Réinventer la banque de demain : le pari des FinTechs

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(Crédits : DR)
Le secteur bancaire se veut serein face à l'apparition de nouveaux acteurs financiers. Mais, à terme, beaucoup d'acteurs traditionnels pourraient être menacés. Par Vincent Erau et Quentin Sarlotte, Consultants mc2i Groupe

Le secteur bancaire aura mis du temps avant de comprendre l'importance de l'innovation notamment dans un secteur quasi-monopolistique comme c'est le cas en France. Cette prise de conscience a été facilitée, il y a quelques années, par la crainte du secteur face à l'arrivée des géants de l'internet sur le marché du paiement. Dès lors, les banques ont revu et simplifié leur fonctionnement, amélioré leur gestion de la relation client, investit massivement dans le digital. Cependant, malgré tous ces efforts, de nouveaux entrants, les FinTechs, menacent les banques directement sur leur cœur de métier, le conseil.

Les FinTechs, qui sont-elles ?

Les FinTechs sont des startups spécialisées dans la technologie bancaire et financière. Parmi les plus connus on peut citer « Paypal » ou encore « Stripe » pour les systèmes de paiement. Elles interviennent sur des domaines tels que l'octroi de crédit, la gestion de trésorerie ou de l'épargne, des métiers qui jusqu'ici étaient réservés aux banques classiques. Grâce à la technologie (Big data, web,...), ces entreprises bouleversent le secteur bancaire en proposant des offres innovantes à des prix attractifs grâce à la réduction du nombre d'intermédiaire (ex : le « crowdfunding » qui permet de faire du financement de grè à grè). Si la plupart de ces startups sont d'origine anglo-saxonne, les premières FinTechs françaises commencent à faire parler d'elles, notamment grâce à d'importantes levées de fonds. Ainsi, en novembre dernier, la FinTechs française « Finexkap » qui propose un service d'affacturage* à la demande sur le web, a réussi à lever près de 22,5 millions de dollars pour financer son développement.

Quels risques pour les banques traditionnelles ?

Si ces entreprises dépoussièrent le mode de fonctionnement des banques, ces dernières restent dans une position largement dominante sur leur marché et n'ont pas d'inquiétude à nourrir sur le court terme. Cependant, les banques ont bien compris les nouveaux enjeux du secteur et ont décidé, pour certaines d'entre elles, d'accompagner ces entreprises plutôt que les affronter directement.

En effet, certains services qu'elles développent s'avèrent être complémentaires aux services déjà proposé par les banques. A ce titre, on peut citer « Simple » (gestion des finances personnelles) racheté en mars 2014 par la BBVA pour 117 millions de dollars. Ainsi, depuis quelques années, la plupart des banques françaises ont ouvert des incubateurs ou bien des fonds de capital-risque ou capital-développement à destination de ces entreprises. Dans certains cas, la collaboration va même plus loin puisque certaines banques acceptent de donner accès, à ces startups, à une partie de leurs données dans le but de créer de nouveaux services ou bien d'améliorer les offres existantes.

Seuls une centaine d'acteurs bancaires résisteraient à la déferlante numérique

La digitalisation bouleverse tous les secteurs et tout comme celui de l'audiovisuel (Deezer, Netflix) ou des transports (Über, Blablacar), le secteur bancaire ne fait pas exception (Paypal, Stripe), le cadre législatif et réglementaire ayant longtemps protégé ce secteur des innovations. C'est dans ce contexte qu'apparaissent les FinTechs. Leurs objectifs : améliorer la vie des utilisateurs de services bancaires ou financiers. A ce titre, ils offrent la possibilité à chacun de financer et de se faire financer, cela va des fonds d'investissements, aux prêts avec intérêts entre particuliers, en passant par le financement de projet, les mots d'ordre étant simplification et connectivité, deux aspects du secteur trop longtemps délaissé par les banques.

Même si certaines banques ont compris les changements en cours, Francisco González - CEO de la banque espagnole BBVA - estime que d'ici 10 ans et à l'échelle mondiale, peut-être seulement une centaine d'acteurs bancaires suffisamment forts résisteront à cette déferlante numérique.

Vincent ERAU et Quentin SARLOTTE, Consultants mc2i Groupe


Sources :
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20141120trib720cdba73/les-fintech-attaquent-les-banques-sur-leur-coeur-de-metier.html
http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-107768-la-fintech-leconomie-de-demain-et-le-futur-de-la-finance-1035212.php
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20141007trib4c596e054/banques-et-fintech-un-mariage-de-raison-et-d-avenir.html
http://press.bbva.com/latest-contents/press-releases/francisco-gonzalez-says-8220-knowledge-banking-offers-more-and-better-solutions-for-our-needs-8221__9882-22-c-107358__.html
https://www.youtube.com/watch?v=25Kj9oCyG00

* affacturage : méthode de financement visant à céder à un organisme tiers des créances clients en échange d'un remboursement anticipé.

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Commentaires
a écrit le 11/05/2015 à 20:24 :
Bonjour, et merci pour votre article.
Simplification et connectivité sont en effet deux notions propres aux Fintechs, mais je rajouterais également transparence qui est selon moi LE point clé pour ces startups. Le client peut désormais choisir l'entreprise, le projet dans lequel il investit, et connait le montant exact qu'il devra s'acquitter pour souscrire un prêt ou réaliser un investissement. Pour beaucoup d'entre elles, l'objectif est de laisser beaucoup plus de marge de manœuvre au client et de l'impliquer davantage dans le service qui lui est proposé. Ceci dans un soucis de transparence pour construire une relation de confiance sur le long terme.
Et ce n'est que le début, l'avenir du secteur des Fintechs nous réserve encore bien des surprises !

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