Six pôles de compétitivité se regroupent dans le Nord-Est

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Séverine Sigrist, présidente d'Alsace Biovalley et fondatrice de Defymed, une startup spécialisée dans la mise au point d'un pancréas artificiel.
Séverine Sigrist, présidente d'Alsace Biovalley et fondatrice de Defymed, une startup spécialisée dans la mise au point d'un pancréas artificiel. (Crédits : O. Mirguet)
Les pôles de compétitivité de la nouvelle région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne ont signé une convention de partenariat pour la fertilisation croisée des technologies, l'action internationale et le partage de bonnes pratiques dans la levée de fonds.

Quel rapport entre les sciences de la vie, les bâtiments durables, l'eau, la bio-économie, les matériaux, les véhicules et les mobilités du futur ? Les six pôles de compétitivité labellisés de la nouvelle région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne n'ont eu que de rarissimes occasions de développer des projets de collaboration. Ils vont tenter de donner une cohérence à la politique industrielle de ce territoire qui s'étend des confins de l'Ile-de-France jusqu'au Rhin. Alsace-Biovalley (Strasbourg), Fibres-Energivie (Epinal/Strasbourg), Hydreos (Nancy/Strasbourg), Industries et Agro-Ressources (Laon/Reims), Materalia (Metz/Charleville-Mézières) et Véhicule du Futur (Etupes/Mulhouse) ont signé le 25 février, à Strasbourg, une convention de partenariat pour intensifier les projets collaboratifs de recherche et développement, appréhender ensemble les marchés internationaux et partager des bonnes pratiques dans la levée de fonds ou la mutualisation des achats.

"Les pôles sont des outils agiles"

Lilla Mérabet, vice-présidente du conseil régional en charge de l'innovation et de la recherche, s'en réjouit:

"Les pôles sont des outils agiles dans la région. Cette collaboration offre une vision prospective du territoire et de son développement économique."

Les équipes d'animation des six pôles du Nord-Est ont identifié trois thèmes prioritaires pour leur collaboration à venir, autour des matériaux agro-sourcés, des objets connectés et de la réalité augmentée.

Faciliter les levées de fonds

Au Conseil régional, promu chef de file de l'action économique depuis la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la république (loi NOTRe, août 2015), on cherche avec les pôles de compétitivité à mettre en cohérence des actions partagées entre des bassins industriels disparates. 18,5 millions d'euros restent disponibles dans un programme régional commun pour l'innovation, mis en place en 2015.

"L'intervention de la collectivité implique d'abord une remise à plat culturelle sur des territoires, comme l'Aube, où les acteurs économiques n'avaient pas l'habitude d'interagir avec le conseil régional", observe Lilla Mérabet.

Pour les start-ups et les PME, le partage des bonnes pratiques sera sans doute le volet le plus bénéfique de cette collaboration. "Il s'agit de faciliter l'accès au label Entreprise Innovante des Pôles, qui permet d'aller plus facilement lever des fonds", promet Séverine Sigrist, présidente d'Alsace Biovalley et fondatrice de Defymed, une startup spécialisée dans la mise au point d'un pancréas artificiel.

"Sur 32 entreprises candidates depuis 2010, sept ont obtenu le label. Certaines ont dû modifier un peu leur modèle économique. Six entreprises ont mené à terme leur projet de levée de fonds pour un montant cumulé de 4,2 millions d'euros", résume Séverine Sigrist.

Crainte du désengagement des pouvoirs publics

La signature de la convention intervient quelques semaines en amont d'une nouvelle série d'audits en vue de la signature des prochains contrats de performance, pour les trois prochaines années. Certains pôles de compétitivité, peu ouverts à l'international ou peu efficaces dans la création d'emplois, craignent-ils d'être "rétrogradés" vers un simple statut régional de cluster ou de grappe d'activités, moins bien doté en financements publics ? La France compte 69 pôles de compétitivité labellisés.

Rien n'interdit au Commissariat général à l'égalité des territoires, qui relève de Matignon, de revoir le dispositif à la baisse. Si les pouvoirs publics se désengagent, les animateurs des pôles de compétitivité craignent de devenir des bureaux de conseil, financés par les seules cotisations de leurs membres.

"Nous ne voulons pas devenir des consultants au service d'une minorité", prévient Thierry Jean, président du pôle Materalia.

En 2015, les six pôles du Grand-Est représentaient 900 entreprises et 400 laboratoires ou instituts de formation. Depuis leur labellisation, entre 2005 et 2010, ils ont soutenu 958 projets collaboratifs pour un investissement de 3 milliards d'euros.

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Commentaires
a écrit le 29/02/2016 à 7:59 :
Pour info sur l'Alsace , ces pôles existaient déjà avant la fusion donc arrêtez de dire qu'on s'accapare de tout.
a écrit le 28/02/2016 à 9:57 :
Si c'est pour que l'Alsace récupère tout comme avec la fusion des régions non merci, on a peut être assez satisfait ces pauvres petit Alsacien.

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