Faut-il réserver les allocations familiales aux plus modestes ?

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[Replay 28'] La Tribune publie chaque jour des extraits issus de l'émission "28 minutes", diffusée sur Arte. Aujourd'hui, faut-il réserver les allocations familiales aux plus modestes ?

Olivier Véran a relancé le débat sur les allocations familiales en fonction des revenus. Fin septembre, le député LREM de l'Isère et rapporteur général de la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale a annoncé vouloir « étudier la fin de l'universalité des allocations familiales ». Parallèlement, la Cour des comptes a délivré un satisfecit aux réformes de politique familiale qui ont eu lieu depuis 2012 sous le quinquennat Hollande. La Cour souligne que « la presque totalité des prestations familiales sont attribuées ou modulées en fonction des ressources, ce qui constitue une mutation historique ». Mais ceux qui s'opposent à un tel changement mettent en avant le fait que les cotisations sociales ne doivent pas être liées aux ressources, car il existe déjà un impôt sur le revenu.

Sur ce sujet, le clivage n'est pas un clivage droite-gauche. Faut-il réserver les allocations familiales aux plus modestes ?

Pour en débattre, nous recevons Jean-Thomas Lesueur, délégué général du think tank libéral Thomas More, Hélène Périvier, économiste à l'OFCE et spécialiste des politiques familiales et Claude Le Pen, économiste de la santé.

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Commentaires
a écrit le 14/10/2017 à 16:42 :
Lors de la création de la Sécurité Sociale, assise sur les COTISATIONS des salariés, le principe soutenu était l'universalité des allocations : tout enfant ouvre un droit peu importe le niveau de salaire du foyer. C'est la notion d'assurance : je cotise, mais j'ouvre aussi droit si je puis y prétendre (ici si j'ai un enfant). C'est ce que l'on appelle un droit universel.
Parallèlement, la pauvreté était traitée via l'IMPOT redistributif : on ôtait aux plus riches pour donner aux plus pauvres. On piquait au célibataire pour donner aux familles.
On a fait jouer à la Sécurité Sociale un double jeu : on a permis l'affiliation en masse et la création de droits payables à des non cotisants, puis multiplié les prestations (AAH, API, RSA, PPA, APL, etc) à des publics parfois non familiaux (allocation adultes handicapés par exemple), et mis la presque totalité des prestations sous conditions de revenus, la galette étant devenue trop petite pour nourrir tous ces foyers. Parallèlement on a introduit une dose d'impôts dans les recettes de la SS. On a donc affaibli le principe d'origine (l'universalité) au bénéfice de ce qui est normalement dévolu au rôle de l'impôt : la solidarité, ou redistribution. Pour affaiblir encore davantage le rôle de la SS, on supprime la cotisation famille par de l'impôt ( ce qui peut paraître logique, les familles avec enfants ne constituant même plus 50% des ménages allocataires, le reste c'est des étudiants, des personnes seules ou âgées avec de l'aide au logement ou du RSA, des handicapés, des jeunes travailleurs avec de la PPA, etc).
Le risque maintenant c'est de n'avoir plus de SS (puisque sera uniquement abondé via des recettes fiscales), et de laisser l'état diriger la branche tout seul. Ce sera donc alors uniquement du financement aux pauvres.
Je rappellerai jusque que la branche famille est la seule branche généralement excédentaire de la Sécu, et que l'Etat a l'habitude de transférer les excédents d'une branche saine vers celles en déficit : l'excédent famille va compenser la branche maladie ou retraite déficitaires. Donc les retraités ou les remboursements santé de M. Ou Mme Tout le Monde profitent du transfert famille par ce biais.
Par ailleurs, le Régime Général est souvent siphonné pour "compenser" les autres régimes en déséquilibre cotisants/dépenses : on finance ainsi par ex les MSA ou la SNCF (plus de retraités que de cotisants), et bien d'autres encore, où les prestations servies sont plus avantageuses que les nôtres... Donc le principe va migrer forcément vers des prestations uniquement de solidarité aux plus pauvres, familles ou non.
a écrit le 14/10/2017 à 7:28 :
Les allocations familiales devraient être fonction des EFFORTS d'éducation des parents : s'ils font en sorte que leur enfant ne traine pas, suivre et ne pas contester les représentants de l'éducation, forces de l'ordre etc.
Car aujourd'hui, il y a des parents qui prennent parfois les enfants des autres pour s'assurer que leurs enfants ne restent pas livrés à eux-mêmes quand ils bossent, qui renoncent à leur paix pour s'assurer que leurs enfants réussissent et s'intègrent à la société en respectant les lois et les autres. Et d'autres familles qui font des enfants pour toucher les allocations et défendent leurs enfants même quand ceux ci dégradent les biens de tous, font le bordel... Et certains terroristes !
a écrit le 13/10/2017 à 20:37 :
LES ALLOCATION FAMILLIALE ONT ETE INVENTE APRES LA GUERRE POUR AIDE LES FAMILLES PAUVRES A ELEVE LEURS ENFANTS / AUJOURDHUI AVEC 4000EUROS ONT N AI PAS PAUVRE???
a écrit le 13/10/2017 à 18:21 :
Oui mais arrêtons de croire que gagner 3000 euros rend riche par ex en région parisienne...
Oui aux diminutions des prestations sociales et aux augmentations d impôts mais il faut stopper le matracage fiscal des classes moyennes sinon il n'y aura plus que des pauvres assistés et des riches qui s enrichissent (la France n'a jamais autant versé de dividendes)
a écrit le 13/10/2017 à 17:06 :
non mais les rendre IMPOSABLES POUR TOUT LE MONDE
a écrit le 13/10/2017 à 13:43 :
suppression pour TOUS à partir de 3 enfants (renouvellement des générations plus une unité) et voilà ! Et statu quo actuel
a écrit le 13/10/2017 à 13:40 :
Il faut probablement les supprimer et les remplacer, elles et le quotient familial, par un crédit d'impôt. Par exemple 1500-2000€ par an et par enfant.
a écrit le 13/10/2017 à 13:15 :
Si on continue de lier les AF à l'impôt qui les finance (flat tax type cotisations non contributives ou CSG), plafonner les AF revient à baisser le taux de cet impôt et donc à favoriser les gens très riches (pour eux l'allocation est négligeable devant le delta d'impôt). Par contre si on ne veut pas que ça apparaisse en dépenses il suffit d'en faire un crédit d'impôt au lieu et place du quotient familial...
a écrit le 13/10/2017 à 12:29 :
Quand on voit une cadre seule qui gagne 2300 net à qui on verse 700 euros d'aide par ce qu'elle a un enfant. Il y vraiment un problème.... et ce n'est qu'un exemple.

