La Tribune

Les 30 PME les plus innovantes d'Aquitaine

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Nicolas César, à Bordeaux (Objectif aquitaine)  |   -  4849  mots
Ces dernières années, la région Aquitaine a fait émerger de nouvelles filières, créatrices d'emplois, comme le numérique, le laser, les drones, la chimie verte, le solaire... Leurs innovations sont porteuses d'avenir.

IMMERSION, LE REFERENCE DE LA SIMULATION 3D
Lorsque Christophe Chartier crée à Bordeaux cette société en 1994, le concept de réalité virtuelle n'en est qu'à ses prémisses. Depuis, les industriels ont mesuré tous les bénéfices de cette technologie : raccourcissement des délais de conception, visualisation à l'échelle réelle, facilitation du travail en équipe pluridisciplinaire et à distance, accélération du processus de décision, etc. Et Immersion a séduit les plus grands : LVMH, PSA, Renault, l'armée de l'air française, EADS, Airbus, Eurocopter, Areva... Elle est devenue un des leaders européens des systèmes de simulation visuelle et de réalité virtuelle sur mesure.



Désormais, autour de ses salles immersives, la PME développe des applications uniques, brevetées, comme la table tactile multipoint et le Cube 3D, « Cubtile », qui permettent de manipuler intuitivement les objets et accélèrent la prise de décision en groupe. « Avec la table Meetiiim, on peut transférer les données de la table vers le portable et vice-versa. Ainsi, chacun peut quitter la réunion avec le contenu dans son téléphone », précise Christophe Chartier. Ici, pas moins d'un tiers de l'effectif est dédié à l'activité de R&D. Il y a quelques jours, le musée Louvre-Lens a dévoilé une « bulle immersive », réalisée par Immersion, permettant aux visiteurs de voir l'image en relief sur un écran sphérique avec des lunettes. En 2012, l'Inpi Aquitaine lui a décerné le prix de l'innovation.
Actuellement, Immersion travaille sur un important projet européen, Total airport security system. L'objectif est d'optimiser les bureaux des opérateurs des centres de contrôle dans l'aéroport pour lutter efficacement contre le terrorisme. Il s'agit de fusionner, d'intégrer des données de différents types de capteurs en temps réel et sous-systèmes dans une variété de modes, y compris fixe et mobile, jusque-là éparpillées sur plusieurs écrans. Avec la démocratisation des écrans multitouch sur les smartphones, le marché est en pleine expansion. En 2012, son CA a atteint 6,6 millions d'euros, en hausse de 20 %.

FONROCHE, CAP SUR LES NOUVELLES ÉNERGIES
En 2008, lorsque Yann Maus crée Fonroche dans la zone d'activités de l'Agropole d'Agen, dans le Lot-et-Garonne, il n'a que quatre salariés. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, ce jeune PDG de 42 ans dirige un groupe, qui compte 270 personnes et a réalisé 257 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011. C'est devenu l'un des leaders mondiaux du solaire. Le secret de sa réussite? « Nous sommes à la fois développeur, constructeur, investisseur, poseur et exploitant des centrales », explique Yann Maus. Fonroche a su aussi se diversifier. Après le biogaz, le groupe se lance désormais sur le marché de la géothermie. Yann Maus promet d'y investir 400 millions d'euros et de créer 500 emplois directs dans les dix ans à venir.

BHR-HELITECHNICA, LES PREMIERS HÉLICOPTÈRES 100% EN COMPOSITE DE CARBONE
« Ce sont les seuls hélicoptères au monde fabriqués 100% en ca-bone », se félicite Pascal Bernuchon, le président de BHR-Helitechnica. La société vient de déménager dans une nouvelle usine plus grande, de 1800 m2, à Bayonne, pour produire le Fandango et le Mustang. Il aura fallu six ans de recherche et développement pour créer ces hélicoptères plus légers, plus résistants et moins chers! Le prix du Fandango est de 200000 euros et celui du Mustang, de 149500 euros. Plus de 100 précommandes sont déjà enregistrées, dont certaines venant de pays d'Afrique qui souhaitent équiper leurs forces de police, et d'autres de riches entrepreneurs européens.

EVTRONIC, POUR RECHARGER LA VOITURE ÉLECTRIQUE
Précurseur, dès 2007, Éric Stempin, ex-ingénieur du Réseau aquitain véhicules électriques (Ravel), s'est positionné sur les bornes de charge en créant Evtronic à Pessac, près de Bordeaux. Résultat, il est aujourd'hui l'un des leaders en Europe du secteur. Cette PME propose des bornes permettant une recharge intégrale en six heures. Et surtout, depuis juin, une borne de recharge rapide : en 10 minutes de charge « Pulse 50 », qui ore 40 km d'autonomie. Aujourd'hui encore, les deux tiers des effectifs (18 personnes) se consacrent à la R&D. La start-up (2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012) vient de remporter des marchés à La Rochelle et à Bordeaux. Son carnet de commandes est rempli pour les cinq mois à venir.

MUQUANS, LA MAÎTRISE DES ATOMES REFROIDIS
Cette spin-o de l'Institut d'optique de l'Observatoire de Paris, créée en 2011 à Pessac, près de Bordeaux, a inventé l'horloge la plus précise au monde. Sa technologie, unique et brevetée, repose sur l'utilisation d'atomes piégés et refroidis par laser. Elle ouvre la voie à une nouvelle génération d'instruments de mesure. L'horloge atomique de Muquans s'adresse au marché des télécommunications et de la Défense (géopositionnement par satellite). Son deuxième produit phare, le gravimètre atomique, est destiné, lui, à l'exploration des sous-sols, à l'industrie gazière et pétrolière. Deux marchés de niche, mais qui pèsent chacun 20 millions d'euros à l'international. « D'ici 2015, nous visons 5 millions d'euros de CA », indique Bruno Desruelle, le PDG.

STANTUM, L'ÉCRAN MULTITOUCH AVANT APPLE, L'E-EDUCATION EN LIGNE DE MIRE
Dès 2005, deux ans avant la sortie de l'iPhone, trois Bordelais, Guillaume Largillier, Pascal Joguet et Julien Olivier, autodidactes en informatique, ont commercialisé la première tablette à écran tactile multipoint pour les musiciens. Baptisée, Lemur, sous la marque Jazzmutant, elle a même séduit des stars telles que Björk, Daft Punk... Mais, ce marché de niche était trop étroit. Forte d'une vingtaine de brevets, Stantum a alors proposé avec succès sa technologie aux fabricants et assembleurs à l'étranger. La société (30 salariés, 1,5 million d'euros de CA) se diversifie désormais dans l'e-éducation, où elle veut devenir leader avec une tablette dédiée. Elle vient de remporter un appel d'offres (à 1 million d'euros) du ministère de l'Éducation nationale. « Le potentiel est énorme, car l'iPad ne permet pas la création de contenus, ce qui rend l'élève passif », souligne Guillaume Larguilier, directeur exécutif de Stantum.

INNOVEOX TRANSFORME LES DÉCHETS LIQUIDES DANGEREUX EN EAU
Créée en 2008, cette start-up bordelaise a une technologie unique au monde. Par un processus « d'oxydation hydrothermale supercritique », type « cocotte-minute », elle est capable de transformer des déchets industriels liquides dangereux en eau. À un coût inférieur ou égal aux incinérateurs. Le fruit de quinze ans de recherche. Il y a un peu plus d'un an, elle a dévoilé une unité industrielle pilote à Arthez-de-Béarn, près de Pau. Son PDG, Jean-Christophe Lépine, s'apprête à décrocher ses premiers contrats, dont le montant se situe entre 10 et 30 millions d'euros! Dans les cinq prochaines années, Innoveox vise le déploiement de 72 unités industrielles en Europe.

CONCOURSMANIA, LE NUMÉRO 1 DES JEUX DE CONCOURS EN LIGNE
Julien Parrou n'avait que 22 ans lorsqu'il a créé Concoursmania à Bordeaux en 1995 et décidé d'arrêter ses études de droit. Aujourd'hui, il est à la tête du leader français des jeux de concours en ligne, qui emploie 75 salariés. Sa progression est spectaculaire : 4,8 millions de chiffre d'affaires en 2009, 10,5 millions en 2011, 15 millions en 2012 et 30 millions prévus en 2014... Il avait compris avant les autres que les marques allaient communiquer de plus en plus par le jeu et Internet. Concoursmania, qui dispose d'un laboratoire permanent du marketing en ligne, a ses sites propres, comme jeux.com, et se rémunère avec la publicité. Sa deuxième activité consiste à organiser des campagnes sur mesure pour ses clients (SNCF, Air France, Studio Canal, Toys'R'Us, etc.).

