Le combat religieux n'a pas sa place dans l'entreprise

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Les PME sont de plus en ouvertes à la diversité, mais elles sont confrontées à des groupes intégristes. Par Bernard Cohen-Hadad, président du think tank Etienne Marcel

La Cour de Justice de l'union européenne vient de consacrer le principe de neutralité du fait religieux dans l'entreprise. Cette décision qui met en avant l'importance du dialogue interne dans l'entreprise mais aussi reconnait le pouvoir de direction et de contrôle du chef d'entreprises face au développement de l'intégrisme religieux. N'oublions pas qu'il y a quelques semaines, le gouvernement français avait publié un guide du fait religieux dans l'entreprise dont l'objectif est de permettre aux entrepreneurs de s'informer sur les problèmes d'intrusion d'un conflit d'origine religieuse sur le lieu de travail.

Avec l'islam radical, les choses changent

La Cour de Justice de l'Union Européenne qui juge en dernier ressort les violations alléguées des droits fondamentaux va plus loin et on doit s'en féliciter. En France, les relations entre la plupart des religions et le monde de l'entreprise privée, jusqu'à présent, n'ont jamais été exacerbées. Le monde des PME a toujours su s'accommoder de la diversité des religions de ses salariés et les salariés ont toujours respecté la neutralité affichée de l'entreprise vis-à-vis des pratiques religieuses ou de leur absence. Depuis quelques années, il n'en est rien. Avec l'islam radical, les choses ont changé. Les revendications religieuses se mêlent à la politique, l'économique, le social et le culturel. Le spirituel au séculier. L'espace public à l'espace privé. Et ce qui se gérait alors par le dialogue, le respect des différences et dans la bonne entente est cristallisé. Nous sommes passés de la bonne intelligence, du respect des autres à une querelle permanente. Au nom d'interprétations plus ou moins obscurantistes de la loi religieuse.

Les PME de plus en plus ouvertes

Depuis une trentaine d'années, l'entreprise privée, quelle que que soit sa taille, ne s'est pas refermée sur elle-même. Bien au contraire, malgré les conflits sociaux, la crise financière, la mondialisation des échanges. Avec l'arrivée sur le marché du travail de nouvelles nationalités et l'intrusion du numérique dans tous ses processus,  l'entreprise s'ouvre de plus en plus sur les territoires et ce qu'il l'entoure. Même les PME ont un regard qui dépasse l'échelon local et commencent à intégrer des démarches sociétales. En France, les grandes religions monothéistes dans le respect de la laïcité dans l'espace public ont fait évoluer leur pensée et participent à des échanges réguliers sur la place de l'Homme dans l'entreprise sauf l'islam radical. Pourquoi ?

Groupement intégristes

Parce que l'image que certains donnent de la religion musulmane n'est pas la réalité de l'Islam. Et cela dépasse de loin la question relative au port du voile ou de signes distinctifs dans l'entreprise. En France, nous avons à faire à des groupements minoritaires intégristes qui souhaitent imposer leur vision d'un monde totalitaire. La totalité c'est broyer les particularités: faire intervenir le religieux dans un domaine qui, par tradition, n'est pas le sien et apporter une réponse religieuse à des questionnements où la religion n'a pas à intervenir. Dans nos entreprises, jusqu'à présent le prosélytisme avec plus ou moins de réussite était syndical. Il est maintenant devenu religieux et communautariste.

Et il nous surprend chaque jour, partout, par ses formes diverses. C'est, par exemple pour un manutentionnaire, refuser dans une supérette de ranger des bouteilles d'alcool ou des paquets de tranches jambon dans un rayon. Refuser de serrer les mains à un homme pour une hôtesse d'accueil ou pour un conducteur de prendre le volant parce que le véhicule vient d'être conduit par « une » collègue. Ou encore, ne pas passer une consultation de médecine du travail parce que le praticien est un homme ou une femme...

Dans les territoires, certaines politiques publiques de communautarisation et de clientélisme ont aussi leurs responsabilités. L'Europe à travers sa justice montre, aujourd'hui, que l'on ne peut pas tout accepter. Et nous ne pouvons pas non plus laisser faire ou dire au nom d'une non-discrimination culpabilisante qui en réalité rejette l'égalité hommes-femmes ! Le monde patronal doit être uni sur ces problématiques. Appliquer le droit c'est bien et cette décision va dans le bon sens mais trouver les conditions de travailler ensemble en harmonie et rester fermes dans la défense des valeurs républicaines, c'est mieux. Et n'oublions pas qu'en ce domaine, comme en d'autres, nos entreprises ont besoin de souplesse. Même à l'occasion d'un enjeu présidentiel, les conduire sur le terrain du combat religieux est un contresens !

Bernard COHEN-HADAD

Président du think tank Etienne Marcel

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Commentaires
a écrit le 12/04/2017 à 12:04 :
la religion n'a rien à faire dans l'entreprise !! islam ou pas !! les athés n'ont que faire de ces simagrées, eux aussi veulent être respectés !
a écrit le 12/04/2017 à 8:24 :
le "combat" religieux est parfaitement en opposition pour des religions qui pronent toutes l'amour d'autrui et qui toutes ont dérivé !
a écrit le 03/04/2017 à 9:49 :
"Parce que l'image que certains donnent de la religion musulmane n'est pas la réalité de l'Islam." Et qu'est ce que la réalité de l'islam si ce n'est l'exemple d'un prophète chef de guerre avide de butin ? Qu'est ce que la réalité de l'islam si ce n'est l'interdiction de quitter cette religion et d'en critiquer les principes ?
Avant d'affirmer de telles choses, encore faut il être capable de la prouver dans le texte et malheureusement pour l'islam, le texte prône bel et bien l'infériorité des femmes en droits, la discrimination des non-musulmans, la violence, la guerre, la haine, l'esclavage, la polygamie, la soumission et la prohibition de l'esprit critique.
Réponse de le 12/04/2017 à 8:26 :
Chhhuuuutttttt , vous allez etre taxé d'islamophobie !
Souvenez-vous que dans ce pays la liberté d'expression est -strictement - encadrée
a écrit le 16/03/2017 à 8:19 :
Oui tout a fait d'accord avec cette position, l'entreprise, l'association, l'organisme, la grande entreprise ou autre doivent rester des espaces neutres pour chaque salarié, pour chaque client, oui l'entreprise ne doit pas permettre de developper plus le sentiment religieux et il faut très bien séparé les choses. Pas de signes religieu dans l'entreprise ( pas de croix, de kippa ou encore de foulard islamique. C'est un corollaire de la loi sur la laicité qui doit permettre à l'espace publique d'être totalement neutre et rpotcteur pour tout le monde. Les lieux de culte sont là que les croyants exprime leur foi et non pas l'espace public. On a bien interdit la cigarette dans l'espace publique pour la santé de tous, donc la religion n'a pas a s'introduire dans l'espace de l'entreprise et non plus dans l'espace publique !
a écrit le 15/03/2017 à 20:23 :
L'entreprise est un lieu privé et son chef doit pouvoir :
- embaucher et virer qui il veut, c'est lui qui paye dans tous les cas
- autoriser ou pas dans son règlement intérieur les signes religieux sans que le législateur viennent lui dire ce qu'il doit faire

Enfin, arrêtez de dire que l'islam radical n'est pas l'islam. C'est un courant qui a environ 30% de sympathisants en France.
a écrit le 15/03/2017 à 17:42 :
"Dans nos entreprises, jusqu'à présent le prosélytisme avec plus ou moins de réussite était syndical."

Comme nos travailleurs chrétiens de la CFTC ?
Réponse de le 06/04/2017 à 16:20 :
Dans mon entreprise ( centre d'appels), les tchadors noirs laissant apparaitre seulement le visage des filles, sont parfaitement autorisés et utilisés

En revanche sont interdites les jupes / robes un peu trop courtes, les décolletés, ou les vétements un peu transparents.

Avec la bénédiction de tous les syndicats ! Quel progrés !
Réponse de le 12/04/2017 à 12:07 :
@femme libérée : n'avez vous jamais pensé à signaler cette situation aux autorités compétentes ..???? il s'agit d'une discrimination pure et simple et passible de poursuites contre cette " entreprise"

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