L'usine de carton ondulé Blue Paper va transformer les déchets en énergie

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La co-entreprise germano-belge a réalisé plus de 140 millions d'euros d'investissements en un peu moins de quatre ans. Et, 26 mois après le démarrage de l'usine, Blue Paper revendique la production de 1 million de tonnes de carton ondulé à Strasbourg.
La co-entreprise germano-belge a réalisé plus de 140 millions d'euros d'investissements en un peu moins de quatre ans. Et, 26 mois après le démarrage de l'usine, Blue Paper revendique la production de 1 million de tonnes de carton ondulé à Strasbourg. (Crédits : DR)
Reprise en 2013 par un duo d'industriels allemand et belge, cette papeterie strasbourgeoise oriente ses investissements vers le développement durable. Une nouvelle chaudière alimentée par les refus industriels issus du recyclage de balles de papier produira 40% de la vapeur nécessaire à la production de carton ondulé.

Le fabricant de carton ondulé Blue Paper a lancé un investissement de 23 millions d'euros pour doter son site strasbourgeois d'une installation de production de chaleur à base de combustibles solides de récupération (CSR). L'incinération de ces déchets, constitués essentiellement de fibres en fin de vie, de bois, de carton et de plastique, entraînera une réduction de 80% de l'utilisation de gaz dans cette usine rachetée en 2013 au géant papetier finlandais UPM Kymmene.

"Les circuits de collecte et les entreprises récupératrices nous livrent la matière première sous forme de balles cerclées. Cette matière première contient entre 7% et 10% de matières incompatibles avec nos process de fabrication", détaille François Bru, directeur général de Blue Paper.

"La nouvelle chaudière permettra de valoriser un flux significatif de refus pour lesquels nous devions trouver un exutoire. Les combustibles solides de récupération étaient jusqu'à présent enfouis en France ou exportés en Allemagne sur des sites de valorisation thermique."

Objectif : réduire la consommation de gaz de... 80%

Opérationnelle au second trimestre 2018, la chaudière se substituera à deux anciennes chaudières à gaz et offrira une puissance de 22 MW, correspondant à une production horaire de 30 tonnes de vapeur. L'usine de Strasbourg entend réduire de 80% la consommation de gaz nécessaire à son activité. Ce projet baptisé Blue Circle marque la volonté des investisseurs de s'inscrire dans les principes de l'économie circulaire.

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a retenu Blue Circle parmi deux projets lauréats en France métropolitaine de son appel à projets Energie CSR 2016, dans le cadre du Fonds Déchets. Elle s'apprête à lui accorder un co-financement pour un montant qui n'a pas encore été rendu public. La participation de l'Ademe sur ce type de projets s'établit en moyenne à 18% des investissements.

"Ce qui se fait de mieux en traitement des fumées"

Ce soutien permettra à Blue Paper de cumuler "ce qui se fait de mieux en traitement des fumées, avec des filtres céramiques et le cumul de deux procédés catalytique et non-catalytique pour l'abaissement des émissions d'oxydes d'azote", se félicite François Bru. La nouvelle installation valorisera jusqu'à 42.000 tonnes de combustibles par an. L'usine strasbourgeoise ne produit que 27.000 tonnes de CSR : le solde sera apporté par d'autres papetiers et centres de tri implantés en Alsace.

Lors de la reprise du site en 2013, le consortium formé par l'allemand Klingele Papierwerke et le belge VPK Packaging proposait de sauver 125 emplois, soit la moitié des 250 emplois de cette ancienne papeterie UPM Stracel, dont l'actionnaire finlandais UPM Kymmene souhaitait se défaire. Les repreneurs sont allés au-delà de leurs engagements. Blue Paper (164 salariés) a produit l'année dernière 380.000 tonnes de papier pour ondulé.

140 millions d'investissements pour un site aujourd'hui "très compétitif"

"Nos effectifs vont atteindre 170 salariés après le démarrage projet Blue Circle", annonce Pierre Macharis, président de VPK Packaging, co-actionnaire de Blue Paper. La conversion du site alsacien en usine de carton ondulé a entraîné des changements de process et s'est accompagnée de la création d'un centre de stockage automatisé, pour 6 millions d'euros en 2016. La co-entreprise germano-belge a réalisé plus de 140 millions d'euros d'investissements en un peu moins de quatre ans. Et, 26 mois après le démarrage de l'usine, Blue Paper revendique la production de 1 million de tonnes de carton ondulé à Strasbourg.

"Nous avons réalisé l'année dernière un chiffre d'affaires de 130 millions d'euros et notre niveau d'endettement est sain", estime Pierre Macharis. "Blue Paper n'a obtenu aucune aide financière sur les premiers investissements. 70 millions d'euros investis à Strasbourg ont été financés par le cash-flow. Ce site est très compétitif et nous espérons développer nos réserves foncières afin d'y apporter des activités complémentaires", annoncent les co-actionnaires, dont les autres unités industrielles en France, en Belgique et en Allemagne absorbent 50% des volumes produits à Strasbourg. Le solde est vendu à des opérateurs extérieurs, proches de l'Alsace.

Olivier Mirguet,
journaliste correspondant Grand Est

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