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Vive l'emprunt national pour les investissements industriels !

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Une chronique de Didier Coutton, professeur de finance à Bordeaux Ecole de Management

DidierCoutton

Alors que l'on s'interroge en séminaire gouvernemental, à Bercy ou avec les partenaires sociaux pour définir les modalités et la destination des fonds collectés par l'emprunt annoncé par le Président Sarkozy, voici quelques idées que l'on pourrait leur souffler.

Le placement de l'emprunt sera, sans nul doute, un succès. S'il est offert aux particuliers, il leur offrira une bonne alternative aux faibles rémunérations de l'épargne, avec un taux proche de 4,5% - le taux offert par EDF pour son émission obligataire à 5 ans. S'il est offert aux marchés financiers, il sera facilement absorbé, car ces derniers affectionnent plus les créances en euros que celles en dollars.

Cibler les particuliers est un acte de développement durable, car il incite à épargner plutôt qu'à consommer pour financer des "dépenses d'avenir ". C'est aussi un moyen d'orienter l'épargne vers l'investissement sans offrir d'incitations fiscales. En outre, contrairement à ce que l'on peut dire sur la cherté d'un tel emprunt à destination des résidents français, son surcoût par rapport à une émission obligataire à destination des marchés financiers s'élèverait pour un emprunt de 100 milliards d'euros, à moins de 700 millions d'euros par an, ce qui n'est pas plus cher qu'une grosse niche fiscale.

Orienter l'épargne vers les investissements de croissance est louable, s'ils peuvent permettre de créer à long terme plus de richesses, que celles consommées ; autrement dit, si ces investissements permettent de réduire les déficits des comptes courants et notamment celui de la balance commerciale. Cela signifie que l'épargne collectée par l'emprunt doit aller vers les secteurs exportateurs et plus précisément les industries manufacturières.

En effet, contrairement à ce que l'on peut dire sur l'intérêt des services et des hautes technologies dans leur contribution à l'économie nationale, ils sont peu contributeurs à la balance commerciale. Les activités industrielles les plus consommatrices de main d'œuvre et les plus exportatrices sont donc celles à privilégier.
 

Didier Coutton

Vos réactions

  • Middle Class a écrit le 29/06/2009 à 16:10 :

    • Si on suit votre raisonnement, le gouvernement devrait aider à créer et financer des activités industrielles ? Risible quand on voit l'ardeur qu'ont eu la gauche et la droite à privatiser à tout va les activité industrielles au cours des 30 années passées. Il est vrai que cela a avant tout bénéficié à la caste de la haute fonction publique qui après un passage dans les cabinets ministériels s'en va pantoufler dans ces grandes entreprises où elle fait grassement sa pelote, qu'elle réussise (comment on mesure cette réussite ?) ou qu'elle échoue. Il s'agit donc de préparer l'avenir des jeunes incompétents mais oh combien prétentieux qui hantent les ministères et qui surtout auront su se faire parrainer par la bonne tendance politique du moment. Un papier sur l'emprunt Giscard qui a failli nous ruiner (le citoyen de base pas celui qui peut souscrire), voilà ce que l'on attend !

  • Fangio a écrit le 29/06/2009 à 16:08 :

    • Et ce type est prof de finance??? Quel incapable! Passons sur le fait que pour monsieur, 700 M?, ce n'est pas grand-chose (à noter que ce serait le coût ANNUEL, et dans une hypothèse basse d'un taux à 3.5% vu qu'à 5 ans, l'Etat emprunte aujourd'hui à 2.75%). Rappelons plutôt l'absurdité d'investir (sur des projets hasardeux qui plus est, comme souvent dans l'historique récent des projets industriels de l'Etat - voir une autre opinion de la Tribune) quand on est à peine capable de de financer correctement ses dépenses de fonctionnement. On notera aussi le procédé ubuesque de lancer l'idée d'un grand emprunt AVANT de voir comment le dépenser. Mais il y a un autre élément que peu de commentateurs ont relevé, mais que quelqu'un se prétendant prof de finance aurait dû déceler: l'ALM de la dette de l'Etat, c'est-à-dire la gestion actif-passif, ou pour faire simple le profilage de la dette. Cet emprunt massif mettrait un mur de dette d'une centaine de milliards d'euros sur une même maturité: c'est foutre en l'air e boulot de qualité de l'AFT qui prend soin de gérer de manière optimisée sa dette, du court terme (BTF) au très long terme (OAT jusqu'à 50 ans). Enfin, notons aussi que d'un point de vue macro-économique, je préfèrerais voir la dette de l'Etat financée par les fonds de pension US et préserver l'épargne des français pour financer la vraie croissance (les entreprises, et notamment les PME, via l'épargne en action, mais aussi tout bêtement via la consommation), parce que les fonds de pension US, eux, ne vont pas le faire... Pour ma part, je vais peut-être m'atteler à une lettre de motivation pour BBordeaux Ecole de Management, apparemment, ils ne sont pas trop sélectifs dans le recrutement de leur corps enseignant...

  • volia a écrit le 27/06/2009 à 19:11 :

    • Ne dites pas n'importe quoi. Supprimons d'abord les niches fiscales et ensuite on verra pour l'emprunt. Les investissements dans l'industrie ne servent à rien en raison de la mondialisation et des délocalisations qui de toute façon continueront. Seuls les investissements dans la matière grise (nos ingénieurs, nos jeunes diplômés) peuvent éventuellement apporter quelque chose, si on accepte de faire produire là où c'est moins cher. Quoique en Chine aussi les ingénieurs sont moins chers. Tout comme les produits "vert" (panneaux photovoltaïques par exemple).

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