Réseaux sociaux : on ne donne plus ses infos !

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Les internautes expriment un besoin de contrôle et de rétention des données qu'ils laissent sur les réseaux sociaux. Par Thomas Fauré, CEO de Whaller

L'usage fait des réseaux sociaux s'est transformé au cours des dernières années. Lors de l'explosion de ce marché, des millions d'internautes ont été convaincus et se sont mis à y publier tout, et parfois n'importe quoi. Repas, sorties, états d'âme, lendemains de soirée, tout y était raconté, tous les éléments de la vie réelle étaient incorporés au sein de la vie virtuelle. Mais, depuis peu, l'internaute revoit sa copie et préfère préserver sa vie privée du regard des autres. Comment l'internaute a-t-il opéré ce volte-face, que s'est-il passé pour que les mentalités évoluent de telle sorte ?

 Surexposition de la vie privée

Les débuts des réseaux sociaux ont entrainé une véritable surexposition de la vie privée procurant à l'internaute un sentiment de toute-puissance. Les notions de confidentialité et d'e-réputation n'existaient pas. C'est ce que l'on pourrait appeler « le premier stade d'usage » des réseaux sociaux, qui s'apparente au stade oral de la psychanalyse de l'enfant chez Freud.

 Mais aujourd'hui, les internautes ont pris conscience que l'impact des réseaux sociaux ne s'arrêtaient pas au virtuel. Pour preuve, bon nombre de chefs d'entreprise et de départements RH avoue consulter les profils des candidats. C'est pourquoi les mastodontes du secteur, ayant contribué à l'explosion du marché, sont à présent régulièrement épinglés pour des soucis de confidentialité et de respect de la vie privée. Le premier stade d'usage est dépassé, les internautes ne veulent plus tout partager, se lier d'amitiés virtuelles avec le plus grand nombre, ou encore être inondés de notifications car ils sont devenus littéralement débordés par les sollicitations constantes.

 Un second stade des réseaux sociaux

En conséquence, les internautes entrent désormais dans le second stade d'usage des réseaux sociaux, qui pourrait, lui, être apparenté à « l'âge anal ». La rétention et le contrôle deviennent les maîtres mots. Les utilisateurs ne veulent plus tout partager, mais au contraire choisir ce qu'ils décident de montrer, et à qui ils décident de le montrer. La satisfaction passe par le pouvoir de contrôler l'usage fait des réseaux sociaux. Et c'est là que le bât blesse. Les usages ont évolué, mais les outils utilisés restent les mêmes. La première génération de réseaux sociaux créés ont été pensés pour répondre aux besoins du premier stade d'usage - et leur philosophie n'est pas toujours compatible avec l'utilisation que les internautes veulent en faire aujourd'hui.

 Redonner le contrôle

 Plus les internautes avanceront vers le second stade d'usage, plus les réseaux sociaux montreront leurs limites. Pour convaincre l'internaute, il faut aujourd'hui lui redonner un sentiment de toute puissance - non pas via la sur-sollicitation mais via le contrôle.

Les nombreuses réclamations à la CNIL prouvent qu'il est important pour les internautes d'avoir le choix : veulent-ils que leurs publications soient visibles de tous ? Veulent-il transmettre leurs données à des organismes tiers ? Ou encore, veulent-ils qu'elles soient conservées ? Pour la plupart des internautes, la réponse est non. Redonner le contrôle à l'internaute revient à lui laisser le choix. Le choix de partager sa vie virtuelle avec le plus grand nombre, ou au contraire avec un groupe restreint. Le choix de ne pas autoriser l'exploitation de ses données personnelles et de ne pas les retrouver sur les moteurs de recherche sans son consentement.

 Quelques start-up investissent le marché avec des solutions répondant à ce besoin de contrôle et de rétention - faisant encore figure de pionnières aujourd'hui cette philosophie devrait se démocratiser rapidement pour que l'offre soit alignée aux nouveaux besoin des internautes - créant ainsi la deuxième génération des réseaux sociaux.

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Commentaires
a écrit le 20/02/2017 à 14:24 :
D'accord avec vous mes les géants du net, la nouvelle économie vivant grâce aux données personnelles de leurs internautes freinent des deux pieds ce mouvement et l'économie classique plus l'Etat sont bien contents de disposer de nos informations également.

Vous êtes bien optimiste en prévoyant une amélioration du phénomène, vu les puissances lobbyistes à l’œuvre j'ai bien peur qu'une maitrise de nos données par nous mêmes ne voit jamais le jour.

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