Pour un rôle constructif de l'Etat dans le développement du numérique

 |   |  565  mots
(Crédits : DR)
L'Etat pourrait, très concrètement encourager le développement du numérique, en soutenant un acteur privé dans son acquisition d'une masse critique de données. Via la mise à disposition de contenus culturels et applications liées au secteur public. par Nicolas Glady est titulaire de la Chaire Accenture Strategic Business Analytics.

Pour un rôle constructif de l'Etat dans le développement du numérique
Les grands succès récents de l'économie numérique ont en commun une caractéristique, ils agissent en tant que plateforme au centre d'un écosystème. Google, Apple, Facebook, et Amazon permettent de réunir développeurs d'Apps ou de contenus d'un coté, et utilisateurs de l'autre. Les GAFA sont fondamentalement des architectures techniques permettant l'échange entre acteurs : des plateformes.
Les avantages de ce modèle sont multiples. Avec le temps, la plateforme gagne progressivement en intérêt pour tout le monde. Plus les utilisateurs sont nombreux, plus grand sera l'intérêt pour un éditeur de proposer son contenu. Plus les contenus sont nombreux, plus grand sera l'intérêt pour les utilisateurs. C'est donc un mécanisme qui - s'il fonctionne- se renforce dans le temps.

Atteindre une masse critique d'utilisateurs

Mais la force de ce système est aussi son talon d'Achille. Sans contenu, l'intérêt est nul pour les utilisateurs potentiels. Sans utilisateurs, les éditeurs prendraient un risque s'ils décidaient d'investir dans de nouvelles productions. Il faut donc rapidement atteindre une masse critique d'utilisateurs et de contenus pour garantir la pérennité de la plateforme dans son ensemble...
Quand on envisage le rôle de l'État dans ce domaine, on se limite trop souvent à la question de la production de normes. L'État est réduit à un rôle de juge, policier ou gardien. Pourtant, l'État pourrait aussi être moteur dans ce développement. Et devrait en réalité l'être, le plus vite possible...

Identifier et soutenir un acteur privé, en mettant à sa disposition des contenus culturels

Si l'État se pose la question de savoir comment soutenir le développement du numérique, une des solutions serait de peser de son poids pour aider des plateformes innovantes à se développer. Par exemple, en identifiant et en soutenant un acteur du privé à qui il manque cette masse critique mais qui - s'il l'obtient - créera autour de lui tout un écosystème qui dégagera des externalités positives. Car le numérique facilite le partage, diminue les couts, accélère l'innovation, etc.
Comment se concrétiserait ce soutient ? Il existe une multitude de contenus culturels ou d'applications liées aux services publics qui pourraient être mis à disposition. Du coté des utilisateurs, l'État pourrait inciter les bénéficiaires de ces services, ou les fonctionnaires eux-mêmes, à utiliser cette plateforme, afin d'obtenir rapidement la masse critique recherchée...

L'open data pour encourager les projets innovants

On peut saluer les efforts en ce sens d'initiatives comme Etalab - le portail des données publiques - qui met à disposition des « open data » d'origines diverses pour encourager le développement de projets innovants. Si Etalab a été développé par l'État, rien n'empêche que les coûts de développement soient à l'avenir supportés par le privé, et que l'état ne serve que « d'amorceur » en apportant des utilisateurs et des contenus dont il dispose par ailleurs...
L'État ne serait plus gardien mais parrain. En y apportant la masse critique nécessaire, il soutient la croissance de ces plateformes dans leurs premiers pas, sans en supporter les coûts de développement, mais en dégageant des externalités positives qui, à terme, bénéficient à tous.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :