A l'Est de l'Ukraine, un point de non retour ?

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Un compromis est encore possible en Ukraine, qui éviterait la sortie du Donbass du territoire ukrainien. Par Marc Meillassoux, journaliste indépendant, @MarcMeillassoux

Malgré une situation encore très fragile dans l'Est du pays, les « séparatistes » et derrière probablement la Russie sortent gagnants de la bataille du Donbass. Une grande partie des populations des zones occupées ne veulent plus entendre parler de l'Ukraine.
Quand on interroge les habitants du Donbass, où forces séparatistes et loyalistes s'affrontent encore en dépit d'un « cessez-le-feu » jamais respecté, ils citent généralement trois sentiments : la crainte, la colère et l'espoir. A Marioupol, la crainte : celle de voir le retour des combats après les événements tragiques du mois de mai, alors que les forces anti-gouvernementales sont toujours à quelques encablures de la ville.

A Donetsk, la colère : particulièrement dans les quartiers nord, pris en otage des combats entre forces loyalistes et gouvernementales et pilonnés par cette dernière - quartiers Kalininsky, Kirovsky et Kivski. A Slaviansk, l'espoir : celui d'un retour à la vie normale, après des semaines de blocus, de pénuries, d'exactions et de représailles des deux camps. La capitale régionale, Donetsk, est une ville fantôme : sur la grande avenue Artem, généralement connue pour ses embouteillages, quelques rares voitures, surtout de séparatistes déferlant à tombeau ouvert, feux clignotants allumés.

La moitié des habitants de Donetsk déplacés

 On estime généralement à 500 000, soit la moitié des habitants de Donetsk, le nombre de déplacés. Les locaux - pas toujours très mesurés sur la question - évoquent davantage 70, voire 80%. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés dénombre 400 000 réfugiés déclarés du Donbass. A l'ambassade de France à Kiev on parle carrément de six à sept millions de personnes sur les huit millions de la région. Dans le nord de la ville, de nombreuses usines, comme l'usine de pain de Zasiadka, sa mine de charbon et les infrastructures de gaz ont été bombardées. Les immeubles résidentiels montrent des trous béants. Début septembre, le petit marché de la rue recevait une salve, où huit civils périssaient dans les projections d'éclats de métaux. Les murs criblés de trous de diamètre allant de la taille d'une bille à celle d'une balle de hand conservent les traces.

Des morts, surtout civils

On estime aujourd'hui à 2700 le nombre de morts dans le conflit. Principalement des civils, quasi-exclusivement du Donbass. Des chiffres proches de l'opération « Bordure protectrice » à Gaza, pour laquelle beaucoup se sont émus. Si comparaison n'est pas raison, on peut toutefois se demander pourquoi les Ukrainiens de l'Est ne mérite pas pareille empathie. Les formules laconiques des dirigeants occidentaux et les tournures alambiquées de nombreux commentateurs contrastent avec les indignations des évènements non moins tragiques du Maïdan, quand plus de 80 civils avaient perdu la vie en février. A part les rapports des quelques journalistes sur place, la plupart des commentaires ont grandement éludé la question des victimes de cette crise.


Une région légalement ukrainienne mais culturellement russe

Il y a une réalité qui s'impose quand on voyage dans le Donbass et particulièrement dans les territoires revendiqués par la République Populaire de Donetsk (RPD) : cette région légalement ukrainienne est culturellement russe. Pas seulement russophone ou russophile, mais profondément empreinte de culture russe. Cela ne justifierait en rien une annexion par le voisin russe mais appelle une lecture particulière des événements. Historiquement le Donbass, « Bassin du Don », est partagée entre l'Ukraine (« Oblast » ou région de Donetsk et Lougansk) et la Russie, (Oblast de Rostov).

L'unique langue parlée est le russe - peu connaissent l'ukrainien et personne ne l'utilise, la maîtrise de l'anglais tient de l'exception-, les croix et églises orthodoxes sont omniprésentes, tous revendiquent de la famille de l'autre côté de la frontière russe et une large partie se définit comme « russe ». De nombreux réfugiés ont d'ailleurs franchi la frontière à l'approche de la « bataille de Donetsk ».

 Économiquement tournée vers la Russie

Économiquement, le Donbass est également tourné vers la Russie, notamment son industrie lourde et minière (charbon), maillon de la chaîne de production soviétique de l'époque et russe d'aujourd'hui, et l'industrie plus haute gamme apparue depuis les années 2000, comme le laminage de précision. Cette région de l'Ukraine partage également des normes de production spécifiques, différentes des normes européennes. Les six régions de l'Est (sur 24 au total) représentent 54% des exportations du pays, contre seulement 26% des importations.

Ces exportations étant à 80% dirigées vers la Communauté des Etats Indépendants (CEI, (1)). L'Oblast de Donetsk est également la plus riche région d'Ukraine - hormis la seule ville de Kiev - avec un salaire moyen de 3500 à 3900 UAH, contre un salaire moyen compris entre 2300 et 2900 pour les neuf régions de l'Ouest du pays (2), (3). Ces données macro-économiques ont leur importance, car dans la population, la ponction fiscale par Kiev des richesses produites par la région est un des motifs fréquemment cités pour soutenir les séparatistes ou du moins une plus grande autonomie de la région. Il est toutefois hasardeux d'établir que le solde impôts-subventions est véritablement désavantageux pour la région, les habitants du Donbass percevant également d'importantes aides sociales de Kiev.


A Donetsk, l'arbitraire règne mais les populations suivent

La légitimité des séparatistes et l'adhésion d'une grande partie de la population à leur bannière est une question complexe. Si certains séparatistes sont d'honnêtes gens prêts à sacrifier leur vie pour une cause qu'ils croient sincèrement juste, d'autres sont des demi-bandits, qui terrorisent les populations soupçonnées de trahison et abusent sans vergogne de l'autorité de leurs Kalachnikovs. Personne ne peut nier le sentiment d'arbitraire qui règne dans la capitale du Donbass. Pour autant, les séparatistes bénéficient d'un soutien palpable de la base, que les conditions rocambolesques du vote sur l'indépendance des régions de Donetsk et Lougansk n'ont pas permis de quantifier de manière objective.

L'interdiction du russe dans les régions ukrainiennes, vécue comme une négation de leur culture

Les raisons de cette adhésion sont de plusieurs ordres. La loi qui visait à interdire le russe dans l'ensemble des Oblasts (régions ukrainiennes) a évidemment été vécue comme une négation autoritaire de leur culture. L'épisode de la Maison des Syndicats d'Odessa (au moins quarante pro-russes avaient péri dans les flammes du bâtiment après de violents incidents avec des pro-ukrainiens, notamment les extrémistes de Pravyi Sektor) a également créer un marqueur dans la tête des populations russophiles.


