Comment les banques peuvent-elles suivre la cadence imposée par les Fintech ?

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Comment la banque de détail peut-elle éviter de se faire "uberiser"? Par Julien Champagne, Directeur Solutions API & Sécurité chez CA Technologies

Lorsque l'on demande à un « millénial » à quelle fréquence il se rend dans une agence bancaire ou téléphone à son conseiller, sa réponse est en général « jamais ». Les consommateurs passés à l'âge adulte au tournant du 21e siècle voient en effet la banque d'une façon différente des générations précédentes.

 L'époque des clients fidèles est révolue : les consommateurs d'aujourd'hui recherchent une expérience de service agréable, des services numériques innovants à tarifs toujours plus attractifs. Un nombre croissant de consommateurs passent désormais à des services bancaires disponibles sur terminaux mobiles, Internet et objets connectés. La nouvelle directive européenne sur les services des paiements (PSD2) va dans ce sens pour ouvrir le marché à de nouveaux fournisseurs de services financiers et offrir de nouveaux services aux consommateurs. La banque de détail n'a plus d'autres choix que de se réinventer si elle ne veut pas se faire « uberiser » à son tour. La disparition des intermédiaires rendue possible grâce aux services numériques bouleverse en effet les modèles traditionnels de ces banques et offre de nouvelles opportunités dans l'économie des applications.

 Croissance exponentielle des investissements

Les Fintech, ces start-ups de services financiers qui font frémir les banques, révolutionnent aujourd'hui tous les secteurs des paiements mobiles, des transferts de fonds, des prêts, des levées de fonds, et même de la gestion de patrimoine. Selon la société Accenture, les investissements mondiaux dans ces entreprises sont passés de 930 millions de dollars en 2008 à 12 milliards de dollars début 2015. C'est en Europe que ce taux de croissance a été le plus fort, avec une hausse de 215 % permettant d'atteindre 1,48 milliard de dollars en 2014.

 Le classement annuel Fintech 100 de KPMG identifie également les entreprises du secteur financier qui ont su tirer parti des nouvelles technologies à leur avantage et bouleverser ce secteur.

 Prêt d'Union, par exemple, est le premier établissement de crédit entre particuliers sur Internet en France. La banque berlinoise Number26 est en train de développer en Europe le concept de « banque sans frontières ». Elle propose à ses clients de gérer un compte sur smartphone lié à une carte de crédit et a déjà lancé son service un peu partout en Europe. Ou encore Slimpay qui propose des alternatives à la carte bancaire et qui la rendra peut-être à terme totalement obsolète.

 Une "force irrésistible"

Ces nouvelles sociétés de services financiers axées sur les nouvelles technologies agissent rapidement pour devancer le manque de réactivité des banques traditionnelles. L'ancien directeur de Barclays Bank au Royaume-Uni décrit ces nouvelles technologies comme une « force irrésistible » qui permettra d'améliorer le service client et voir émerger de nouvelles enseignes bancaires.

 L'essor des Fintech doit effectivement être vu comme une formidable opportunité pour les banques de changer définitivement la façon dont elles proposent des services et des produits. Il ne suffit plus aujourd'hui de baser ses arguments de vente sur des horaires d'ouverture étendus ou sur un service de relevé de compte détaillé sur le web. Les clients veulent des services numériques innovants et une expérience plus complète et attrayante, que ce soit sur Internet, sur appareil mobile ou même par téléphone ou en agence.

 Services en ligne innovants

Pour accompagner la transition vers ce modèle, les banques doivent s'appuyer sur des solutions leur permettant de planifier, construire, gérer et sécuriser ces nouvelles applications. Prenons l'exemple de la phase de planification d'un nouveau service : les Fintech mettent une pression immense sur les banques en lançant des services en ligne innovants avec des délais plus courts et des budgets réduits. La gestion de projet et de portefeuille aide les banques à faire face à cette menace en leur permettant de transformer la planification, l'exécution et la gestion d'activités critiques afin d'assurer la création d'applications innovantes pour leur métier.

 Les logiciels peuvent également aider à développer de nouveaux services, comme « Pingit » de Barclays, qui permet d'effectuer des transactions sur des téléphones mobiles. Enfin, la mise en place d'une méthode intelligente et agile de développement de nouveaux services permet de réduire le délai de lancement d'innovations et de s'assurer que les nouveaux services sont axés sur les besoins des clients, y compris en les proposant à faible coût.

Les banques peuvent donc rivaliser en s'appuyant sur des logiciels optimisant le cycle de vie de leurs applications (la planification, le développement, les tests, le déploiement et la mise à jour des applications). Les banques peuvent ainsi proposer des services numériques disponibles 24h/7j, s'adaptant à la demande, et offrant la réactivité exigée par leurs clients.

 Rendre les paiements plus  sûrs

Les logiciels assurent aussi la sécurité des nouveaux services bancaires numériques en les protégeant des menaces internes et externes et en créant un climat de confiance facilitant la fidélisation des clients.

 Enfin, les logiciels vont permettre aux banques de respecter la révision de la directive sur les Services de Paiement (PSD2) par la Commission européenne afin de normaliser le partage de services, de rendre les paiements plus sûrs, de renforcer la protection des clients et d'élargir leurs offres de services.

 En utilisant les technologies logicielles adéquates, les banques ont l'opportunité de réagir et créer des services innovants pour fidéliser les clients nouvelle génération.

 Julien Champagne, Directeur Solutions API & Sécurité chez CA Technologies

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