Quel candidat prend le mieux en compte les territoires ?

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(Crédits : Reuters)
Bac présidentiel: une comparaison des copies de géographie de François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Par Pierre Beckouche, Gilles Fumey, Pierre Pech, Laurent Simon, géographes, professeurs des universités

Nous sommes géographes. Quand nous irons voter dimanche, notre jugement ne se limitera bien sûr pas à la question territoriale. Mais présenter les orientations des candidats sur cette question est une des façons de comparer les programmes. Nous n'en examinons que trois : ceux de messieurs Fillon[1], Mélenchon[2] et Macron[3], qui se disputent une place au deuxième tour pour battre Marine Le Pen.

 Nous ne confrontons ici que ce qui nous a paru être leurs priorités. Les programmes comportent beaucoup d'aspects qui intéressent la géographie - logement, transport, « quartiers », mers et littoraux, agriculture et ruralité, circuits courts etc. - mais si l'on veut éviter le catalogue à la Prévert propre à l'exercice programmatique de toute présidentielle, il faut s'en tenir aux lignes directrices.

 Quelle transition environnementale?

Nous examinerons ces textes au regard de trois approches qui nous paraissent importantes. La première est la philosophie de l'action : quelle place donner à la transition environnementale ? Veut-on d'abord réduire les inégalités territoriales ou bien les inégalités sociales ? Les deux sont liées bien entendu, mais nous pensons que la priorité doit être la réduction des secondes ; notre préférence est la mobilité pour aider les jeunes à trouver un emploi plutôt qu'une dépense publique qui doterait chaque territoire des services et des emplois nécessaires pour lui conserver toute sa population. Nous sommes des géographes, pas des fétichistes du territoire.

La deuxième approche est celle de la gouvernance, c'est-à-dire la capacité d'initiative locale, et les fonctions des différents échelons (Etat, région, département, intercommunalités....) ; ici notre évaluation privilégie la liberté des acteurs, sans pour autant oublier la nécessité - selon nous - pour l'Etat d'agir massivement sur les problèmes territoriaux les plus graves. Notre troisième approche est celle du rôle des territoires dans la relation avec l'Outre-mer et aussi avec nos voisins d'Europe et du Sud de la Méditerranée. On a beaucoup parlé de frontières ces derniers temps, mais en oubliant de dire qu'elles peuvent être des charnières autant que des barrières. Nous jugerons donc les trois programmes à cette aune de la fermeture et de l'ouverture. Nous ne prétendons pas être exhaustifs, ni totalement rigoureux dans notre notation - quel correcteur de copie l'est vraiment ?

 Philosophie de l'action : environnement, égalité, mobilités

 En ce qui concerne l'enjeu environnemental, il y a des différences fortes entre les programmes par exemple en matière de développement agricole, avec la promotion d'une agriculture familiale et durable très affirmée chez MELENCHON. Pourtant nous ne donnons qu'un demi-point parce que l'Avenir en commun multiplie tellement les priorités (transports publics, défense de la ruralité, agriculture durable, eau et assainissement, espace marin, sortie du nucléaire, zéro déchets...) que l'on peut douter de sa capacité à financer les mesures souhaitées, et parce que sa « planification écologique » fait douter de sa capacité à responsabiliser les acteurs.

Le Projet pour la France de FILLON comporte des déclarations fortes : faire du développement durable une source de développement économique et de lien social, verdir notre fiscalité, faire de la préservation de notre biodiversité une priorité absolue, promouvoir une mobilité durable... Mais sa position sur le modèle agricole reste tellement dans le statu quo qu'on peut douter de la sincérité de ses choix écologiques. Le Contrat que MACRON propose de nouer avec la nation comporte lui aussi des engagements forts : faire de la France le leader mondial de la recherche sur la transition environnementale, diviser par deux le nombre de jours de pollution atmosphérique, promouvoir dans les cantines l'alimentation bio ou issue de circuits courts. Est-il plus crédible que les deux autres ? Nous le pensons, car en matière de transition énergétique et agro-écologique l'essentiel est de mobiliser les initiatives locales et de susciter des expérimentations territorialement différenciées ; or nous verrons qu'il convainc davantage dans ce domaine. Un point.

 Égalité et mobilités

En ce qui concerne l'égalité et les mobilités, FILLON poursuit le développement des maisons de service public dans l'espace rural afin de concentrer en un lieu et conforter les services publics qui restent. Cette (bonne) idée est partagée par les deux autres candidats. Match nul, donc.

Certains passages du programme du candidat LR font signe vers la mobilité : « logement : il faut privilégier l'aide à la personne », et ailleurs : « Il faut favoriser la mobilité ». Nous sommes d'accord - mais le programme poursuit en souhaitant « faciliter l'achat par les locataires des logements HLM » : drôle de mobilité que celle qui consiste à favoriser l'achat immobilier plutôt que la location. Le plus gênant c'est que le programme ne sait pas prioriser puisqu'il dit qu'il faut, tout à la fois, « soutenir les quartiers en difficulté, redynamiser les centres bourg, les territoires ruraux et périurbains, garantir un déploiement du numérique à tous en très haut débit, véritable oxygène pour la ruralité ». Plus inquiétant, il entend « démonter la logique de la loi SRU, assouplir les règles de plancher du nombre de logements HLM et introduire des règles de plafond en fonction des caractéristiques des territoires afin de produire un plus grand nombre de logements sociaux là où sont les besoins » : mais comme les besoins d'HLM sont là où se concentrent déjà les catégories populaires, une telle proposition est la promesse d'une augmentation d'une ségrégation socio-résidentielle déjà trop grande. Moins un demi-point.

 Un autre regret avec cette formule que peu de géographes, en tout cas pas nous, partageront : « la vraie inégalité qui mine la République est l'inégalité territoriale ». La justification qui suit (« La fracture territoriale oppose les territoires urbains riches et dynamiques aux territoires ruraux et péri-urbains pris dans une spirale de paupérisation ») est d'un simplisme qui ne passerait pas un partiel de Licence car nos étudiants savent qu'en moyenne les centres villes en France sont plus pauvres que les banlieues, et que les grandes villes sont aussi les hauts lieux de l'innovation technologique.

 Philosophie de l'ubiquité

La philosophie de MELENCHON est celle de l'ubiquité des services et des emplois, autrement dit celle d'un territoire le moins différencié possible, comme si la disparité géographique était aussi scandaleuse que l'inégalité sociale. L'Avenir en commun consiste à « reconstruire le maillage des hôpitaux et des maternités de proximité », alors que l'efficacité sanitaire commanderait plutôt de concentrer les plateaux techniques lourds de nos hôpitaux et de favoriser l'accès aux soins par la mobilité des usagers. Il est, selon nous, vain d'essayer de rattraper la dispersion démographique par une pluie d'équipements sanitaires dispendieux, d'autant que vont se développer des unités de diagnostic médical connectées.

Le programme entend « inscrire l'égalité d'accès aux services publics des habitants de tous les territoires de la République sur les missions essentielles de l'État inscrites dans la Constitution : santé, éducation, eau, énergie, transports, communications, accès à la culture et aux services sociaux (...). L'égalité concerne aussi l'accès à l'emploi, ce qui implique de répartir sur tout le territoire les activités économiques ». Passons sur la faisabilité de cette révolution dans la géographie économique, et insistons davantage sur la méthode : pour « en finir avec les déserts médicaux » le programme propose de « créer un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études afin de pallier l'insuffisance de médecins dans certaines zones », ce qui revient à dualiser le corps médical, alors que le pays a besoin de simplification et d'unité au lieu du patchwork d'un système qui a empilé réformes et statuts.

 Lutter contres les déserts médicaux

Pour lutter contre les déserts médicaux, le programme de MACRON promeut des maisons de santé regroupant des médecins, des infirmières, des orthophonistes, des kinésithérapeutes, des professionnels du sport... On est là dans la logique des maisons de services publics, assez proche de la philosophie des deux autres programmes. Plus original, le candidat d'En Marche veut subventionner, à raison de 15 000 euros par emploi pendant trois ans, l'embauche en CDI d'un habitant des quartiers de la politique de la ville, « quel que soit le lieu où l'entreprise se situe » : cela veut dire la prééminence à l'appui aux personnes sur l'appui aux territoires, et la promotion de la mobilité. Point à Macron.

 Gouvernance : initiative des acteurs, rôle de l'Etat et des différents échelons

 Sur le premier enjeu, celui de la liberté d'initiative des acteurs locaux, le programme de FILLON est ambitieux. Il entend donner davantage de responsabilités aux collectivités en matière de logement, « encourager la mutualisation des compétences et laisser les collectivités s'organiser librement », et (comme Macron) permettre d'« adapter les normes législatives ou règlementaires aux spécificités des Outre-mer ». Un point.

 Les mauvaises langues - dont nous ne sommes pas - diront que cette liberté est proportionnelle à la réduction des dépenses publiques locales : je vais réduire vos moyens, en échange de quoi je vous laisse vous organiser (« Clarifier le partage des compétences entre collectivités et entre les collectivités et l'Etat, ainsi que l'allocation des ressources pour que la collectivité qui finance soit en mesure de décider plus librement »).

Ce progrès de la décentralisation serait donc une façon de réduire la dépense publique - idée acceptable, car c'est la réalité de toute décentralisation ! Toutefois l'ampleur de la réduction des dépenses publiques envisagée nous oblige à retirer un demi-point, car le candidat ne dit rien des conséquences directes de cette réduction sur ceux de nos territoires qui sont devenus très dépendants des fonds publiques : montagnes, régions en reconversion industrielle, Corse, Outre-mer... Puisque Mon projet pour la France prétend dire la vérité, cette vérité-là aurait dû être dite.

Le début est bon : le programme de MELENCHON veut « reconnaître le principe de libre administration des collectivités, par des communautés de communes choisies et non plus imposées ». Un point. Malheureusement la suite surprend : « à l'opposé d'une logique de régionalisation, l'État reprendra le premier rôle de mise en cohérence du développement économique des territoires, dans un objectif d'intérêt général et de transition planifiée et écologique de l'économie », ce qui promet un face-à-face bien inégal entre des collectivités très locales et ce Gosplan nouvelle manière. Un demi-point en moins. « Nous arrêterons immédiatement le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes » rajoute l'Avenir : mais alors, que fait-on du référendum des acteurs locaux qui s'était prononcés pour son développement ? Un autre demi-point en moins.

 Macron supprime des départements

MACRON supprime « au moins un quart des départements, là où ils peuvent être rapprochés de l'une de nos grandes métropoles ». Bonne idée, d'abord parce qu'elle réduit la complexité et la dépense publique en limitant les doublons, parce qu'elle admet une différenciation de l'organisation des territoires (ce n'est effectivement pas dans ce domaine que le pays a besoin d'unité, pensons-nous), et surtout parce qu'elle fait confiance aux acteurs locaux pour mener cette simplification. L'expérience a marché à Lyon (la métropole a remplacé le département du Rhône), elle pourrait marcher en Corse ou en Alsace (fusion des deux départements). Un point.

 Supprimer la taxe d'habitation? Une erreur

En revanche une des mesures phares du programme ne nous convainc guère : exonérer de la taxe d'habitation 80% des ménages, l'Etat « remboursant entièrement auprès des communes leur manque à gagner ». Au lieu d'un système fiscal lisible on dualise, avec des effets de seuils qui compliquent au lieu de simplifier ; d'autre part, au lieu de moderniser les bases foncières, le programme propose une mesure électoraliste sur le pouvoir d'achat qui n'a rien à voir avec les questions foncières ; enfin et surtout, cette mesure revient à limiter l'autonomie financière des collectivités en les faisant encore davantage dépendre de subventions de l'Etat. Un demi-point en moins.

 Sur le deuxième enjeu, l'action directe de l'Etat sur les territoires, le programme de François FILLON est faible, pour des raisons de philosophie politique et de réduction de la dépense publique. Or nous pensons que certains territoires sont dans une telle situation qu'il faut une action de dimension nationale en leur faveur : la banlieue populaire des grandes villes notamment Paris, Lyon, Marseille (en plus de ses quartiers nord), ou encore le bassin minier du Nord. L'enjeu clé de notre géographie est la relégation des territoires populaires urbains et l'échec de la politique de la ville (presque tous les terroristes français des attentats récents venaient de ces quartiers) ; selon nous, le cœur de l'action en la matière serait la refonte de notre système de formation qui devrait donner la priorité à la formation des couches populaires au lieu de l'hyper-sélection des grandes écoles. Mais aucun des trois programmes ne se donne cette priorité stratégique.

 Quand Mélenchon se disperse

MELENCHON brasse trop large, il multiplie les dépenses d'une manière que nous jugeons dispersée : il faut « en finir avec le chômage généralisé, en matière d'emploi nous ne tolérons pas le taux de chômage qui culmine dans les quartiers populaires », certes, comment faire ? Il faut « produire un million de logements publics réellement sociaux », « généraliser la gratuité des cantines utilisant des produits locaux » (la gratuité des services publics est rarement une bonne idée), « rompre avec la spéculation foncière » en développant un patrimoine foncier public, et, dans les zones tendues, « étudier la possibilité d'acquérir chaque terrain qui est mis en vente ». Vaste programme. De même le parti pro-ferroviaire du texte est assumé politiquement, mais pas financièrement or il coutera cher à la puissance publique : « nous relancerons le transport de fret par voie ferrée » ; « nous assurerons les liaisons entre agglomérations par des TGV, des trains intercités, des TER et des trams-trains efficaces, nous reviendrons sur la loi Macron et les liaisons par autocars » - ce qui n'empêche pas un autre passage du programme de dire que « dans les espaces ruraux ou difficiles à desservir par le ferroviaire, nous organiserons des services publics d'autocars ». Il faudra « nationaliser les autoroutes ». Tout cela ne convainc pas nos porte-monnaie.