« Notre gouvernement nous bombarde »

Il y a sûrement du fantasme chez les nombreux habitants qui qualifient de « fascistes » ou de « bandera » (en référence au nationaliste ukrainien Stepan Bandera) l'exécutif ukrainien. On reste toutefois effaré à la vue du « Wolfsengel » (symbole nazi) qu'arborent certaines milices loyalistes comme le bataillon Azov à Marioupol, auxiliaires de l'armée régulière. Les bombardements massifs, au mépris des populations civiles ont également eu raison de nombreux sceptiques, voire de pro-Maïdan. Aujourd'hui, beaucoup d'Ukrainiens de l'Est répètent en substance ceci : « nous ne nous reconnaissons plus dans cet Etat ukrainien qui nous bombarde, nous avons atteint le point de non-retour ». Vouloir réduire la volonté d'auto-détermination de certaines de ces populations à un simple « lavage de cerveau » de la propagande russe -comme on l'entend régulièrement - revient à éluder des réalités plus complexes.

La logique infernale de la guerre

La logique infernale de la guerre, où chaque camp justifie ses horreurs par celles des autres, a fait le reste. Il faudra arriver un jour à établir clairement les responsabilités de chacun dans l'escalade. Si Poutine en a certainement sa part, notamment dans l'envoi très probable de matériel et de troupes dans l'Est ukrainien (4), l'exécutif ukrainien et les diplomaties occidentales n'en sont pas exonérés pour autant. La démarche d'association de l'UE avec l'Ukraine sans concertation avec la Russie, la rhétorique souvent manichéenne et parfois belliqueuse des chancelleries occidentales et les sanctions discutables à l'égard de la Russie obligent à s'interroger. La stratégie du nouveau pouvoir en place de vouloir répondre par les armes à un soulèvement populaire, fut-il non-représentatif et soutenu par une puissance étrangère, pose également question.


Manichéisme à l'Ouest

La reprise en boucle du discours dominant par certains commentateurs - exonération faite des journalistes sur place - a également créé une polarisation extrême empêchant tout débat d'idées serein. (5)

La différence de perception d'une Ioulia Timochenko, ancienne premier ministre et figure de la révolution orange, entre l'Ukraine et la France (ou l'Allemagne) est à ce titre édifiant. Considérée comme « traître » par une grande partie des Ukrainiens (particulièrement du Maïdan) pour son deal passé avec Poutine à l'approche des élections de 2009 (le doublement du prix du gaz (6)), beaucoup la tiennent ici pour une des responsables de la crise. On est loin des portraits exaltés de certains titres français et allemands. Plus généralement, la perception du public occidental sur de nombreux aspects de cette crise tranche avec l'opinion ukrainienne, qu'elle soit pro-russe ou pro-Maïdan.

Une hostilité à l'égard de Poutine

Aujourd'hui, la réalité du terrain est complexe: il existe en Ukraine une hostilité - parfois une haine - à l'encontre de Vladimir Poutine et du système oligarchique corrompu hérité de l'URSS, auquel lui et la Russie sont désormais associés. Réduire cet élan partagé par une large partie du pays à un mouvement « fasciste », comme le fait le camp russe, est malhonnête. Les aspirations d'une autre partie du peuple ukrainien - de plus d'autonomie voire d'indépendance à l'Est - posent de vraies questions aux Etats-Nations, notamment occidentaux.

La panique provoquée par le référendum écossais en témoigne. Les balayer d'un revers de la main en taxant de « terroristes » les séparatistes et en accusant Poutine de vouloir rééditer un « Anschluss » est pourtant simpliste. Leurs revendications auraient peut-être dû être prises avec autant de sérieux que celles du Maïdan et une plus grande autonomie accordée à ces régions aurait sûrement pu éviter cette guerre. A l'approche de l'hiver et des premières vagues de froid, les séparatistes -appuyés par Moscou et son arme gazière - semblent en passe de gagner la partie.

Un compromis est encore possible

Reste aujourd'hui à trouver une sortie par le haut. Elle passera obligatoirement par une lecture apaisée du conflit, dans sa complexité. Le renoncement de l'Ukraine à l'OTAN est un premier message fort à destination de la Russie, qui se sent menacée à sa frontière dans une période de regain de tension avec les Etats-Unis (épisodes irakiens, géorgiens, libyens et syrien). Elle va dans le sens de la promesse - non respectée -, de Reagan à Gorbatchev à la chute de l'URSS, de ne pas intégrer les anciens pays satellites à l'Alliance atlantique (7). Le jusqu'au-boutisme des différentes parties a mené à une impasse politique qui a déjà coûté la vie de 2700 personnes.

La première priorité serait d'en finir avec un discours simpliste qui voudrait faire croire à l'invasion prochaine des Pays baltes et de la Pologne par Vladimir Poutine. Une solution intermédiaire, évitant la sortie du Donbass du territoire ukrainien, est encore envisageable. Elle passera par un compromis subtil, la définition d'une diplomatie occidentale ferme mais raisonnée et l'arrêt effectif des hostilités, dont les premières victimes sont, encore une fois, les populations locales.

(1) Azerbaïdjan, Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Mongolie (État observateur)
(2) State Statistic Service of Ukraine FY 2013
(3) 17 UAH ~= 1 euro,
(4) Les éléments qui accréditent l'intervention de soldats russes en Ukraine par Benoît Vitkine LE MONDE, 28 août 2014
(5) Médias français en campagne ukrainienne, LE MONDE DIPLOMATIQUE par Mathias Reymond, août 2014
(6) Exactly what is a fair price for Ukraine to pay for Russian gas? Par Ben Aris Business New Europe, 16 juin 2014
(7) Hongrie, Pologne, République tchèque (1999), Estonie, Lettonie, Lituanie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie (2004).

