Pour une relance de la demande

 |   |  1560  mots
Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, président du parti social démocrate allemand (SPD) plaident pour moins de rigueur en Europe
Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, président du parti social démocrate allemand (SPD) plaident pour moins de rigueur en Europe (Crédits : Reuters)
La politique monétaire montre ses limites. Pour sortir l'Europe du marasme, une relance de la demande par l'investissement est nécessaire. Par Sébastien Charles (Université Paris 8, LED), Thomas Dallery (Université du Littoral Côte d'Opale, CLERSE) et Jonathan Marie (Université Paris 13, CEPN)

L'OCDE, dans son dernier rapport du 18 février 2016 , plaide ouvertement pour une politique de relance par la demande. La dépense publique étant de plus en plus conspuée et inlassablement rendue responsable, avec le coût du travail, de la crise déclenchée, en réalité, par l'endettement privé, on se demande bien ce qui a pu traverser l'esprit de Catherine Mann. L'économiste en chef de l'institution propose ce que les économistes appellent une politique de relance keynésienne. En lisant les prévisions de croissance de l'économie mondiale pour l'année en cours on comprend aisément. En effet, on constate qu'elles ont été rabaissées par rapport à celles de novembre 2015...elles-mêmes diminuées par rapport à celle de septembre. Après un rapide travail d'exhumation des prévisions de juin, on saisit qu'il y a véritablement de quoi s'inquiéter. Ainsi, en l'espace de huit mois, nous sommes passés d'une croissance attendue du PIB mondial de 3.8% à 3% pour 2016. Hormis l'Inde, qui fait figure d'exception, tous les pays sont concernés par ce ralentissement marqué à commencer par la France.

On demande tant à la politique monétaire...

Constatant que tout ce qui a été tenté depuis la récession de 2008-2009 n'a pas eu les effets escomptés, la réaction de l'OCDE est, somme toute, compréhensible. Il en va ainsi des fameux assouplissements monétaires (Quantitative Easing), visant à intervenir directement sur les marchés financiers ou à racheter massivement des titres de dettes aux banques et, en contrepartie, à les abreuver en liquidités, espérant qu'elles prêtent à l'économie réelle ce qui aurait permis le retour de l'inflation. Le souci avec cette logique c'est que l'on a attribué à la politique monétaire des propriétés thaumaturgiques dont, en réalité, elle ne dispose pas.

Pour reprendre une analogie née avec Marriner Eccles lors de la Grande Dépression, attendre une relance de l'activité de la seule politique monétaire, c'est comme pousser sur un fil pour faire avancer une pelote de laine : la politique monétaire dispose d'effet asymétrique, puisque si un resserrement monétaire ralentit avec certitude l'activité (tirer sur un fil ramènera à vous la pelote), l'assouplissement monétaire n'a pas nécessairement beaucoup d'effet d'entraînement. Nonobstant le volontarisme affiché par la BCE, les banques n'ont pas franchement prêté plus aux entreprises et celles-ci n'ont pas demandé plus de crédits.

Une création de bulles

Par contre, ces liquidités contribuent à créer artificiellement des bulles sur les marchés financiers qui, lorsqu'elles éclateront, ne manqueront pas d'engendrer de nouvelles révisions à la baisse des chiffres de la croissance. Précisément ce dont nous n'avons pas besoin... Pas plus que de l'instabilité et des débuts de panique qui se sont déjà manifestés autour du 13 février avec comme épicentre la Deutsche Bank, comme autant de prémisses d'un possible choc à venir.

Les réformes du marché du travail sans effet

D'un autre côté, le gouvernement actuel, en ligne avec les injonctions des traités européens, fait exactement le contraire d'une politique de relance par la demande en s'échinant de manière quasi-obsessionnelle sur la politique de l'offre et les réformes structurelles. Et ce, alors même que le FMI a récemment estimé que les réformes du marché du travail n'ont pas d'effet significatif sur la productivité. Dans la lignée des réformes précédentes, le projet de loi El Khomri persiste pourtant à croire qu'un marché du travail toujours plus flexible créera des emplois supplémentaires : que le fil soit en laine ou en coton, pousser sur un fil ne fera pas davantage avancer votre pelote.

