de distribution, la prise de risque mesurée s'inscrit dans la démarche d'innovation commerciale. Pour inciter les collaborateurs à expérimenter, les entreprises doivent instaurer une culture de l'audace et veiller à ce que l'exemple vienne de la direction. L'innovation et la créativité ne sont pas stimulées dans un environnement où l'on craint de faire des propositions de peur d'avoir des ennuis si les résultats diffèrent des prévisions.

 Bien entendu, ça ne veut pas dire qu'il faut suivre aveuglément chaque nouvelle idée. Il s'agit plutôt d'avancer, lentement mais sûrement, de faire des tests, d'identifier les problèmes, et d'apporter les améliorations qu'il faut pour réunir les conditions de la réussite de l'initiative. Par la suite, il est crucial de toujours garder un œil sur ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins et d'en tirer des enseignements pour la suite.

 Éviter le statu quo

 Certes, prendre des risques suppose une bonne dose de confiance en soi et d'optimisme, mais les entreprises ne doivent pas oublier qu'elles ont plus à perdre à ne jamais prendre de risque qu'à remettre en question leurs acquis et tester quelque chose de différent. Les entreprises qui poursuivent leur petit bonhomme de chemin sans s'interroger risquent de manquer de formidables occasions de se développer parce qu'elles auront réagi beaucoup trop lentement aux évolutions notables du marché, aux nouvelles attentes ou aux pratiques de consommation changeantes, par exemple. Passer à côté de changements comme ceux-là peut coûter cher à une entreprise, en termes d'image de marque, de réputation et de parts de marché.

 Défaut de curiosité: des marques de téléphone sombrent

Plusieurs grandes marques de téléphonie mobile n'ont pas su identifier les nouvelles technologies qui allaient révolutionner leur industrie, l'émergence des smartphones et l'adoption des terminaux grand public par les salariés, par exemple. Par excès de condescendance vis-à-vis des attentes des consommateurs et défaut de curiosité et d'expérimentation de gammes de produits différentes, ces marques ont manqué des ventes et ouvert grand la porte à Apple, Samsung, etc. qui n'ont pas manqué de s'accaparer le marché.

 Des exemples comme celui-ci soulignent l'importance pour les entreprises de ne jamais se sentir arrivées et de toujours chercher à se développer par la quête d'innovations, la pénétration de nouveaux marchés ou la volonté de satisfaire les nouvelles attentes des consommateurs. La plus grosse erreur pour une entreprise est de rejeter une idée originale pour la simple raison qu'elle pourrait ne pas marcher. Autrement dit, on ne sait jamais de quoi on est capable tant qu'on n'a pas essayé.

 

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Commentaires

James  a écrit le 02/05/2014 à 15:32 :

Il faut une entreprise en version 2;X ou 3.x pour "autoriser" la prise de risque et les erreurs qui vont avec.... ce n'est pas la majorité des entreprises malheureusement....!

Zwed  a écrit le 01/04/2014 à 12:00 :

Très bon article. Olivier Mathiot s'y connaît en erreur, lui qu'on a pu retrouver sur le tumblr Personal B.

calamiter  a écrit le 01/04/2014 à 9:08 :

ce qui revient a " l'homme qui n'a pas de folie n'est pas aussi sage qu'il croit"
LaRochefoucauld

Shekan  a écrit le 01/04/2014 à 3:16 :

Pour ma part, on a passé quatre ans à me conditionner à redouter l'erreur. Le moindre faux pas, le moindre risque d'originalité et pour toute sanction, un diplôme échoué.
Ce n'est pas avec l'éducation que l'on reçoit que l'on risque d'être innovants en France...

moy  a écrit le 31/03/2014 à 23:36 :

Une faute dès la première phrase. Bravo le veau

malco  a écrit le 31/03/2014 à 22:59 :

"Celui qui n'essaie pas ne se trompe qu'une seule fois"