La santé de demain passe par les réseaux de soins

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(Crédits : DR)
Les réseaux de soins sont une vraie réponse, efficace, à l'inflation des tarifs médicaux (dépassements d'honoraires). Par Olivier Babeau, vice-président de la Fondation Concorde

Au cœur du débat pour l'élection présidentielle, le rôle des organismes complémentaires (mutuelles, assurances, institution de prévoyance) fait l'objet d'une surenchère de propositions allant de leur nationalisation à leur suppression, comme si leur existence, à côté du système étatique et en partenariat avec lui, ne pouvait être qu'un pis-aller illégitime, inefficace et coûteux.

 Cette caricature nie le rôle historique des Complémentaires. Elle fait l'impasse sur les solutions indispensables qu'elles ont développées pour assurer la protection sociale de 63 millions de Français et garantir la pérennité de son financement. Certaines vérités doivent être rétablies.

 Les complémentaires santé, une solution indispensable

D'abord, le recours au privé ne signifie pas la fin du service public ! En France, beaucoup d'entreprises privées assurent des services publics dans un cadre concurrentiel ou régulé, comme la distribution de l'eau ou le ramassage des déchets, sans que cela ne conduise au cataclysme prédit par les tenants du « tout Etat ».

Ensuite, si l'État a favorisé le développement des Complémentaires (95% de la population française est désormais couverte, contre 84% en 1998), c'est bien pour assurer une couverture sociale aussi large que possible au plus grand nombre. Pour apporter un soin plus attentif à ceux qui en ont besoin, l'Assurance maladie s'est concentrée progressivement sur les affections de longue durée, qui touchent de plus en plus de Français. Conséquence de ce choix, les Complémentaires ont constitué une solution indispensable pour assurer que les ménages puissent avoir accès aux soins moins bien pris en charge par le régime général (notamment bucco-dentaires, optiques et audioprothétiques). Au total, cette alliance a permis de couvrir l'ensemble des besoins médicaux des Français.

L'inflation des dépassements d'honoraires...

En dépit de ces avancées, un réel obstacle demeure : la progression des dépassements d'honoraires et de tarifs est particulièrement élevée, notamment pour les soins courants, ce qui pèse sur les Complémentaires et contraint leur capacité de remboursement. Cette inflation a pour effet que les dépenses à la charge des patients peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros, même après remboursement. De nombreux Français sont ainsi contraints de renoncer à se soigner.

... et son remède

Pour remédier à cette dynamique d'exclusion, les Complémentaires ont développé des réseaux de soins conventionnés, qui les associent à des professionnels de santé dans une démarche partenariale : elles négocient avec eux des tarifs raisonnables et en échange, ceux qui le souhaitent peuvent s'engager dans un exercice différent, accompagnés dans leur quotidien, bénéficiant d'une meilleure visibilité et de revenus stabilisés. Cette démarche commune est directement favorable aux patients : elle permet de leur proposer des contrats moins chers, ce qui favorise une plus grande égalité en matière de santé. Pour l'Assurance maladie, cette dynamique vertueuse est une garantie que les Français seront efficacement protégés.

Contrairement à ce que prétendent les porte-voix des lobbies, qui abritent leurs préoccupations financières derrière de faux-semblants, ces réseaux respectent la liberté de tous les acteurs du système de soins, au demeurant protégée par la loi. Les patients peuvent évidemment voir le praticien qu'ils souhaitent et souscrire à la mutuelle qu'ils veulent. Les professionnels, dont l'indépendance est protégée, restent seuls maîtres de leur exercice et seuls décisionnaires des traitements, conformément à leur déontologie.

 Un vrai besoin

Le succès des réseaux montre qu'ils répondent à un vrai besoin. Ils sont d'ailleurs déjà présents dans nos vies : en France, on en compte aujourd'hui une dizaine ; plus de 17 000 professionnels de santé ont signé un partenariat avec l'un d'eux et près de 48 millions de Français en sont bénéficiaires potentiels. Leurs effets positifs sur la régulation des dépenses de santé ont même été reconnus par des institutions comme l'Autorité de la concurrence. A l'heure où les modèles de gestion des risques sont à réinventer, cette coopération entre différents acteurs issus du public et du privé fait partie des solutions d'avenir: souhaitons que les candidats s'en saisissent au-delà des postures politiciennes, dans l'intérêt des patients !

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Commentaires
a écrit le 22/02/2017 à 21:02 :
Les professionnels de santé sont libres jusqu'au jours où 30 % de leur patients viennent du fameux réseau. Après la mutuelle peut décider unilatéralement d'imposer ses prix car si le praticien refuse il perd 30 % de son chiffre d'affaire et peut mettre la clef sous la porte. Ce système est de l'esclavagisme comme celui que subissent les agriculteurs de la part de la grande distribution
a écrit le 22/02/2017 à 19:03 :
"Ensuite, si l'État a favorisé le développement des Complémentaires (95% de la population française est désormais couverte, contre 84% en 1998), c'est bien pour assurer une couverture sociale aussi large que possible au plus grand nombre"
On croit rêver!!!! c'est surtout pour que les complémentaires s'en foutent encore plus plein les poches avec des cotisations supplémentaires.

