Le Grexit est en marche

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(Crédits : © Alkis Konstantinidis / Reuter)
Tout le monde se félicite de l'accord trouvé en Grèce. Pourtant, pour Gabriel Colletis, professeur à l'université de Toulouse 1, il condamne la Grèce à une sortie de la zone euro à moyen terme.

La semaine dernière, le début des négociations à Bruxelles concernant la Grèce avait mis à mal l'autorité du Président de la République. En effet, celui-ci avait déclaré le 10 juillet que « les nouvelles propositions présentées par le gouvernement grec (le 9 juillet) montrent sa volonté de rester dans la zone euro ». Le Président avait alors salué un programme grec "sérieux et crédible" et appelé à une reprise des discussions "avec la volonté de conclure".

Mais le 11 juillet, le ministre français des Finances, Michel Sapin, n'hésitant pas à prendre à contre-pied le Président de la République, laissait, lui, entendre que les créanciers n'étaient pas satisfaits du plan présenté par les Grecs et qu'ils allaient demander un calendrier précis et serré des réformes:

"Si on veut accord durable, il faut que les Grecs apportent des réponses sur quand ils vont décider, comment, à quel moment et à quel rythme".

Un risque qui pourrait se révéler coûteux

Deux jours plus tard, le 13 juillet, et quelques minutes avant la confirmation officielle d'un accord à Bruxelles, Manuel Valls exprimait quant à lui sa « fierté » à l'égard de la gestion des négociations sur la Grèce par François Hollande. « C'est le président de la République qui est en train de permettre un accord au niveau de l'Union européenne ».

«  Moi je veux dire ma fierté d'être aux côtés de François Hollande, et de réussir aujourd'hui ce qui semblait impossible. Parce que tout au long du week-end on nous disait qu'il y aurait un échec, que la Grèce allait peut-être sortir de la zone euro. Et si la Grèce reste dans la zone euro, ce sera grâce à la France et grâce à François Hollande .»

La négociation avec la Grèce s'est de fait conclue le 13 juillet pour le plus grand bonheur du Président. Saluant de manière emphatique le résultat obtenu, le Président déclarait dans la foulée qu'il s'agissait d'un accord « pour l'intérêt de la Grèce, de l'Europe, de la France.»

Ce n'est certes pas la première fois que le Président se trompe dans ses prévisions mais ici l'engagement est pris devant l'histoire et il y a fort à parier que le Président, flatté par son Premier ministre, aura pris un risque excessif qui pourrait se révéler très coûteux au moment où il devra décider de demander ou non aux Français de lui renouveler leur confiance. Dans moins de deux ans à présent...

Une récession à venir très rapide

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, le 16 juillet au petit matin, après le vote du Parlement hellène approuvant l'accord, déclare : « J'ai dû choisir entre un accord auquel je ne croyais pas, ou un défaut, ou le choix de Wolgang Schaüble, d'une sortie de l'euro ». Or que peut-il se produire en Grèce d'ici deux ans, voire dans un délai moindre ? Une sortie de la zone Euro semble l'hypothèse la plus probable tant les termes de l'accord adopté ou susceptible de l'être si les Parlements qui doivent encore se prononcer le ratifient, constituent une équation impossible.

Les concessions faites sur le plan des retraites suggèrent un retour à l'équilibre du régime des retraites dans un horizon très court.  Des coupes dans les dépenses de retraite de 450 à 900 millions d'euros en 2015 et de 1,8 milliard en 2016 sont envisagées. Alors que  la TVA sera sensiblement augmentée, les économies à opérer dans tous les domaines d'intervention de l'Etat seront substantielles. Les 13 milliards d'euros de réduction de dépenses proposés par le plan déposé par la partie grecque le 9 juillet seront très vraisemblablement dépassés.

