Abandonner l’euro : quand les fêtards auront dessaoulé …

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(Crédits : TF1)
Sortir de l’euro ? Certains en rêvent. Analyse des conséquences sur la vie quotidienne et le remboursement de notre dette. Par Pierre Gruson, Kedge Business School

La perspective d'un abandon de l'euro devient une perspective de moins en moins iconoclaste à mesure que le résultat des élections présidentielles progresse dans l'inconnu. Quel que soit notre sentiment de citoyen vis-à-vis de la monnaie européenne, il y a des réalités qu'on ne peut ignorer, sauf dans des discours trompeurs ou des procès en sorcellerie.

En effet, si les avantages hypothétiques d'un abandon de la monnaie européenne sont loin d'être avérés, les inconvénients et les coûts financiers sont en revanche, bien prévisibles. Regardons quelques conséquences, et rapprochons-les d'expériences vécues dans de telles circonstances

Vie quotidienne : une double monnaie en France ?

Bien des pays européens qui n'ont pas adopté l'euro voient les deux monnaies circuler quotidiennement (Europe centrale, Balkans, Chypre...). On achète le pain en monnaie locale, on mène les transactions plus importantes en euro. Où est la souveraineté ? Le risque de fuite vers l'euro sera hémorragique et insupportable dès les premières rumeurs de dévaluation. Je reçois mon salaire en francs, je le convertis en euro pour défendre mon pouvoir d'achat, et me protéger des crises. Pareil pour mon épargne.

Mes commerçants, mes fournisseurs, surtout les étrangers, demandent à être payés en euro. Un taux de change fixe franc-euro n'est en rien une solution. La souveraineté comptable, un objectif politique ? La moindre rumeur de fragilité réveillerait la fringale des spéculateurs. Nous serions seuls pour nous défendre.

En septembre 1992, La Grande-Bretagne de Margareth Thatcher a dû capituler au bout de cinq jours face aux spéculateurs. La livre fut dévaluée de 20 %. L'arrogance de la Dame de fer l'avait conduit à intégrer le SME sous réserve qu'une livre soit égale à trois deutschemark, un taux insoutenable que les partenaires européens ont dû supporter et défendre, avant de renoncer. Les Français et les Allemands devaient acheter la devise britannique pour soutenir sa valeur à un cours surévalué.

Pensez-vous que les pays de l'euro auront cette bienveillance pour la France ? La sortie de la zone euro nous conduira nécessairement à un contrôle des changes comme celui que l'on a connu en 1982, auquel Pierre Beregovoy avait réussi à mettre fin en 1992. Ce contrôle pénalisera sans doute les ménages les plus faibles comme ce fut le cas en Grèce en 2010. Les ménages les plus aisés, aidés par certaines banques avaient délocalisé leur épargne et leur patrimoine.

Rembourser la dette actuelle de 1.600 milliards d'euros ?

Il faut être naïf pour penser qu'on pourra la rembourser à sa valeur nominale par des francs qui auront été dévalués de 15% ou 20%. « C'est du droit français » ( !) ; la vérité est qu'il n'y a aucun prospectus qui stipule les conditions de remboursement et la faculté de l'État français à rembourser dans une autre monnaie que la monnaie d'émission. On peut être certain que les investisseurs étrangers (et même français) se tourneront vers les tribunaux internationaux.

L'Argentine a fait les frais de la légèreté avec laquelle elle a pris en considération ses créanciers ; s'il faut finir par rembourser notre dette en euro surévaluée en la finançant avec des francs que l'on aura vendus (à qui ?), il faudra déjà supporter la perte de change que nous aurons nous-mêmes créée.

Émettre de nouvelles dettes en francs ? En l'état actuel, nous ne pouvons pas nous passer de financement extérieur pour au moins une dizaine d'années. En 2017, l'état français devra emprunter 185 milliards d'euros. Qui financera ? La banque de France en faisant fonctionner la planche à billets ? Inflation garantie, appauvrissement généralisé programmé. Les statistiques sont claires : 60 % de la dette publique française est détenue par des non-résidents ; pensez-vous qu'ils prendront le risque d'investir dans notre monnaie, étroite, locale, et volatile ? Le bon sens les fera choisir une autre monnaie... à moins que l'on ne propose une rémunération très attractive.

Quelle charge financière à venir ?