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Commentaires
a écrit le 29/09/2014 à 22:39 :
Il faut parler de l'agression russe en Ukraine et la ménace de l'idéologie du monde russe pour l'Europe.
Réponse de le 08/10/2014 à 14:47 :
vous avez le monde, libération, le nouvel obs et toute la soi-disant presse de "gauche" qui fait du Poutine-bashing à longueur d'articles pour ça
a écrit le 28/09/2014 à 18:51 :
les pais Baltes ont eu aussi l`heritage sovietique. si tu veux trouver le coupable regarde dans le miroire.
a écrit le 27/09/2014 à 16:47 :
Excellent article.
En dehors d'Hubert Védrine, ancien Ministre des Affaires Etrangères, dont les prises de position sont justes et mesurés, faisant appel à une solide culture du monde slave, pour le reste des médias français ou occidentaux, zéro pointé ! Suivisme américain consternant, inculture historique, approximations, mensonges....Les mensonges de Poutine sont ceux d'un enfant de choeur au regard de la propagande américaine sur ce dossier. Et le gouvernement français suit bien entendu les....américains !
Mais où est DE Gaulle ?
a écrit le 27/09/2014 à 15:33 :
Déjà méritoire.. Mais on reste quand même sur sa faim (quand on a suivi de près les développements de la crise depuis novembre 2013). Notamment sur la question, toujours aussi mal documentée, de la présence (avérée ou fantasmée ?) de soldats-combattants russes au côté des résistants du Donbass. Dans une telle hypothèse, s'y seraient-ils alors retrouvés en service commandé (pour le compte de la Russie), ou s'y seraient-ils rendus de leur plein gré (idéalistes, officiers de réserve, anciens combattants, etc.).
Réponse de le 28/09/2014 à 11:20 :
Je me permets de vous répondre sur les certains aspects que je connais. Il y a des volontaires russes nombreux, de l’ordre de quelques milliers (russes, cela veut dire les citoyens de la Russie, ethniquement il y a des russes et des ukrainiens des deux côtés du conflit). Ce sont en grande majorité de vrais volontaires, certains entre eux possèdent une expérience militaire, ce que n’est pas étonnant dans un pays où l’armée est composée des appelés et qui a eu plusieurs conflits militaires dans le passé récente. Ici je parle de mes connaissances ou de mes amis (quelques volontaires). Ce ne sont pas du tout les marginaux, il y a même un millionnaire entre eux. Une bonne part n’aime pas du tout Poutine. Concernant la présence des soldats et officiers de l’armée régulière, je ne sais pas. La présence des volontaires (vrais) de leur rang est probable. Mais en tous cas même l’OTAN parlait de la présence de 1.500 soldats russes, si on croit à l’OTAN sur paroles (ce qui n'est pas facile vu leurs annonces précédentes), c’est à peine 5% des armées des républiques de Donetsk et Lougansk, donc, sans aucun doute la base des rebelles ce sont des locaux (largement majoritaires) et les vrais volontaires. P.S. La cerise sur le gâteau : du côté des rebelles il y a au moins quelques dizaines (peut-être bien plus) des volontaires de l’UE, y compris des pays d’Ouest.
a écrit le 27/09/2014 à 0:41 :
Globalement l’article est correct et honnête, et je remercie l’auteur. Il est intéressant pourquoi si peu de journalistes ont essayés d’entrer dans les détails du conflit comme Mr. Meillassoux l’a fait. Quelques petites critiques ou remarques : 1. 2.700 morts tués c’est un chiffre largement sous-estimé. Probablement cela va être le nombre que des civils tués. Selon les sources locales le nombre des morts doit être entre 10 et 20.000 (Les estimations des politiciens des Républiques d’Est, les questions de Mr. Lyashko (Parti Radical de l’Ukraine, nationaliste) à propos de 9.000 militaires ukrainiens disparus, les paroles de Mr. Poroshenko que l’armée ukrainienne a perdu 65% des chars et des véhicules blindés, ce qui ne colle pas du tout avec le nombre des soldats morts officiellement. 2. « Le système oligarchique corrompu hérité de l’URSS… ? » Désolé, mais les oligarques, c’est le produit de la décomposition de l’URSS et l’effondrement de système socialiste. Donc, aucun héritage. 3. Le victoire des séparatistes d’Est et de la Russie ? Je ne suis pas d’accord. En réalité, la situation est vécue par une bonne part des séparatistes comme une trahison de la part de la Russie. Les combats ont été arrêtés quand ils avançaient et l'armée ukrainienne a été battue. Les frontières actuelles (par la ligne des combats) ne donnent aucune chance de survivre aux deux républiques comme indépendantes, la plupart du territoire des républiques est contrôlée par l’armée ukrainienne. 4. La guerre civile aurait pu être évitée très facilement (un peu plus d’autonomie pour les régions, mais les nouvelles autorités de l’Ukraine ont fait tout pour qu’elle a commencé. Je me demande toujours si elles étaient si stupides ou ils l’ont fait spécialement à la demande de nos amis de l’autre bout d’océane atlantique. Le comportement des certains politiciens ukrainiens a été ahurissant. Par exemple, la phrase publiée par un vice-gouverneur de la région de Dniepropetrovsk au mois de mars: « Promettez à eux (fédéralistes) tout, mais après on va les pendre ». 5. Les évènements d’Odessa ont été marqueur non seulement parce qu’il y a eu des nombreux morts, mais aussi à cause de comportement des autorités. Le gouverneur de la région a publié sur Facebook, que enfin l’ordre dans la ville est rétabli (cela veut dire plus de fédéralistes-séparatistes dans la ville). Les premières officielles listes des morts ont apparus une semaine après la tragédie. De plus les évènements de Mariupol, où les milices loyalistes ont tiré sur les gens non-armés le 9 mai, ont été aussi un marqueur. 6. Les séparatistes roulent dans la ville comme des fous à cause de tirs probables des snipers ukrainiens.
a écrit le 26/09/2014 à 18:11 :
Très bon article, mais je ne retiendrai que les faits liés à la complexité de la réalité du terrain :culture Russe au delà de la "Russophonie", exactions commises non seulement par les séparatistes mais aussi par le gouvernement de Kiev...

Maintenant je ne serai pas aussi prompt à distribuer les mauvais points à l'occident que vous n'avez l'air de le faire. Je ne trouve pas "simpliste" la lecture du conflit des chancelleries/populations occidentales. En un sigle : MH17

Poutine a bien armé et soutenu militairement les Séparatistes, et ce sont vos confrères sur la frontières qui en ont été les témoins directs. Ce qui rend donc bien coupable (au moins partiellement) M. Poutine d'avoir commis un crime contre nous, notre peuple, qui se doit de sanctionner ces ingérences qui ont couté la vie de nos ressortissants.