43% des patrons signalent un problème de demande

Il existe pourtant un moyen bien connu, mais devenu presque tabou, de relancer l'activité et créer des emplois : une stimulation de la demande. Pourquoi diantre une telle politique de demande ? Simplement parce que les anticipations des entreprises sur les carnets de commande futurs ne les encouragent pas à produire plus, investir plus et embaucher plus. A titre d'exemple, les enquêtes menées par l'INSEE auprès des chefs d'entreprises français indiquent clairement qu'en janvier 2016, ils sont 43% à déclarer avoir des problèmes de demande contre 14% qui ont des problèmes d'offre. Tout ceci jette un sérieux doute sur le bien-fondé de la politique économique suivie actuellement.

Des investissements en direction des entreprises

Ce qui réglera notre problème c'est bel et bien une politique de dépense publique en direction de nos entreprises. Afin d'éviter toute ambiguïté, soulignons immédiatement un point important. Par politique de dépense publique, nous n'entendons absolument pas l'embauche de fonctionnaires mais bien des investissements décidés par l'État et adressés aux entreprises. Autrement dit, il s'agit de leur apporter ce dont elles manquent cruellement : des commandes et du travail.

Une telle politique devra se faire en concertation avec les entreprises et viser des secteurs essentiels à l'avenir de notre pays. On pense notamment à la transition écologique dont tout le monde parle et qui demeure, malgré les traditionnels effets d'annonce, un vœu pieu. Ainsi, peut-être serait-il bon de créer les grands groupes français de demain dans le secteur des énergies alternatives ? Le discours vaut également pour les Technologies de l'Information et de la Communication, à l'instar du stockage des données d'entreprises, et des infrastructures judicieusement sélectionnées. Le FMI plaide, au moins depuis 2014, pour de tels investissements d'infrastructures en pointant à la fois leurs effets positifs sur la croissance à long terme et leur innocuité sur la situation des finances publiques, notamment dans notre contexte de bas taux d'intérêt.

Les déficits actuels tiennent d'abord aux piètres performances économiques

Certes, certains esprits chagrins nous diront que la relance de la demande, compte tenu des déficits publics continus en France, cela fait 40 ans qu'on essaie pour de bien piètres résultats. Il faut pourtant tordre le cou à cette idée reçue : l'existence d'un déficit public ne signale pas une politique volontariste de relance de l'activité. Les déficits publics proviennent bien plus souvent de résultats économiques décevants par rapport aux prévisions. Tout budget est établi en fonction de prévisions de croissance, prévisions qui impliquent un montant anticipé de recettes fiscales. Si la croissance n'est pas au rendez-vous, les dépenses publiques sont bien engagées mais elles sont mises en balance avec des recettes inférieures aux attentes. Conséquence : les comptes publics se dégradent, non pas parce que les dépenses publiques ont été fortement stimulées dans le cadre d'un plan de relance, mais simplement parce que les prévisions de croissance ont été fixées à des niveaux systématiquement trop élevés.

Un relance européenne

D'autres critiques ne manqueraient pas d'objecter à nos velléités de relance que les précédents historiques se sont soldés par des échecs. « Pensez donc aux relances Chirac (1975) ou Mauroy (1981) : elles ont alimenté une demande d'importations qui a profité à nos voisins, sans permettre de réelle reprise en France ! » Il est vrai qu'une relance de la demande qui passerait par une distribution de pouvoir d'achat aux ménages risque de filer pour partie en commandes adressées en dehors du territoire.

Mais, si l'ensemble des pays européens se lançait dans une telle relance, les effets de débordement de la demande française vers l'Allemagne pourraient être plus que compensés par les afflux de demande des ménages allemands vers les entreprises françaises. Si l'horizon politique d'une telle relance coordonnée est encore hautement improbable au niveau européen, Sigmar Gabriel a récemment jeté un pavé dans la mare, traditionnellement si stable, de l'ordolibéralisme allemand en enjoignant un arrêt de l'austérité en Europe : on n'appuierait pas encore sur l'accélérateur, mais on commencerait à arrêter d'écraser la pédale de frein...

Remplir les carnets de commande des entreprises par la dépense publique

Quel que soit le bienfondé d'une telle relance par les revenus des ménages, ce n'est pas de ce genre de relance dont nous parlons ici. Nous plaidons davantage pour une relance des commandes publiques adressées aux entreprises. L'État stratège a déjà prouvé qu'il pouvait produire des succès incontestables. On pense au réseau autoroutier, au maillage national du chemin de fer et au développement des lignes à grande vitesse, aux industries du nucléaire et de l'aéronautique civile. Quand la relance de la dépense publique est bien pensée, elle fonctionne.

En définitive, durant une période de stagnation et d'inflation faible la relance par la politique budgétaire expansionniste n'est pas le dernier outil à disposition des gouvernements mais bien le premier. Aujourd'hui, si les entreprises françaises n'embauchent pas c'est bien que le niveau des carnets de commande est trop bas. Plutôt que de se perdre en atermoiements inutiles, attendant de la flexibilisation du marché du travail qu'elle incite les entreprises à investir et embaucher, remplissons les carnets de commande des chefs d'entreprise par la relance de la dépense de publique et gageons qu'il n'est jamais trop tard pour que certains redécouvrent l'eau chaude.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/03/2016 à 0:01 :
c'est le manque de création richesse qui appauvrit tout le monde et fait que personne ne peut acheter quoique ce soit !!! les services n'apportent rien EDF connait de grosses difficultés au point de laisser payer ses retraites par la CNAV !!!! Les énergies renouvelables n'apporteront rien pas plus qu EDF n'a apporté quoique ce soit en terme de richesse.
Les autoroutes ou les chemins de fer n'apportent rien non plus. Sans compter que les coûts des chemins de fer et de la route sont vertigineux et je parle en terme de coûts pour l'entreprise !!!
ce n'est pas le manque de demande qui pose problème aux entreprises, mais plutôt qu'elles ne savent pas à qui offrir leurs produits ou aussi que leur produits ne répondent pas aux besoins des clients !!! il suffit de participer à un réunion sur les choix d'une carafe pour l'entendre : imposez vos choix à votre client !!!
Je reste convaincu que la nullité des formations, des diplômes est à la source de tous nos problèmes : et je crains que ce problème ne soit mondial !!! aujourd'hui il vaut mieux lire beaucoup pour apprendre que d'aller sur les bancs de l'école !!! Bien sûr les profs écrivent partout leurs idées, mais les mêmes prof n'ont jamais travaillé : ils n'ont jamais crée leur entreprise !!!
a écrit le 14/03/2016 à 15:21 :
Se lancer dans une politique de relance va à l'encontre de la politique suivie jusqu'à présent au niveau européen :
1/ les déficits sont dus au laxisme des gouvernements (essentiellement les pays de la périphérie) qui se heurtent à des problèmes de dette;
2/ en conséquence, sabre au clair, lutte contre ces déficits par les fameuses réformes structurelles, puisque :
2a/ les pays membres de la zone euro ont abandonné toute possibilité de reconstituer leur compétitivité par la bonne vieille dévaluation de leurs monnaies, et donc
2b/ priorité aux dévaluations internes : baisse des salaires, baisse des retraites, baisse du coût du travail (les ouvriers coûtent cher, tout le monde le sait) chaque pays s'attaquant à son code du travail,
3/ la BCE, par sa politique de quantitative easing (alias rachat de dettes publiques, alias planche à billet), essaye de relancer l'inflation, ce qui est bien le comble, alors que son rôle essentiel est justement de veiller à ce que l'inflation tourne autour de 2% l'an, mais rien à faire, elle reste encalminée autour de 0%,
4/ à l'adresse http://www.rtl.fr/actu/economie/loi-travail-la-finlande-adopte-un-douloureux-pacte-social-7782271423 un éditorial de François LENGLET la Finlande adopte un douloureux "pacte social".

Pour réduire les coûts du travail, les salariés vont prendre à leur charge les cotisations de l'assurance-chômage et de la retraite, à la place des employeurs. Ils devront travailler trois jours de plus dans l'année, avec gel des salaires pour une période illimitée. Si on doit résumer : c'est travailler plus pour gagner moins.
Les Finlandais ne sont pas les seuls à faire cela dans la zone euro. L'union monétaire impose sa dure loi à bon nombre de pays - l'Espagne, l'Italie, le Portugal, l'Irlande, la Finlande - qui se sont tous engagés dans des réformes de ce genre, pour des raisons voisines. La loi El Khomri et le pacte de compétitivité d'il y a deux ans, c'en est la version française. L'euro a supprimé les taux de change nationaux, il a créé de la fixité (tiré de l'éditorial de François LENGLET).
5/ L'euro est né de la fin des monnaies des nations européennes, et a endossé les habits de l'ancien Deutsche Mark, ce qui nous renvoie à
6/ un excellent article La défaite de la Grèce, la défaite de l'Europe Par Romaric Godin | 13/07/2015, 13:18 à l'adresse http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-defaite-de-la-grece-la-defaite-de-l-europe-491792.html où il est dit [L'imposition de la logique allemande

D'abord, on a appris que l'euro n'était pas qu'une monnaie, mais aussi une politique économique particulière, fondée sur l'austérité. Le premier ministre grec avait fait le pari que l'on pouvait modifier la zone euro de l'intérieur et réaliser en son sein une autre politique économique. Preuve est désormais faite de l'impossibilité d'une telle ambition. [...] désormais, l'identification entre l'euro et l'austérité est totale. Le comportement des dirigeants de la zone euro avant et après le référendum pour faire du « non » aux mesures proposées un « non » à l'euro le prouvent aisément.
a écrit le 14/03/2016 à 15:08 :
Excellente analyse de la situation qui prend à rebrousse poil tout ce que ces pauvres politiques s'échinent à faire depuis des années, à savoir la politique de l'offre, avec le succès que l'on sait.
a écrit le 14/03/2016 à 8:11 :
Si vous me donnez mille euros j achete un iphone... La politique de l offre est la seule solution mais c est tellement plus facile pour le politique de faire une politique de la demande.
a écrit le 13/03/2016 à 18:14 :
On a le travail, le capital et l'énergie. On envisage d'agir sur le travail et sur le capital. Et si on agissait sur l'énergie? Il faut basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Qui le proposera?
a écrit le 13/03/2016 à 14:38 :
Si une relance de la demande pourrait avoir du sens en Allemagne et aux Pays-Bas, voire en Italie et même en Espagne, en France, dont l'économie, notamment industrielle, a quasiment disparu, elle ne ferait qu'accroître les importations donc les déséquilibres. Il faudra des années d'une vraie politique de l'offre pour inverser la tendance.
a écrit le 13/03/2016 à 10:33 :
0 commentaire ? Article très intéressant qui montre l'impasse du " socialisme de l'offre " promu par Hollande en 2012, contrairement à ses déclarations antérieures .
a écrit le 12/03/2016 à 23:00 :
Sommes - nous atteints d'engourdissement mental ?
Nous assistons à la convergence de facteurs de crispation sociétal que personne ne peut nier. D'un côté le refus grandissant d'une politique oligarchique imposée depuis des décennies, et qui aujourd'hui montre toutes ses limites, jusqu'à une désagrégation de l'Europe. de l'autre une politique monétaire qui n'arrive plus à booster l'économie. Pourquoi cela ? - D'une part parce qu'une bonne économie ne fonctionne qu'en fonction de stratégies politiques. De l'autre parce que la politique monétaire suit de plein fouet le résultat de ce mauvais choix politique. Alors dans cet engourdissement généralisé, certains ressortent ce vieux remède de l'investissement pour relancer l'économie. Quel en sera le résultat ? - Vous avez déjà la réponse sous les yeux ; même si cette dernière n'apparaîtra clairement que dans quelques mois. La presse économique vient juste d'utiliser la métaphore de " BAZOUKA" pour signifier les moyens employés par la BCE pour tenter de redynamiser les marchés. Son président n'est pas en cause ; bien au contraire, heureusement que cet homme de valeur se trouve aux commandes ; cela nous laisse un peu de répit. Mais, qu'il s'agisse de relance monétaire ou de de relance de l'investissement ; ce qui revient au même. L'Europe actuelle à une ouverture des marchés publics accessible au monde entier à 85%, alors que nous ne pénétrons les marchés publics étrangers (hors Europe) qu'à concurrence de 32% ( voir les journaux la Tribune et Les Echos de ces derniers jours). Nous connaissons tous le maillage boursier des grands secteurs industriels qui fait que la participation aux entreprises répartit les profits des multinationales aux intérêts de différents états. Seulement nous ne sommes pas les principaux bénéficiaires , face aux états unis. Cela signifie qu'une relance profitera d'abord à d'autres.
En quoi notre économie est-elle dépassée ? - Nous utilisons depuis des décennies l'économie d'outre-Atlantique pour propulser nos industries. Tout cela parce que nous n'avons pas souhaiter réaliser une union fédératrice qui nous permettrait d'utiliser le potentiel Européen au lieu d'un choix extérieur. De plus ce choix se fait en ordre dispersé. Ainsi encore aujourd'hui nous préférons développer nos meilleures technologies à l'extérieur, pour en quelque sorte les faire valider et si possible accepter par les autres pays. Comme si le label made in USA était la garantie du succès. En agissant ainsi, nous offrons encore un peu plus à nos concurrents la possibilité d'une maîtrise totale. Qui non seulement bénéficient de nos programmes de développement ; mais qui, joins au libéralisme économique qui est le propre de leur fonctionnement, nous contraint à prendre éternellement le second train. N'y a t-il pas là une forme d'engourdissement politique, face aux lobbys qui n'ont cure de l'avenir de l'Europe.
a écrit le 12/03/2016 à 17:55 :
Certes, mais il me semble que beaucoup de grand travaux actuels (LGV, EPR, aéroport...) sont très discutables en termes d'impact économiques à différents horizons temporels... alors que les dotations de l'Etat baissent fortement en direction des communes et collectivités, qui réduisent leurs investissements, investissements plus modestes individuellement, mais avec multiplicateur keynésien qui peut être élevé (pas pour les rond-points, c'est vrai, même si ce sont des entreprises locales qui les font quand même)... il faut décentraliser les investissements publics...
a écrit le 12/03/2016 à 17:01 :
Merci pour cet excellent article !
a écrit le 11/03/2016 à 20:19 :
" La politique monétaire a ses limites ", et quand les bornes sont dépassées ... Tournant le dos à la politique qu'il préconisait dans l'opposition, Hollande a vanté " le socialisme de l'offre " dans sa conférence de presse en novembre 2012 : crédo de l'UE avec tout ce qui va avec, le TSCG qu'il n"a pas renégocié, la sainte compétitivité ( merci Louis le Gallois) permettant de casser les salaires. Austérité pour tous. Or :
Diminution des coûts --> baisse des revenus --> compression de la demande --> déflation .Énarques, retournez à l'école (surtout la promotion Voltaire ) .
a écrit le 11/03/2016 à 15:23 :
43% des patrons se plaignent de la demande. Alors les excellents économistes cohen tyrole etc.. encore tout faux comme d'habitude des charlatans
a écrit le 11/03/2016 à 12:53 :
Il est evident qu une entreprise n embauchera pas si elle ne pense pas qu il y aura une augmentation de la demande de ses produits. Par contre augmenter la demande est pas simple. Rappellez vous 1981 ! on a voulu stimuler la demande des francais et ceux ci se sont rués sur les produits japonais (magnetoscope a l epoque). d ou une perte seche pour l economie francaise. Etant donne que l economie francaise est aujourd hui dans un etat pire qu en 81, augmenter la demande des francais va simplement augmenter les importations chinoises. La solution est elle d augmenter les depenses de l etat. pas sur. l etat ne va t il pas depenser cet argent sur des projets inutiles (mais generateur de pot de vins ou simplement faltteur pour l ego de nos dirigeants) : a t on besoin de JO et de construire des stades vides 98 % du temps, a t on besoin d un aeroport international a nantes ? a t on vraiment besoin de subventionner Mme Saal et sa famille pour se promener en taxi toute la journee ?
Quant a la pretention de creer une industrie de transition energetique via des subvention, l auteur ferai mieux de se rappeler les fiacos recents de ce type d initative : le cloud souverain a servi qu a subventionner orange (et ignorer les entreprises qui etaient capable de faire quelque chose de bien comme OVH mais qui ne devaint pas embaucher d enarques ni offrir des emplois fictifs). l UE il y a 15 ans a voulu developper l industrie electronique: aujourd huio il ne reste pas une seule entreprise dans le secteur qui soit europeenne !
a écrit le 11/03/2016 à 10:28 :
43 % des patrons signalent une baisse de la demande? Pourtant, depuis 2012, nos économistes médiatisés ne cessent de parler de la politique de l'offre. On vient donc d'apprendre que sans demande il ne pouvait y avoir d'embauches et d'investissements ?

