La Tribune

L'A65, très chère nouvelle autoroute... en mal de fréquentation

Quelque 5 700 véhicules empruntent chaque jour l'A65, considérée comme l'autoroute la plus chère de France : le trajet de 150 km pour relier Langon (Gironde) à Pau (Pyrénées-Atlantiques) coûte 20,70 euros, soit 13,80 centimes par km. Selon les écologistes qui s'étaient opposés à sa construction, l'objectif initial était de 7 660 véhicules par jour. © Pascal LE DOARE
Quelque 5 700 véhicules empruntent chaque jour l'A65, considérée comme l'autoroute la plus chère de France : le trajet de 150 km pour relier Langon (Gironde) à Pau (Pyrénées-Atlantiques) coûte 20,70 euros, soit 13,80 centimes par km. Selon les écologistes qui s'étaient opposés à sa construction, l'objectif initial était de 7 660 véhicules par jour. © Pascal LE DOARE
Nicolas César, à Bordeaux, Objectif Aquitaine  |   -  519  mots
L'autoroute Langon-Pau, l'une des premières de l'après Grenelle de l'environnement, vient de fêter ses 2 ans. Un anniversaire au goût amer : le trafic est largement en dessous des prévisions initiales et, au final, c'est le contribuable qui pourrait payer l'addition, selon les associations écologistes.

Dimanche 16 décembre, l'A65 a soufflé sa deuxième bougie. Cette nouvelle autoroute de 150 kilomètres, qui relie Langon en Gironde à la deuxième ville d'Aquitaine, Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, peine à séduire. Elle est connue en France pour... être la plus chère de tout le pays, avec un trajet à 20,70 euros, soit 13,80 centimes par kilomètre. Selon les chiffres d'A'liénor, le concessionnaire, 5 700 véhicules empruntent chaque jour l'A65. « C'est 4 à 5 % de véhicules légers en plus et 10 % de camions supplémentaires par rapport à la première année. Les autres autoroutes perdent du trafic », souligne Olivier De Guinaumont, PDG d'A'liénor.
Peut-être, mais « l'objectif initial était de 7 660 véhicules/jour », rappelle Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, Société pour la protection de la nature dans le Sud-Ouest. Cette association écologiste avait dénoncé « l'inutilité de cette autoroute » et déposé un recours en justice pour l'empêcher de voir le jour. Sans succès. « Nous avons capté 70 % du trafic de véhicules légers potentiels. En revanche, pour les camions, nous sommes à 50% de nos prévisions », tempère Olivier De Guinaumont. Pour lui, si les objectifs ne sont pas tenus, c'est avant tout en raison de la crise économique.

Plus de 30 millions d'euros de déficit

« Mais, il ne faudrait pas que la crise dure. Si la France entre en récession, on aura un problème », reconnaît-il. Car, l'investissement pour le concessionnaire est énorme : 1,3 milliard d'euros, financés à hauteur de 900 millions d'euros par l'emprunt. Les opposants à l'A65 redoutent une faillite du concessionnaire, dont le contrat court sur 60 ans (construction incluse). « Les déficits actuels, 34 millions d'euros en 2011 et presque autant en 2012 (chiffres confirmés par A'liénor, ndlr), ne sont pas durables », souffle Philippe Barbedienne. « En cas de faillite, c'est le contribuable qui paiera. Une clause du contrat prévoit que l'Etat et les collectivités locales en auront la charge. Selon nos études, l'addition pourrait aller jusqu'à 1 milliard d'euros », avertit-il.
« On est loin d'un tel scénario », assure Olivier De Guinaumont. D'après ses calculs, l'A65 devrait être rentable d'ici une dizaine d'années et l'investissement amorti dans environ 40 ans. « N'oublions pas que ce projet porté à 100% par le privé avait été évalué à 500 millions d'euros de subventions publiques. Avant, les autoroutes étaient financées en partie grâce à l'argent public et au contribuable, ce qui explique un coût moins élevé au péage. Avec l'A65, la collectivité a donc fait une belle économie », précise-t-il.

Nouvelle hausse de 3% au 1er février 2013

Par ailleurs, pour doper son trafic, A'lienor mise sur les skieurs de la région, qui gagnent une heure avec cette autoroute pour rejoindre les stations des Pyrénées. Et surtout sur le développement de l'économie locale. « Il y a de nombreux secteurs importants qui sont source de déplacements sur le trajet de l'A65, comme l'aéronautique à Pau, le bois et l'agroalimentaire dans les Landes, le tourisme », avance-t-il. En attendant, les tarifs de l'A65 vont augmenter de 3% au 1er février. L'avenir dira si le modèle économique de ces nouvelles autoroutes est viable.

 

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Commentaires

toni  a écrit le 30/12/2012 à 7:41 :

Les gens de la région ne la prennent pas car elle est trop chère et pour remédier à ce problème on l'augmente.une fois de plus les énarques ont pensé!! Ne pensez vous pas que au lieu de miser sur 7600 véhicu


les à 22e50 ca aurait pas été plus rentable 10000 véhicules à 20e.allez les énarques je vous laisse,je pars 5 min avant et je prend la nationale hihi.

Deudas  a écrit le 19/12/2012 à 8:56 :

Favoriser encore la route en lieu et place du ferroviaire ne vas pas permettre de diminuer la dette! Mais, fais rentrer une fiscalité qui ne représentera jamais la contreparti!

SOLUTION  a écrit le 18/12/2012 à 18:11 :

mettez quelques rond point supplémentaires sur les routes alternatives , limitations à 30 km /h dans les agglomérations et 2/ 3 radars sup et le tour est joué , la fréquentation va grimper . Bon c'est pas très sympa et démocratique mais on ne fait pas d omelette sans casser du français.

BM  a écrit le 18/12/2012 à 15:43 :

Avec un trafic d'environ 7000 véhicules/ jour sur l'axe existant Langon Pau, comment pouvait-on espérer un trafic suffisant pour rentabiliser une voie nouvelle l'A65?
Avec le tracé choisi qui imposait des travaux et ouvrages très chers, ne fallait-il pas s'attendre à un tarif de péage élevé?
Problèmes de rentabilisation de l'ouvrage! Il fallait donc s'y attendre.
Les associations qui ont lutté contre le projet avaient raison.
Aujourd'hui, il est trop tard, il faut faire avec!
Qu'en est-il à ce jour de ce qu'affirmaient nos élus:"le contribuable n'aura pas à payer puisque le concessionnaire prend tout à sa charge." ???

foxraph  a écrit le 18/12/2012 à 14:14 :

Effectivement, il faudrait diminuer le prix
Car si que 10? et finalement le double de voiture c'est exactement pareil.....

Trop cher  a écrit le 18/12/2012 à 13:42 :

20 euros pour 150km c'est beaucoup trop cher, pas besoin de faire de grandes études pour cela... Vu les déficits annoncés et les perspectives d'équillibre dans une dizaine d'année; ils feraient mieux de baisser les tarifs pour voir si cela booste le traffic...

Paco de C  a répondu le 05/02/2013 à 18:17:

Trop simple. On n'apprend pas ce genre de truc dans les écoles élitistes.