Et pourquoi parler de Russophobie ? C'est Poutine le problème, pas les Russes. Vous savez ? L'homme qui a fait massacrer des centaines de milliers de Tchétchènes. L'homme qui fait cesser une prise d'otage en faisant gazer tout le bâtiment. Vous savez aussi, l'homme qui aime Bachar El Assad en Syrie...
Réponse de le 26/09/2014 à 23:40 :
@Plussss : Désolé, mais 1. Concernant la Tchétchénie, ce que vous dites, c’est tout simplement faux. La deuxième guerre en Tchétchénie, qui a eu lieu sous le règne de Poutine, a été moins sanglante par rapport à la première. 2. Le grand nombre des victimes (tués ou chassés), c’est la population non-tchétchéne, victimes des nationalistes et les criminels tchétchénes (La Tchétchénie dans les années 80 – 40% de la population, avant la première guerre à 1994 un peu plus de 10%, après cette guerre un peu plus que zéro, 3. La Tchétchénie était un enclave criminel et extrémiste impressionnant même par rapport à la Russie totalement criminalisée à l’époque. 4. Concernant le MH17 il semble évident qu’il ait été abattu par les ukrainiens. Le silence assourdissant des média et le recul d’Obama le montre bien. Même en supposant que l’avion a été abattu par les rebelles, ce qui est très peu probable, il est évident que cela aurait pu se passer qu’accidentellement, parce que cela a été très désavantageux pour eux. Par contre les autorités ukrainiennes sont toujours coupables pour ne pas fermer les couloirs aériens dans la zone des combats. 5. En Syrie L’Occident avait soutenu des islamistes contre Al-Assad. Il faut avoir une vision particulière pour parler de méchant Poutine après cela, quand les évènements lui ont donné raison.
Réponse de le 27/09/2014 à 9:20 :
Tchétchénie c'est bien moins que l'Irak...quand à l'avion vous avez des preuves ? Jusqu'à présent même les hollandais ont des doutes ....et pensent plus à la culpabilité ukrainienne ....vous êtes bien gentil avec les néonazis je trouve...
a écrit le 26/09/2014 à 13:51 :
En pratique la langue russe est maintenant interdite en Ukraine de l'Ouest. Les chaines de télévision et le journaux en langue russe ne sont plus diffusés. L'ukrainien est devenue la seule langue obligatoire dans les écoles même pour ceux qui ne parlent que le russe! C'est dramatique pour mon petit-neveu qui commence son école primaire en Ukrainien alors qu'il ne parle que le Russe!
a écrit le 26/09/2014 à 13:06 :
bravo enfin un article avisé
a écrit le 26/09/2014 à 12:27 :
Enfin un article pertinent, détaillé, argumenté et qui présente parfaitement la situation dans l'est de l'Ukraine!
a écrit le 26/09/2014 à 12:12 :
la majorité silencieuse a fuit trop facile pour poutine ^^
a écrit le 26/09/2014 à 11:46 :
Légalement Ukrénien et Culturellement Russe a-t-il dit? Et quand et comment les limites ont été tracées de cette façon à créer la confusion, je pense qu'il faut revenir à l'origine
Réponse de le 26/09/2014 à 23:45 :
Pour revenir à l'origine il faut laisser à l'Ukraine à peu près 10% de son territoire et la séparer en deux. C'est une blague, mais basé sur la vérité historique. 90% du territoire de l'Ukraine actuelle, ce sont des cadeaux des rois russes ou des bolchevicks.
a écrit le 26/09/2014 à 11:43 :
Après avoir lu pour une fois un article sur l'Ukraine à la fois objectif et équilibré, il est usant de parcourir les commentaires russophobes.
Nombreux sont les lessivés du cerveau par la propagande atlantiste.
Réponse de le 26/09/2014 à 20:26 :
Exact, malheureusement...
a écrit le 26/09/2014 à 10:20 :
Il n'y a jamais eu de loi "La loi qui visait à interdire le russe dans l'ensemble des Oblasts"!! Il y a eu la loi loi déclarant l'ukrainien langue officielle!! C'est -à-dire, on remplit les papiers officiels en ukrainien mais on a le droit de parler russe, ukrainien, anglais ou n'importe quelle autre langue... Il faut que l'auteur de l'article se renseigne sur le sujet avant de poindre ses articles.
Réponse de le 26/09/2014 à 13:38 :
Au moins l'article est pertinent!
Réponse de le 26/09/2014 à 23:50 :
@Lili: Il y a eu un projet de la loi sur l'abolissement des langues régionales, dont le russe, qui est en réalité la langue principale de 75% de l'Ukraine (et 95% à l'Est de l'Ukraine). Avec telle proportion ne pas avoir un statut officiel pour la langue russe (avant 2009 elle n'a pas été même considéré comme régionale), c'est déjà une imbécilité énorme et une bombe sous le pays créé par les politiciens ukrainiens.
a écrit le 26/09/2014 à 1:53 :
Poutine a réduit les dépenses de santé et d'éducation en Russie, par contre il utilise le budget pour aider ses amis milliardaires dont Rotenberg à qui des villas en Italie ont été saisies.
Réponse de le 29/09/2014 à 17:49 :
Les 4 “Priorités Nationales” qui ont été définies par V. Poutine sont : Santé, Éducation, Logement et intégration agro-industrielle. La reprise d'une natalité positive en 2013 permet de l'attester. C'est donc assez contradictoire avec ce que vous affirmez.
a écrit le 25/09/2014 à 23:48 :
Il a pris faits et causes pour une minorité de la population du Donbass qui est pro Russes , l'autre partie de la population pour l'Ukraine a fui . On ne peut pas dire que l'avis de ce journaliste reflète ce que pense la population originaire de cette région . Disons qu'il a voulu faire plaisir aux divers contacts qui l'ont reçus.
Réponse de le 26/09/2014 à 23:55 :
Faux. La plupart de la population a fuit en Russie (pas uniquement évidemment). La majorité a voté contre l'Ukraine lors des référendums (vous pouvez les appeler bidons, mais les locaux-loyalistes ne disaient qu'ils étaient minoritaires. La raison est simple, les gens pensaient que la Russie les accepte comme la Crimée, ils n'auront rien à perdre). Indépendamment de leurs avis, les gens ont fuit de la guerre, ce qui est bien compréhensible.
a écrit le 25/09/2014 à 23:41 :
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Moscou pour une marche en faveur de la paix en Ukraine et pour protester contre le rôle imputé au Kremlin dans la guerre qui secoue l'est du pays. Une colonne de manifestants comprenant des figures de l'opposition, et dont certains arboraient des drapeaux russes et ukrainiens, a traversé les rues de la capitale sous les slogans « Non à la guerre en Ukraine » et « Stop aux mensonges de Poutine ». Il s'agit du premier rassemblement massif contre la guerre en Russie depuis le début du conflit entre séparatistes prorusses et forces loyalistes ukrainiennes dans le Donbass, il y a plus de cinq mois.La manifestation, intitulée « Marche pour la paix », a rassemblé près de 5 000 personnes dans le centre de Moscou, selon la police. L'un des organisateurs a pour sa part affirmé que des «dizaines de milliers » de personnes étaient présentes.Les organisateurs de la marche ont demandé que les autorités russes cessent leur « politique agressive et irresponsable » en Ukraine qui mène, selon eux, la Russie vers l'isolation, les troubles économiques et l'aggravation des « penchants fascistes ».