"elles négocient avec eux des tarifs raisonnables" N'importe quoi !! les tarifs sont imposés et le professionnel de santé s'il veut continuer de vivre de son travail comment il compense cette perte de tarif. Je vous le donne en mille sur la baisse de la qualité.
Faut pas croire. La santé a un coût, qu'est-ce qu'ils croient ces comptables!!!
a écrit le 22/02/2017 à 14:32 :
Sous le titre : " Programmes santé et présidentielles 2017: appuyez sur S" la webradio webtv indépendante AWI consultable sur www.awi1.com revenait la semaine dernière sur l'une des préoccupations majeures des Français mais aussi des professionnels de santé.
Le texte de présentation de la chronique vidéo de Patrick Gorgeon, directeur de la rédaction rappelait tout d'abord les choses suivantes :

"Fin 2016, la Documentation française publiait, dans la collection Doc en poche, un ouvrage intitulé : « France 2017 : les données clés du débat présidentiel »
Réalisé par les rédacteurs de l’institution, ce livre de quelque 140 pages, à la portée de tous, présente aujourd’hui pour intérêt majeur d’aborder chacun des sujets incontournables dans le cadre de la définition des différents programmes politiques.
Les 24 thèmes retenus, sans cesse remis sur le métier, sont indéniablement les piliers sur lesquels reposent le fonctionnement et l’avenir de la société. Ils renvoient d’ailleurs clairement aux maux identifiés comme étant à l’origine d’un certain nombre de dysfonctionnements.
Croissance, chômage, fiscalité, lutte contre le terrorisme, immigration, avenir de l’Union européenne, réchauffement climatique… au coeur de l’actualité et de la campagne présidentielle, ne sont que quelques-uns des sujets dominants qui seront débattus à force d’arguments par chacun des candidats.
Mais bien d’autres préoccupations dont la liste est longue occupent également les esprits.
Protection sociale, enseignement, endettement, compétitivité du made in France, aménagement territorial, logement, pouvoir d’achat, retraites, formation professionnelle, jeunesse, numérisation, santé…
Et c’est sur ce dernier point « S », à la croisée des chemins en raison de son interdépendance avec de multiples facteurs dont les influences ne peuvent être négligées, qu’AWI s’arrête cette semaine.
Pour mettre de l’ordre dans un secteur qui fait appel à des compétences reconnues, dont le caractère indispensable est patent aux yeux des Français, il faut pouvoir s’appuyer sur des conseils départementaux, régionaux voire nationaux qui relayent les idées et propositions de ceux qu’ils représentent et sont les véritables acteurs de terrain.
Mis à part les diverses représentations syndicales qui émettent leurs messages, la grande diversité des métiers relevant du secteur santé public et privé, rend en effet délicate la définition d’une politique idoine parfaitement équilibrée visant à répondre simultanément aux besoins et attentes des patients comme des professionnels de santé. D’autant que cette dernière est fortement dépendante des moyens financiers dévolus à la santé publique. De plus, la diversité et la nature des besoins exprimés par les représentants d’une population dont l’âge, le sexe, la situation personnelle et professionnelle, la localisation notamment, complexifient à souhait la mise en place d’une stratégie santé miracle. A moins de 2 mois du premier tour de la présidentielle, il semblait donc indispensable de faire le point sur les propositions formulées par les candidats dans ce secteur sensible qui nous concerne tous, un jour ou l’autre. En attendant que politiques et professionnels de santé ne se livrent à ce qu’il faut bien appeler un débat public d’intérêt général avec mention grand « S ».
a écrit le 22/02/2017 à 13:42 :
On les voit bien venir les réseaux mutualistes avec leurs centres de santé ouverts jusqu'à 17 h avec l'impossibilité de recevoir leurs patients en urgence. Résulats : les patients déboulent en urgence dans les cabinets privés en acceptant de payer un dépassement qui n'est que la conséquence du blocage des tarifs des actes depuis 30 ans.
Les mutualistes reconnaissent eux même qu'ils perdent de l'argent dans leurs centres au tarif de la sécurité sociale .
Qu'ils publient d'abord leurs comptes, ces quelques 500 organismes complémentaies !,les salaires de leurs dirigeants, et on discutera ensuite.
Réponse de le 23/02/2017 à 6:43 :
Une consultante, une coach, une formatrice ou un truc comme ça en provenance du mille-feuille ( sans aucune formation académique) lance à un précaire:

"Votre LACET est défait, cela veut dire que vous êtes LASSÉ de vivre. Vous avez des tendances suicidaires ou bien elles sont inconscientes. Il suffit de voir. Je vois. LACET = LASSER. Votre médecin généraliste ne vous en a pas parlé, n'est-ce pas ? Alors quittez le comme médecin traitant et allez voir celui de >>> ( service public) et prenez le comme médecin traitant".

Le détournement de clientèle médicale est prohibé et assorti de sanctions par le code de la santé publique.
La pose d'un diagnostic par une personne non qualifiée entre dans le champ d'application de l'exercice illégal de la médecine.
a écrit le 22/02/2017 à 13:24 :
On va réduire toujours plus les possibilité de choisir son médecin pour le citoyen lambda.
Par contre les dignitaires du régime se feront toujours soigner à l'hopital américain de Neuille sous une fausse identité.

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