Si les aides sont accordées aux bas salaires et aux familles en difficultés. Cela semble beaucoup plus logique.

Et pour répondre à Mr blazé. Les riches n'aident et n'aideront jamais les pauvres. Balivernes...

Enfin une bonne décision!!!!!!!
Réponse de le 13/10/2017 à 13:20 :
Toute personne reçoit A - T*R où A est l'aide, R le revenu primaire de la personne et T un taux d'imposition (permettant de payer les aides). Lorsqu'une personne est "pauvre" cette expression est positive et lorsqu'elle est "riche" cette expression est négative ce qui revient à dire que A est alors un crédit d'impôt (comme cela existe déjà dans l'IR avec les parts).
Conclusion : non il n'est pas logique ni juste de limiter A aux pauvres
Réponse de le 13/10/2017 à 13:51 :
"Et pour répondre à Mr blazé. Les riches n'aident et n'aideront jamais les pauvres. Balivernes..."

Pour vous répondre j'ai cliqué sur le mot répondre écrit en rouge sous votre commentaire, par magie une fenêtre s'ouvre qui est justement faites pour vous répondre ! Incroyable mais pas difficile vous savez.

Non les riches ne sont pas capables d'esprit solidaires, comme le dit Nietzsche ils sont abêtit et possédés par leurs possessions, la peur s'étant installée à vie en eux, ils ne pensent plus qu'à ce qu'ils ont. Ils ont perdu toute liberté de pensée et d'action chacun de leurs gestes étant dorénavant entièrement prévisibles.

Voulez vous que je vous explique également pourquoi Nietzsche les met dans le lot des "faibles" ces gens possédés par leurs possessions également ?

Ce serait avec plaisir il semblerait que vous partiez de loin mon ami.
Réponse de le 13/10/2017 à 14:01 :
Parce que tu penses réellement qu'à 2300 € tu es riche ?
Sincèrement, avec ma conjointe, on a approximativement 3300 € revenus mensuel. On a un petit depuis 1 ans, sans allocation familiale, nous n'aurions surement pas décidé de faire un bébé. La nounou nous coûte 700 à 800 € par mois, auquel on déduis environ 400 € d'allocation de base et complément de mode de garde (on pourra aussi déduire l'équivalent d'un peu moins de 100 € / mois en crédit d'impôt pour cette garde), il faut bien le nourrir, le vêtir, acheter tout ce qui va avec... (Siège auto, poussette, lit, ameublement...), il y a aussi les factures à côté, logement, edf, charges...

Personnellement, je ne me plains pas du tout, mais c'est sûr que sans allocations familiales, ce serait très chaud. Et encore, sur le net que l'on paie à la nounou, la CAF prend en charge ses cotisations salariales, ainsi que les cotisations patronales. Si on devait payer plein pot, on taperait facilement 1300 à 1400 €. Et là, ce n'est même plus la peine de calculer...
a écrit le 13/10/2017 à 11:51 :
Oui c'est logique mais le principal risque en oligarchie est le suivant: si seuls les plus modestes bénéficient des allocations familiales ces dernières n'auront plus personne pour les défendre puisque les pauvres ne sont pas écoutés en oligarchie, et les possédants finiront par les éliminer totalement ne voyant plus que de l'argent gaspillé inutilement puisque ne bénéficiant pas qu'aux milliardaires.

Par ailleurs tout dépend également de la limite que l'on pose à ceux qui en ont besoin cette limite finissant par ne plus toucher que les très pauvres laissant les pauvres dans la même précarité que les très pauvres.

Le problème ne vient pas des Lois mais des gens qui la font.

"Quand les avocats d’affaires écrivent les lois" https://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/GOANEC/48589

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