Paris 2024  : projet sportif, projet politique

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Par Dominique Mahé, Président du groupe MAIF
Par Dominique Mahé, Président du groupe MAIF (Crédits : DR)
Le 31 juillet, le maire de Los Angeles a annoncé que le comité de candidature de la Cité des Anges avait trouvé un accord avec le CIO pour organiser les Jeux Olympiques de 2028, laissant ainsi le champ libre à Paris pour 2024. Alors que certaines voix ont pu s'élever ces dernières semaines pour critiquer le bien-fondé de la candidature parisienne, il n'est pas inutile de rappeler l'esprit du projet porté par le mouvement sportif français. Par Dominique Mahé, Président du groupe MAIF

Au-delà de son sérieux budgétaire, des retombées économiques attendues pour notre pays, de l'accélérateur prodigieux qu'il représente en matière d'aménagement urbain et de développement des transports pour le Grand Paris, la force du dossier français repose sur sa capacité à illustrer le sens de la transformation de notre société pour entrer de plain-pied dans le XXIe siècle. Cet héritage immatériel, durable, vivant des Jeux de 2024 sera le fruit de l'ADN sportif qui a nourri cette candidature : transmettre aux Français la pratique sportive, ses valeurs et ses vertus. Cet héritage est la colonne vertébrale d'un projet éminemment politique dans ce que ce terme possède de plus noble.

Ancrer le sport au cœur de la société française

La pratique sportive est un levier de transformation sociale, un vecteur d'éducation citoyenne, un facteur de bien-être, de santé publique voire, dans le cas de certaines affections de longue durée, un accompagnement  thérapeutique. C'est pourquoi elle est l'une des dimensions fortes d'un projet qui veut tirer la France vers le haut et redynamiser notre capacité à construire une communauté authentiquement républicaine. Les valeurs politiques du sport peuvent en effet donner une force nouvelle et garantir une pérennité à ses principes : solidarité, respect des règles communes, mais attention portée aux différences et aux vulnérabilités, promotion sociale, égalité des chances, construction en commun d'objectifs partagés. Il s'agit en somme, dans les victoires comme dans les échecs, de développer la confiance réciproque et l'intelligence collective.

La candidature de Paris est nourrie de cette volonté « d'ancrer le sport au cœur de la société française, afin qu'à l'horizon 2024, 80% de la population pratique régulièrement un sport ». Le sport pour tous, sur tous les territoires, pour chaque génération : les 180.000 associations sportives qui irriguent le territoire, les 2,5 millions de bénévoles qui sont engagés pour faire vivre le mouvement sportif seront au cœur de la réussite de ce défi.

Dans une société souvent désabusée qui peine à accorder sa confiance, déboussolée par les profondes et fulgurantes ruptures du quotidien engendrées par la révolution numérique, pouvait-on proposer plus belle ambition que de vouloir inspirer la génération 2024 en lui offrant de participer à un tel projet ?

Le sens d'un côté, la méthode de l'autre

S'appuyer sur les atouts de la capitale, sur l'histoire et le patrimoine de notre pays, pour faire rayonner avec d'autant plus de force l'ère nouvelle dans ce qu'elle aura de meilleur. Ce sera là le témoignage rassurant d'une société qui parvient à se transformer sans rien renier de ses fondamentaux. Paris 2024 nous propose d'atteindre cet horizon renouvelé du mieux vivre ensemble par un quotidien transformé, à travers une mobilité repensée, une innovation libérée, des quartiers redessinés notamment dans leur dimension écologique, le développement de l'économie circulaire, l'épanouissement de la société collaborative.

Enfin, ce projet est exemplaire parce qu'il a associé un maximum d'acteurs à sa construction. Ce fut dans un premier temps une vaste démarche participative, tournée vers le grand public. Puis, dans un même mouvement, à un même niveau, l'ensemble de l'écosystème susceptible de le faire gagner et de le faire vivre : acteurs publics, de la société civile, du monde syndical et économique.

Incontestablement, ces prochains Jeux veulent nous faire entrer dans une nouvelle façon de penser et de vivre notre avenir et notre bien commun. Le « Venez partager » de Paris 2024 nous invite à construire ensemble une société du partage. Paris 2024 nous a confié cette responsabilité inédite : celle d'œuvrer, chacun à son niveau, avec ses moyens, mais en lien avec tous, à la réussite du monde nouveau dans lequel nous entrons. En cela, le projet de Paris 2024 aura été pleinement fidèle à son ambition de porter  « les valeurs originelles de l'olympisme : créer un monde meilleur grâce au sport ».

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Commentaires
a écrit le 04/09/2017 à 21:53 :
La rédaction aurait pu mentionner Publireportage" en haut de l'article rédigé par un sponsor du comité d'organisation...
a écrit le 04/09/2017 à 13:47 :
On devrait responsabiliser tous ces décideurs qui ont porté le projet sur leurs deniers personnels.
a écrit le 04/09/2017 à 12:52 :
Que de poncifs éculés!
Le genre de rédaction que l'on fait en 5eme épaulé par le prof,
pathétique.
a écrit le 04/09/2017 à 11:01 :
En même temps que la lecture de cette litanie à l'éloge des élites, des investissements et des retombées proclamés à destination de tous les citoyens de France, je pénètre plus avant dans le mythe des moutons de Panurge. Mais Panurge savait pertinemment bien que seuls des moutons allaient suivre le bélier à toison d'or qui nous fait cette litanie aujourd'hui.

S'il est vrai que le sport en général développe le sens de la discipline et du respect de règles, et ce partout dans les territoires, c'est l'élitisme qui fournit le reste des bienfaits réservés à quelques uns seulement. Je ne lui confère donc pas toutes les vertus et les louanges de l'avocat Mahé.
Bien au contraire, je déplore cet engouement du sport ultra-médiatisé qui ne construit de grandes fortunes qu'à quelques uns, comme par exemple des frappeurs de ballon rond ou autres balles ; lesquels pourrissent ce que le sport aurait dû rester dans toutes les communes de France. Ces divas des temps modernes arrivent même à afficher tout le contraire des vertus vantées.

J'ai arrêté définitivement de m'intéresser au sport lorsque j'ai dû passer à la caisse pour la reconstruction d'un stade accueillant une équipe de première division. Comment accepter de payer des impôts pour des gens qui gagnaient en un an le revenu de presque toute une vie.

Je trouve phénoménal que l'on veuille vendre cette salade à la nation dans le but inavoué de lui faire admettre les ponctions d'argent public qui va être injecté pour le plus grand profit d'affairistes qui n'ont strictement aucun lien commun avec le citoyen de base, notamment ceux des provinces de l'autre bout du pays. Sans compter toutes les difficultés que le remue-ménage va occasionner au petit peuple parisien obligé de tout subir pour se rendre à son travail. Il n'y a qu'une équipe de privilégiés qui puisse s'en réjouir.
Pendant ce temps comme le soulignent certains, des revenus sont rognés sans vergogne et une plus grande précarité se prépare pour un grand nombre de petits de la France d'en bas.

Non, décidément non, et cela a été le cas pour un grand nombre de villes et de pays étrangers, il n'y a pas rien à gagner, mais plutôt des impôts, taxes et sérénité à perdre pour les populations à organiser les J.O.
a écrit le 04/09/2017 à 9:50 :
C est sur que comme le dit l auteur, dans une societe desabusée, le plus urgent c est de lancer une nouvelle gabegie et d engloutir des centaines de millions dans des JO aux profit d un CIO corrompu (le gros des profits sont pour eux et je suis sur qu ils ont fait comme la FIFA: un accord pour ne pas payer d impots) et de politiciens qui revent de se faire connaitre !
N y a t il pas mieux a faire alors que la France s enfonce que de faire des JO et de construire des stades ?

Si au moins c etait les habitant de Paris qui pairaient, apres tout c est eux qui ont elu Hidalgo. Mais la ca va etre le contribuable francais qui sera appelé a la caisse.
a écrit le 03/09/2017 à 18:31 :
notre pays qui n'a plus de médecins dans ses zones rurales et qui applique la double peine a ses retraités (retraites bloquées et augmentation de CSG) se passe aisément de telles dépenses au profits d'élus en mal de notoriétés et d'affairistes cupides
a écrit le 03/09/2017 à 9:44 :
Vous savez ce qu'il vous dit " le grand public " à la lecture de ce bla bla démago .

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