L'excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB en 2018 imposé à l'Etat grec oblige, en effet, celui-ci non seulement à relever les impôts mais à donner un nouveau tour de vis très significatif dans ses dépenses. Or on sait que celles-ci ont déjà été fortement comprimées depuis 2008-2009. De 2009 à 2014, la part des dépenses publiques rapportées au PIB est passée de 53,9% à 44,2%...alors que le PIB lui-même enregistrait une baisse de 25%. En valeur réelle, les dépenses publiques grecques ont ainsi déjà été contractées de près de 50 milliards d'euros les cinq dernières années. Ce processus, hautement récessioniste, va donc se poursuivre et s'amplifier. Comme il y a bien peu de chances que les exportations grecques ne progressent vu l'état de délabrement des activités productives du pays, ce sont donc tous les moteurs de la croissance qui vont tourner à contre-emploi...rendant impossible la réalisation de l'objectif d'excédent primaire.

Un alourdissement prévisible de la charge de la dette

La charge de la dette grecque ne peut que croître aussi longtemps que celle-ci n'est pas allégée quelle que soit la modalité de l'allégement : un effacement partiel tel que celui proposé par le FMI, un rééchelonnement ou un abaissement des taux dans les termes plutôt vagues employés par le Président Hollande ou une transformation de la dette en certificats d'investissements. Les nouveaux prêts accordés dans le cadre d'un troisième plan d' « aide » ne serviront au mieux qu'au seul roulement de la dette, enfonçant la Grèce dans la spirale infernale du surendettement par le jeu des intérêts et la baisse du PIB.

Dans un document daté du 14 juillet, le FMI indique d'ailleurs que l'endettement de l'Etat grec devrait atteindre les 200% dans les deux ans à venir. Seules les privatisations pourraient redonner quelque oxygène à l'économie et au gouvernement puisqu'un quart des recettes liées devrait être disponible pour l'investissement. Mais l'objectif de 50 milliards de recettes de privatisations (dont 12,5 milliards théoriques pour le soutien de l'investissement) semble totalement hors de portée -ce chiffre représente environ le quart du PIB grec- sauf à ce que l'Etat grec liquide tous ses actifs, voire engage la privatisation de biens qui ne lui appartiennent pas mais constituent le patrimoine de la Grèce et des Grecs.

Un engrenage sans fin qui aboutira à la sortie de la zone euro

D'ici quelques mois, une récession très forte se produira donc en Grèce d'autant que les Grecs ne manqueront pas de tenter de survivre en se réfugiant dans l'économie « grise » ou parallèle afin d'échapper à l'accroissement de la pression fiscale dans un contexte de réduction de leurs revenus. Et ce ne sont pas les milliards hypothétiques qui doivent être investis en Grèce dans le cadre du plan Juncker qui pourront -s'ils se réalisent- contrebalancer la tendance récessive très lourde que nous venons de décrire.

Les créanciers et les institutions -dont le pouvoir normatif aux termes de l'accord adopté est sensiblement renforcé au détriment du Parlement grec- attaqueront alors les autorités grecques pour non-respect de leurs engagements en termes d'excédent budgétaire primaire et avanceront de nouvelles exigences. Ils menaceront à nouveau et sans répit le gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, de ne pas accorder les sommes prévues si de nouvelles mesures d'austérité ne sont pas prises. L'engrenage sans fin broiera le corps social grec et son économie.

La sortie de la Grèce de la zone Euro sera alors inévitable. La question sera alors de savoir qui accédera au pouvoir pour assurer cette sortie. L'Aube dorée ? Le parti d'extrême droite risque d'être le seul (à l'exception du KKE, le parti communiste grec) à pouvoir affirmer qu'il a toujours défendu l'option de la sortie de la Grèce de la zone euro.

Mais le pire n'est jamais sûr car la sortie de la zone euro sera peut-être consommée bien avant tant la situation du système financier grec et des banques en particulier reste fragile ou précaire, en dépit de l'accord qui a été « négocié ». Quant au gouvernement grec, les échéances de remboursement qui l'attendent de manière rapprochée le trouvent pour l'heure sans argent pour les assurer. Le feuilleton grec n'est pas prêt de s'achever.