La caractéristique d'une monnaie faible est de devoir proposer un taux d'intérêt plus élevé ; si la France émet des dettes en francs (il ne faudra plus espérer en « vendre » en euros...) la charge d'intérêt deviendra vite insoutenable. Tous les pays européens ont profité du parapluie de la monnaie commune. Les dirigeants grecs ont bien pesé la situation. Malgré leur aversion pour les institutions européennes et « le bras armé » qu'est l'euro, ils n'ont pas hésité et ont refusé de revenir à la drachme.

Plus près de nous, en 2010, en Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo a voulu créer les « MIR » monnaie ivoirienne de résistance jusque avant d'être destitué. Les Ivoiriens avaient bien compris vers quel chaos une telle décision pouvait les entraîner...

Depuis quelques années, la dette française s'accroît sans que la charge d'intérêt progresse car le taux de la dette a continuellement diminué. Malgré cette drogue que constituent des taux très faibles, la charge des intérêts représente le second poste de dépense pour l'État. Si le taux d'intérêt devait augmenter d'un point de taux, la charge d'intérêt progresserait à terme de près de 4 milliards d'euros (convertis en francs) par an...

En conclusion, vouloir abandonner l'euro, ou prétendre que l'on a tout à y gagner relève d'un mensonge opportuniste dont nous aurons tous à payer le prix, ceux qui ont voulu croire aux promesses, mais aussi les autres. L'exemple du Brexit devrait nous inspirer. Quelques bateleurs anglais ont tenu le devant de la scène, jusqu'au vote, pour admettre que bien des chiffres étaient faux et ont abandonné en rase campagne leurs responsabilités. Devons-nous nous résoudre à reconnaître avec Rousseau que la démocratie peut se tromper ?

The Conversation_________

Par Pierre Gruson, Professeur de Finance et d'Économie, Kedge Business School

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

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Commentaires
a écrit le 04/07/2017 à 14:15 :
Bof
a écrit le 26/03/2017 à 18:14 :
En fait votre article est comme votre cours de finance d'entreprise en L3: nul.
De la propagande de bas étage. Vous pourriez au moins vous appuyez sur des travaux de gens un minimum plus brillant comme Stiglitz ou Sapir.
a écrit le 23/03/2017 à 18:58 :
Incroyable de désinformation!!
Vous devriez avoir honte de continuer à propager cette propagande. Vous souhaitez faire peur aux Français qui en lisant l'article se diront que la sortie de l'euro est une catastrophe. Ou est la pluralité du journalisme économique sur ces questions?

Tout d'abord, les tenants du Brexit n'ont pas tous démissionné. Boris Johnson est dans l'équipe qui pilote les négociations suite au déclenchement de l'article 50 du TFUE. Ensuite, Nigel Farrage a toujours dit que sa mission s'arrêterait une fois que le Brexit serait accepté.

Concernant la sortie de l'euro, vous ne mentionnez jamais les travaux de Jacques Sapir, Frédéric Lordon ou les déclarations de Joseph Stiglitz et les 173 autres économistes qui sont pour sortir de cette monnaie commune (i.e qui a des créances sur chaque Banque centrale nationale).

Le seul à défendre un Frexit est le candidat UPR - FRANCOIS ASSELINEAU qui est inspecteur général des impôts. Son CV parle pour lui et il est plus que compétent sur l'euro que tous les autres candidats. Tous les autres sont des charlatans (à commencer par MLP qui n'y connaît rien et ne propose pas de sortir de l'euro mais de faire un autre euro et une autre europe tout comme JLM et NDA)
Il y a également le second de l'UPR, Vincent Brousseau qui est un ancien de la BCE et qui parle de la fin de l'euro et la nécessité du retour aux monnaies nationales.

Concernant la GB, il y a une dévaluation de la Livre Sterling, et on a constaté que de nombreux investisseurs (Apple, Google, IBM et j'en passe) sont arrivés, personne n'est parti, et il n'y a pas eu d'apocalypse chez eux. Au contraire, la dévaluation rend attractif le tourisme et l'achat de produit anglais donc ils exportent plus, il y a donc plus d'activité et ils embauchent, réduisant le chômage. Le FMI qui avait prédit le pire a dû revoir ses chiffres de croissance à la hausse pour la GB.
Enfin, ils commencent à signer de nombreux accords bilatéraux commerciale avec le monde entier. Alors stop! Et venez pas me dire "oui mais c'est pas pareil, ils ont gardé leur monnaie..."

