La Tribune

Le vaste marché de la pollution de l'air intérieur commence à s'ouvrir

Depuis le 1er janvier 2012, les produits de construction et de décoration sont munis d'une étiquette qui indique, de manière simple et lisible, leur niveau d'émission en polluants volatils. © DR
Depuis le 1er janvier 2012, les produits de construction et de décoration sont munis d'une étiquette qui indique, de manière simple et lisible, leur niveau d'émission en polluants volatils. © DR (Crédits : DR)
Nicolas César, à Bordeaux, Objectif Aquitaine  |   -  405  mots
Les nouvelles constructions aux normes HQE et BBC vont souvent de pair avec une sous-ventilation des locaux, afin de ne pas gaspiller de précieuses calories. Or ce confinement risque d'être un facteur important d'insalubrité de l'air. C'est pourquoi, lentement mais sûrement, la législation commence à évoluer sur la qualité de l'air intérieur : une perspective bien analysée par le laboratoire Excell qui vient de créer une nouvelle certification - « Excell + » - pour garantir un air intérieur zéro défaut à destination des industriels, mais aussi des bailleurs sociaux.

C'est un premier pas : un décret oblige depuis le 1er juillet 2012 des lieux accueillant le public comme les écoles, crèches, centres médicosociaux, salles de sport, centres de loisir à un contrôle biannuel de la présence de contaminants prioritaires dans l'air intérieur de leurs bâtiments. Parallèlement, « il y a une prise de conscience des industriels de la nécessité de maîtriser la qualité de l'air intérieur sous la pression de la législation », observe Pascal Chatonnet. Co-fondateur, en 1992 à Bordeaux, du laboratoire Excell, expert international en qualité de l'air intérieur à Mérignac, dans l'agglomération bordelaise, il est convaincu que la loi va rapidement devenir plus contraignante sur ces questions. Aujourd'hui, nous passons près de 90% de notre temps de vie dans des espaces clos. C'est pourquoi, cet ingénieur vient de lancer une nouvelle certification - « Excell + » - pour un air intérieur zéro défaut. « A terme, ce sera la norme. Nous proposons aux industriels d'avoir un coup d'avance et de se différencier ainsi vis-à-vis du consommateur en intégrant dès maintenant des éléments de protection environnementale de l'air intérieur qui seront importants dans l'acte d'achat demain », avance-t-il.

Un marché à 250 millions d'euros en Europe

Depuis le 1er janvier 2012 déjà, les produits de construction et de décoration sont munis d'une étiquette qui indique, de manière simple et lisible, leur niveau d'émission en polluants volatils. Les cloisons, revêtements de sols, isolants, peintures, vernis, colles, adhésifs..., destinés à un usage intérieur, sont concernés. Sans oublier l'ameublement. Un marché global évalué par Excell à 250 millions d'euros en Europe. En 2012, l'entreprise a réalisé 400 000 euros de chiffre d'affaires et a contrôlé plus de 250 produits dans le secteur agroalimentaire, pharmaceutique et viticole, son c?ur de métier. Depuis ses débuts, elle intervient notamment dans les chais, des locaux qui souffrent souvent d'une sous-ventilation.
Pour cette année, Pascal Chatonnet est ambitieux et serein. « Nous envisageons de doubler notre chiffre d'affaires », annonce-t-il. 5 nouveaux collaborateurs devraient être recrutés d'ici deux ans : un ingénieur, deux techniciens et deux commerciaux. Et ce n'est qu'un début. A l'heure du BBC et du HQE, le marché des bailleurs sociaux et de l'immobilier d'entreprise devrait être prochainement impacté par une réglementation sur la qualité de l'air intérieur. De quoi permettre à Pascal Chatonnet de voir l'avenir en grand.


 

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Commentaires

Asimon  a écrit le 16/01/2013 à 17:24 :

Les logements anciens sont mal isolés parce que dans les années 1960 on rabotait les bas des portes pour mettre de la moquette, et parce qu'on a ensuite viré ces moquettes pleines d'acariens nauséeux (vus au microscope). Il y a donc plein de petits courants d'air à présent qui passent sous les portes.
Moi je veux une loi pour financer le rallongement des bas de portes.
Ce qui devrait suffire, puisque, selon les meilleurs esprits, la planète se réchauffe : plus besoin de se calfeutrer.

idée verte  a écrit le 16/01/2013 à 16:54 :

après les villes à la campagne,on va faire les jardins dans les maisons

José  a écrit le 16/01/2013 à 14:41 :

Les nouvelles réglementations thermiques et l'air du temps écolo ont "boosté" l'uitilisation de l'ouate de cellulose. Comme on ne donne plus d'avis technique favorable aux traitements à base de sels de bore, les industriels se sont tournés vers d'autres traitements dont certains dégagent une forte odeur d'ammoniaque. Sans parler des colles polyuréthane et autres joyeusetés employées. Plus encore qu'une dépollution des intérieurs, c'est une information sur ce qu'on vend vraiment au client qui serait nécessaire.

legal  a écrit le 16/01/2013 à 9:45 :

Super, de plus en plus de normes contraignent toute l'économie non délocalisable pour créer des charges supplémentaires et créer de l'emploi. Le problème c'est que l'économie intérieure se casse la gueule. Ce n'est pas viable, il faut de la production et de l'export.