Réponse de le 27/09/2014 à 0:00 :
Oui, 5.000 personnes selon la police, plutôt 8.000-10.000, si on prend les chiffres des participants honnêtes, dans une agglomération de 25-30 mln. habitants, dont plusieurs centaines milliers des ukrainiens.
a écrit le 25/09/2014 à 23:40 :
L'invasion de Poutine a seulement fait une pause en Ukraine, il n'en restera pas là et nous le verrons prochainement. Scénario classique des invasions russes.
a écrit le 25/09/2014 à 19:32 :
Merci monsieur. Je suis étonné de lire un article qui ne soit pas débordant de haines à l'égard de la Russie et ses représentants ou sa politique. Un peu d'objectivité auparavant dans l'énoncé des faits aurait surement permis de réduire le nombre de morts dans la désastreuse campagne militaire de la présidence ukrainienne... Et sans doute dès le début de cette crise !... J'en suis heureux car vous n'avez pas toujours été aussi modéré... Mais il est tout aussi étonnant de continuer de trouver ce déferlement de haine dans les commentaires de lecteurs qui visiblement... Ne savent pas (vous) lire ! Très curieux j'avoue. Et inquiétant.
a écrit le 25/09/2014 à 18:47 :
Enfin un vrai journaliste , il ne doit pas être de gauche mais vraiment indépendant . Bravo et ne perdez pas votre âme , vous savez dans ce monde ce n'est pas facile.
a écrit le 25/09/2014 à 18:43 :
Merci pour cette analyse que je juge objective et que je désespérais lire dans un journal français!...MEDIAPART excepté.
Pourquoi ne veut on pas comprendre que l'OTAN, qui n'a plus de raison d’être , s’évertue a provoquer la Russie justement pour exister ... Les Russes devraient installer des bases militaires a Cuba , Venezuela , Bolivie...pensez vous que les Etats Uniens laisseraient faire? Alors cessez cette lapidation systématique de Poutine...ah dommage que Eltsine de soit plus là ...Voilà un dirigeant russe sur lequel les Occidentaux pouvaient compter!
L'UE a versé des milliards d'euro a la Pologne et aux Etats Baltes...La Pologne s’apprête a commander des avions de chasse aux USA....Normal... vous avez dit normal ?
Réponse de le 25/09/2014 à 23:37 :
L'OTAN a toutes les raisons d'être, c'est bien Poutine dictateur en place depuis plus de 15 ans qui a envahi la Géorgie, la Crimée, l'Ukraine. Et qui collabore avec le Vénézuela, Cuba etc. La Pologne commande des avions de chasse en fonctions de critères qui lui sont propres. Son histoire et invasions de la part de la Russie lui en donne le droit. Cà ne l'empeche pas d'avoir des échanges commerciaux majoritaires avec l'Europe.
a écrit le 25/09/2014 à 16:53 :
L'invasion va se faire en plusieurs étapes, là ce n'est qu'une pause. Marc Meillassoux devrait se référer à la stratégie de Poutine en Géorgie notamment ou lors d'autres invasions des russes. On fait un pas, on tente de se faire oublier, on refait un 2eme pas etc.
a écrit le 25/09/2014 à 16:39 :
Cette lecture de ce qui se passe en Ukraine montre plutôt un journaliste honnête homme, faisant une analyse aussi naïve que sincère. C'est bien d'entendre la vérité culturelle russe sur le Donbas et son refus de Poutine. L'agression russe de toutes sortes contre l'Ukraine depuis que Poutine est au pouvoir n'y est pas mentionnée (maintien et alimentation de la corruption, menace armée). Le problème n'est pas la culture russe du Donbas, le problème c'est Poutine et sa bande d'ex-KGB, son rêve maladif de dominer le monde. En tant que pays souverain, l'Ukraine a le droit de choisir ses alliances, la Russie n'a rien à lui dicter ni aux autres pays qui, par malheur ont été dans la sphère d'influence de l'URSS. Si vraiment Poutine soupire pour les russes du monde, il pourrait participer financièrement pour leur bonheur et pas les utiliser comme des chevaux de Troie pour fou..re la m..de dans les pays qui les accueillent, où ils sont arrivés par la bienveillance maladive de son mentor Staline. Voilà la vérité politique !
Réponse de le 25/09/2014 à 16:47 :
Bien dit en effet.
Réponse de le 26/09/2014 à 13:49 :
titi tu es dans une confusion totale as tu déjà vécu dans les pays du tiers monde? Tu penses que ton pays et ton gouvernement, ne font pas la même chose que Poutine? C'est plutôt toi qui fait preuve de naïveté.
Réponse de le 29/09/2014 à 17:54 :
Pure propagande.
Si vous reconnaissez à l'Ukraine le droit de choisir ses alliances, pourquoi déniez-vous à La Novorussie son droit à l'indépendance ? Si 20 % de la population Ukrainienne ne veut pas rallier l'UE, pourquoi la forcer ? Est-ce cela la démocratie ?
Je préfère une dictature qui avance ouverte à cette dictature qui se prétend démocrate et qui avance masquée pour servir les intérêts des banques et des multinationales américaine !
a écrit le 25/09/2014 à 16:21 :
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Moscou pour une marche en faveur de la paix en Ukraine et pour protester contre le rôle imputé au Kremlin dans la guerre qui secoue l'est du pays. Une colonne de manifestants comprenant des figures de l'opposition, et dont certains arboraient des drapeaux russes et ukrainiens, a traversé les rues de la capitale sous les slogans « Non à la guerre en Ukraine » et « Stop aux mensonges de Poutine ». Il s'agit du premier rassemblement massif contre la guerre en Russie depuis le début du conflit entre séparatistes prorusses et forces loyalistes ukrainiennes dans le Donbass, il y a plus de cinq mois.La manifestation, intitulée « Marche pour la paix », a rassemblé près de 5 000 personnes dans le centre de Moscou, selon la police. L'un des organisateurs a pour sa part affirmé que des «dizaines de milliers » de personnes étaient présentes.Les organisateurs de la marche ont demandé que les autorités russes cessent leur « politique agressive et irresponsable » en Ukraine qui mène, selon eux, la Russie vers l'isolation, les troubles économiques et l'aggravation des « penchants fascistes ».