Et même si MLP (qui est une escroc) défend le Brexit, ç a ne veut pas dire que c'est un sujet d'extrême droite. Je rappelle que le fond de commerce du FN c'est la xénophobie et pas les questions d'économie. Elle sert le système européiste en faisant croire que sortir de l'UE (ce qu'encore elle ne propose pas, elle entretien l'ambiguïté) c'est être nationaliste. Il faut désincarcérer les questions de sortie de l'UE et de l'euro des questions xénophobes.

Alors STOP MENSONGE!
a écrit le 20/03/2017 à 18:51 :
Comme l'a très bien dit Hollande, la sortie de l'Europe et de l'Euro, c'est le village gaulois d'Asterix mais sans la potion magique...bonjour la paupérisation des citoyens, de souche ou pas.
Réponse de le 20/03/2017 à 19:26 :
Tout à fait d'accord, le pire, c'est que ce serait le massacre des "sans dents" !!! Dire qu'ils votent pour MLP !!! C'est voter pour le saut dans le vide !!!
a écrit le 20/03/2017 à 18:29 :
Abandonner l’euro : quand les fêtards auront dessaoulé …

avec l'abandon de l'euro, c'est l'ivresse des voyous de la finance agissants en bandes de drogués alcoolisés, qui sera stoppée nette,

les bandits de la finances seront ruinés, endettés, et ils prendront la place des miséreux, et finiront dans les prisons ...à vie
a écrit le 20/03/2017 à 17:40 :
Le choix de l'euro est un choix historique en 1999 mais il faut remonter au moins à 1973 pour le début de la convergence des economies européennes et la volonté de vouloir mettre en place une monnaie unique : alors sortir de l'euro seulement 15 ans après sa creation et faire d'un "Frexit" une autre volonté politique celà serait totalement dingue ! le coût de 30 milliards supplementaire pour la dette française, et de 180 milliards à l'economie française, instabilité budgetaire de retour, manque de prévoyance, zone à risque, chute de l'exportation et hause inéluctable des prix, augmentation des prix, instabilité politique ? Je propose au FN et aux neo souverainistes de tout poil de faire le chèque de 180 milliards à la Banque de France pour amortir le choc et le retour de la monnaie pseudo nationale. Personnellement je ne pense pas à ce scénario qui n'a aucun sens politique et qui nous menerait à d'autres instablités economiques majeures : la confiance envers l'economie française serait totalement ecornée et plus personne n'aurait confiance dans l'investissement en France ! ALors si Madame Le pen veut sortir de l'euro, qu'elle paye de sa poche la difference ! OU de la même façon qu'elle rembourse la dette publique astronomique de la France !
a écrit le 20/03/2017 à 17:39 :
Règlement (CE) nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997 fixant certaines dispositions relatives à l'introduction de l'euro

Journal officiel n° L 162 du 19/06/1997 p. 0001 - 0003



(CE) N° 1103/97 DU CONSEIL du 17 juin 1997 fixant certaines dispositions relatives à l'introduction de l'euro

LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,

vu le traité instituant la Communauté européenne, et notamment son article 235,

vu la proposition de la Commission (1),

vu l'avis du Parlement européen (2),

vu l'avis de l'Institut monétaire européen (3),

Voici ce que nous trouvons dans le Considérant 8:



(8) considérant que l'introduction de l'euro constitue une modification de la loi monétaire de chacun des États membres participants; que la reconnaissance de la loi monétaire d'un État est un principe universellement reconnu; que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l'ordre juridique des pays tiers;