Communiste, va....
a écrit le 11/03/2016 à 10:13 :
Une relance par la demande n'accentuera que notre déficit a "l'export" dans ce jeu sans frontière!
a écrit le 11/03/2016 à 10:09 :
Pourquoi les entreprises investiraient-elles alors qu'elles sont en surcapacité de production ? Aucune raison d'embaucher non plus. A cause d'une redistribution inéquitable des revenus du travail, même la Chine est en surcapacité. Les multinationales ont tuées leurs clients. La relance par la dépense publique est absurde, car cela implique une augmentation des prélèvements fiscaux, ce qui affaibli encore plus la capacité d'investissement et le pouvoir d'achat. Seule l'innovation pourrait nous sortir de l'ornière, mais les "managers" ne savent pas exploiter le génie de leurs collaborateurs, trop terrifiés qu'ils sont que leurs incompétences soient démasquées...
a écrit le 11/03/2016 à 9:28 :
rejouer 1981 nous permettra effectivement de rejouer 1982-1983 (l'ouverture de la "parenthèse" de rigueur). Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Une relance n'est possible que dans une économie en capacité d'y répondre.
a écrit le 11/03/2016 à 9:26 :
Si la relance de la demande pourrait avoir un sens en Allemagne, aux Pays-Bas, voire même en Italie et en Espagne qui se reconstituent un appareil productif de nature à y répondre, en France elle ferait surtout les affaires des autres pays (sauf à la concentrer strictement sur ce qui n'est que peu importé, restauration, bâtiment, travaux publics, certains produits de luxe...). Est-il si urgent de relancer les ventes de smartphones ou de TV, tous importés ?
a écrit le 11/03/2016 à 9:19 :
"attendre une relance de l'activité de la seule politique monétaire, c'est comme pousser sur un fil pour faire avancer une pelote de laine "