Réponse de le 25/09/2014 à 16:34 :
ils étaient en vérité, menés par un agitateur Boris Nemtsov connu anti Poutine et très ami des oligarches que le président russe a viré de Russie pour activité mafieuse.
Cela rappelle les ridicules troubles organisés à Moscou par Kasparov, un autre anti Poutine qui n'a que 2% de vote en Russie !
Réponse de le 25/09/2014 à 16:45 :
5000 c'est le chiffre de la police russe pro-Poutine donc plus de 10.000, moyenne entre les chiffres des organisateurs et la police doit être plus réaliste. Dans les vidéos çà fait beaucoup de monde et n'a rien de ridicule. Normal d'ailleurs que ce soit limité vue l'appartenance des médias au pouvoir et à la propagande. La Russie avec Poutine élu avec des mandats renouvelables en alternance avec Medvedev n'est pas une démocratie.
Réponse de le 25/09/2014 à 16:47 :
5000 c'est le chiffre de la police russe pro-Poutine donc plus de 10.000, moyenne entre les chiffres des organisateurs et la police doit être plus réaliste. Dans les vidéos çà fait beaucoup de monde. Normal d'ailleurs que ce soit limité vue l'appartenance des médias au pouvoir et à la propagande. La Russie avec Poutine élu avec des mandats renouvelables en alternance avec Medvedev n'est pas une démocratie.
a écrit le 25/09/2014 à 16:10 :
Si Poutine n'avait pas envahit la Crimée, après la Géorgie, ni envoyé ses milices et militaires en Ukraine, il n'aurait pas mis le feu à l'Est de l'Ukraine avec un tel bilan de morts. Une solution diplomatique globale était bien plus durable mais ce n'était pas son but et l'invasion n'est certainement pas terminée car il n'a pas fait tout çà pour un petit morceau d'Ukraine. Donc à suivre dans les prochains mois.
Réponse de le 25/09/2014 à 16:30 :
Ce n'est pas Mr Poutine qui a commis un coup d’état à Kiev ni envoyé l'armée néo nazi de Maidan tuer 3000 russophones et déplacer 700000 vers la Russie.
Il est clair aujourd’hui que les oligarches comme Khodorkovski que Mr Poutine a viré de Russie, réfugiés en Suisse, ainsi que ceux d'Ukraine veulent le pouvoir à Moscou avec la bénédiction de Wallstreet.
Réponse de le 25/09/2014 à 16:42 :
Faux c'est l'invasion de Poutine en Crimée et l'envoi de milices et militaires à l'Est de l'Ukraine sous la houlette des russes Strelkov et Borodaï qui ont déclenché ces insurrections donc l'intervention de l'armée ukrainienne, ne renversez pas la réalité.
a écrit le 25/09/2014 à 15:50 :
Moscou - L'ancienne championne olympique de gymnastique rythmique et député Alina Kabaeva, 31 ans, maîtresse de Vladimir Poutine, va diriger un important groupe médiatique propouvoir, a annoncé mardi le holding. "Alina a accepté de prendre le poste de président du conseil d'administration" du Groupe médiatique national (NMG), a dit à l'AFP la porte-parole du groupe, Oksana Razoumova. Député du parti du Kremlin Russie Unie, Alina Kabaeva dirigeait depuis 2008 le conseil de surveillance de NMG, groupe fondé en 2008 notamment par un proche de Vladimir Poutine, Iouri Kovaltchouk. Cet empire médiatique comprend les chaînes REN-TV et Piaty Kanal, les quotidiens populaires Izvestia, Tvoï Den, ainsi que la radio Rousskaïa Sloujba Novosteï. NMG possède également le paquet de contrôle des actions de la principale chaîne Pervy Kanal et du studio Art Pictures dirigé par le cinéaste Fiodor Bondartchouk. Le cofondateur de NMG, M. Kovaltchouk, également président de la banque Rossiya, fait l'objet de sanctions prises par les Etats-Unis et les Européens après l'annexion de la Crimée et en raison de la crise en Ukraine.
Réponse de le 27/09/2014 à 13:16 :
Bof on est loin de Sarko et son fils à l' EPAD...
a écrit le 25/09/2014 à 15:46 :
Dans Appels sur l’actualité, notre correspondante explique comment la propagande russe a géré les révélations à l’opinion publique - à la fois par leurs proches et par la télévision - de la présence de soldats russes en Ukraine … Selon la présidente du Comités des mères de soldats russes, Valentina Melnikova, citée le 28 août par la chaîne TV Rain, près de 15 000 soldats russes combattent auprès des séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine. La Russie a toujours démenti les affirmations de Kiev et des Occidentaux en la matière. Mais Kiev et Washington ont accusé, une nouvelle fois, jeudi dernier, la Russie d’intervenir directement dans cette région où les combats n’ont pas complètement stoppé malgré le cessez-le-feu. Plusieurs médias indépendants russes ont fait état de funérailles tenues secrètes de deux parachutistes dans le Nord de la Russie, qui selon des proches auraient été tués en Ukraine - où officiellement la Russie n’a pas déployé de troupes.Les mères de soldats russes avaient manifesté pour dénoncer la mort de leurs fils en Ukraine. Et la télévision russe a aussi diffusé un reportage sur un soldat russe mort en Ukraine. Quel peut être l’influence de ces révélations auprès de l’opinion publique russe ? Effectivement, les femmes et les épouses de soldats russes ont manifesté le 28 août dernier dans la ville de Kostroma, près de Moscou. On venait d’apprendre que 9 parachutistes russes du 331è régiment de Kostroma étaient détenus en Ukraine, faits prisonniers après avoir franchi la frontière. Kiev les avait montrés à la télé. Et pour la première fois, Moscou était bien obligé d’admettre la présence de soldats russes sur le territoire ukrainien. Mais le ministre de la Défense et, plus tard, le président Poutine ont affirmé qu’ils s’étaient perdus pendant des manœuvres… Les familles ont alors appris que plusieurs de leurs camarades avaient été tués et que d’autres, blessés, étaient soignés à Rostov sur le Don. A partir de là, des langues se sont déliées. Des familles ont fait savoir à la presse qu’elles étaient sans nouvelle de leur maris ou fils, soldats dans l’armée russe. Elles ont aussi appris que des paras avaient été inhumés dans plusieurs cimetières militaires, notamment le 25 août à Vybouty, près de Pskov, au nord de la Russie. Certaines familles avaient reçu des messages de leurs fils disant qu’ils étaient en Ukraine. Les Comités des mères de soldats, notamment celui de Moscou avec à sa tête Valentina Melnikova, se sont donc adressés aux autorités pour avoir des nouvelles des soldats disparus.Ces tombes pourraient être celles de deux parachutistes russes tués la semaine précédente en Ukraine. Cimetière de Vybuty dans la région de Pskov où se trouve une base militaire. 27 août 2014. La présidente du Comité de Saint-Pétersbourg, Ella Poliakova, membre aussi du Conseil pour le développement de la société civile et des droits de l’homme auprès du Président, a demandé une enquête à propos de 9 engagés dans l’infanterie originaire du Daguestan, officiellement morts en manœuvre début août dans la région de Rostov.
