Entreprises : toutes condamnées à la transformation

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(Crédits : DR)
Les entreprises bien assises, se croyant exonérées de toute transformation, se trompent lourdement. Par Christian Pousset, fondateur du cabinet PeopletoPeople

Le mot revient dans chaque assemblée générale, dans chaque projet d'entreprise, dans chaque analyse économique, ce mot c'est transformation. Si le terme est acté, entendu, la philosophie qu'il porte et les enjeux bien réels qui lui sont attachés sont encore sous-estimés. C'est pourtant là que se joue la bascule économique la plus significative et la plus violente de notre modernité.

 Un impératif de transformation, pour tous

Pour comprendre l'impératif de transformation auquel sont confrontées les entreprises, il suffit de porter un regard rétrospectif sur nos marchés. Le constat est implacable, en à peine quelques années, combien d'entreprises, combien de secteurs, combien d'acteurs économiques ont vu leurs modèles attaqués, concurrencés, ubérisés par de nouveaux entrants ? Combien d'entreprises ont vu leur clientèle s'éroder, leurs parts de marchés fondre ? Combien de dirigeants se sont retrouvés, par manque d'anticipation, dans des situations critiques où le devenir de l'entreprise même se trouvait en jeu, et, il faut le dire, combien d'entreprises ont tout simplement disparu ?

 Cette idée selon laquelle, une entreprise, par son positionnement, par son secteur, par sa notoriété pourrait s'exempter de toute transformation, serait par nature au-dessus de cette exigence, est une dangereuse illusion. Face à une temporalité de plus en plus pressante, transformer pour créer en permanence de la valeur économique financière, n'est pas une option, mais une nécessité.

Toute transformation subie est une violence

Toute transformation subie est une violence. Soyons concrets. Le secteur de la vente à distance est à ce titre un exemple des plus parlants. Les acteurs historiques du marché n'ont pas su anticiper le virage numérique, et n'ont pas compris que ni leur offre, ni leur nom, ni leur réseau ne pourraient à eux seuls contrer l'irruption d'acteurs comme Amazon. A l'origine, pour Amazon, s'implanter sur ce marché ultra concurrentiel n'était en rien une évidence. En face de lui des acteurs solides, reconnus, La Redoute, Les Trois Suisses pour ne citer qu'eux, jouissaient d'une image de marque extrêmement forte, et étaient même pour certains entrés dans la culture, la tradition française.

Tant est si bien qu'ils auraient pu, par leur expérience, aborder le virage numérique avec sérénité et en sortir en tête. Ce ne fut pas le cas. Pourquoi ? Parce ce qu'à ce moment précis, ces entreprises n'ont pas vu, n'ont pas senti que leur marché était en pleine transformation, que de nouveaux modèles d'entreprises les attaquaient, que de nouvelles offres, plus adaptées aux attentes d'une clientèle en perpétuel mouvement, avaient préempté le marché.

Créer de la valeur rapidement ou retenir une approche industrielle de long terme?

Ce qui ressort de cet exemple, c'est un véritable choc en termes de temporalité et de projet d'entreprise. D'un côté, une logique basée sur une approche industrielle dans la durée, de l'autre l'ambition de créer, rapidement et massivement, de la valeur financière. Si l'on peut s'interroger sur la pertinence à long terme de ces deux approches, un constat s'impose : en à peine quelques années, Amazon a étouffé la concurrence.
La transformation, ce n'est pas un simple mot, un simple discours, c'est un impératif.

Ce n'est pas un hasard si les plus grands dirigeants, des plus grands groupes en ont tous fait leur ligne directrice. Transformer, c'est remettre en question en permanence son modèle, c'est anticiper les évolutions, c'est connaître les nouveaux acteurs de son écosystème, pour s'en rapprocher, pour s'en inspirer, pour les concurrencer. Transformer c'est comprendre que ses clients, ses salariés évoluent, que leurs attentes changent, et que l'entreprise doit changer avec eux, et si possible avant eux.
Aujourd'hui une entreprise qui ne se transforme pas est condamnée, à court ou moyen terme.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2016 à 17:41 :
Ce que dit l'auteur de l'article n'est pas une nouveauté , de tout temps les entreprises se sont développées en innovant et en investissant faute de quoi elles ont disparues .
Le nouveau paramètre à intégrer aujourd'hui est la vitesse du changement .
Pour suivre ces évolutions les chefs d'entreprises investissent ou aident des startup sachant que sur le nombre seules quelques unes survivront et deviendront leaders de leurs secteurs sans que ce soit pour longtemps ....
a écrit le 25/01/2016 à 13:03 :
Je ne dirais pas "toutes condamnées à la transformation" mais "celles se contentant de leur zone de confort" . Cependant des outils et méthodes existent pour s'adapter au marché changeant. http://julientrom.blogspot.com/
a écrit le 25/01/2016 à 11:03 :
Pas vraiment d'accord avec cette analyse qui me semble bien incomplète tout de même.

Le réel changement qui est en train de révolutionner le monde de l'économie à mon avis est celui de la relocalisation de l'économie, ce que permet internet. Le "village globale" stupide appellation parce que d'abord porté sur les intérêts financiers avant les enjeux humains est en train de vaciller, du coup ses tenanciers que sont les multinationales, aux modes de fonctionnement de plus en plus inhumain complètement déconnectés de la réalité dorénavant ont de plus en plus de mal à s'adapter à cette nouvelle économie qui ne vient pas des gens mais de cette nouvelle façon de consommer.

Les gens ont de moins en moins d'argent et du coup commencent à comprendre qu'il vaut mieux donner deux euros à son voisin pour un service ou un bien car ils finiront par toujours par en récupérer au moins un, plutôt que deux euros à un géant auprès duquel ils savent pertinemment qu'ils ne récupéreront jamais leur argent.

Cette diète financière que subissent les ménages du fait de l'accumulation des richesses dans les mêmes mains et pires dans des comptes ofshore ne contribuant d'aucune façon à la redistribution des richesses et donc au partage vital de l'économie, est en train d'obliger les consommateurs à consommer de plus en plus intelligemment.

Intelligence consumériste à laquelle ils n'étaient pas habitués mais qui elle va finir par profondément bouleverser le fonctionnement des monopolisateurs des outils de production qui d'ailleurs sentent bien que quelque chose de terrible se prépare contre eux mais comme ils sont dorénavant incapables d'analyse sereine car dénuée d'intérêt propre, les serviteurs serviles et avides ayant leurs rapides limites, du coup habitués à e gaver se greffent de plus en plus largement dans les dépenses de l'état.

Tout ces gens nous affirmant que l'état c'est pas bon pour l'économie sont de plus en plus dépendants de lui, cocasse mais peu rassurant en ce qui concerne l'avenir de l'économie mondiale.
Réponse de le 25/01/2016 à 12:03 :
La répartition des richesses ne se fait plus au niveau local, mais mondial. La mondialisation a pour finalité de financiariser toutes les activités économique de la planète. Le travailleur indépendant va disparaître, contrairement a ce qu'on veut nous faire croire. Mon plombier a été racheté par une multi-nationale, mon chauffagiste aussi, le transporteur routier, le chauffeur de bus, le chauffeur de taxi, l'agent de sécurité, mon boulanger est devenu une franchise coté en bourse, comme mon restaurant, mon épicerie, les cabinets d'avocats et d'expert... Même les paysans sont remplacés par des société internationales. C'est à cette transformation que doivent se préparer nos entreprises.
Réponse de le 26/01/2016 à 13:52 :
La répartition des richesses ne se fait plus du tout.

30000 milliards au bas mot qui s'entassent dans les comptes ofshore à savoir de l'argent qui ne profite ni à la répartition des richesses, du fait qu'ils échappent aux impôts étatiques, ni à l'économie puisque seulement entassés afin de faire la course avec l'autre copain milliardaire pour savoir celui qui possédera le plus.

Mon boulanger à moi est un artisan, mon mécano également, le chauffeur de bus qui emmène mes enfants à l'école travaille pour la communauté de commune, mon épicière est à son seul et unique compte, mon avocat est en profession libérale, mes restaurants préférés appartiennent à des cuisiniers en leur nom, par contre en effet 90% des agriculteurs que je connais sont liés, pieds et poings, à l'agro-industrie.

Je ne sais pas où vous vivez mais il est assez effrayant votre environnement sociale, logique donc que vous soyez tellement pessimiste.

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