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a écrit le 05/11/2015 à 14:00 :
ESSAI
a écrit le 12/08/2015 à 12:31 :
Une regle fondamentale dit qu'un membre gangréné doit être coupé avant d'empoisonner tout l'organisme.
Plus on attend, plus dure sera la chute mais elle aura lieu et Hollande n'aura fait que retarder le processus comme il fait pour tout : retraite, nucléaire, fiscalité.
C'est la culture du "pourrissement" de la situation ; mais tôt ou tard il sera rattrapé par ses hésitations bienveillantes ...à court terme.
L'enfer est pavé de bonnes intentions.
a écrit le 25/07/2015 à 22:13 :
Une dernière précision importante : pas d'effet de seuil ! chaque euro de gain contribue et les droits à une allocation quelconque comme la CMU ne s'arrêtent pas à un niveau fixe.
C'est la souplesse, sans discontinuité quelconque, bref c'est l' avenir !
Un total de prélèvements obligatoires de 40 % devrait suffire !
Jacques Duboin ex-HEC, ex-banquier, ex-industriel, ex-secrétaire d' État au Trésor, écrivait le 7 Juin 1936 " L'orthodoxie a fait faillite" et il annonçait la misère dans l'abondance, car on était déjà en société de consommation et le chômage se développait. Les "30 glorieuses" n'ont été qu'une pause dans cette société d'abondance car il fallait relever l' Europe détruite.
79 ans plus tard, sur la 5 dans l'émission "c'est politique!" Alain Minc nous recommandait d'imiter les pays nordiques qui avaient plus de robots, pronant ainsi, comme le gouvernement une politique de l'offre !
Le vrai problème ce sont les concurrences déloyales comme le travail au noir, le bricolage - facilité par les 35 h - la robotisation et les délocalisations, qui toutes concurrencent le travail déclaré. Maurice Allais prévoyait le désastre de la dette actuelle !
La solution réside dans la fin du règne du consommateur-roi et donc dans le report sur la TVA des cotisations sociales !
a écrit le 24/07/2015 à 15:14 :
Cerise sur le gâteau d'un profond changement !
En 1971 j'ai proposé à nos clients une nouvelle tarification du fuel domestique, un prix du litre constant quelle que soit la quantité et un forfait de déplacement uniforme.
Le forfait variait en raison inverse de la température la veille de la livraison. De cette façon le prix payé variait en fonction de la quantité et aussi avec la température, c'est-à-dire en fonction de l'offre et de la demande, celle-ci dépendant beaucoup du thermomètre en hiver.
A l'inverse, une taxe sur la consommation comme la TIPP sur les carburants et la TVA à la place des cotisations ne pourrait être assez lourde, donc dissuasive, sans redistribution partielle, comme envisagé pour la taxe carbone il y a quelques années. L'impact d'une redistribution partielle forfaitaire serait d'autant plus lourd que l'on y a contribué, que la consommation est forte, en faisant même une taxe progressive, donc lui enlevant son caractère injuste
Réponse de le 25/07/2015 à 11:00 :
Ma nouvelle tarification de fuel était une réaction à l'arrivée des grandes surfaces dans notre secteur d'activité. Quand il ne faisait pas froid et que les clients pouvaient faire le tour des vendeurs nous étions moins chers et surtout il était impossible de proposer un prix stable face à un prix dépendant de la quantité livrée.
Quand il faisait froid les clients donnaient la priorité au service rapide et là nous étions imbattables. La démagogie des grandes surfaces était déjouée !
Assez récemment je me suis apperçu de la fécondité d'associer un prix fixe à un prix variant. Dans le cas d'une redistribution partielle de la TIPP ou de la TVA, cette distribution partielle, forfaitaire, vient en diminution de la taxe, qui, elle, varie en fonction des revenus. Cette allocation d'une partie de la taxe, forfaitaire, a donc un impact d'autant plus lourd qu'on consomme peu, réalisant au final un prix variable avec les revenus. Tout est dans l'incidence !
De même un fixe par emploi financé par l'impôt aurait eu un effet double, car financé par un impôt sur les revenus. Les petits commerces auraient reçu le même montant par emploi que les gros mais ne l'auraient pas financé !
Toujours l'effet croisé d'un élément fixe et d'un élément variable !
Si j'avais été fonctionnaire je n'aurais pas été poussé dans mes retranchements et n'aurais rien trouvé !
Vive donc la concurrence, une concurrence maîtrisée !
a écrit le 24/07/2015 à 14:21 :
Hollande pourra en effet se prévaloir d'avoir fait perdre 100 milliards de plus aux contribuables européens ! La Grèce n'est pas un pays occidental et il aurait fallu les virer maintenant au lieu de continuer à les laisser profiter de l'Europe. Y a même un Grec qui m'a dit que prêter à des gens qui n'ont pas les moyens de rembourser est illégal selon la loi grecque...et que par conséquent, ils n'ont pas à nous rembourser des prêts illégaux. Non mais, tu vois un peu la mentalité des clients !!!! Tout pour te blouzer.
a écrit le 24/07/2015 à 10:44 :
Pour me situer :

