Blockchain : vers des assurances de meilleure qualité ?

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Romain Chiaramonte, fondateur et chercheur de tendances, Social Buzz.
Romain Chiaramonte, fondateur et chercheur de tendances, Social Buzz. (Crédits : DR)
Porteuse de nombreuses opportunités, la Blockchain est un atout que les assureurs vont devoir manier avec précaution. Par Romain Chiaramonte, fondateur et chercheur de tendances, Social Buzz.

Alors que toutes les industries connaissent une « disruption » à des degrés divers, les protagonistes d'un secteur, ô combien stable, comme l'assurance s'interrogent. Entre les changements législatifs et l'arrivée en fanfare de la Blockchain, l'effervescence est bien réelle. Voici quelques éléments de réponse pour mieux comprendre la révolution qui est en cours.

Acte 1 : les modifications législatives = plus de liberté pour les assurés

Sans entrer dans les détails, la loi Hamon a rebattu les cartes en permettant aux consommateurs de réaliser de réelles économies concernant leurs assurances. Aussi, cette loi offre une plus grande liberté aux assurés, ce qui est source d'émergence pour des d'offres alternatives.

Grâce à cette loi explicitée simplement sur cette infographie, le souscripteur peut résilier beaucoup plus facilement son assurance. Il s'agit d'un gain de pouvoir d'achat certain, car la volatilité des « assurés » entraîne une baisse significative des tarifs pratiqués.

Acte 2 : l'arrivée de la Blockchain

Pour rappel, la Blockchain est un « registre » mondial où toutes les transactions sont classées et datées. L'organisation technologique réside dans une structure en « noeuds », celle-ci assure la sécurité des données échangées. À base d'algorithmes cryptographiques, la Blockchain est à la fois globalisée et... sans aucun organe de contrôle.

Naturellement, le monde de l'assurance prête une attention toute particulière à cette technologie, et ce, pour les raisons suivantes :

  • création instantanée de nouveaux produits et services
  • réduction drastique des coûts de gestion
  • détection ultra-sophistiquée de la fraude
  • amélioration des méthodes de tarification

Grâce à tous ces avantages, les protagonistes de l'assurance pourraient enfin créer un nouveau chapitre de leur histoire en mettant fin à un marché (trop?) mature à la croissance de sénateurs. Bien entendu, la diminution des coûts est un déclencheur à idées : plus de 200 startups sont sur le pied de guerre pour proposer les « usages » les plus performants.

Acte 3 : les stratégies envisageables pour les assureurs

Dans un tel contexte, la Blockchain est un outil bienvenu pour les applications suivantes:

  • mise en place d'un KYC (Know Your Customer) transparent et traçable pour éviter tous les risques de fraudes ou de blanchiment. Autre plus : la Blockchain va permettre d'éviter aux assurés de constamment justifier leurs informations personnelles grâce à une « identité certifiée ».
  • dans le cadre d'une réclamation de l'assuré, la Blockchain va offrir une transparence sans égale. Différentes startups sont déjà sur le coup, car cette possibilité pourrait devenir un argument commercial de poids. C'est un fait, les assurés ne supportent plus l'opacité liée à leurs réclamations.
  • automatisation des clauses liées à une police d'assurance (dont l'assurance-vie). En effet, grâce à des capteurs « corporels » (bracelet connecté par exemple), le paiement et le remboursement des frais médicaux seraient automatiques. Idem en cas d'accident de voiture, un nouveau carrosse serait alors dépêché sur le lieu du sinistre pour « dépanner » l'assuré. Ce champ d'application pourrait même aller jusque lors d'un incendie, d'un dégât des eaux, voire d'un tremblement de terre!
  • détection des fraudes à l'assurance automobile. Les données concernant les assurés sont alors partagées entre les assureurs, un véritable profil « d'accidentologie » serait alors mis en place.
  • suivi « millimétré » d'un bien assuré (startup EverLedger). Dans ce cas, le bien (immobilier, diamant,...) est relié à la Blockchain via une empreinte inscrite dessus. De facto, l'entièreté de l'historique se trouve sur le bien, un réel plus pour éviter les fraudes en tous genres.

Acte 4 : les assureurs doivent être visionnaires concernant la Blockchain

La Blockchain a toutes les caractéristiques pour devenir le nouveau « visage de la confiance ». Porteuse de nombreuses opportunités, la Blockchain est un atout que les assureurs vont devoir manier avec précaution.

En effet, les champs d'application représentent aussi des menaces pour le modèle actuel. En ce sens, les pionniers et les plus visionnaires ont clairement un joli coup à jouer, car l'émergence de la Blockchain dans notre quotidien n'est plus qu'une question de mois...

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Commentaires
a écrit le 28/06/2017 à 9:15 :
"Les données concernant les assurés sont alors partagées entre les assureurs, un véritable profil « d'accidentologie » serait alors mis en place"

Cela fait longtemps que banques et assurances s'échangent nos informations confidentielles. Ah elles ont pas le droit !? Qui pour les en empêcher en néolibéralisme svp ? Mais vous le savez bien, de toutes façons plusieurs banques et assurances certes mais seulement quelques actionnaires majoritaires derrière qui ont bien souvent des billes dans chacune des multinationales financières.

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