Dit autrement : si un pays change de monnaie, sa dette est convertit en cette nouvelle monnaie... Et pam.
a écrit le 20/03/2017 à 15:29 :
Pas la peine de vous fatiguer Pierre, tout le monde sortira de l euro dont les parametres sont veritablement economiquement criminels. Sera fondee a moyen terme une nouvelle devise internationale que l on pourrait nommer l Unit (e) et qui sera le mariage en des termes moins barbares de l euro et d autres devises avec les diffetents dollars. Il est evident que le serpent monetaire actuel n est pas le fruit du hasard et qu il va dans cette direction.
Quant aux elections, laissons les francais juger ou ils placent leurs espoirs.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:59 :
L'euro est économiquement criminelle ?
Vous croyez que si on avait eu le Franc on aurait mieux résister à la production chinoise à bas prix ?
Le franc a été dévalué pendant toutes les années 70, inflation, taux d'intérêt astronomique etc... Le franc n'était pas économiquement criminelle, c'est notre économie qui n'était pas adaptée.
L'euro ne fait ressortir que les défauts de notre système économique
a écrit le 20/03/2017 à 15:15 :
Pourquoi il y a des partis politiques en France et ailleurs qui proposent une sortie de l’Euro ? En principe on ne sort pas d’un système qui marche bien. Le fait qu’il marche bien devrait être évalué en performance moyenne de la zone monétaire. Par exemple le taux de chômage de la zone euro pointait à 9,6% en janvier 2017, pendant que celui de la zone OCDE (sur les 34 pays de cette zone 15 sont aussi des pays de la zone euro, donc presque toute la zone euro est présente dans l’OCDE) était lui à seulement 6,1%. Si on devait mesurer le taux de chômage moyen des 19 membres de l’OCDE, hors ses membres de la zone euro, on descendrait en dessous de 6,1%.

La zone euro est une zone bancale, pour diverses raisons. Certains disent que le régime des changes flottants est une calamité. Pourtant la performance moyenne des pays développés en régime des changes flottants en termes de chômage et de croissance est bien meilleure que la performance moyenne des pays composants la zone euro. Ce n'est pas par hasard. C'est dû au fait que le taux de change constitue un mécanisme de régulation entre les économies performantes et celles qui le sont moins. Sans passer en terme de macroéconomie est une erreur.

La zone euro est il vrai meilleure en balance commerciale, mais c’est surtout grâce aux performances exceptionnelles de l’économie allemande et aux politiques de contraction de la demande (dévaluation internes des pays en crise composant la zone euro qui n’a pas pour vocation à être éternelle, même si à mon avis on fera tout pour la faire durer).
a écrit le 20/03/2017 à 14:59 :
Si les français étaient malins sachant que M L Pen fait 26% ils seraient prêts à appuyer sur la gachette et transferer leur argent en Allemagne ou aux US en un clic de souris. Déjà libeller une partie de leurs avoirs en dollars dans une banque non française me semble une bonne précaution. Acheter des actions hors zone euro une seconde bonne précaution. Perso tout est prêt et testé au cas ou et pourtant je possède peu mais j'ai pas du tout envie d'y laisser 20%. Contrairement à ce que l'on peut penser c'est très facile à mettre en place de façon parfaitement légale. Il faut juste multiplier les canaux et diversifier les établissements pour éviter les montants maximums qui déclenchent les analyses manuelles des transactions pouvant retarder les procédures .
Réponse de le 20/03/2017 à 15:24 :
Ne vous inquiétez pas, elle ne passera heureusement pas. Macron est le prochain président. Mais il vrai que pour sortir de l'euro, mieux vaut ne pas l'annoncer à l'avance sauf à être suicidaire.
a écrit le 20/03/2017 à 14:56 :
En cas de sortie de l'euro et compte tenu de l'endettement il y a forcément défaut au moins partiel sur la dette vu le différentiel d'un nouveau franc par rapport à l'euro de quelques 30% et hausse des taux pour tenter de stabiliser le nouveau franc. Les épargnants perdent donc beaucoup d'argent, les banques, entreprises etc sont en difficultés. Ce ne sont pas les tribunaux français qui font force de loi vis à vis des créanciers qui sont majoritairement étrangers pour la France. On n'a aucun poids lorsque l'on n'a plus de prêteurs ou à taux très élevés. Voir le cas de la Grèce, de l'Ukraine, de la Russie etc selon les périodes. La Roumanie a en sont temps voulu s'isoler tout comme l'Argentine qui dépendait non pas du droit américain mais de ses créanciers américains notamment. Cà a conduit dans les 2 cas à la faillite de ces pays. En outre une sortie de l'euro coûte très cher. Ce n'est pas la meilleure solution. La meilleure solution étant une harmonisation fiscale, sociale, budgétaire de l'union européenne déjà avec les pays en mesure de converger rapidement, donc une réelle politique européenne, tout le contraire de le Pen qui va en plus déclencher des mouvements d'autonomie dans les régions d'Europe.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:40 :
Contrairement a ce que vous et tout le monde suppose il est quasi certain que le nouvrau franc sera plus eleve que l ancien euro. Car que resteta-t-il de cette devise sans la France ?
Un pays qui en garantit 20 autres ? Si le pari est difficile actuellement il serait impossible.
Le probleme est donc autant dans cette surevalation du franc que dans la perturbations de nos principaux marches dont personne ne peut dire ce quil adviendra. Par contre c est une bonne methode pour remettre en cause et renegociet le bloc ideologico-administratif de l euro actuel qui ruine les pays.
Réponse de le 20/03/2017 à 16:07 :
Tout est dit, bravo.
PEtit complément, la Grèce, ; une situation économique calamiteuse, une dette gigantesque en Euro, un gouvernement un peu aventurier......
Quand elle s'est trouvée face au choix de sortir de l'Euro... a préféré resté malgré tout dans la zone Euro.
Alors ne vous inquiétez pas, on ne sortira pas. (de toutes manière on ne peut pas).
Réponse de le 21/03/2017 à 14:45 :
@ Corso : la sortie de l'€ n'est économiquement justifiable que si le "nouveau" franc se déprécie fortement par rapport à la monnaie de nos principaux partenaires commerciaux, c'est à dire l'€ (sinon ce sera encore un peu plus dur d'exporter). C'est une façon de rendre (temporairement et artificiellement, j'en conviens car la hausse des matières premières et produits intermédiaires importés, plus les revendications salariales qui ne manqueraient pas de se faire jour auraient vite fait de "bouffer" l'effet positif sur la compétitivité-coût... sauf à tenir fermement sur les salaires) un peu de compétitivité au "made in France", comme l'Italie le faisait périodiquement au temps de la lire. C'est une manière hypocrite de "piquer" aux français une fraction de leurs revenus et de leur patrimoine financier. Et non, l'€ ce n'est pas que l'Allemagne, c'est aussi des économies plus petites mais aussi performantes, les Pays Bas, le Luxembourg, l'Irlande revenue de l'enfer, la Belgique, la Finlande et même l'Espagne qui est en train de se refaire une santé économique et s'est bien gardée de quitter l'€, plus encore un certain nombre de pays de l'est aux finances publiques saines (pays Baltes, Slovaquie, Slovénie). Autrement dit, même une sortie française de l'€ ne signerait pas la fin de celui-ci.
a écrit le 20/03/2017 à 14:49 :
Il n'y a pas de souveraineté sans contrôle de sa monnaie, et l'hérésie consiste à dire le contraire ! Il ne sera sans doute pas facile de nous défaire de nos liens, mais tout pays qui s'y est attelé à réussi à le faire. Hamilton et la révolution américaine sont un excellent exemple. La Grande-Bretagne coule-t-elle parce qu'elle a sa propre monnaie ? Je trouve un peu fatigant tous ces articles qui nous disent qu'après le régime actuel, ce sera le deluge et qu'il faut donc réélire les mêmes pour continuer sur la mauvaise voie. Nous sommes dans une impasse et il faut changer le système qui, de toute évidence, est à bout de souffle :-)
Réponse de le 20/03/2017 à 15:45 :
Comparer l'intégration économique USA/UK du 18eme siecle avec celle FR/UE d'aujourd'hui est assez rapide...

LA grande bretagne ne coule pas, mais sa monnaie péréclite.

Enfin, je ne vois pas quelles sont les évidences comme quoi le système eest à bout de souffle
Réponse de le 20/03/2017 à 18:28 :
@Brice: 1) les grands principes économiques d'indépendance d'un pays sont les mêmes depuis toujours, et les compétences, notamment de Hamilton et Gallatin, pour se séparer d'un système d'oppression sont encore de mise. 2) Pour ne pas voir que le régime actuel ne fonctionne plus, ce n'est même plus avoir sa carte au PS, c'est de l'endoctrinement dangereux dont nous devons à tout prix nous départir :-)
a écrit le 20/03/2017 à 14:35 :
Sans compter le cas amusant des emprunteurs particuliers, dont certains s'appêtent en toute inconscience à voter MLP ou autres NDA ou Asselineau, qui se retrouveront avec un crédit à rembourser en €, certes avec des taux faibles, mais des mensualités qui exploseront en monnaie nationale sans que leurs revenus puissent suivre (puisque le seul intérêt d'un retour à une monnaie nationale est de les payer en monnaie de singe locale, donc de diminuer leur pouvoir d'achat, pour reconquérir de la compétitivité à l'export, selon la formule qu'a constamment utilisé l'Italie du temps de la lire).
Réponse de le 20/03/2017 à 15:17 :
les particuliers s'endettent aussi suivant le droit français et sauf stipulations contraires en la monnaie nationale. Leur dette sera donc convertie automatiquement. Même raisonnement en fait que plus bas. mais bien essayé.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:41 :
La conversion automatique de la dette Euro en Franc (dévalué), c'est aussi crédible que d'aller en pédalo sur la Lune.
Tous les euros viennent d'une manière ou d'un autre de la BCE, et la BCE se fera rembourser en Euro.
Essayez d'emprunter en dollar et de rembourser en Yen, cela va être rigolo.
a écrit le 20/03/2017 à 14:05 :
Pour quitter l'euro, il nous faudra quitter cette zone administrative qu'est l'UE de Bruxelles par l'article 50 et ainsi devenir un peuple souverain qui n'aura plus ses représentants politiques inféodés au dogme de la commission!
Réponse de le 20/03/2017 à 15:39 :
J'ai un copain à Limoges qui pense que Limoges devrait quitter cette zone administrative qu'est la France pour que le Peuple de Limoges devienne souverain et n'ait plus ses représentants inféodés au dogme de l'Etat Français.
Et bien, il est sympa, il raconte cela quand il a un peu bu, on se marre bien, mais personne n'y croit.
a écrit le 20/03/2017 à 13:56 :
Et pour faire suite à mon précédent post : j'allais oublier. L'argentine a émise sa dette suivant le droit US d'où la possibilité pour les tribunaux Us de trancher les litiges. D'où la malhonnêteté de faire une comparaison France/Argentine...
Réponse de le 20/03/2017 à 14:45 :
C'est amusant : je viens de m'apercevoir que M Gruson avait été l'un de mes enseignants lors de mes vertes années de fac. Sans ce we prolongé qui me fait lire tous les articles possibles jusqu'aux plus improbables, je l'aurais raté. Ce qui aurais été dommage. Car pour oser un titre assimilant les anti euros à des poivrots, il aurait fallu commettre un article un peu plus sérieux. J'ai comme l'impression que vous rééditez ce moment gênant, en 93 (ou 94?), lors d'une présentation commune des livres des enseignants de sciences éco à la Fnac, lorsque que M Jean Paul Lehman vous avez fait remarqué dédaigneusement de corriger vos erreurs pour la prochaine édition... sauf que là, on est un peu plus d'une soixantaine...
Réponse de le 20/03/2017 à 15:03 :
L'Argentine n'a pas émis de dette sous l'unique droit américain mais sous droit argentin, anglais etc. renseignez vous mieux. La France a également majoritairement des créanciers étrangers. Cà pose les mêmes problèmes et ce ne sont pas les tribunaux français qui sont compétents dans tous les cas. Imaginez que le pays fasse défaut même partiel donc ne peut plus emprunter sinon à taux très élevés. Ce sont les créanciers qui font la loi car chez vous le pays est au bord de la guerre civile quand les banques commencent à fermer (voir cas de la Grèce etc). Les petites agitations de banlieue ne sont rien par rapport à ce qui arriverait comme vous pouvez aisément l'anticiper dans ce cas, pillage de magasins etc
Réponse de le 20/03/2017 à 15:15 :
C'est tout renseigné : l'argentine s'endettait ( et s'endette toujours) en dollars donc sous droit US.
a écrit le 20/03/2017 à 13:55 :
pour un prof, l'analyse est un peu partiale et légère....Pour les étudiants de kedge, allez plutôt voir les articles de l'IDL http://institutdeslibertes.org/ je ne crois pas que Charles Gave soit mon compétent que votre prof sur ce sujet.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:07 :
Charles le Gave se plante régulièrement dans ses pronostics et prévoyait un effondrement du système mondial il y a de nombreuses années faisant perdre de l'argent à ses lecteurs. Il est très rare de trouver des gens qui ne se trompent pas régulièrement en économie vus les imprévus mais là c'est un des plus mauvais pronostiqueurs.
a écrit le 20/03/2017 à 13:52 :
Bel exercice de désinformation basé sur des approximations pour ne pas dire la malhonnêteté... Pour la dette, celle ci dépend bien du droit français ce qui veut dire que seuls les tribunaux français sont habilités à trancher un litige. Dit autrement, un pays tiers ne peut juger un contrat basé sur le droit français comme un tribunal français ne peut tout d'un coup s'immiscer dans une affaire de droit américain.... Sachant que ce même droit stipule que la dette est émise ou requalifiée dans la monnaie nationale (ce qui explique que la dette en francs soit passée sans problème en euros lorsque l'euro est devenue la monnaie nationale), les tribunaux français devraient trancher si le changement de monnaie sur un produit à risque, une obligation, change la nature du risque. Ou dit autrement, l'augmentation du risque sur un produit financier doit il être supporté par l'investisseur, professionnel connaissant par définition le risque à prêter, ou par l'emprunteur ? Car les termes du contrat ne changent aucunement : la monnaie est toujours celle en vigueur dans le pays, et le taux ainsi que les coupons et le remboursement à la valeur faciale aussi. A moins de poser que la spéculation du fait d'autres "investisseurs" sur une monnaie doit être imputé au pays ! Un litige qui ne parait pas très compliqué à trancher au final :o). On peut être contre la sortie de l'euro ( et il y a assez d'éléments pour être contre) sans pour autant se prélasser dans la désinformation la plus crasse.
Réponse de le 20/03/2017 à 14:28 :
Peut-être, mais si vous prétendez rembourser les gens en monnaie de singe, comment vous refinancer la dette ?? On ne peut pas se moquer des investisseurs impunément, sauf dans le cadre de l'obscurantisme et de la xénophobie de certains....
Réponse de le 20/03/2017 à 15:06 :
Et avant de traiter la dette sur le mode marché, comment était elle traitée ? Retournez un peu dans l'histoire économique et vous verrez qu'au final, seule une petite partie de la dette devra être financée à fort taux, évidemment pour attirer les investisseurs étrangers. Nul besoin d'insultes cher ami. Vous pouvez combattre le FN avec de vrais arguments mais si vous le faites avec de fausses informations, comment les véritables arguments pourraient ils porter puisque vous mentez dès le départ ? Ce type d'article, c'est un boulevard pour le FN. Les mensonges, les insultes ça n'a jamais fonctionné depuis 30 ans et si ça marche de moins en moins, c'est que les mensonges apparaissent à un moment ou à un autre et du coup, il rendent crédibles la posture du FN. Ces mensonges n'auraient pas d'importance si les paradis de l'euro et du libre échange ne poussaient pas de plus en plus de monde dans la pauvreté ou la précarité mais voilà, ce n'est pas le cas.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:14 :
Lire plus haut ce que j'écris, vous vous trompez sur plusieurs points de votre analyse. Rentrer dans une monnaie plus forte comme l'euro c'est relativement facile tous les investisseurs y gagnent. Sortir vers une monnaie plus faible et incertaine alors que le pays est très endetté vis à vis de différents pays change complètement la donne. C'est très facile à comprendre. Vous prêtez aisément votre argent à des entreprises ou pays qui risquent la faillite ? C'est pareil pour tous créanciers et les tribunaux français ne sont pas compétents pour tous les types d'emprunts et de créances. Voir le cas de tous les autres pays qui ont vécu ce type de problèmes.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:35 :
à "réalité" (tout un programme). Russie et Ukraine s'endettaient en dollars d'où l'application du droit US. La Grèce c'est un peu différent : en 2008, elle aurait pu aussi sortir de la zone euro et requalifier sa dette en sa propre monnaie ( ce qui aurait couler les banques allemandes qui avait énormément achetée cette dette). mais elle a été sauvée et sa dette a été rachetée par des institutions européennes créés pour l'occasion et la BCE. les banque allemandes ont été sauvées et la Grèce a dû s'endetter auprès des institutions européennes avec des clauses de non conversion en une monnaie autre que l'euro. ce qui fait que si la Grèce sortait maintenant de la zone euro, sa dette resterait en euros. Et elle devrait faire défaut et faire face à des attaques devant les tribunaux de l'union européenne. La Grèce n'est plus qu'un Etat virtuel. grâce à leurs dirigeants, la démocratie grecque n'est plus qu'un théâtre d'ombres puisque les citoyens grecs n'ont plus leur mots à dire. Belle leçon pour les prochains à qui l'on proposera d'être sauvés.
Réponse de le 20/03/2017 à 15:52 :
Mr Patate, vous vous noyez dans du baratin pseudo juridique.
POur faire simple, si j'emprunte 1 Patate à qqn, il veut que je lui rende 1 patate + une frite (la frite, c'est pour les intérêts).
Et bien, quand je lui rembourse, la patate il faut qu'elle soit identique en termes de poids. (enfin, dans la patate, on est moins rigoureux que dans la finance)..
Si la patate prétée faisait 500 g et que je lui repasse une patate de 10 g, il va pas être content. (et pareille si la frite promise devient une pomme rissolée).
Rembourser en Franc dévalué un prêt en Euro, cela ne va pas marcher. Essayez de rembourser en Euro un prêt fait en franc suisse.
Réponse de le 20/03/2017 à 16:19 :
Mon cher brice vous êtes libre de vous asseoir sur le droit et de comparer des torchons et des serviettes, mais au final, vous êtes hors sujet...
a écrit le 20/03/2017 à 12:35 :
L’hypothèse: "Un taux de change fixe franc-euro" est stupide en cas de sortie de l'Euro. Il y a beaucoup mieux a faire.Le SME contrairement à ce qui est dit dans l'article ne fonctionnait pas si mal! Encore un article rédige à la va vite.
Réponse de le 20/03/2017 à 14:30 :
Le SME était un mécanisme autorisant de faibles variations autour d'un cours pivot, c'est à dire un quasi taux de change fixe. Et quand une monnaie divergeait trop, elle était selon le cas dévaluée ou réévaluée.
a écrit le 20/03/2017 à 12:17 :
Que serait un site d'actualité sans ses bonnes prêches néolibérales quotidiennes hein ? Libre tout simplement.

Une sortie de l'europe ne pourrait pas se faire sans renégociation de la dette, le truc dont les créanciers ne veulent surtout pas entendre parler et c'est bien pour cela que les politiciens leurs appartiennent aussi.

Parce que en réalité, la dette est gonflée artificiellement afin d'engraisser par dizaine de milliards des déjà multi-milliardaires.

"Faut-il vraiment payer toute la dette ?" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/GADREY/50853

ET comme seuls des dirigeants courageux et non corrompus peuvent nous sortir de l'UE, c'est bien pour cela qu'avec le FN ce n'est pas la peine, il est évident que ceux-ci se mettraient à correctement regarder ce dossier et remettre en question les nombreuses entourloupes de la dette destinée seulement à grossir la facture afin de pallier à l'avidité morbide des possédants de ce monde.

Vite un frexit.
a écrit le 20/03/2017 à 12:07 :
Le grand professeur d’économie qui écrit cet article pense que si la France quitte l'euro, l'euro persistera ?
Que l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, Chrypre resteront dans cet euro ?
Le grand professeur a omis de signaler que plus de 95% de la dette française est libellée en monnaie nationale 'euro actuellement, Franc demain).
Quand je pense que des étudiants sont prêts à payer plus de 15k€/an pour assister aux cours de cet homme...
Si encore il s'agissaient de cours de marketing ou de propagande...
Réponse de le 20/03/2017 à 13:32 :
La grece ou chypre avaient eut la possibilite de quitter l euro, ils l ont pas fait hier, pourquoi le feront ils demain ?
De meme pourquoi l italie ou l espagne voudraient se suicider economiquement ?
Il y a quand meme une raison si jusqu a maintennat personne n a voulu sortir ! meme un gars d extreme gauche comme Tsipras a finalement deceide de rester... c est surement qu il y a des raisons

Meme si on ne partage pas forcement toutes les idees de l auteur, il est clair que sortir de l euro pour devaluer (ce qui est le but) va entrainer une fuite de capitaux (qui a envie de faire -20 % sur son epargne ?) et une double circulation de monnaie (les gens vont stocker des euros car aucune confiance en ce nouveau franc).
Il est certains que certains vont y gagner: les gens qui auront sortir leur argent AVANT la devaluation, ceux qui ont des biens qu ils peuvent vendre a des etrangers (donc plus cher en franc). Mais ca reste une minorite. Et penser que la devaluation va doper l economie est un voeux pieux. La france ne produit plus grand chose (regardez autour de vous, qu y a t il de made in france ?). donc l effet devaluation (ou relance par la consommation de melanchon) sera marginal
Réponse de le 20/03/2017 à 17:26 :
Si vous aviez lu l'article, vous auriez vu que le grand professeur en parle des 95% de la dette française.
indice, ça commence par "Il faut être naïf"

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