http://www.boursier.com/actualites/economie/qui-est-maurice-obstfeld-le-nouveau-chef-economiste-du-fmi-28694.html?fil98
a écrit le 24/07/2015 à 8:54 :
Pourquoi pas des bons de vacances distribués aux contribuables europeens..... 50% de la valeur du voyage en Grece .... plouf plouf plus de dette et du travail pour plusieurs année pour nos amis grecs et de bonnes vacances pour nous ....ect
a écrit le 23/07/2015 à 18:19 :
Texte adressé à la Commission européenne le 3 Avril dernier, qui m'a répondu que les pays en difficulté pouvaient reporter les charges sur l'emploi sur la consommation, l'environnement et l'urbanisme.
"Beaucoup des textes joints ont été adressés à la BCE dont je conteste la politique de Q/E qui ne répond pas à l'insuffisance de la demande, justifiant la frilosité des banques. Ce qui suit est vrai pour la France mais l'est aussi pour l' Europe, dans une moindre, mais grande mesure.
Les charges sociales sont incluses dans les prix payés par les consommateurs, y compris pour les produits exportés. Tant que les produits importés ne remplacent pas nos propres productions tout va bien. Mais si c'est le cas, d'autant plus évident qu'ils sont le fruit de salaires très faibles et de charges sociales inexistantes, alors nous perdons des emplois, des cotisations et nous gardons les charges. Ce qui nous oblige à augmenter celles que supportent nos productions, aggravant notre handicap !
Donc nous sommes de moins en moins compétitifs sur notre marché intérieur, mais aussi sur tous les marchés extérieurs ! On s'enfonce ! En continuant à faire payer nos charges aux importateurs de nos produits nous vendons de moins en moins. Nous sommes donc structurellement déficitaires et on voit mal une croissance conjoncturelle compenser un déficit structurel, qui ne peut que s' agrandir... comme les inégalités depuis 40 ans !
C'est le cas aussi de l' Europe dont la dette globale a augmenté de 268 MDS € en 2013 malgré une balance commerciale excédentaire."
a écrit le 23/07/2015 à 13:04 :
Tout est dit et bien expliqué dans cet article ! L'histoire retiendra qu'Hollande et la France, de facto, auront associés leur nom à cette infamie qu'est le 3ème plan d'aide.
Et dire qu'il en est fier et s'en vante tout comme son premier ministre !
Seul un point manque : quid de l'EPAM, parti modéré de Grèce qui demande la sortie de la zone euro et de l'UE???
a écrit le 23/07/2015 à 12:00 :
Pourquoi ne pas effacer la dette des Grecs, leur donner 250 milliards de plus pour investir et faire payer les salaires et pensions par la BCE ?
Un peu de solidarité que diable !
a écrit le 22/07/2015 à 21:36 :
Les grecs ont peur d'une hausse des prix qui va diminuer encore leur pouvoir d'achat, et donc enfoncer un peu plus l'emploi. Si la hausse de la TVA se contentait de compenser la baisse des cotisations, ils n'auraient rien à craindre, les produits importés devenant moins compétitifs et les produits exportés plus. Ce serait bon pour l'emploi et les salaires, et la dette pourrait être remboursée
Par contre si les magasins low-cost prennent la hausse de la TVA à leur charge, comme je l'ai entendu, ce serait au détriment du petit commerce et l'emploi en souffrirait, justifiant la frilosité des banques et les empêchant d'utiliser la création monétaire, car le moteur de l' Économie est le crédit, et il est en panne !
Il y a deux façons d'augmenter le pouvoir d'achat, les prix ou les salaires et l'emploi. Une concurrence sans inflation et sans chômage, donc homogène, est possible.
La TVA à la place des cotisations le permet justement, car l'impact de la TVA est proportionnel au chiffre d'affaires, et non à l'emploi !
L'indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée compléterait le tableau, favorisant salaires et emploi et donc offrant aux banques des emprunteurs crédibles.
Embaucher ou augmenter les salaires coûterait 2 fois moins, les robots cotiseraient pour les retraites, etc..Les prix sont du pouvoir d'achat en miettes, invisible pour les banques, les riches n'ont pas besoin de prix!
La Grèce n'est qu'un exemple extrême de ce qui nous attend, sans parler du réchauffement climatique entraîné par ce modèle du client-roi et irresponsable, à corriger dare-dare !
Réponse de le 25/07/2015 à 19:22 :
@Theodorum: avec des si, on peut faire n'importe quoi :-) Il faut payer la majorité des choses en liquide en Grèce. Par conséquent, que la TVA soit à 5 ou à 30 %, de toute manière, ils ne paient pas :-) Il faut donc avant tout changer leur mentalité...ce qui n'est pa sune mince entreprise ! Il faut donc les virer au lieu de leur donner 100 milliards de plus qui ne vont durer que quelques mois avant qu'ils n'en redemandent :-)
a écrit le 22/07/2015 à 20:06 :
Revenons au communisme et plus de pb !!!
Réponse de le 23/07/2015 à 18:47 :
On l'a essayé ! c'est l'exact opposé du libéralisme: au lieu de faire la queue pour consommer on fait la queue pour avoir du travail.
La vérité est au milieu, 50 % pour l'emploi, par indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée, 50 % pour le consommateur !
= promotion du pouvoir d'acahat par l'emploi et les salaires et respect du consommateur en plus.
Et progrès = diminution du temps de travail au lieu de licenciements !
a écrit le 22/07/2015 à 20:04 :
Enfin une vison réelle sur le sujet Ce ne sera plus 60 milliards dans le c... mais on en sera a 100 milliards et le Français payera
Merci a ces bobo Européen au gros salaires et gros avantages ils sont la juste pour leur intérêt personnel comme dans beaucoup de cas en politique
a écrit le 22/07/2015 à 17:40 :
Exposé simple clair de l'étendue de l'incompétence économique des gens qui gouvernent l'Europe. L'Etat n'est pas réformé, mais détruit, ce qui ne va pas simplifier la levée de l'impôt. Les grecs, déjà pas très doués pour payer des impôts, vont encore plus tourner au noir. Peu à peu, une société parallèle se met en place, le pays légal sera de plus en plus une coquille vide de toute substance. Vous pouvez exploser l'Etat grec, vous ne pourrez pas supprimer les grecs (avec leurs qualités et leurs défaut).
Pour moi, le symbole absolu et indiscutable de l'abjection de ce qu'est devenue l'UE c'est de voir les négos, où l'on reproche aux grecs de ne pas payer leurs impôts, menées par Juncker, ancien Président d'une des plus grosse lessiveuse fiscale du continent, largement utilisée par tous les grecs fortunées depuis longtemps.
a écrit le 22/07/2015 à 12:07 :
Bof des articles comme ça, j'en écris 3 par jour. Rien qui n'ait déjà été dit 1000 fois. Comme le dit onze, ce qui a été défini, c'est une trajectoire. Evidemment, il y aura des tensions et des adaptations en particulier sur la restructuration de la dette.
a écrit le 21/07/2015 à 15:30 :
Cet "accord" n'a de toute évidence rien réglé sur le fond, voire a aggravé les problèmes, comme les précédents. Selon la logique Schaublienne, il faut continuer ...
Réponse de le 22/07/2015 à 11:54 :
Vous avez raté quelques épisodes, Schäuble est pour le Grexit.
a écrit le 21/07/2015 à 9:15 :
On sait ce que les Grecs vont perdre mais on ne connait pas encore l’impact sur l’Europe.

Il est évident que les guichetiers de la Troika ayant imposé la continuité de la même politique qui a largement participé à la destruction de l’économie Grecque, cela ne peut qu’empirer en Pirée
Soit des accords seront trouvés par un étalement illimité dans la durée de la dette, mais on n’en prend pas le chemin, soit c’est la sortie dans les pires conditions.
Le prochain incident provoquera un réel doute sur les capacités de l’Eurogroupe à gérer une crise, après tout minime à l’échelle de l’Europe, mais représentative par le symbole.
Une fois le « mauvais élève » expulsé de la classe, les yeux se tourneront vers le moins bon…
C’est la voie du perdant/perdant qui a été choisie.
a écrit le 21/07/2015 à 9:12 :
Lire l'essai de François Heisbourg" la fin du rêve européen ". ( Stock). Il ne dit rien d'autres : il faut sacrifier l'euro pour garder l'Europe. Les deux ne sont plus compatibles. Les grecs garderont l'euro, leur économie parallèle et feront défaut quand même.
a écrit le 20/07/2015 à 20:36 :
Le Professeur ne semble pas voir que ces accords ne sont pas gravés dans le marbre. Ils peuvent évoluer en fonction des résultats, et en particulier inclure une restructuration de la dette, que même l'Allemagne n'exclut plus. Les Grecs ont clamé haut et fort qu'ils ne voulaient pas quitter l'Euro, malgré les sacrifices entraînés par l'accord, qui a été largement approuvé au parlement. Donc le Grexit est loin d'être en marche, il ne s'agit pas d'un engrenage fatal, mais d'une trajectoire qui connaîtra des inflexions et des adaptations. Ce qui est en marche, c'est la remise en ordre, douloureuse et cahotique de l'économie grecque. Il y aura des hauts et des bas, de nouvelles réunions internationales, mais la machine est lancée et personne n'osera l'arrêter. Même pas Tsipras.
a écrit le 20/07/2015 à 14:40 :
Très bonne synthèse de la situation : bien sûr que d'ici quelques mois la question du Grexit sera revenu sur la table. Mais d'ici là la Grèce sera un peu plus en ruine et nous aurons perdu un peu plus de milliards !
Le problème, c'est que cette analyse ne devrait pas être juste un article ponctuel dans un journal, mais présente dans toutes les têtes à commencer par celle de notre cher Président de la République !
a écrit le 20/07/2015 à 9:12 :
Excellent article!

