Grèce : il faut plus de coopération en Europe pour conclure la revue du programme

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Dimitrios Papadimoulis est vice-président du parlement européen.
Dimitrios Papadimoulis est vice-président du parlement européen. (Crédits : DR)
La Grèce et ses créanciers sont à la croisée des chemins. Il faut conclure la seconde revue du programme et que l'Allemagne et le FMI cessent de bloquer les discussions. Par Dimitris Papadimoulis est Vice President du parlement européen, chef de file du groupe Syriza.

En dépit de difficultés  croissantes et d'obstacles après sept ans d'une récession profonde et un  PIB en recul de plus de 25%, les grands sacrifices du peuple grec et l'agenda de réforme du gouvernement commencent à donner - pour la première fois - des résultats.

En 2016, l'économie grecque a obtenu un taux de croissance légèrement positif et les cibles d'excédents primaires ont été dépassées. Ce fait a permis au gouvernement de débloquer un plan exceptionnel de soutien aux retraités à bas revenus et de geler la hausse de la TVA dans les îles de la mer Égée qui souffrent de l'immense flux de réfugiés. Entre temps, le chômage a constamment reculé, de 27% au début de 2015 jusqu'à 23% à la fin de 2016, alors que les prévisions des organisations internationales prévoient une croissance de 2,5% à 3% pour la période 2017-2020.

L'Allemagne et le FMI doivent cesser de bloquer la situation

Après beaucoup d'années, il existe donc des développements positifs pour l'économie et la société grecque. Et ce serait dommage de les abandonner. Le gouvernement grec doit faire plus et accélérer le rythme des réformes, mais, dans le même temps les créanciers et nos partenaires européens ont besoin de tenir leurs engagements et de cesser de faire des demandes irrationnelles et folles, qui sortent du contexte de l'accord présent. Il est ici fait allusion à la position adoptée par le gouvernement allemand et le FMI qui, tous deux empêchent tout développement positif et détruisent tout progrès du côté grec.

Lors du dernier Eurogroupe du 20 janvier, il n'y a eu aucun progrès, mais au contraire un ensemble de demandes imprévisibles que non seulement la Grèce, mais aussi aucun autre membre de la zone euro et de l'UE ne pourrait accepter. Il est impossible d'appeler la Grèce à légiférer maintenant, en avance, des mesures pour 2019. Ceci va à l'encontre de la constitution et notre culture juridique et politique européenne. De surcroît, le progrès réalisé par la partie grecque et la situation budgétaire positive ne laisse pas de place pour une telle procédure anticipée et de précaution.

Les soutiens de la Grèce

La Commission européenne et le MES soutiennent la Grèce et reconnaissent les progrès et les efforts réalisés par le gouvernement, même si ces deux institutions doivent renforcer leur position à la table des négociations. Il est inacceptable que la Grèce se trouve dans la position d'être "l'objet" de négociations derrière des portes closes entre le FMI et l'Allemagne. Nous ne devrions pas non plus oublier que le principe de solidarité et de décision en commun dans la prise de décision est un élément essentiel de la loi de l'UE que toutes les parties doivent respecter.

Les choses semblent très claires au parlement européen, où le groupe de gauche, les Socialistes et les Verts soutiennent ouvertement et publiquement le gouvernement grec, non seulement parce qu'ils reconnaissent les progrès réalisés en termes de réformes, de capacité budgétaire et de stabilité. Et parce qu'ils perçoivent les menaces d'un échec, c'est-à-dire l'absence de conclusion de la revue du programme.

Ne pas alimenter l'extrême-droite

Tout retard supplémentaire causerait des turbulences plus profondes dans l'establishment européen. Il affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions européennes et nourrirait les forces populistes d'extrême-droit. Ces forces développent un profil social pour parvenir au pouvoir, mais ils n'ont pas d'agenda social en dehors de la destruction de l'UE et du démantèlement de l'UE et de ses valeurs fondatrices.

La Grèce et l'UE sont à la croisée des chemins. Il en va de notre intérêt commun, en Grèce et à l'extérieur de la Grèce, de dépasser avec succès ce point crucial, de conclure la seconde revue du programme et, ensuite, d'avancer dans les discussions sur les excédents primaires au-delà de 2018. Le temps presse, et c'est pourquoi une coopération entre les partis est nécessaire en Grèce.

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Commentaires
a écrit le 02/02/2017 à 9:59 :
La "crise grecque" permet aux allemands de se financer à taux négatifs. Ils feront tout pour la faire durer.
a écrit le 01/02/2017 à 17:01 :
M. Dimitris Papadimoulis, essayez de comprendre la logique de l’Allemagne. Elle est basée sur le fait qu’il n’y a pas que la Grèce qui est en crise dans la zone euro : L’Italie, la France , le Portugal, la Finlande, etc. sont en crise. Pour l’Allemagne entrer dans une stratégie qui consisterait à sauver l’euro à tout prix serait une stratégie qui l’obligerait à colmater toutes les crises et il y a de nombreux pays dans la zone euro. Elle ne veut pas commencer à appliquer cette stratégie avec la Grèce parce qu’elle va devoir l’étendre à d’autres pays de la zone euro. L’Allemagne avec l’Euro bat des records d’excédents commerciaux, mais elle bat ces records au détriment des pays qui ont fait l’erreur de partager la même monnaie qu’elle, qui n’ont plus aujourd’hui qu’une stratégie de dévaluation interne peu efficace pour s’en sortir.

Quand vous aurez compris que l’Allemagne ne veut pas entrer dans une stratégie qui consisterait à sauver l’euro « à tout prix » car elle craint les impacts économiques et financiers négatifs pour elle d’une telle stratégie, vous aurez aussi compris qu’il n’y a rien à espérer. Mais j’ai l’impression qu’il vous faudra encore du temps pour le comprendre car l’idéologie bien souvent l’emporte sur un raisonnement strictement objectif.
a écrit le 01/02/2017 à 16:51 :
Comme l'actualité nous le prouve tous les jours ce n'est pas l'intérêt des peuples que visent les institutions européennes mais celui des principaux possédants, du coup il y a la raison d'un côté et le dogme néolibérale aveugle, sourd et attardé de l'autre.

Les possédants savent parfaitement, même s'ils n'aiment pas changer leurs habitudes, qu'ils arriveront toujours à faire des affaires avec l'extrême droite, donc cela ne les inquiète pas plus que ça. Hélas pour la Grèce également, à part sortir de l'UE, qu'elle reprenne tout ces outils de production auparavant quand même, je ne vois pas de sortie de crise possible tant que l'europe sera dirigée par les banquiers.
Réponse de le 01/02/2017 à 17:53 :
@citoyen blasé: j'ai le mouchoir au bord des yeux en lisant. Tu envoies quand ton chèque aux Grecs ?
Réponse de le 02/02/2017 à 15:40 :
Bon ben puisque la modération semble considérer, je ne sais pas par quel miracle, que votre commentaire n'est pas du trollage...

Pourriez m'expliquer ce que vous dites je vous prie ? Je ne comprends absolument rien, essayez de retirer votre ressentiment en recommençant cela devrait être de suite bien plus clair, merci.
a écrit le 01/02/2017 à 16:26 :
il est gentil le monsieur
il explique que si les allemands ne font pas open bar comme le souhaite le fmi ( qui souhaite au passage dire ce qu'il ft faire mais en se desengageant a 100%), l'extreme droite arrivera au pouvoir
ou est le pb? y a bien de l'extreme gauche au pouvoir sans que ca n'emeuve qui que ce soit, et les arguments sont au moins aussi populistes
evidemment quand on a promis de raser gratis et que ca ne se passe pas comme prevu......
question subsidiaire
les maisons ont elles desormais un toit? et y a t il un cadastre pour renceser les maisons avec et sans toit pour leur faire payer des impots?
Réponse de le 01/02/2017 à 16:44 :
@Churchill: aux dernières nouvelles, il existe un registre foncier, mais encore faut-il s'y inscrire ! Quelqu'un m'a dit que personne ne s'y inscrivait (ce que je crois exagéré) et que donc ils ne payaient pas. Les indépendants travaillent tous au noir. Si tu achètes de l'essence par exemple, il y a un signe qui te dit qu'ils acceptent les cartes de crédit, mais pas de chance, cela ne fonctionne pas aujourd'hu (pas plus qu'hier ou que demain d'ailleurs). Il y a du boulot pour ramener les Grecs dans le camp de la civilsation et personnellement, je l'ai tpujours dit, ils appartiennent au Moyen-Orient plus qu'à l'Europe de par leur mentalité :-)
Réponse de le 01/02/2017 à 22:33 :
Patrickb quand as-tu été en Grèce pour la dernière fois? Moi la dernière fois que j'y suis allé, dans les magasins on était étonné que je paye en liquide et non par carte ... Arrête d'inviter des fausses informations sur les grecs! Reviens sur terre et ouvres les yeux sur qui sont les vrais voleurs!
Réponse de le 01/02/2017 à 23:43 :
@Vassilis: figure-toi que j'y étais il y a 2 mois et que j'y retourne dans 3 mois, car ma mission n'est pas terminée. Je souhaiterais d'ailleurs que les touristes fassent part ouvertement de leur expérience, car j'ai en beaucoup rencontré qui m'ont confirmé ce que je dis :-)
Réponse de le 02/02/2017 à 0:03 :
@Vassilis: d'autre part, je dois reconnaître que tu as un statut que je n'ai pas. En effet, personne ne s'étonne à la caisse de la façon dont je paie, c'est mon paiement qui est important, pas moi (show me the money). Mon seul handicap, c'est quand ma carte de crédit ne fonctionne pas pour les motifs évoqués, mais bon j'ai l'habitude des Grecs :-)
a écrit le 01/02/2017 à 16:22 :
Sûr, il faut que les autres travaillent plus pour payer l'incurie des Grecs. La pensée socialiste type :-)

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