La fin des bouchons strasbourgeois grace au grand contournement ?

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Comment réduire les embouteillages dans la capitale alsacienne ? Tel est le débat majeur de la campagne des élections municipales. / DR
Comment réduire les embouteillages dans la capitale alsacienne ? Tel est le débat majeur de la campagne des élections municipales. / DR (Crédits : DR)
Jusqu'aux élections municipales des 23 et 30 mars prochains, La Tribune analysera les enjeux du scrutin dans une vingtaine des principales villes françaises.Troisième volet : Strasbourg. Ici, la relance par l'État du projet de contournement autoroutier de l'agglomération, en pleine campagne électorale, pourrait faire exploser les alliances locales.

Demi-tour sur le grand contournement ouest, alias le GCO ! En pleine campagne pour les municipales, Roland Ries, le maire (PS) de Strasbourg, a cessé de s'opposer au projet de contournement autoroutier de la ville, le GCO donc, qu'il qualifiait depuis plusieurs années de « mauvaise réponse à une bonne question ».

gco

Cette autoroute de 24 kilomètres, déclarée d'utilité publique par décret du 23 janvier 2008, doit détourner de l'A35 les flux en transit qui bloquent, matin et soir, la traversée de l'agglomération. Vinci, l'attributaire pressenti de ce chantier de 750 millions d'euros, s'est vu retirer le projet par le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, en juin 2012.

Officiellement, parce que le groupe français de BTP et de concessions n'avait pas trouvé, sur les marchés financiers, les appuis nécessaires au montage du dossier. Officieusement, a-t-on entendu à Strasbourg, parce que le projet n'a jamais fait l'unanimité en Alsace.

Le GCO, une bonne idée ?

La relance du projet GCO, annoncée par l'État le 21 novembre 2013 sur la base d'un nouveau rapport du Conseil général de l'Environnement et du développement durable (CGEDD), a bousculé l'alliance politique strasbourgeoise entre Roland Ries et le Vert Alain Jund, son adjoint à l'urbanisme depuis 2008. Les deux élus s'accordaient à affirmer que le GCO n'apporterait pas de solution à la mobilité des Strasbourgeois. Ils ne sont plus d'accord. En cas de succès de sa liste verte aux prochaines municipales, à 10 % des voix au premier tour, Alain Jund conditionnera son appui à Roland Ries à une réévaluation du dossier GCO.

« Il a toujours été dit que le financement prévu en partenariat public-privé serait indolore pour les collectivités locales. C'est faux ! » s'emporte Alain Jund. « En cas de déficit d'exploitation, les collectivités finissent toujours par payer. »

La tête de liste des Verts fustige le projet de requalification de l'actuelle A35 en boulevard urbain, préconisée par le CGEDD.

« Pour 200 millions d'euros, il y a mieux à faire : électrifier les lignes de chemin de fer vers Saint-Dié et Sarreguemines, renforcer les liens dans les transports avec l'Allemagne », propose Alain Jund.

Dans son « expertise sur les déplacements dans la périphérie de l'agglomération strasbourgeoise », le CGEDD observe et quantifie la saturation de l'A35 : entre 133.000 et 180.000 véhicules en moyenne journalière. 20% de ces véhicules ne font que transiter par l'agglomération strasbourgeoise, sur un trajet de longue distance.

Le GCO vise à les supprimer. Le nouveau projet, qui se dessine à la lumière de ce rapport de 114 pages, ne serait que légèrement reconfiguré (deux fois deux voies, sans l'emprise foncière qui permettrait l'élargissement sur une troisième voie), et assorti de mesures renforcées pour inciter au report modal aux portes de l'agglomération. Le tracé, entre Vendenheim et Innenheim, tangente les riches terres agricoles du Kochersberg dans la lointaine banlieue ouest de Strasbourg. Il reste inchangé. L'emprise foncière du tracé, amputée de la réserve prévue pour sa troisième voie, est réduite de huit mètres en largeur.

« Le budget serait réduit de 50 à 80 millions d'euros », calcule Jean Panhaleux, inspecteur général des ponts, des eaux et forêts, coauteur du rapport au CGEDD.

Le préfet du Bas-Rhin a prévu le lancement, au début de 2014, d'un nouvel appel d'offres pour la mise en concession.

CCI et entrepreneurs sont pour le contournement

« Ma position n'a pas varié », maintient Roland Ries, partisan d'un boulevard urbain sur l'ancienne autoroute en centre-ville. « La solution viendra des mesures prises pour l'apaisement de la circulation sur l'A35. Je suggère d'y installer des couloirs de bus et de favoriser le covoiturage sur les axes entrants. »

Philippe Richert, président (UMP) du Conseil régional d'Alsace, n'a jamais manqué d'enthousiasme sur le GCO.

« Ce chantier promet 1500 emplois pendant trois ans », prévoit-il sans entrer dans le détail, pourtant douloureux, du cofinancement des collectivités dans un futur PPP. Philippe Richert, optimiste, annonce la mise en service de l'autoroute en 2018.

Les riverains et opposants au projet continuent de se référer à une étude livrée en 2005 du cabinet d'experts allemand TTK. Ils estiment que le report des camions en transit serait quasi-nul, et promettent de nouvelles manifestations. Les chefs d'entreprise, lassés par la congestion quotidienne de l'autoroute à Strasbourg, voient le GCO d'un autre oeil : ils n'ont jamais cessé de militer pour la séparation des flux locaux et de transit. Après le retrait de Vinci, l'action de lobbying menée avec la CCI locale a porté ses fruits. Le 21 novembre 2013, la CCI criait victoire.

« Les rapporteurs ont considéré nécessaire la séparation entre les flux de transit et les flux locaux. Ils estiment que le GCO accueillera entre 26.000 et 30.000 véhicules par jour », affirme son président Jean-Luc Heimburger.

Le contexte transfrontalier de l'agglomération, tangentée à l'est par l'autoroute allemande A5, est secondaire dans les débats à Strasbourg. La mise en place, en 2006, du péage pour les poids lourds en Allemagne (LKW Maut) a pourtant entraîné le report de 3000 camions sur la rive française du Rhin, où l'A35 est gratuite. La mise en oeuvre de l'écotaxe française, repoussée par le gouvernement, aurait rééquilibré les flux entre l'Alsace et le Pays de Bade.

« Le GCO, c'est 121 millions d'euros d'économies par an pour les entreprises de transport de marchandises, calculés en gain de temps », insiste Jean-Luc Heimburger.

Sans oublier les entreprises locales de travaux publics, présentes dans les cercles de lobbying de la CC : l'alsaco-lorrain Lingenheld ne compte pas, dans ce deuxième tour, se laisser souffler le marché par les majors nationales des TP.

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>>> FOCUS
L'OPPOSITION AUSSI DIT VOULOIR LE GCO

« J'avais engagé dès 2006 des études pour requalifier l'A35 en boulevard urbain », rappelle Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg, sèchement battue (41,7% des voix) par Roland Ries en 2008 et de nouveau candidate (UMP) en 2014.

Les études n'ont jamais abouti.

« Le GCO [contournement autoroutier de la ville, ndlr] est une infrastructure nécessaire pour deux motifs », expose aujourd'hui Fabienne Keller.

« D'abord, le blocage de l'A35 paralyse l'économie régionale. Ensuite, il y a le problème de la pollution et des dépassements des seuils d'alerte aux particules fines. Les niveaux qui ont encore été relevés en décembre 2013 sont dangereux pour la santé. Les Strasbourgeois qui habitent à proximité de l'autoroute perdent entre trois et dix mois d'espérance de vie à cause de cette pollution. À Strasbourg, on ne respecte pas les directives européennes en matière de qualité de l'air. »

UMP et PS se seraient-ils réconciliés autour du GCO ?

« Pas du tout. J'ai du mal à croire à la sincérité du revirement de Roland Ries », attaque Fabienne Keller.

« Aujourd'hui, il annonce qu'il faut redémarrer le projet. Pour mieux l'arrêter après les municipales ! » « Je suis partisan du GCO, assorti de mesures fortes d'accompagnement et de la requalification de l'A35 en boulevard urbain », reprend en écho François Loos, ancien président de l'Ademe et tête de liste UDI.