Merci beaucoup pour cet excellent article avec lequel il est difficile de ne pas être d'accord.

Maintenant les médias de masse sont remplis d'"économistes" et autres "experts" qui viennent nous affirmer sans tiquer que oui bien évidemment que 1+1= 0.5, c'est logique voyons. Il n'y a pas d'alternative aux erreurs flagrantes de calculs en sommes.
a écrit le 11/03/2016 à 8:06 :
Mais dire que nous ne devrions pas travailler sur ĺ offre, relève quasi du déni. Quel interet au final d afficher une productivité élevée pour se traîner depuis des lustres 10% de chômage et jamais moins de 7%? Il y a des emplois de service non viables avec notre système y compris dans le service public et dans le même temps pres de 50% de chomage pour les jeunes non diplômes.... Avec un taux de chômage bien inférieur, un marché du travail plus fluide, on aurait pas le taux d épargne qu on connaît, les impôts et charges qu on connaît et les déficits qu on connaît. C est la que réside nos ressources pour une politique de relance. Dans le même temps construire un systeme de formation plus efficient, nous permettra de travailler également sur la productivité et notre compétitivité. Si un peu comme un cadeau tombé du ciel venait une relance européenne, ce serait bon a prendre mais comme un bonus.
Réponse de le 11/03/2016 à 9:22 :
Entièrement d'accord avec vous. Imaginez que l'on crée les centaines de milliers d'emplois non qualifiés nécessaires pour résorber le chômage, la productivité s'en retrouverait affectée par un simple effet statistique. Pour autant préfère-t-on que ces personnes soient condamnées au chômage? N'ont elle aucun espoir d'être formées par la suite?

Ce qui est frappant c'est cette impression que la contrainte budgétaire a disparu. Cet appel à la dépense publique alors même que sont dénoncés des déséquilibres financiers majeurs. Qui sait ce qu'il va se passer sur le marché obligataire dans les années à venir? Comment et sur quelles bases prendre ce risque? Le PIA3 n'a-t-il pas déjà été calibré de manière rationnelle à cet égard?

Les banques centrales sont en guerre des monnaies exacerbée à coup de mesures non conventionnelles. On lit que la BCE a indiqué qu'elle augmente la part de ce que la BCE peut racheter pour les agences supranationales. Il y a peut être une opportunité d'inventer un financement innovant pour un plan de relance européen. S'il faut atteindre l'objectif d'inflation la planche à billet est toute trouvée.
a écrit le 11/03/2016 à 7:54 :
Le chomage est en fait du temps de travail libéré par les gains de productivité liés à l'usage de l'énergie. L'énergie doit participer à l'indemnisation du chomage.
Réponse de le 11/03/2016 à 9:31 :
Votre analyse date d'un bon siècle. Les gains de productivité de nos jours, c'est les sciences et techniques de l'information qui les créent, pas l'usage extensif de l'énergie. C'est l'échange de Mbits plutôt que les MWh qu'il faut taxer si on suit votre logique.
a écrit le 11/03/2016 à 7:44 :
On n'a surement pas essayer quelque chose, mais quoi? Je propose de répartir les charges sociales sur le travail et sur la consommation d'énergie. Cela permettrait de réduire le cout du travail en augmentant le prix de l'énergie, à niveau constant et jusqu'à un certain seuil. Qui est contre? Pourquoi?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :