Le pouvoir d'achat des Français depuis l'euro

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, le pouvoir d'achat des français depuis l'euro

 Comment a progressé le pouvoir d'achat en France depuis l'arrivée de l'euro ? D'abord très vite, dans le prolongement de l'euphorie de la fin des années 90, avec une hausse de 2,4% par an en moyenne jusqu'en 2003, porté notamment par les réductions d'impôts et la baisse d'un point du taux de TVA en 2000. Et encore, on parle ici de l'évolution du pouvoir d'achat par unité de consommation, auquel sont retranchés les effets de la démographie et de la composition des ménages.

1998-2007 : la phase euphorique, du jamais vu depuis les Trente Glorieuses

Si sa montée n'est pas linéaire, les incidents sont rares. Le plus important d'entre eux survient en 2001 après l'éclatement de la bulle Internet, mais le pouvoir d'achat reprend très vite son ascension. Par contre, 2003 est une année difficile, plombée par l'évolution de l'emploi et des salaires.  Puis il se redresse à nouveau avec la reprise de la mi-2003. La situation des entreprises s'améliore, l'emploi redémarre, les salaires suivent et le pouvoir d'achat est stimulé par le ralentissement de l'inflation. L'optimisme est de retour.

Cette tendance favorable perdure jusqu'à la fin 2007. Le bilan des neuf premières années de l'euro est remarquable avec un gain de pouvoir d'achat de 1,6% en moyenne par an pour les français. Du jamais vu depuis les Trente Glorieuses. Mais plus que l'euro, c'est surtout la marque de la politique économique sous Jospin et Chirac : celle de la consommation comme fer de lance de la croissance. Mais la contrepartie de cette stratégie de la demande, on le comprendra plus tard, c'est le sacrifice des comptes publics, un système productif dont la compétitivité se dégrade et des échanges extérieurs déséquilibrés : les excédents commerciaux reculent pour céder la place à un déficit de 42 milliards en 2007.

2008-2013 : le chant du cygne du modèle français

C'est dans ce contexte que survient la crise financière de 2008. L'activité se dérobe, le chômage de masse fait son retour, l'inflation aussi : le pouvoir d'achat plonge de 1,1% en 9 mois, c'est une première depuis 1984. Mais il faut relativiser au regard de l'ampleur du choc, et c'est finalement très peu par rapport aux autres pays européens. Car dans la logique du modèle français de croissance par la demande intérieure, la réponse des pouvoirs publics ne change pas : Nicolas Sarkozy décide d'alléger la barque fiscale des ménages pour soutenir coûte que coûte la consommation. C'est ainsi que l'on défiscalise les heures supplémentaires et que l'on verse des primes exceptionnelles.

Mais c'est le chant du cygne. Cette politique fait  exploser le déficit public, qui dépasse les 7% du PIB en 2009, tandis que le déficit extérieur s'enfonce à plus de 70 milliards d'euros. Sous la pression allemande, des mesures de consolidation budgétaire sont prises au Sud de l'Europe. En France, c'est la douche fiscale qui commence. Dès 2011, sous Sarkozy, c'est une contribution sur les hauts revenus, la chasse aux niches fiscales et la taxation de l'épargne. D'autres mesures suivront sous la présidence Hollande. La flambée du chômage couplée à l'austérité pèsent alors de tout leur poids sur les revenus. Bilan, le pouvoir d'achat recule trois années de suite. Une grande première dans l'histoire économique de la France.

2014-2017 : inflation, CICE et fiscalité au chevet du pouvoir d'achat

Et pourtant, la remontée survient en 2014 malgré un contexte économique toujours dégradé. Le pouvoir d'achat bénéfice en fait de trois coups de pouce. C'est d'abord l'inflation qui fait du rase-motte dans le sillage de l'effondrement des prix du pétrole. C'est ensuite le CICE qui s'est en partie transformé en une subvention indirecte aux hausses de salaires. C'est, enfin, une pause dans le chargement de la barque fiscale.  
Depuis la création de l'euro, il y a eu deux phases, l'une euphorique jusqu'en 2008 avec une hausse moyenne du pouvoir d'achat de 1,6% l'an, l'autre moins heureuse avec un très maigre 0,4%.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2017 à 13:28 :
On oublie tout simplement de tenir compte du role de l'énergie dans le développement de l'économie, comme si nous étions encore au moyen age. L'énergie remplace le travail en permettant l'emploi des outils. Il faut répartir les charges sociales sur le temps de travail et sur la consommation d'énergie.
a écrit le 17/03/2017 à 12:08 :
Un plein c'était plus de 70 euros avant la chute de 2014, en 2015 le plein est passé à moins de 55 euros, quand on habite en province et donc que l'on fait beaucoup de kilomètres pour aller travailler il est évident que cela fait un gain de pouvoir d'achat conséquent sans commune mesure avec une quelconque politique d'un politicien ou d'un autre.

Pour le reste je n'ai vu aucune euphorie dans les années 2000, pour les investissements liés aux entreprises peut-être, le milieu de la finance déplaçant tellement de capitaux qu'il était obligé que cela se répercute sur l'économie d'entreprise à un moment ou à un autre. Notez par contre qu'actuellement malgré l'euphorie de la bourse il n'y a aucune répercussion sur l'économie réelle ce qui veut dire que la finance a déjà terminé de profiter à l'économie au bout de seulement 30 ans de néolibéralisme.

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