« En cas de dépassement des seuils de pollution aux particules fines, il faut étudier un plan avec des solutions alternatives douces et économes en énergie, en regardant les solutions qui ont été déployées dans les transports publics en Allemagne. Ce plan n'a jamais été étudié à Strasbourg », déplore François Loos.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2015 à 13:59 :
c'est un tres bon site a but lucratif et aux grosse miche
a écrit le 31/01/2014 à 19:35 :
à aucun moment n'est écrit le postulat : toute infrastructure routière génère du trafic supplémentaire.
Le GCO n'est qu'une fuite en avant, d'un autre siècle. La solution c'est une alternative des Transports en Commun face au tout voiture : des trains, des trams, des bus. Je viens de temps en temps à Strasbourg, et en dehors des heures de pointe on y circule très bien. Le projet de tram vers Kehl est une très bonne chose.
a écrit le 31/01/2014 à 18:28 :
Une fois de plus l'on peut constater que nos élus sont des incompétents......Le GCO autoroute qu'il faudra payer ne rapportera rien. D'ici là les décideurs de ce jour "RISS" et CO seront à la retraite avec pas mal d'argent tous les mois et ne verrons plus la merde qu'ils nous ont laissé !!!!!!!
C'est comme Hollande, un copier coller...mensonges et autres !!!!!!
a écrit le 29/01/2014 à 9:17 :
Lorsqu'enfin l'écotaxe sera perçue, le trafic s'effondrera sur cette autoroute, et si un ralentissement résiduel persiste, il restera la possibilité d’ajouter une voie supplémentaire. Cette solution serait beaucoup moins dispendieuse que de faire 50 km d'autoroute en raz campagne...
Réponse de le 30/01/2014 à 5:28 :
Gardez les vos camions énormes qui cassent les routes et polluent l'air.
On preferera les trains et les camions de proximité, meme si ça coute un peu plus cher.Les français ne sont pas favorable au lobby des transporteurs, des routiers soit disant sympas, des bonnets rouges de la bretagne qui n'a aucun péage en favoritisme anormal et qui détruisent des portiques payés par les impots des français, comme des voyoux ...
Réponse de le 30/01/2014 à 19:22 :
Vous inquiétez pas, avec des raisonnements comme le vôtre, la France a déjà perdu la quasi totalité de son transport routier. Ouvrez les yeux et vous verrez qu'il ne reste plus beaucoup de camions français effectuant les longues distances. Tout cela a disparu au profit des transporteurs des pays de l'Est, Pologne en tête. Maintenant, dîtes-vous que pour que le ferroviaire prenne un jour le relais en France (pas demain la veille...), il faudra payer très cher les infrastructures et surtout révolutionner la SNCF, casser la logique syndicale, etc... Bon courage !
a écrit le 29/01/2014 à 9:17 :
Lorsqu'enfin l'écotaxe sera perçue, le trafic s'effondrera sur cette autoroute, et si un ralentissement résiduel persiste, il restera la possibilité d’ajouter une voie supplémentaire. Cette solution serait beaucoup moins dispendieuse que de faire 50 km d'autoroute en raz campagne...
Réponse de le 31/01/2014 à 10:18 :
Si elle est à péage, il n'y aura pas d'écotaxe (il n'y a pas cumul, les autoroutes faisant payer l'entretien des routes plus usées par les camions, les routes c'est mutualisé par les impôts).
a écrit le 29/01/2014 à 9:09 :
Le GCO est une connerie et un désastre écologique.

Strasbourg refait l'erreur des boulevards circulaires comme les périphériques et autres contournements saturés comme l'a86 autour de Paris.

Dommage de massacrer une région pour si peu
Réponse de le 29/01/2014 à 9:33 :
On fait quoi alors on reste les bras croisés. Traverser strasbourg est une vraie pétaudière. Les écologiques veulent le beurre et l'argent du beurre.
Réponse de le 29/01/2014 à 11:16 :
Non ce n'est pas une pétaudière...

De toute façon construisez le CGO mais ça ne changera absolument RIEN.

AU mieux ça arrangera les gogos qui habitent Haguenau et bossent à Sélestat mais rien de plus.

Le trafic sur Strasbourg est lié pour les camions à la bande rhénane.... passer plus à l'ouest n'interesse personne.

Par contre la certitude c'est que le Kochersberg sera massacré...

Pour bien connaître les 2 Strasbourg et RP ces ajouts routiers sont idiots et chers.
Mettez un péage urbain à l'entrée et à la sortie de la CUS pour commencer.

Rendez payant le tronçon Illkirch-Vendenheim avec badge obligatoire et fourni aux riverains et prix modulés sur la journée vous verre le trafic baisser et redevenir normal sans grand coût et les camions disparaitront comme par enchantement.

Pas besoin d'eco taxe... juste un octroi, une barrière de péage.... à l'entrée
Réponse de le 30/01/2014 à 16:06 :
Encore un qui veut des marchandises chez lui et de la nourriture tous les jours mais qui ne veut pas de camions. En plus les barrières pour les autres donc restez bien chez vous et regardez vos feuilletons et continuez à inventer l'eau chaude mais si c'était le cas ça se saurait.

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