Entreprise, n'ayez pas peur de "l'uberisation" !

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(Crédits : DR)
Pour beaucoup d'entreprises, l'irruption du numérique équivaut à l'arrivée de barbares s'attaquant à l'Empire. Mieux vaut jouer le jeu de le coopération et de l'intégration. par Guy Mamou-Mani, président du Syntec numérique

« Uberisation », cannibalisation des marchés, destruction créatrice, fracture, clivage des générations, renseignements, sécurité, ... Les expressions ne manquent pas quand est évoquée l'irruption du numérique dans nos vies quotidiennes. Tout se passe comme si le reste de l'économie voyait dans l'industrie numérique et même dans la transformation numérique des barbares qui tenteraient d'attenter à l'Empire, en sapant ses bases pour le mettre à genoux.
Or, vis-à-vis des barbares, deux attitudes sont envisageables : tenter de les repousser, à coups de réglementation et de contraintes, ou les intégrer dans son modèle pour en tirer profit. Si la première solution a le mérite d'être rassurante, elle risque pourtant de condamner notre pays, et même notre continent en faisant un confins de l'Empire, où l'on envoie les touristes.

L'exemple de la santé

La seconde solution, que l'on pourrait qualifier de gallo-romaine, bouscule sans doute un peu plus les habitudes des citoyens et des entreprises mais elle offre des possibilités d'améliorations inouïes de notre quotidien. La santé en est sans doute le meilleur exemple : non seulement les chercheurs et médecins du monde entier ont maintenant accès aux dernières innovations de traitement en un clic, mais encore les patients bénéficient, grâce à la télémédecine, d'un suivi personnalisé et constant, tout en diminuant les coûts pour le système de santé. Les professions médicales et paramédicales, par essence prudentes, se sont installées dans les territoires barbares et leurs patients ne peuvent que s'en féliciter.

Des boulangeries connectées

Qu'attendent alors les autres secteurs pour partir à la conquête du continent numérique ? Car bien sûr, il y a des ajustements à faire, bien sûr de nouveaux problèmes se poseront, bien sûr des habitudes seront modifiées, bien sûr des emplois seront détruits, bien sûr il faut créer le cadre de confiance, mais c'est pour que des solutions qui améliorent notre quotidien soient trouvées, d'autres emplois soient créés. Et surtout il s'agit d'aller dans le sens de cette révolution : les romains ont apporté leurs techniques d'agriculture, et les gaulois les ont adaptées avec les connaissances de leurs terres. Ils ont ainsi considérablement amélioré leur production et leur bien-être ! Le numérique porte en lui la capacité de s'intégrer aux modèles traditionnels : les boulangeries de demain créeront leur site internet, qui permettra aux usagers de commander en mobilité les baguettes et gâteaux du dimanche.

Intégrer les barbares

Cette intégration « gallo-romaine » est d'autant plus importante, que, si elle n'est pas faite, nous risquons de nous faire « hacker », au sens strict. Le numérique entrera sans autorisation dans nos quotidiens et pourrait cette fois nous balayer en nous laissant crier « Numérique, rends moi mes légions », comme Auguste à la bataille de Teutobourg.
La France a été en pointe lors de la révolution industrielle, une pionnière pour le dépôt de brevets. Nous pouvons aujourd'hui, grâce à l'éducation et à la formation, faire de la France une Nation qui embrasse en pleine confiance le numérique et fait de ses peurs son meilleur atout pour intégrer les barbares. Ayez confiance !

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Commentaires
a écrit le 12/05/2015 à 0:26 :
Uber n'innove en rien.
Uber bénéficie de la déréglementation.
Un bien ou un mal,l'avenir le dira.
Mais ne confondons pas tout.
Réponse de le 12/05/2015 à 7:06 :
tout à fait, uber optimise la relation client grâce aux technos actuelles, mais ce n'est en rien une innovation
a écrit le 11/05/2015 à 20:18 :
Monsieur Mamou-Mani a parfaitement raison dans son propos. L'une des principales craintes de pouvoirs publics est la destruction d'emplois. Or il ne faut pas dissocier la voie du numérique et celle des énergies renouvelables. C'est cette production d'énergie, qui une fois rentabilisée dans son investissement, permettra d'augmenter les services à la personne dans bien des secteurs. Ainsi nous devrions compenser le gain d'une énergie par de l"emploi. Une autre qualité de vie, tant sur le plan du fonctionnement des villes, que sur le conditionnement de la consommation. C'est à ce titre que la mondialisation est une grande erreur.
a écrit le 11/05/2015 à 18:57 :
Le problème ce n'est pas l'irruption du numérique mais l'irruption dans l'économie de mastodontes du numérique qui parfois abusent de leur position dominante .
Par exemple Amazon écrase la concurrence tout en étant délibérément déficitaire. Pas sûr que l'économie soit gagnante sans un minimum de régulation...
a écrit le 11/05/2015 à 17:12 :
Bonjour,
Il était temps que quelqu'un modère un peu le risque encourue par la numérisation. Il n’empêche que la mutation profonde de nombreux secteurs est bien là entrainant avec elle l’apparition de nouveaux métiers et l'obsolescence d'autres métiers et surtout de manière de travailler qui ont fait long feux. Le numérique et la digitalisation sont bien présent pour le pire parfois mais bien souvent et la majorité du temps pour le meilleur. Cela implique de s'impliquer profondément dans cette mutation des usages afin de rester compétitif sur les métiers traditionnels qui prennent au passage un gros coup de jeune.

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