E-DEVICE, LES AMÉRICAINS S'ARRACHENT SA BOX MÉDICALE
À l'origine, en 2000, cette société, implantée à Mérignac, près de Bordeaux, était spécialisée dans la connexion des machines entre elles via Internet. Mais, depuis mai 2012, E-device a pris une autre dimension en lançant sa box médicale, la seule au monde utilisable par n'importe quel opérateur. Aux États-Unis, elle fait fureur. 100000 appareils sont déjà connectés. En 2012, l'entreprise et ses 20 salariés ont réalisé 5,3 millions d'euros de CA. « Nous avons le potentiel pour être leader mondial. Nous allons de plus en plus sur la spécialisation médicale, avec des appareils pour le diabète, les problèmes cardiaques », assure Marc Berrebi, cofondateur de la société. Objectif : 25% de croissance par an sur les prochaines années.

MAXSEA, LE MEILLEUR LOGICIEL DE NAVIGATION MARITIME
Architecte naval de formation, Brice Pryszo a créé en 1985 cette société au Pays Basque avec une idée audacieuse : équiper chaque bateau d'un ordinateur individuel. Puis il a multiplié les innovations au fil des années : premier affichage des cartes en mode « seamless », premier fichier météo numérique reçu à bord, invention de l'affichage en 3D des fonds marins... Leader en Europe et aux États-Unis dans le domaine des logiciels de navigation pour la plaisance et les professions de la mer, Maxsea international (70 salariés, 7 millions d'euros de CA, en hausse de 15%) est disponible en 12 langues et équipe plus de 25000 bateaux dans le monde. Une version inédite pour les tablettes vient d'être lancée pour le marché des « petits » bateaux.

I2S, L'ALTERNATIVE À GOOGLE POUR NUMÉRISER LES FONDS DES BIBLIOTHÈQUES
Cette PME, leader international des scanners patrimoniaux, a inventé l'an dernier Limb, première solution logicielle complète permettant aux bibliothèques de traiter les images et les textes numérisés, de les convertir et les diffuser sur Internet, smartphones et tablettes. Installée à Pessac, dans l'agglomération bordelaise, cette PME de 70 salariés a plusieurs premières mondiales à son actif : découverte du Titanic en 1985, avec ses « caméras de l'extrême », création en 2006 du scanner automate le plus rapide au monde... « Nous venons de numériser le plus grand coran du monde, 2,28 m de haut pour 1,55 m de large et 500 kg », précise Jean-Louis Blouin, président du directoire d'I2S. Cotée sur Alternext, I2S (14,3 millions d'euros de CA en 2012) ne cesse de grandir. En 2011, elle a racheté l'américain Kirtas, numéro un mondial de la numérisation de livres.

FERMENTALG, L'OR VERT DES MICRO-ALGUES
Comment remplacer le pétrole, qui va se raréfier, et développer la pisciculture afin de diminuer l'exploitation intensive des océans? Pour Pierre Calléja, PDG de Fermentalg, la solution, ce sont les micro-algues. Le marché des applications est gigantesque : cela va de l'alimentation animale à la cosmétique, en passant par la nutrition, la chimie verte ou les biocarburants. En 2009, cet ingénieur a créé sa start-up, à Libourne, près de Bordeaux. Aujourd'hui, après des années de recherche avec son équipe de 35 personnes, il est capable de produire des micro-algues à une échelle industrielle et plus vite que les Américains. Sa technique est brevetée. D'ailleurs, dès 2011, cette jeune entreprise, déjà leader européen du secteur, a signé une première joint-venture industrielle et commerciale avec Sofiprotéol, propriétaire de Lesieur, pour fabriquer des huiles alimentaires riches en oméga 3 (EPA-DHA), ces acides gras dont notre c?ur et notre cerveau ont besoin. En Europe, cela représente un marché de 260000 tonnes. Une première usine de production est en construction.



En 2012, Fermentalg a aussi fait rouler une voiture avec un biocarburant à base de micro-algues, sans adaptation spécifique. Une première en Europe. Avec Turbomeca, le n°1 mondial des turbines d'hélicoptères, Fermentalg projette de produire des biocarburants pour l'aéronautique, toujours à partir de ces micro-algues. « Les micro-algues peuvent être cultivées hors terre et sont bien plus productives que le colza. Elles peuvent stocker 70% d'huile. Toute la planète s'y intéresse », observe-t-il. Pas étonnant que le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) ait choisi la société comme partenaire R&D pour développer les applications. Soutenu par des fonds d'investissement de premier rang dont Demeter Partners, CEA Investissements et Emertec, la PME a déjà levé 7,5 millions d'euros de fonds. Ce n'est qu'un début pour un futur prometteur: le marché international est évalué à 5 milliards d'euros.