Oui. Avec le soutien d’un autre membre de ce Conseil, Serguei Krivienkov, elle s’est adressée directement au « comité d’enquête », l’organe chargé des affaires sensibles. Pour ces comités, 10 000 à 15 000 soldats russes ont été envoyés en Ukraine, en général contre leur gré. C'est-à-dire que leur contrat n’indique pas qu’ils doivent aller combattre à l’étranger. Au dernier moment, on leur demande de mettre des tenues de camouflage sans signe distinctif, et ils découvrent qu’ils sont en Ukraine quand ils se font tirer dessus. Certains y seraient allés pour de l’argent, comme les Daguestanais, qui auraient touché 220 000 roubles soit 4 000 euros. La chaine câblée « TV Rain », indépendante, a ouvert une page internet qui s’appelle « Nos soldats » où les gens peuvent envoyer des informations concernant les soldats morts ou disparus. Quelle ont été les réactions des autorités ? La première réaction a été la menace de la part d’individus non identifiés mais dont on peut supposer qu’ils sont proches du pouvoir. Ainsi, les journalistes qui se sont rendus au cimetière de Vybouty ont été agressés et menacés. On leur a fait comprendre qu’ils avaient intérêt à ne pas se mêler de cette affaire. Même chose pour ceux qui ont voulu enquêter à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg et Rostov, où d’après les Comités de mères de soldats, il y a de nombreux soldats blessés. Et un député du parti Iabloko, d’opposition, Lev Chlosberg, qui menait une enquête indépendante sur les paras inhumés à Vybouty, a été agressé fin août par des inconnus qui ne lui ont rien volé et qui n’ont pas dit un mot. Il a été frappé par derrière et laissé inconscient à terre. Il pense que c’est à cause de ses recherches. Et puis, le Comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg a été déclaré par le ministère de la Justice « agent de l’étranger », ce qui est une appellation très infamante en Russie, qui jette la suspicion. Sont ainsi nommés toutes les organisations qui touchent de l’argent non russe, même si la somme est insignifiante. La plupart des ONG ont été rangées dans cette catégorie par les autorités russes, et ces associations doivent ensuite entreprendre des procédures juridiques longues pour en sortir. Donc, les familles ont compris le message, et elles sont finalement peu nombreuses à se plaindre. De plus, elles ont bien besoin de la pension qu’elles vont toucher, même si cette pension va correspondre à un décès en manœuvre, et pas à une pension pour décès sur un champ de bataille.Devant la base de Kostroma, Ludmila Hohlova, présidente du conseil du Comité des mères de soldats, est venue réclamer la vérité sur le rôle des leurs dans le conflit avec l’Ukraine. Y a-t-il eu des réactions dans les médias ? La deuxième réaction a été un retournement de l’opinion, ou plutôt un contrôle de l’opinion par les télés proches du pouvoir. Ainsi, le 28 août, la télé d’info en continu « Rossya 24 » a diffusé une interview du chef séparatiste Alexandre Zarkatchenko, qui justifie la présence de soldats russes dans leurs rangs. Il explique que ce sont des militaires en congés qui, volontairement, au lieu d’aller à la plage, sont venus aider leurs frères en Ukraine. Ils sont 3 000 à 4 000, dit-il, et il y a eu des morts. Il ajoute que, sans leur aide, cela aurait été beaucoup plus difficile pour les séparatistes. C’est étonnant car, d’après le règlement, un soldat au repos doit laisser ses armes à la caserne et n’a pas le droit d’aller à l’étranger. Puis, le 4 septembre, la première chaîne de télé, la plus populaire, a diffusé un reportage sur l’enterrement d’un parachutiste, Anatoly Travkine, âgé de 28 ans, parti combattre en Ukraine un mois plus tôt. Le commentaire explique qu’il n’a fait part de sa décision ni à sa famille ni au commandement militaire. Il a pris ses congés et il est parti sur le front. Le même jour, un autre reportage a été consacré à une cérémonie en hommage au soldat Serguei Jdanovitch, un vétéran d’Afghanistan, mort en mai dernier lors des combats autour de l’aéroport de Donetsk. La cérémonie a eu lieu dans la ville où il habitait. C’est en mai, après les combats pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk, que des journalistes, y compris ceux de l’agence de presse Interfax, ont pour la première fois évoqué le retour en Russie de soldats morts en Ukraine. Et que se passe-t-il maintenant ? Jeudi dernier encore, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a redit qu’il n’y a pas, qu’il n’y a pas eu et qu’il n’y aura pas de militaires russes en Ukraine. Il n’y a que des volontaires, portés par un élan irrésistible d’aider leurs frères en détresse. Voilà comment l’opinion publique est contrôlée. L’Etat et les médias qui lui sont proches jouent sur la fibre patriotique et sur la fraternité entre russophones. Les médias ne cessent d’expliquer que les russophones d’Ukraine sont opprimés et que le devoir des Russes est de les aider. C’est une propagande incessante. Pour l’opinion publique, la solidarité entre russophones est donc souhaitables et approuvée, y compris par un soutien militaire, tant qu’il ne s’agit pas d’entrer en guerre. Et bien sur, officiellement, la Russie n’est absolument pas en guerre. Donc, pour la majorité des citoyens russes, les militaires russes qui sont allés en Ukraine s’y sont rendus de leur plein gré, sans l’accord des autorités russes, et ils ont ainsi fait preuve d’un esprit de fraternité avec des russophones opprimés. Il n’y a guère de doute là-dessus dans l’opinion publique. C’est ainsi qu’est perçue la guerre en Ukraine. Cette affaire peut-elle avoir un lien avec le cessez-le-feu qui a été proposé par Vladimir Poutine ? Les deux parties avaient beaucoup de raisons pour déclarer ce cessez-le-feu. Mais pour Moscou, il a permis, effectivement, entre autres, de faire sortir ses soldats et d’éteindre ce début de polémique. Récemment, le président ukrainien Porochenko a estimé que 70 % des soldats russes avaient quitté le territoire et qu’il n’en restait plus que 1 000 en Ukraine. D’après les familles, effectivement, de nombreux soldats sont rentrés, et un certain nombre auraient envoyé des lettres de démission de l’armée. En fonction de ce qui va se passer sur le terrain, la Russie définira sa stratégie. Mais pour l’opinion publique, on peut dire que l’affaire a été étouffée assez rapidement grâce au cessez-le-feu, et gérée habilement par les autorités qui ne veulent pas commettre la même erreur que lors de la guerre de Tchétchénie où le retour des cercueils avait traumatisé l’opinion.
Réponse de le 29/09/2014 à 18:06 :
Les associations de mères de soldats sont financées par la CIA. Il n'y a donc rien de sérieux à attendre de ces associations.
Les photos de soi-disant soldats russes enterrés sont des photos détournées. Il s'agit de soldats de la seconde guerre mondiale découverts et ré-enterrés avec les honneurs. Comme si on nous accusait de masquer l'enterrement de nos soldats morts au Mali en détournant des photos de cérémonies concernant les restes de Poilus de la guerre de 14 !
a écrit le 25/09/2014 à 15:37 :
En 1848, Fiodor Tiouttchev, célèbre poète russe, écrit un article intitulé « La Russie et la Révolution ». Il y affirme que la Russie reste la seule puissance en Europe capable d'arrêter l'élan révolutionnaire et particulièrement celui de la France. Or Tiouttchev a eu tort : l'héritage de la Révolution française, c'est-à-dire l'Europe démocratique, n'a cessé de s'élargir depuis. L'Allemagne de 1945, l'Espagne, le Portugal et la Grèce de la fin des années 1970, l'Europe centrale et orientale de 1989 se sont tous progressivement intégrés à la communauté des nations qui se sont édifiées sur l'idée de la dignité humaine. L'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie prennent le même chemin aujourd'hui. Ces pays représentent maintenant le front avancé contre l'autoritarisme de la Russie néo-impériale, cette réplique anachronique de la Russie de 1848 ou de l'URSS de 1968.
a écrit le 25/09/2014 à 15:36 :
Mikhaïl Khodorkovski a lancé un nouveau mouvement, Russie Ouverte, qui ambitionne de fonctionner en réseau, sans véritable centre névralgique, pour regrouper dans toute la Russie les partisans d'une voie de développement européenne. Cette voie suppose la promotion d'un Etat de droit et d'un renouvellement régulier du pouvoir par le truchement d'élections. Russie Ouverte avait existé au début des années 2000 sous forme de fondation, venant en soutien financier d'organisations non gouvernementales. Cette fois, Mikhaïl Khodorkovski envisage d'apporter un soutien à certains candidats aux élections législatives, sans constituer de listes propres. Le « centre technique » de Russie Ouverte se trouvera à Prague.
Réponse de le 26/09/2014 à 12:38 :
Comment Khodorkovski peut-il être crédible alors qu'il est un de ceux qui a le plus volé le peuple russe! Comment pensez-vous qu'il s'est autant enrichi en si peu de temps????
Réponse de le 26/09/2014 à 23:19 :
@ Bonne initiative… : Mr. Khodorkovsky fait partie des oligarques qui ont pillé la Russie dans les années 90. Son soutien ouvert à un candidat jouera un rôle négatif. Les gens en Russie se rappellent encore qui est M. Khodorkovsky.
a écrit le 25/09/2014 à 15:23 :
Un compromis est encore possible en Ukraine…ou comment se réconcilier avec son bourreau ?
Comment une décision aussi insensée a t elle pu être prise de la part d’un président démocrate: bombarder son peuple !
Imaginez un seul instant Cameron lançant ses troupes et la RAF sur l’Ecosse ! Ou Madrid bombardant Barcelone !
Dès que l’on examine les dirigeants aux manoeuvres et leurs commanditaires, on ne peut que constater que les méthodes old school des boys n’ont pas pris une ride, et si ce n’était qu’en Ukraine.
La démocratie, si tentée qu’elle existe dans les faits, était sensée nous apporter paix et prospérité.
A voir les conflits en cours, j’ai comme l’impression que la plus part des démocraties sont en guerre ! Rien que la France combien d’interventions militaires ?
Je suis persuadé que le terrorisme est devenu une méthode marketing. Quoi de mieux pour vendre des armes de destruction massive ouaiii, des systèmes de défense de énième génération, très bon pour la balance commerciale sans parler des commissions; et puis cela force aussi les coalisions, les investissements, et dispense de respecter les lois.
Si le 11 septembre n’avait pas eu lieu, il aurait fallu l’inventer ! Franchement cela justifie toutes les ingérences et exacerbe les complicités.
Il fût un temps où les va t en guerre sonnaient la charge devant, aujourd’hui ils sont dans l’ombre la plus totale et s’ingénient à monter des traquenards pour que les frères s’entretuent ! Et les médias d’en faire leur gagne pain plutôt que mettre le projecteur sur les monstres. Remarquez à leurs places je ne sais pas si j’en aurais assez dans le pantalon...
a écrit le 25/09/2014 à 14:49 :
Bon article. Par contre comment en vouloir aux polonais et autres pays balte d avoir integre l OTAN ? Vu leur histoire, ils avaient tout a craindre de la russie et etaient demandeur d une assurance vie qu eseul les USA pouvait leur accorder. Et l ex Ukainien leur a montre qu ils avaient eu raison. L ukraine etant hors OTAN, les russes ont pu intervenir sans probleme et ecraser l armee ukrainienne sans que personne ne bouge.
Réponse de le 25/09/2014 à 15:00 :
C est sur, mais s ils rentrent dans l EU d ici 6 ans avec le PSDC et si Poutine est toujours aux commandes cela va vite devenir Rock and Roll pour nous
a écrit le 25/09/2014 à 14:47 :
Bel article.
Où étiez-vous quand il n'était pas trop tard pour que l'ignorance ou la mauvaise foi ne fasse basculer l'opinion publique occidentale sur une lecture simpliste de cette crise ?
Le rôle de la presse est d'informer, son premier devoir est donc de prendre le temps de comprendre les événements; or nous avons eu trop souvent affaire à des copier/coller de dépêches AFP.
a écrit le 25/09/2014 à 14:26 :
Pour une fois un article sur l'UKraine réaliste loin de la propagande américano polonaise ou germano baltique! Les choses ne sont pas si simples en Ukraine n'en déplaise aux eurobéats anglo saxons.
a écrit le 25/09/2014 à 14:14 :
Tiens un journaliste qui donne des sources et qui détail les faits a la façon du vrai journalisme professionnel du 20 siècle, je pensais pas que ça existait encore au 21e.
Réponse de le 29/09/2014 à 18:07 :
Tout n'est pas perdu. Il faut garder espoir.

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