Comprendre l'impact des gains de productivité sur l'économie

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Xerfi Canal
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, comprendre l'impact des gains de productivité sur l'économie

La productivité de la France s'épuise depuis 2008. Et c'est un problème majeur, car c'est sa progression, et elle seule, qui permet aux Français de s'enrichir de façon durable, en dehors des phases de bulle. Ce n'est d'ailleurs pas difficile à comprendre à partir de ce schéma simplifié.

Il faut d'abord garder à l'esprit que la productivité mesure l'efficacité avec laquelle une économie mobilise ses ressources pour fabriquer des biens et des services. Les gains de productivité mesurent donc l'accroissement de la production à moyen égaux et cela permet de dégager un surplus de richesse qui se partage entre hausse des salaires, hausse des profits et baisse des prix.

Les effets directs pour les entreprises

Plus de salaires, c'est en partie plus d'épargne mais surtout plus de consommation, augmentant mécaniquement le PIB. La baisse des prix stimule elle aussi la consommation mais est également facteur de compétitivité avec, à la clé, plus d'exportations et moins d'importations, donc plus d'activité et de croissance pour le pays. Les entreprises peuvent conserver une partie des gains de productivité sous forme de hausse des profits. Cela peut permettre de distribuer plus de dividendes, ce qui a un impact sur l'évolution de l'épargne et de la consommation. Une partie peut être dédiée au désendettement

Enfin, une part va à l'investissement. Les nouveaux équipements intégrant des procédés plus modernes sont sources de gain de productivité et permettent d'auto-entretenir le cycle de la productivité. Des investissements en hausse, c'est aussi une demande en biens d'équipement en progression et avec elle toute une série d'activités B2B qui s'insèrent dans la chaîne de valeur industrielle ce qui accroît encore une fois le PIB.

Des effets de second tour pour l'Etat

Plus de consommation, c'est plus d'entrée de TVA. Plus de salaires, c'est plus de cotisations sociales et d'impôts sur le revenu. Enfin plus de profit, c'est plus d'IS dans les caisses de l'Etat. La hausse des rentrées fiscales et sociales donne alors des marges de manœuvre pour se désendetter et/ou pour financer la croissance des dépenses publiques : transferts sociaux qui soutiennent la consommation des ménages, création d'emplois publics et investissement public qui permet notamment de rendre l'environnement plus favorable à l'offre : infrastructures, éducation, recherche fondamentale qui sont autant sources de productivité supplémentaires. La hausse de la demande publique participe à son tour à la croissance du PIB.

Ainsi, la distribution des gains de productivité, en dynamisant les différentes composantes de la demande globale (consommation, investissement, dépenses publiques et exportations) est un facteur de croissance économique. Une croissance qui, si elle est suffisamment élevée (c'est-à-dire supérieure aux gains de productivité), se traduit par des créations d'emplois dont les effets sur la consommation et les recettes fiscales et sociales se diffusent à leur tour.

Une mécanique bien huilée qui peut très vite se gripper si le schéma de la redistribution est déséquilibré et que certains tirent trop la couverture à eux.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 11/01/2016 à 7:49 :
Alors, il faut changer de modèle économique!
a écrit le 10/01/2016 à 7:51 :
On oublie le role de l'énergie dans le développement économique. On a le travail, le capital ET l'énergie.
a écrit le 09/01/2016 à 15:31 :
BONNE ANALYSE? LA REPRISE A TOUJOURS ETE DANS LES MAINS DE LA FINANCE ? MAIS IL FAUT QU ILS CHOISISENT ENTRE SPECULATION ET PRODUCTION???
a écrit le 08/01/2016 à 18:25 :
Et l'énergie, à quoi ça sert? C'est l'énergie qui permet de produire les richesses!
Réponse de le 08/01/2016 à 19:57 :
C'est l'ensemble des facteurs de production qui permet de produire des richesses.

Le travail, le capital (machines bâtiments, terres...), le savoir... sont ces facteurs de production.

Faire des gains de productivité c'est produire plus sans consommer plus de facteurs de production.

Les gains de productivité passent souvent par l'amélioration des processus de travail (du travail à la chaine de Taylor au lean on est toujours dans cette logique!)

Que le cout des facteurs baisse, ou que la productivité soit améliorée, on a toujours une hausse de la valeur ajoutée.

Une baisse du cout des facteurs de production (donc de l'énergie dans votre cas) peut donc globalement s'analyser de la même façon que les gains de productivité dans cette vidéo.

Cette baisse du cout de l'énergie va entrainer une baisse des prix, une hausse des profits ou des salaires... et surement un peu des trois. cf vidéo.
Réponse de le 10/01/2016 à 7:56 :
Attention, il faut raisonner "à niveau constant". Une augmentation du prix de l'énergie doit correspondre à une baisse équivalente du cout du travail. Reportez vous à la note n°6 du conseil d'analyse économique. Merci.
Réponse de le 10/01/2016 à 8:06 :
suite. C'est l'énergie qui permet d'utiliser l'outillage. Cette énergie peut être humaine (le travail) , animale ou physique (l'énergie). Cela mérite un développement.
Réponse de le 10/01/2016 à 18:41 :
Avant de lire les notes du CAE, ce que je fais régulièrement, vous devriez revoir vos bases en économie.

Parler du cout des facteurs alors que Passet évoque les gains de productivité n'a que peu de sens, c'est déplacer le sujet. C'est un sujet fort intéressant et plus d'actualité, avec la baisse du cours du pétrole, le CICE et la politique de l'offre en Europe, mais cela n'est pas le sujet de cette vidéo qui porte sur les conséquences des gains de productivité.
J'ai essayé poliment de vous le faire comprendre, mais vous n'êtes pas obligé de le comprendre, je vais réessayer mais j'irai pas plus loin.

Votre premier commentaire n'a pas de sens et à la relecture votre second n'en a pas non plus. C'est donc difficile d'y répondre.

Peut-être vouliez vous évoquer le cout global des facteurs lorsque vous parlez de "raisonner à niveau constant"? Soyez un peu plus explicite!
Actuellement en France on a une tendance à la baisse du cout de tous les facteurs, on ne peut pas parler vraiment de "niveau constant".

Quant à votre partie sur l'énergie, elle est presque comique. Le capital fonctionne grâce à l'énergie et au travail. Ils sont en interrelation, c'est ce qu'on appelle la combinaison productive. C'est une base, mais est-ce utile de le rappeler?


Bon dimanche.

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