Les défis de la santé de demain (1/2) : vers le "patient augmenté"

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Joël de Rosnay pense que le Health Maintenance Program, le programme de maintenance de la santé sera un élément essentiel pour permette aux Big pharma de passer le cap de la transformation qui résulte du passage d'une médecine curative et thérapeutique à une médecine préventive.
Joël de Rosnay pense que le Health Maintenance Program, le programme de maintenance de la santé sera un élément essentiel pour permette aux Big pharma de passer le cap de la transformation qui résulte du passage d'une médecine curative et thérapeutique à une médecine préventive. (Crédits : Jean-Daniel Chopin)
Moins de médicaments, plus de suivi. Avec le numérique, grâce aux capteurs, cette révolution est possible. Mais ce sera un changement complet de paradigme pour l'industrie pharmaceutique. Ce texte (en deux parties) est issu de l'intervention de Joël de Rosnay (1) au dîner organisé le 26 janvier 2016 par le Cercle des Décideurs Numérique & Santé. Mercredi 24 février, sera publiée la retranscription de la séance de questions-réponses avec le public.

Lors de son intervention, le 26 janvier dernier, devant le Cercle des Décideurs Numérique & Santé, Joël de Rosnay (1) brossait en ces termes les défis qui, selon lui, pointent à l'horizon de l'industrie de la santé:

« La transition dans laquelle nous sommes engagés, c'est un bouleversement, et on n'a encore rien vu de ce qui va se passer dans les dix prochaines années dans le domaine de la santé en général, mais aussi  de la médecine, des laboratoires pharmaceutiques et des pharmacies en particulier. Un bouleversement qui se fonde sur trois aspects : scientifique, technique et humain. Ils nous conduisent à ce que l'on appelle "MP4 Medicine", médecine personnalisée, médecine préventive, médecine participative et médecine prédictive.Mais tout cela se passe d'une manière extrêmement accélérée. Nous sommes dans une évolution exponentielle.»

Des avancées scientifiques remarquables

Comme vous le savez les progrès concernant la génétique et maintenant l'épigénétique sont considérables dans le domaine des neurosciences et en particulier de la convergence, qu'on appelle neuro psycho immunologie, entre le système nerveux, le système immunitaire et le système hormonal. Donc il s'agit désormais d'une biologie systémique qui n'est plus une biologie séparée en petits morceaux, en petites catégories. C'est cette vision nouvelle qui fait faire des progrès considérables à la biologie en général.

Par rapport à la génétique, l'épigénétique, c'est un peu la différence qu'il y a entre les partitions que les musiciens ont devant eux dans un orchestre, c'est-à-dire dans une lecture  linéaire, comme pour les gènes, alors que  l'épigénétique, c'est la symphonie que ces musiciens jouent ensemble sous la baguette du chef d'orchestre qui, lui aussi, a une partition devant lui. Donc, l'épigénétique, c'est la modulation de l'expression des gènes par le comportement. Notre comportement peut agir sur le fait que tel gène va être plus exprimé et tel autre inhibé, tel autre ralenti. Donc, ces progrès génétiques, épigénétiques et les  neurosciences, y compris au travers d'une meilleure connaissance du métabolisme cellulaire, mais aussi des cellules embryonnaires; tout ceci contribue à une avancée interdisciplinaire qui bouleverse ce secteur.

Des évolutions technologiques majeures

Ces évolutions résultent de l'association entre biotechnique et numérique, qui est aussi un des sous-titres de votre Cercle. La biologie et le numérique se marient. J'ai créé le terme de biotique en 1982. J'ai même écrit des livres sur ce sujet. Le mariage de la biologie et de l'informatique d'abord et désormais  du numérique, en général, est déterminant. Les nano biotechnologies jouent un rôle fondamental dans les capteurs qui permettent de transformer un signal biologique en un signal numérique, qui peut circuler sur les réseaux, être envoyé à un médecin ou stocké dans le Big Data. Donc, les capteurs, les biocapteurs résultent directement de cette évolution des nano biotechnologies et des biotechnologies en général.

Le numérique, quant à lui, permet désormais que toutes nos communications, qu'il s'agisse d'images, de textes, de radios, qu'on s'envoie entre médecins, soient fondées sur des bits de 0 et 1, ce qui a bouleversé complètement notre univers. Nous ne sommes donc plus désormais à l'aube de la  révolution numérique, mais pleinement dedans. De ce point de vue  il est temps de considérer qu'Internet, qu'on nous met toujours en avant, c'est terminé, c'est derrière nous, c'est fini et cela le sera plus encore dans les 20 années qui viennent. Pourquoi ? Non pas parce qu'il disparaît en tant que système de communication, mais parce qu'il se fusionne dans un écosystème numérique, de même que l'électricité, le gaz et l'eau ont fusionné dans notre société comme l'oxygène qu'on respire. Donc, oubliez Internet, pensez écosystème numérique. On ne va plus sur Internet, on est dans Internet.

De nouvelles dimensions individuelles

Cet écosystème numérique fait que nous sommes devenus des hommes et des femmes connectés. Nous avons dans nos poches des ordinateurs 100.000 fois plus puissants que ceux qui ont envoyé un homme sur la Lune. Ça s'appelle des smartphones. Et cet ordinateur hyper puissant nous donne des possibilités sensorielles et de communication que nous n'avions pas en naissant. Nous sommes nés avec 5 sens, mais, aujourd'hui, nous avons le sens de l'orientation avec le GPS, nous avons le sens de l'ubiquité avec les webcams, nous pouvons avec des logiciels particuliers savoir où sont nos enfants ou nos amis, s'ils le souhaitent. Donc, nous sommes des hommes et des femmes augmentés.

Ce qui me conduit au troisième aspect de cette révolution que nous vivons. J'ai parlé rapidement de la science, de la biotechnologie et des technologies numériques dans l'écosystème numérique dans lequel nous sommes entrés. Je voudrais aborder l'aspect humain, celui de ce qu'on appelle encore le patient ou la patiente.

Ces patients augmentés, ces patients éclairés, ce sont des hommes et des femmes qui prennent une plus grande responsabilité dans leur capacité à gérer leur normalité, plutôt que de gérer leur maladie. Ils disposent désormais des moyens de comprendre comment on peut se maintenir en bonne santé et pas seulement de se faire traiter quand on est malade.

C'est un changement fondamental qui est en train de se produire entre les patients traditionnels et les patients augmentés. D'ailleurs, je connais pas mal de médecins qui me disent : « Je préfère avoir un patient éclairé en face de moi, qui a été se renseigner sur Internet, même si au début ça énerve d'entendre : vous me prescrivez ça, mais j'ai vu sur Internet ou sur les réseaux sociaux qu'il vaut mieux prendre ça. Bien sûr son information  peut résulter d'une mode et pas de quelque chose  de scientifiquement prouvé, mais c'est beaucoup plus satisfaisant que d'avoir quelqu'un qui subit passivement mon ordonnance ».

Le système classique de soins, dont nous sommes en train de sortir de plus en plus vite, nous fait passer d'une médecine de type curatif thérapeutique à une médecine de type préventif permettant d'aider les gens à prendre connaissance et à prendre soin de leur corps avec beaucoup de moyens, qui sont souvent d'ailleurs des moyens naturels, comme la nutrition, l'exercice, la méditation et la gestion du stress. Devenus des patients augmentés, ils sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans la prise en charge de leur santé.

Une cybermédecine à risques potentiels

Ces possibilités nouvelles, accessibles à chacun d'entre nous, engendrent naturellement une révolution dans  la manière de se soigner. Il y a évidemment un risque à ce que ces patients augmentés, cherchant à devenir encore mieux éclairés, communiquent de plus en plus par les réseaux sociaux sur les médicaments à la mode ou sur telle vitamine ou tel supplément alimentaire. Cela peut conduire à ce que j'appelle une cybermédecine, s'appuyant  sur un autodiagnostic. Le fait que des gens se sentent suffisamment informés sur Google pour dire : « Tu devrais prendre ça ou ne prends pas de statines, ça peut donner mal aux jambes, prends plutôt ceci,  c'est moins risqué ». Incontestablement cette dérive possible vers une automédication existe.

Un autre risque de la cybermédecine est que les gens achètent sur Internet des produits souvent contrefaits venant de Chine ou du Pakistan. Je ne les attaque pas, mais on sait que circulent au moins 40% de produits contrefaits sur Internet, alors qu'on se pose en ce moment la question de savoir comment assouplir la réglementation de la pharmacie pour favoriser l'achat sur Internet de produits pharmaceutiques sans ordonnance. Donc, tout ceci constitue un ensemble qu'il est nécessaire de comprendre et de gérer pour faire en sorte que cette transition devienne la plus pertinente et la plus  équitable possible, dans le respect des libertés individuelles et des individus.

Une remise en cause du système de soins

Ce que je viens d'évoquer conduit à la nécessité de mettre en œuvre de  nouveaux modèles de santé développant de nouveaux systèmes de soins. Consécutivement il va en résulter un impact extrêmement important pour ce qu'on appelle les laboratoires, que je préfère appeler Big pharma. Parlons de ces deux aspects pour ouvrir le débat.

Le premier aspect, c'est la remise en cause du système de santé traditionnel. Un médecin vient chez vous ou c'est vous qui vous rendez à son cabinet. Il détecte des symptômes avec des outils divers que l'on connaît tous. À partir de ces symptômes, il identifie un risque de tel type de maladie, et il fait une ordonnance que les gens espèrent la plus longue et la plus complète possible, ce qui montre qu'on s'occupe bien d'eux. On est le pays dans lequel on prescrit les ordonnances les plus longues de toute l'Europe. Avec cette ordonnance, on va dans une pharmacie, on achète une série de médicaments remboursés avec sa carte Vitale par la Sécurité Sociale.

Par contre ce que l'on ne sait pas du tout c'est ce que devient ce patient. Il peut prendre ses médicaments ou les arrêter au bout de quelques jours. Il peut avoir des effets secondaires qui n'ont même pas été prévus dans la phase 1. Plus aucun suivi, alors que l'Internet aujourd'hui est un monde de suivi, d'abonnement, de personnalisation. Vous le savez, pour Free, ou SFR, c'est l'abonnement qui compte. C'est vous, votre paiement régulier. Pour  Microsoft, ses licences et ses logiciels, de même. Or et c'est le second aspect que je veux évoquer, l'industrie pharmaceutique, Big pharma, malgré le numérique, est complètement en dehors de ce monde-là. Aujourd'hui elle réalise la totalité de  ses marges sur des produits remboursés par l'Assurance Maladie. D'où l'importance du niveau de remboursement et par conséquent du rôle  de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des classements 1, 2, 3, 4, 5 pour des produits décrétés thérapeutiquement valables Or 50 % à 80 % des produits remboursés sont en 5 plutôt qu'en 1 ou en 2, et ce sont souvent des me-too products. Il en résulte un modèle complètement à l'envers, qui marche sur la tête.

Un nouveau modèle de santé

Ce modèle classique à l'envers, qu'est-ce qui peut le remplacer ? En fait nous avons déjà la réponse.  Ainsi que je l'ai évoqué en introduction nous avons assisté ces dernières années à la  naissance d'un nouveau modèle de santé grâce à l'épigénétique et à un dispositif d'évaluation défini dans le concept de MP4 Medicine, médecine personnalisée, médecine préventive, médecine participative et médecine prédictive. L'épigénétique, l'expression de la modulation des gènes par le comportement (nutrition, exercice, management du stress, plaisir, harmonie du réseau familial et professionnel) ouvre la voie à une prévention quantifiable.

On peut donc désormais faire quelque chose pour soi, permettant de se maintenir dans le meilleur état de santé possible et le mesurer  avec des trackers et des biocapteurs. Nous pouvons y parvenir au travers d'un programme que  j'ai appelé en anglais le health maintenance program. IBM que l'on imagine toujours comme une société d'informatique,  est en fait  devenue une des plus grandes sociétés de conseil au monde. Et c'est IBM qui s'est inspiré de mon principe de health maintenance program que j'avais lancé il y a une quinzaine d'années et que j'appelle en français le PMS, le Programme de Maintenance de la Santé. Mais j'en suis très heureux, parce qu'elle le fait beaucoup mieux que moi.

Je m'explique. Mon idée d'hier et qui demeure la même aujourd'hui, part d'une question simple.  Si vous avez une voiture et que votre véhicule a des problèmes techniques, que faite-vous ? Vous l'amenez dans un garage, on la branche sur Internet avec des fibres optiques et si c'est par exemple une voiture allemande, à Düsseldorf ou ailleurs, il y a des gens en blouse blanche qui regardent les codes qui sont dans cette voiture et qui en font la maintenance à distance en en modifient certains,  quelquefois d'ailleurs en trichant sur les systèmes antipollution. Une voiture aujourd'hui dispose de 100 millions de lignes de codes, beaucoup plus que dans Windows 7, qui n'en a que 20 millions. C'est pour cela que la maintenance d'une voiture peut se faire aujourd'hui  entièrement à distance, en faisant varier quelques éléments fondamentaux de sa mécanique. Donc je dis que contrairement à une automobile, notre corps ne bénéficie pas lui d'une maintenance régulière personnalisée.

Nous nous limitons à une auto maintenance, en faisant attention à ce que nous mangeons, en achetant des produits bio, en évitant de consommer trop de graisses, en faisant du sport, du yoga ou autre chose. Mais par contre aucune  maintenance assistée par des professionnels, comme je le préconise au travers du Programme de Maintenance de la Santé. Un tel programme résulte de l'association entre une grande entreprise pharmaceutique et une grande société d'assurance, Pfizer et Axa par exemple. Mais il y a d'autres entreprises représentées ici dans l'assistance, qui sont aussi très avancés là-dessus. Je leur en ai parlé et je sais que cela les intéresse beaucoup. On propose un abonnement à des personnes qui acceptent d'être suivies durant  leur vie, de manière personnalisée, parce qu'il y a des antécédents de cancer du sein,' d'allergies, de risques cardiovasculaires ou d'autres maladies.

Un tournant stratégique pour les Big Pharma

Le développement de ce Programme de Maintenance de la Santé, qu'on est prêt à payer comme une assurance, constitue une opportunité stratégique majeure pour la grande industrie pharmaceutique, si elle le comprend. Quelques-uns l'ont déjà compris. Les laboratoires ont l'opportunité de se transformer en opérateurs de santé  générant des revenus par une combinaison de services et de produits curatifs, préventifs, prédictifs et participatifs. Il s'agit de faire en sorte que les gens se sentent suivis de manière personnalisée. C'est le P de mon 4P de tout à l'heure. Personnalisé, participatif. On s'oriente dans ce sens et je pense que cela vaut la peine qu'on y réfléchisse. Le Health Maintenance Program, le programme de maintenance de la santé me paraît être un élément essentiel pour permette aux Big pharma de passer le cap de la transformation qui résulte du passage d'une médecine curative et thérapeutique à une médecine préventive. Moins de médicaments, plus de suivi.

Evidemment, l'impact de ce changement pour l'industrie pharmaceutique est considérable. Un changement complet de paradigme en passant d'une entreprise qui, grâce aux ordonnances faites par un médecin, réalise sa marge en pharmacie sur des produits remboursés par l'assurance maladie à un opérateur de santé développant un Programme multidimensionnel de Maintenance de la Santé  à la fois curatif, préventif, prédictif et participatif. C'est-à-dire proches des gens, leur permettant de mieux se connaître et d'agir au mieux pour leur santé. Désormais, avec le  numérique, on peut le faire aujourd'hui. On ne pouvait pas le faire avant. Grâce aux systèmes trackers qu'on va tous avoir, si on ne les a pas déjà sur nous, ce suivi devient possible. Smartphone, montres, tee-shirts pleins de biocapteurs, semelles de chaussures en seront les supports. En ce début d'année on a pu voir au Consumer Electronic Show de Las Vegas que ces dispositifs existent déjà.

Tous ces fitness trackers, tous ces outils, mettables et pas seulement portables, produisent une quantité considérable de données numériques, de même que l'analyse d'ADN. L'analyse d'ADN qui va coûter 150 euros dans deux ans. Avoir le décryptage complet de son génome génère des quantités faramineuses, des tsunamis de données, comme l'a très bien montré Laurent ALEXANDRE. Ce tsunami de données génétiques et d'informations émises par tous les capteurs sur des gens connectés constitue une mine d'or pour une assistance personnalisée développée par Big Pharma. Cela n'est évidemment pas sans poser des questions éthiques sur le respect de la vie privée qu'il faudra traiter.

Des réglementations inadaptées

A ce stade il faut évoquer les grands organismes publics de santé qui sont enfermés dans des réglementations extrêmement contraignantes. Regardons par exemple celles concernant les pharmaciens qui veulent mettre sur Internet des produits pharmaceutiques très courants qui ne sont pas sous ordonnance.  C'est  compliqué. De même pour les médecins qui explorent et qui tentent des médicaments naturels qui sont souvent des suppléments alimentaires et qui marchent très bien. Il y a de même des chercheurs qui sont laissés de côté  et sont un peu considérés comme des marginaux, alors qu'ils ont développé des produits qui fonctionnent et traitent des maladies comme le cancer et qui constitueraient une chance extraordinaire pour les patients. Des tabous extrêmement forts perdurent dans notre pays à ce sujet.

Un cri d'espoir pour traiter le cancer

C'est pour moi le moment de lancer un  cri d'espoir  que grâce au numérique, grâce à la révolution en santé, grâce à la révolution technologique, grâce à la prise en charge de plus en plus grande de patients augmentés et éclairés, cette situation puisse changer. Si je prends l'exemple du cancer, on peut le traiter aujourd'hui comme une maladie simple. Ce n'est pas une maladie seulement génétique qu'il faut traiter en détectant les oncogènes et les anticorps monoclonaux qui permettent de développer l'immunité. C'est une maladie métabolique. Il y a 50 publications dans le monde et 10 pays qui sont dessus. C'est une maladie métabolique simple. On peut asphyxier le métabolisme de la cellule cancéreuse avec des produits naturels en synergie les uns avec les autres. Parce-qu'ils ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale, puisqu'ils ne font pas partie des brevets, l'industrie pharmaceutique ne s'y intéresse absolument pas. C'est pourtant une voie nouvelle vers laquelle Big Pharma doit s'ouvrir. Un dispositif de traitement naturel du Cancer alliant une approche génétique et immunologique à une approche métabolique. Voilà mon espoir, que tout cela change dans l'intérêt de tous.

Des défis que nous devons relever

Quelques mots de conclusion. Nous avons vu combien ces nouveaux moyens,  ces nouvelles voies qui s'offrent à nous dans cette transition du système de santé, dans laquelle nous sommes engagés, peut ouvrir de perspectives positives pour nous tous. Mais nous devons aussi rester très vigilants. Tout cela doit être pensé et organisé. Nous allons en effet dans le futur et en raison même de ces progrès scientifiques, techniques et humains  vers une désintermédiation des systèmes de santé, un risque d'Uberisation  de la pharmacie, du médecin traditionnel et des laboratoires pharmaceutiques. C'est un vaste et déterminant chantier que d'agir pour éviter ce risque. Des propositions sont déjà faites. Nous devons continuer à agir dans ce sens.

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(1) Intervention de Joël de Rosnay, conseiller de la présidence d'Universcience, président exécutif de Biotics International, au dîner organisé le 26 janvier 2016 par le Cercle des Décideurs Numérique & Santé. Retranscription réalisée par Roland Michel, conseiller stratégique santé du Cabinet Care Insight.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2016 à 14:15 :
'''.....qui sont souvent d'ailleurs des moyens naturels, comme la nutrition, l'exercice, la méditation et la gestion du stress. ''''''Rien de nouveau de ce qui se pratique depuis plus de 40 ans !Les recommandations nutritionnelles ,les facteurs de risques genétiques d'hygienne de vie ou d'exposition aux produits toxiques sont connus depuis longtemps .Il est proposé à chaque français à partir d'un certain age une visite médicale complete et gratuite .Prise de sang pour un bilan sanguin complet (deja robotisé ) ,analyse d'urine en routine ,examen par le cardiologue qui peut pousser beaucoup plus loin si il a le moindre doute ,test de l'effort ,échographie du coeur et des coronaires ainsi que des carotides ext.....Si on cumule les facteurs de risques cardio-vasculaire il faudra des examens plus fréquents et il en va de meme pour les cancers avec le test Emocult les palpages et radios des seins ext........Je ne vois rien de nouveau dans le discourt de De Ronay!Quand au patient qui se renseigne et qui vient voir son toubib avec des idées fixes (fausses bien sur ) c'est plutot ce que redoute tous les medecins !Le seul vrais progrés serra la mise au point specifique de médicaments en pharmacie par des machines robotisées(avec des molécules connues bien sur )pour coller au plus pret à la spécificité de la maladie du patient ,pour le cancer notamment .........

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