Dans ce contexte, la decision de Monsieur Lafazanis de creer ou non son propre parti politique sera crucial. S'il decide de ne pas quitter Syriza et de creer son propore part, cela signfiera que les seuls partis qui defendent l'option de la sortie de la zone euro sera Aube Doree ou le KKE.
Réponse de le 21/07/2015 à 1:11 :
De toute facon, il y aura du nouveau, car ce choc a provoqué de véritables chamboulements dans la société grecque.
Prenez mon cas
Militant écologiste et de gauche (eurocommuniste), depuis 35 ans, je me sentais depuis toujours Grec et Européen, aussi Grec qu' Européen. Je continue à me sentir Européen mais, depuis lundi, je ne me reconnais plus en tant que citoyen de l'Union Européenne. Ma monnaie n'est plus l'euro. Je ne peux plus appartenir à une -prétendue- "Union" qui cherche à humilier ses membres les plus faibles et qui sombre dans le déni de la démocratie.

Le choc fut terrible pour moi. Désormais, je milite pour que mes concitoyens se préparent et préparent notre économie pour l'abandon d'un euro devenu une véritable camisole de force et pour la sortie de l'UE.
Il faudra prendre l'initiative, avant les fachos.
Il faut élaborer d'urgence un plan B, ainsi qu'un plan C. Le premier doit préparer notre sortie, tandis que le deuxième devra prévoir ce que nous devons faire quand l'UE s'effondrera. Car, tôt ou tard, toutes les structures rigides, irréformables, non démocratiques et aveuglées par une idéologie, sont vouées à disparaître. Cela relève du déterminisme.

Et j'espère que cet effondrement se produira le plus tôt que possible. Point par esprit vindicatif. Au contraire! Si cet effondrement se produit bientôt, il y aura encore assez de personnes et de militants qui ont connu et cru en cette bonne vieille Europe que j'aime, comme celle-ci fut conçue par ses pères fondateurs, pour relancer encore une fois cette construction, sur les décombres économiques du néolibéralisme et de la rigueur, comme ses pères fondateurs le firent sur les décombres réels de la Guerre Mondiale.

Je crains seulement que, si cet effondrement inéluctable tarde, nous n'aurons plus le courage et les forces de recommencer. Et pour les plus jeunes, ce sera très -ou trop- difficile d'imaginer même qu'une autre Europe moins hideuse puisse exister
a écrit le 19/07/2015 à 16:57 :
Le feuilleton n'est pas PRÈS de s'achever, s'il-vous-plaît.
a écrit le 19/07/2015 à 10:47 :
Dans cet invraisemblable capharnaüm qu'est le Web, l'article présenté ici se distingue par sa qualité:
— développement des idées parfaitement clair;
— argumentation solide;
— information bien maîtrisée.
— last but not least, la langue française n'est pas maltraitée.
Bref: un article que je m'empresserai de recommander.
a écrit le 18/07/2015 à 15:49 :
Ma proposition est inspirée par les idées exprimées par Jean Tirole et par Christian de Perthuis.
a écrit le 18/07/2015 à 15:44 :
Suite. Cette mesure devrait servir de modèle pour la COP21 en montrant que la taxation de l'énergie utilisée pour réduire le cout du travail est favorable à la protection du climat.
a écrit le 18/07/2015 à 15:39 :
Je propose la solution suivante: mettre une taxe sur l'énergie pour financer les retraites; instaurer une TVA sociale.
a écrit le 18/07/2015 à 10:37 :
comme c le cas fréquemment en période de crise, le problème économique se transforme en problème politique ce qui retarde les solutions économiques.
Mais à terme la Grèce sera probablement hors de l'euro, au moins le temps de faire jouer le taux de change, dès lors flexible, et dans la mesure où il y a réformes profondes, relance économique et mise en exploitation des ressources pétrolières off shore.
Sinon ce sera catastrophique pour la Grèce qui ne pourra plus réintégrer l'euro.
La grèce n'est pas la Suède ou la Grande Bretagne, ne l'oubliez pas.

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