Citiz veut doubler son offre dans l'autopartage

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L'organisation a acquis une dimension nationale en 2013 en optant pour la marque unifiée Citiz avec quatorze autres réseaux locaux d'autopartage. Fin 2017, Citiz représente douze réseaux actifs dans 90 villes françaises. L'ensemble totalise 1.100 voitures, proposées à 30.000 utilisateurs abonnés. Les antennes locales sont implantées à Grenoble, Angers, Besançon, Bordeaux, Lille, Metz, Lyon, Poitiers, Marseille, Toulouse et Tours.
L'organisation a acquis une dimension nationale en 2013 en optant pour la marque unifiée Citiz avec quatorze autres réseaux locaux d'autopartage. Fin 2017, Citiz représente douze réseaux actifs dans 90 villes françaises. L'ensemble totalise 1.100 voitures, proposées à 30.000 utilisateurs abonnés. Les antennes locales sont implantées à Grenoble, Angers, Besançon, Bordeaux, Lille, Metz, Lyon, Poitiers, Marseille, Toulouse et Tours. (Crédits : O. Mirguet)
Le réseau coopératif strasbourgeois Citiz, spécialiste de l'autopartage présent dans 90 villes françaises, lève 1,27 million d'euros pour financer son développement national. Souscrit par quatre partenaires financiers institutionnels dont la Caisse des dépôts, cet apport lui permettra de toucher 60.000 abonnés dans cinq ans.

"Nous représentons une troisième voie, coopérative, entre les grands groupes qui opèrent des diversifications et les startups."

Jean-Baptiste Schmider, président et fondateur de Citiz, a réussi son pari : imposer une alternative crédible et nationale face aux constructeurs, énergéticiens et nouveaux acteurs privés, avec son réseau d'autopartage établi sur le modèle de l'économie sociale et solidaire (ESS). Pour sa première levée de fonds (1,27 million d'euros), Citiz a intégré quatre partenaires financiers reconnus dans le financement des projets publics et de l'économie solidaire : la Caisse des dépôts, France Active, Esfin Gestion (Crédit Coopératif) et le fonds INCO (Comptoir de l'Innovation). Un plan de développement sur cinq ans vise à doubler la présence de Citiz en France.

De quoi s'agit-il ? Etabli selon son fondateur sur le modèle d'une "coopérative de coopératives", le réseau Citiz a ancré ses racines à Strasbourg, où la première association d'autopartage a été créée il y a dix-huit ans. Transformée en 2004 en société coopérative, sous le nom d'Auto'trement, l'organisation a acquis une dimension nationale en 2013 en optant pour la marque unifiée Citiz avec quatorze autres réseaux locaux d'autopartage. Fin 2017, au bénéfice des fusions régionales et des réorganisations locales toujours en cours, Citiz représente douze réseaux actifs dans 90 villes françaises. L'ensemble totalise 1.100 voitures, proposées à 30.000 utilisateurs abonnés.

Un secteur "à forte intensité capitalistique et à rentabilité faible"

Les antennes locales sont implantées à Grenoble, Angers, Besançon, Bordeaux, Lille, Metz, Lyon, Poitiers, Marseille, Toulouse et Tours. Sur leurs territoires respectifs, ces services d'autopartage travaillent avec différentes parties prenantes, en accord avec les collectivités : des coopératives d'intérêt collectif (SCIC), une société d'économie mixte (SEM), une société publique locale (SPL), une régie de transport.

"Nous allons poursuivre notre extension géographique, consolider nos structures locales et renforcer la tête de réseau qui fournit le soutien technique et les applications mobiles", détaille Jean-Baptiste Schmider.

Les fonds seront aussi investis dans le renouvellement des flottes, acquises le plus souvent en propre par les structures locales. "Les coopératives ont une part sociale qui ne se valorise pas, d'où l'accès difficile à ce marché. Nous travaillons dans un métier à forte intensité capitalistique et à rentabilité faible", analyse Jean-Baptiste Schmider.

"La Caisse des dépôts a pris 18 participations, ces deux dernières années, liées aux nouvelles mobilités et aux mobilités propres. D'habitude, nous investissons en fonds propres dans des startups. Ici, c'est plus périlleux", confirme Patrick François, directeur régional de la Caisse des dépôts à Strasbourg.

Un modèle alternatif qui vise aussi les très petites communes

Citiz revendique un chiffre d'affaires consolidé de 8 millions d'euros pour l'ensemble de ses antennes locales. L'objectif à atteindre se situe à 16 millions d'euros en 2022, avec 60.000 utilisateurs abonnés dans les grandes agglomérations et dans les villes moyennes. Un modèle alternatif d'autopartage est étudié à l'échelle des très petites communes, où la collectivité deviendrait propriétaire des véhicules à partager entre ses habitants.

"Nous pouvons imaginer de descendre jusqu'à 1.000 habitants", promet Jean-Baptiste Schmider.

Confrontation avec le géant Bolloré dans les grandes villes

A l'autre extrémité de l'échelle, dans les métropoles, le réseau coopératif se heurte à la concurrence du groupe Bolloré qui déploie son offre d'autopartage électrique à Paris (Autolib), à Lyon (Bluely) ou à Bordeaux (Blueclub).

"Bolloré ne nous empêche pas de nous développer, mais il est très difficile d'accéder à des places en voirie pour l'autopartage sur Paris", glisse Jean-Baptiste Schmider dans son registre militant.

"Les composantes de notre réseau ne sont ni délocalisables, ni revendables", avance-t-il. "Nous opérons nos activités dans un souci constant de rentabilité. Comme nous ne vendons pas une partie de notre capital, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des dizaines de milliers d'euros."

Pas de lourdes subventions

Pour financer leur activité, les antennes locales de Citiz ne prétendent pas à de lourdes subventions publiques (8.000 euros à Strasbourg, pour un chiffre d'affaires de 1,8 million d'euros). Elles misent sur une tarification équilibrée, facturée à l'heure et au kilomètre parcouru, carburant inclus. Une course s'établit en moyenne à 60 kilomètres, pour une durée de six heures. La présence de voitures électriques dans les flottes, qui semblerait pourtant conforme au caractère militant de l'opérateur, n'est pas d'actualité.

"Les temps de recharge sont trop longs. Pour être rentables, nos voitures doivent être disponibles en permanence", juge Jean-Baptiste Schmider.

Le parc est composé à 50% de voitures fonctionnant à l'essence, de 30% d'hybrides et 20% de diesel. Entre le militantisme et l'équilibre économique, Citiz cherche encore son juste milieu.

Par Olivier Mirguet, 
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ournaliste correspondant Grand Est pour La Tribune

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[ ENCADRÉ ]

Libre-service et stationnement libre (free floating)

Pour s'affranchir des espaces de stationnement réservés en voirie, toujours difficiles à négocier avec les collectivités, le réseau Citiz a commencé à proposer des voitures en "free floating" à Strasbourg, Toulouse, Bordeaux et Lyon. Dans ce mode alternatif d'organisation, baptisé "Yea !", les voitures n'ont pas de points de stationnement attribués. Elles peuvent être empruntées et déposées n'importe où dans un périmètre pré-déterminé, situé dans les zones urbaines les plus denses. Cette flotte spécifique est constituée d'un modèle unique de voiture (Smart ForFour). La flotte conventionnelle de Citiz comprend cinq catégories de véhicules, de la mini-citadine au minivan. O.M.

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