Combien vaut la réputation ?

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L'idée s'est imposée d'une grande valeur de la réputation. Mais de là à l'évaluer financièrement... Par Thierry Wellhoff, Président de Wellcom*

Parmi tous les concepts véhiculés pour appréhender les effets de la communication tels que la notoriété, l'image, les opinions parmi tant d'autres, s'il en est un que le sens commun privilégiera toujours au moment de passer à l'action, qu'il s'agisse d'un acte d'achat, de la souscription à un service ou à des parts sociales, c'est bien celui de réputation. Car la réputation, bien au-delà d'être ce qui marque les esprits, est non pas ce que vous dites mais ce que l'on dit de vous.

Elle est le résultat à la fois de perceptions, c'est-à-dire de l'Image construite dans l'esprit de ses publics ou de ses consommateurs, fruit d'une communication de nature essentiellement émotionnelle, et de points de vue plus raisonnés (à défaut d'être rationnels) qui constituent ce que l'on appelle communément l'opinion. Cette dernière résulte le plus souvent du comportement de l'entreprise dans la conduite de ses affaires, notamment dans le domaine social et sociétal.

Un mix d'émotionnel et de raisonné

Un mix d'émotionnel et de raisonné qui se construit progressivement avec le temps et qui permet aux publics de se faire une idée de ce qu'il doivent penser de telle ou telle marque ou entreprise et enfin de ce qu'il vont pouvoir en dire. Ce qui constitue ... la réputation.

Mais, en permettant de faire ou défaire une réputation à la vitesse de la lumière, internet l'a transformée pour la rendre plus « virtuelle », plus hasardeuse, plus fragile. On le sait, une réputation se défait bien plus vite qu'elle ne se construit. Sans bonne réputation, aucune activité ne peut perdurer et se développer. Son absence ou sa destruction peut dans certains secteurs d'activité, comme celui du conseil, être même fatale.
Cela s'est vu avec la descente aux enfers d'Arthur Andersen en quelques mois suite à l'affaire Enron. Néanmoins, la marque Andersen fait l'objet d'un « come-back » sous la houlette de nouveaux associés qui s'interdisent toutefois le commissariat aux comptes en raison des traces laissées par l'affaire Enron. Sans confiance, plus de réputation. Sans réputation, plus de confiance. Les deux notions vont de pair et entretiennent un cercle soit vertueux soit ravageur.

Difficile à évaluer financièrement

Mais, si elle constitue un Graal pour les entreprises et leurs marques, la valeur de la réputation est encore difficile à évaluer financièrement comme on le fait déjà pour la valeur d'une marque. Car sa valeur est non seulement liée à son image de marque et la conduite de ses affaires mais également à la qualité de relation que l'entreprise a su tisser et entretenir avec ses différents publics et que l'on ne mesure que trop rarement. La réputation est néanmoins l'actif indispensable pour une entreprise tant pour se maintenir, attirer les talents comme les clients, résister aux crises et enfin se développer. Un actif certes immatériel, mais qui est sans doute, au moment où le digital est omniprésent dans les stratégies des états-majors, de la plus haute importance.

C'est pour évaluer la valeur de cet actif que les professionnels de la communication et des « relations publics » organisent au Medef le 22 mars avec des professionnels issus du monde du conseil, le PR Lab, manifestation de référence au cours de laquelle seront également approfondis les nouveaux enjeux de la réputation (avec un focus particulier sur les lanceurs d'alerte) ainsi qu'un panorama de cas remarquables récompensés par « les Trophées de la réputation ».

*Thierry Wellhoff, Président de Wellcom

Administrateur de Syntec Conseil en Relations Publics

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Commentaires
a écrit le 20/03/2017 à 15:54 :
"avec un focus particulier sur les lanceurs d'alerte"

Ben oui ces gens là qui en quelques heures font passer une multinationale pour une association de malfaiteurs, à raison d'ailleurs, on comprend que cela titille l'oligarchie vu que la france est gangrénée par la copulation permanente entre politiciens et hommes d'affaires.

Cependant pas d'inquiétude, même si Hollande protège le statut du lanceur d'alerte l'UE elle le condamne et les magouilles entre multinationales et politiciens nationaux et européens ne seront pas dénoncées pas de problème.

Maintenant en lisant votre article j'ai quand même l'impression que vous pensez plus que les autres et que du coup, progressiste, vous êtes en train de comprendre l'intérêt majeur d'embaucher justement des lanceurs d'alerte, il est évident qu'en terme de réputation cela ne pourrait que consolider l'image d'une entreprise qui démontre de cette façon qu'elle est clean. On ne peut pas faire mieux et à moindre frais qui plus est car l’honnêteté cela gaspille peu d'argent c'est la malhonnêteté qui coûte très cher à couvrir, nos politiciens serviteurs et leurs propriétaires milliardaires en savent quelque chose.

Et si c'est ce à quoi vous pensez je vous félicite chaleureusement mais je vous souhaite bien du courage à faire comprendre cela aux possédants qui sont au stade, comme tout les gamins capricieux car trop gâtés, de casser les outils de productions en leurs possessions, à savoir quasiment tous.

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