En revanche l'Avenir en commun, comme En Marche, entendent « réduire massivement les effectifs par classe dans les quartiers populaires ». C'est court mais essentiel. Un point pour chacun. On rajoutera un point à MACRON qui engage la dépense de l'Etat en assumant le financement par l'impôt de la « couverture en très haut débit ou en fibre de l'ensemble du territoire. L'État prendra ses responsabilités partout où cela est nécessaire », notamment grâce au Plan d'investissement public du candidat, là où François Fillon envisage un financement public-privé sur une infrastructure pourtant stratégique eu égard à la portée de la révolution numérique.

 Des politiques territoriales qui soutiennent nos relations avec nos voisins

Trois enjeux différents, ici : l'Outre-mer, l'Europe, et les pays du voisinage européen. Sur l'Outre-mer, impossible de distribuer des points. Le sujet est trop lourd, trop complexe, déchirant pour l'action publique car la vraie bonne solution consisterait sans doute à rapprocher ces territoires de leur environnement régional, ce qui signifierait un éloignement par rapport aux standards de la métropole. Invendable. FILLON déploie l'ambition, mais cette fois sans chiffrer : il veut « un Etat protecteur, garant de la solidarité et de l'éducation, un puissant soutien à la création d'activités et d'emplois, une place confortée dans la communauté nationale », et « redémarrer le moteur économique pour lutter contre le fléau du chômage ». Soit.

 MELENCHON donne dans la phraséologie : « Il est temps, dans la France du grand large, d'abattre le vieil édifice colonial, la vieille économie de comptoir et les vieux liens féodaux. Abolition des monopoles, fin du règne des accapareurs, rayonnement de la République et de ses valeurs universelles : l'Outre-mer veut devenir l'éclaireur de l'Avenir en commun ». Comme nous sommes dans une épreuve de géographie et pas de littérature, nous ne notons pas. Tout de même un demi-point pour l'idée de « privilégier les échanges commerciaux et non marchands avec les États voisins » et de « faire des Outre-mer des pôles régionaux de co-développement ».

 MACRON donne dans le en même temps sans trancher ce dilemme redoutable. Il entend « développer la continuité territoriale au profit des Outre-mer avec chaque année 200 000 billets d'avion à prix aidé en particulier pour les étudiants et les entrepreneurs pour leur mobilité entre les Outre-mer et l'Hexagone, et dans leur environnement régional ». L'installation en Outre-mer de l'Agence Française pour la biodiversité vaut-elle un demi-point ? Pas sûr.

Sur l'Europe, on peut payer les programmes de FILLON (un demi-point seulement car son orientation est très sécuritaire) et de MACRON (un point, notamment pour la proposition de « Buy European Act »). On en retire un demi à MELENCHON car « sortir des traités européens » se révélerait dommageable pour les territoires agricoles et ruraux, l'agriculture étant une des deux politiques communes et ayant donné des résultats qui ne méritent pas les quolibets convenus dans lesquels on tient trop souvent l'action des 28.

 Sur les voisinages européens, c'est-à-dire l'Europe orientale et la Russie d'une part, d'autre part le Sud de la Méditerranée et l'Afrique, c'est la déception. Zéro pointé pour FILLON, un maigre demi-point pour le Contrat de MACRON parce qu'il évoque « une nouvelle politique en Afrique » et aussi parce que son souci de créer un marché unique de l'énergie en Europe est la seule façon pour les Européens de tenir une position forte vis-à-vis du pouvoir de la Russie gazière en Europe. Mais on regrette que sa bonne idée d'« étendre Erasmus aux apprentis pour permettre à 200 000 étudiants et apprentis français de partir chaque année dans un pays de l'Union européenne » n'ait pas été pensée à l'échelle de la grande région, voisinage méditerranéen compris, afin de faciliter des mobilités professionnelles qui restent le goulet d'étranglement du projet Euromed.

 Un grand et beau point pour MELENCHON, qui rappelle qu'« en Europe la frontière tue », qu'il faut mener une politique de co-développement avec notre voisinage si l'on veut maitriser les migrations, et qui entend « instituer une coopération euro-méditerranéenne en direction des pays du Maghreb, du Machrek, d'Afrique noire et du Moyen Orient », par exemple dans le domaine de la gestion de l'eau. Mais on ne peut pas laisser passer cette lubie de revoir avec Poutine les frontières issues de l'ancienne Union soviétique - boite de Pandore qui pourrait embraser le monde bien au-delà de l'Europe, notamment en Afrique. Un demi-point bêtement perdu.

 Résultats : Fillon 1 point, Mélenchon 2 points, Macron 6. Pour nous, ce sera Macron.

[1] « Mon projet pour la France »

[2] « L'Avenir en commun »

[3] « Mon contrat avec la nation »

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