Les maires doivent-ils encore croire en leurs centres-villes ?

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Entre fuite des consommateurs attirés par la grande distribution en périphérie et grogne des commerçants contre tout changement, les centres-villes vont mal. Mais des solutions existent. A condition de jouer la montée en gamme, incontournable. par Franck Gintrand, Directeur général de Global conseil corporate

La crise des centres-villes ne fait plus de doute. C'est le nouveau marronnier de la presse quotidienne régionale, voire des médias nationaux. Le JT de 13h de TF1 du 9 septembre 2014 y consacre même quelques minutes. « A bout de souffle », « dévasté », « crise », « moral en berne », « désertification»... Le champ lexical utilisé par la presse est alarmiste et le désarroi des maires semble total. Les élus sont-ils impuissants pour autant ? Sont-ils contraints à observer, passifs, les rues se vider, les commerces mettre la clé sous la porte, et leur ville se paupériser ? La tendance est incontestablement mauvaise. Mais les maires et présidents d'intercommunalité ont plus de cartes en main qu'ils ne l'imaginent.

On comprend que les maires puissent douter

C'est vrai que les commerçants ne facilitent pas la tâche des élus. Un tramway ou un arrêt de bus, des rénovations, l'aménagement d'une voie piétonne, l'ouverture d'un centre commercial au cœur de la ville... ces opérations d'urbanisme se heurtent à une opposition d'autant plus déterminée de la part des commerçants qu'ils ont le sentiment d'être placé devant le fait accompli. Les maires, qui ont fini par le comprendre, et pas seulement à droite,  jouent désormais la carte de la concertation.

C'est vrai aussi que les politiques menées n'ont pas toujours rencontré le succès escompté. Face à un problème structurel devenu difficile à enrayer, les centres-villes ne sont pas aidés comme l'ont été les banlieues. Aujourd'hui, les politiques cosmétiques montrent leurs limites. A moins d'opter pour une résignation qui ne dit pas son nom ou se limiter à ralentir le déclin, il ne suffit plus d'organiser des animations pour espérer redynamiser un centre-ville. Chacun sait qu'une fois la fête terminée, la réalité n'aura en rien changé.

Les zones franches ont fait du mal

C'est vrai également que les zones franches ont parfois fait beaucoup de mal. Dans certaines villes, le recours à cette possibilité ont créé un véritable effet d'aubaine. Des professions libérales sont parties du centre pour s'installer en zone franche. Le quotidien l'Aisne Nouvelle s'en faisait l'écho en 2013 : la zone franche de la ville de Saint-Quentin, 56 000 habitants « aurait participé à la désertification du centre-ville ».

C'est vrai, surtout, qu'il est plus facile de faire de l'urbanisme commercial en périphérie et qu'en ces temps de crise, les élus, à travers les Commissions Départementales de l'Aménagement Commercial, hésitent à deux fois avant de refuser de nouvelles implantations commerciales en périphérie. Avec plus de 85% d'autorisations en 2013, ces CDAC sont d'ailleurs devenues de véritables « machines à dire oui ».

 Mais les maires ont des cartes en main

Les élus locaux disposent d'abord d'outils d'aménagement urbain efficaces dont la « Zone d'Aménagement Concerté » qui leur permet de rénover et de réaménager en profondeur toutes les composantes d'un quartiers (logements, bureaux, commerces, patrimoine, équipements structurants...). Introduit par la loi d'orientation foncière du 30 décembre 1967, ce type d'opération représente un chantier de longue haleine et des contraintes lourdes. Mais c'est souvent la seule solution qui offre des garanties importantes : impact économique fort, cohérence et mixité des fonctions, partenariats avec le privé pour financer des équipements publics. Un exemple parmi beaucoup d'autres : c'est en recourant à une ZAC, Boulogne-Billancourt a créé un véritable cœur de ville autour d'un nouveau lieu d'animation urbaine, commerciale et culturelle. Aujourd'hui, le cinéma Pathé fait salle comble et l'espace commercial « Les Passages de l'Hôtel de Ville » a obtenu de nombreux prix.

Faciliter la circulation et le stationnement

Parallèlement à une politique d'urbanisme cohérente, les élus ont la possibilité de faciliter la circulation et le stationnement. Lorsqu'on interroge les commerçants ou les riverains sur l'accessibilité du centre-ville, la réponse est souvent la même. Les places de stationnement sont trop rares, trop chères, ou les deux à la fois. Dans les villes moyennes - de 20 000 à 100 000 habitants- où 70% des déplacements se font en voitures, les consommateurs choisissent alors la solution la plus simple : ils font leurs courses en périphérie. Suite aux élections de 2014, des de villes moyennes ont commencé à tendre la main aux automobilistes. A Roubaix, les voitures ont fait leur retour sur la Grand'Place. A Angers, le stationnement gratuit a été introduit. L'avenir dira si ces expériences sont concluantes mais elles reposent aujourd'hui sur la conviction que la politique des grandes villes en faveur des piétons et des vélos n'est pas toujours applicable telle qu'elle aux plus petites communes.

Offrir un environnement valorisant aux enseignes qui cherchent une image prestigieuse

Autre atout important : les centres-villes offrent plus de fonctionnalités que les zones commerciales. C'est même le seul lieu où patrimoine, culture, services administratifs... s'ajoutent à l'offre de commerces existante. Certaines enseignes misent d'ailleurs fortement sur les centres-villes, aux loyers plus coûteux, certes, mais à l'image plus prestigieuse que les zones périphériques dédiées à la consommation de masse. C'est le cas des moyennes surfaces, grands magasins ou supermarchés, qui jouent la carte de la proximité et d'une offre moyen/haut de gamme. Les centres-villes ont besoin de ces locomotives commerciales pour renforcer leur image et rassurer les commerçants indépendants. Encore faut-il que les élus leur offre un environnement valorisant et des locaux adaptés, les convainquent de venir et d'y rester. Un lobbying inversé, en quelque sorte, avec le premier magistrat au cœur du dispositif. Et ce n'est pas quand tout va mal que ce travail de fond doit être entamé...

L'incontournable montée en gamme

De façon générale, les centres-villes n'ont pas d'autre choix que de monter en gamme. Mais cet objectif peut et doit prendre des formes différentes en fonction du capital d'attractivité de chaque commune. Trop de villes moyennes ont péché par excès d'orgueil ou de confiance en elles. A vouloir imiter les grandes agglomérations dans leur politique de circulation et de stationnement, elles ont multiplié les contraintes des automobilistes et surestimé leur motivation à venir coûte que coûte en centre-ville. Cette évidence ne remet pas en cause une tendance de fond sur la plus grande place à réserver au piéton mais elle conduit à privilégier aujourd'hui l'essentiel : le renforcement du cadre de vie et de l'offre commerçante.

Franck Gintrand, Directeur général de Global conseil corporate

Lefildelopinion.com

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a écrit le 05/12/2014 à 1:34 :
L'exemple de Rennes est flagrant. Une ville dynamique en plein essor (métro, bus, étudiants, tertiaire, nouveaux habitants et quartiers) et pourtant, elle a un centre-ville qui ronronne : la patrimoine est ignoré, les façades sont grises et les commerçants indépendants sont à la peine. Ils y a bien des franchises sans vie (Brioche Dorée et consort), mais surtout aucune locomotive internationale (ni Nespresso, ni Starbucks, ni Apple Store, ni Primark, ni Uniqlo, ni Hema, etc.). Pire, le centre devient une ZAC avec Easy Cash ou Tati qui s'implantent dans des locaux de prestige dans un secteur inaccessible en voiture, ou va t-on ???

La banlieue elle est se porte à merveille avec un Alma flambant neuf, un nouveau centre à Pacé en 2018 et des galeries rénovées un peu partout pendant que Colombia et 3 soleils n'ont pas bougé depuis 1980 !!!!
Réponse de le 20/04/2015 à 21:40 :
Complètement d'accord, le centre de Rennes se paupérise, hormis les étudiants et les bars, aucune nouvelles grandes enseignes, des espaces publics sales et tristes ne correspondant plus aux attentes des visiteurs et une périphérie qui n'arrête pas de s'agrandir...
a écrit le 02/10/2014 à 12:05 :
Mais dans quel monde vit l’auteur ? Il n’a pas du consulter les nombreuses études sur le sujet. La raison des problèmes des centre-ville a déjà bien été étudiée et est connue : le développement des zones commerciales et des hypermarchés en périphéries, ainsi que l’incitation à l’utilisation de l’automobile ont été les fossoyeurs des centre-villes.

Le problème n’est donc pas le stationnement. Bien au contraire. Qui a envie de flâner au milieu des voitures et de la circulation ? Berk ! Autant se rendre en zone commerciale, où là, au moins, nous pouvons marcher tranquille sans respirer la pollution et sans risque de se faire écraser.
Par contre, il est évident que le centre doit être très bien desservi en transports en commun, à vélo, et bien entendu, aux piétons.

Second point : la pauvreté ou médiocrité de l’offre, ou des prix inadaptés. Pour donner envie au chaland, il faut une offre complète, de qualité, et à un prix honnête.

Si à cela, on ajoute de beaux aménagements tels des espaces verts, nombre de zones réservées au piétons et cycles, bonne desserte, alors tout ira bien mieux.
La voiture n’est pas la solution. C’est le problème.
a écrit le 02/10/2014 à 11:09 :
J'habite dans Paris intra muros, les petits commerces sont loin de disparaitre bien au contraire...
a écrit le 30/09/2014 à 20:57 :
quand les maires des grandes villes auront compris qu'ils sont en train de détruire le

réseau social à force de favoriser ce qui n'a pas lieu d'être,de ne penser qu'à leur

réélection On voudrait avoir des gens qui savent ce qu'ils produisent MARRE DES

SUPER,HYPER MARCHES .Les centres ville se vident inéxorablement de tout ce qui

fait qu'une ville VIVE
a écrit le 30/09/2014 à 18:07 :
Les "consommateurs" en voiture ne sont pas ceux qui font vivre les centres-ville, loin s'en faut : ils achètent plus en une fois, mais moins souvent, et dans moins de boutiques différentes. Leur construire un pont d'or pour l'accès au centre-ville n'est pas la solution. Réveillez-vous, nous sommes en 2014.
Réponse de le 02/10/2014 à 11:08 :
C'est a vous de vous reveillez de votre idéologie.. Les faits sont Féroces. Depuis que les villes installent des tramway, et reduise la possibilité des voitures, les comercants du centre ville coulent et l'activité aussi.. Mais c'est pas grave, continuez mon cher la caravane passe...
Réponse de le 02/10/2014 à 23:09 :
Vous êtes sûr ? A Bordeaux, c'est au contraire le tramway qui a revivifié le centre ville. C'est un moyen de transport utilisé par tous et bien plus agréable que les files de voitures.
a écrit le 30/09/2014 à 17:53 :
On croit rêver avec cet article complètement hors de son temps.
Vous bossez pour quel lobby??
a écrit le 30/09/2014 à 17:44 :
On l'ignore souvent, mais il s'agit là d'un problème franco-français. Ceux qui ont été une fois en Allemagne le savent : Les centres-ville y sont grouillant de monde, vivants, animés, rénovés, l'offre commerciale y est énorme et tout le monde y va. La différence ?... Eux n'ont pas nos "hypers" en banlieue. Tout est là, ce sont eux les vrais responsables.
Réponse de le 30/09/2014 à 22:12 :
Tout est dit !!! Sauf qu'en plus les enveloppes circulent aisément n'est ce pas ...
a écrit le 30/09/2014 à 15:18 :
et de goût. Les citadins (et les touristes) préfèrent les commerces de type centre-ville tandis que les banlieusards préfèrent les commerces de type banlieue. Vouloir forcer les uns à aller chez les autres relève de la gageure. Si nous raisonnons en terme de marketing, il y a plus de similitudes entre un habitant de Paris et un habitant du centre de Bordeaux, Lille ou Marseille, qu'avec un habitant de Meudon ou de Clichy.
a écrit le 30/09/2014 à 15:11 :
Autre outil à disposition des Maires : créer un management de centre-ville qui associe les acteurs privés et publics développer le centre-ville et avoir une vision commune. Il en existe de nombreux exemples qui ont obtenu des résultats. Cf. Destination Gratte-ciel à Villeurbanne.
a écrit le 30/09/2014 à 14:27 :
est vraiment abusif. Beaucoup de gens de ma famille qui vivent en province ne vont jamais en centre-ville parce qu'ils n'y voient aucun intérêt. Point. La grande surface leur suffit et ce n'est pas un problème de stationnement. Mes arguments sur la qualité supérieure des produits vendus en centre-ville n'ont jamais eu aucun effet sur eux. Aller au restaurant ? Pour quoi faire ? Aller au marché ? Pour quoi faire ? C'est cela aussi la réalité de la France provinciale. Bien sûr il est de bon ton en France de dénigrer les bobos ou soit-disant bobos, qui mangent des produits frais, qui vont au marché, qui cuisinent, honte sur eux, mais la réalité aujourd'hui, c'est que sans ces maudits bobos 90% des petits commerces auraient disparu depuis longtemps.
a écrit le 30/09/2014 à 14:17 :
Stationnement hors de prix, produits en boutiques hors de prix, essence piur s'y rendre hors de prix, contrôles radar sur la route pour s'y rendre....... il faut vraiment avoir la foi pour aller dans un centre ville!!! Moi, je préfère mon commerce ouvert 7/7 et 24/24, internet, et vive les economies......
Réponse de le 30/09/2014 à 14:37 :
mais c'est exactement ca.. Avec des commercant pas agréable avec la clientèle. En plus, On ne veut plus de voiture en ville, on met un tramway, et vous le prenez une fois.. Face aux inciviltés dans le tram et en ville.. ( evidement, il faut tolerer les pauvres jeunes qui s'ennuient). Et bien mon choix est fait.. Amazon est mon ami. et tant pis pour le centre ville...
a écrit le 30/09/2014 à 14:05 :
Les villes ont suivi des stratégies différentes, avec des décalages importants dans le temps et on a l'impression que c'est partout plus ou moins la même dévitalisation et la même banalisation. Dans certaines villes moyennes ou petites, le tout piéton est une erreur, mais sauf à raser des pâtés de maisons, il y a peu de places de stationnement. Une remarque de client : dans ma ville, l'offre de centre-ville est partielle et chère. La quincaillerie a fermé et la mercerie cherche un repreneur.
a écrit le 30/09/2014 à 13:37 :
moins de voiture pour un vrai accès aux commerces en toute tranquilité
et
une baisse des loyers commerciaux afin de pérenniser l'existant
a écrit le 30/09/2014 à 13:23 :
"A Roubaix, les voitures ont fait leur retour sur la Grand'Place"

Non, c'est même l'inverse. Le parking de la Grand'Place autrefois gratuit le samedi est devenu payant et il en est de même pour tout le centre ville. Mais cet exemple illustre bien les propos de l'auteur. Le parking est désormais vide le samedi et il n'y a plus grand monde sur la Grand'place.

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