AMPLITUDE SYSTÈMES, LE TOP DU TRANSFERT DE TECHNOLOGIE
« Au début des années 1990, les lasers femtosecondes [avec des impulsions ultracourtes atteignant le millionième de milliardième de seconde, ndlr] ressemblaient à de gros instruments complexes de laboratoires qui encombraient une grande pièce. Leur utilisation dans l'industrie était impensable », se souvient Éric Mottay. Mais, en 2000, à Bordeaux, le laboratoire Celia, avec les équipes du CNRS et de l'université Bordeaux 1, réussit la prouesse de faire tenir le laser femtoseconde sur une feuille A3. Une rupture technologique majeure. Éric Mottay est l'un des premiers à comprendre que ces lasers ont un grand avenir dans l'industrie. Dès 2001, ce diplômé de l'École nationale supérieure d'optique crée Amplitude Systèmes, à Pessac, près de Bordeaux et du campus universitaire. « Il n'y avait alors pas de produit. On a démarré en autofinancement sur des marchés préindustriels en vendant à des laboratoires de recherche appliquée et des centres technologiques », explique-t-il.
Durant les cinq premières années, la start-up se consacre au développement technologique. Dès 2009, Amplitude systèmes a atteint 6 millions d'euros de CA. Aujourd'hui, le groupe (90 personnes à Bordeaux, 18 millions d'euros de chiffre d'affaires, 65 salariés dans l'unité de Paris et 17 millions de CA) profite à plein de l'éclosion du secteur et vient de lever 30 millions d'euros. Les domaines d'application sont multiples : micro-usinage de très grande précision pour l'industrie (métaux, verre, céramique...), contrôle qualité, chirurgie ophtalmologique, fabrication de cellules photovoltaïques, d'écrans plats, de semi-conducteurs, etc. « Demain, nos lasers seront aussi utilisés pour fabriquer des composants à l'échelle micrométrique, prédit Éric Mottay. Notre vocation est de devenir la Rolls Royce de grandes industries ». D'ici cinq ans, le groupe devrait au moins doubler son CA, réalisé à 90% à l'export. En douze ans, la start-up est devenue l'un des leaders mondiaux des lasers à impulsions brèves.

AEC POLYMERS, LES NOUVELLES COLLES INDUSTRIELLES
Cette jeune PME, installée au Barp, en Gironde, près du chantier du laser mégajoule, a mis au point les meilleures colles structurales en méthacrylate au monde. Elles sont plus souples (jusqu'à 400% d'étirement) que les colles à base d'époxy, et plus résistantes (capable de supporter des écarts thermiques de - 50°C à + 200 °C). C'est une nouvelle génération de colles industrielles qui remplacent les soudures et les rivets. Elles sont de plus en plus utilisées dans les secteurs de l'automobile, du ferroviaire et de l'aéronautique. À l'heure où l'on cherche par tous les moyens à diminuer la consommation en carburant des véhicules et avions, cette colle se révèle précieuse et permet, par exemple, de gagner 500 kg sur le poids d?un bus. « Le marché décolle. En un an, nous devrions passer de 1,5 à 4 millions d'euros de CA! », affirme Christian Bret, le président d'AEC Polymers.

CHEOPS TECHNOLOGY, EN PLEINE CROISSANCE SUR LE CLOUD
Cette PME bordelaise, spécialiste des data centers, a connu 272% de croissance sur les cinq dernières années! Grâce à un bon positionnement sur le cloud (externalisation des systèmes informatiques des entreprises), où elle compte déjà plus de 70 clients. Depuis fin 2012, la société (360 salariés, 62,6 millions d'euros de CA) a décroché l'agrément au niveau le plus élevé pour héberger et infogérer toutes les applications dans la santé. « Nous ne sommes que cinq en France à l'avoir, et l'une des premières entreprises à lancer une ore dédiée au secteur », souligne Nicolas Leroy-Fleuriot, PDG de Cheops Technology. Il vient de signer un contrat avec Medi-partenaires pour ses 25 cliniques.

SNAPP, CHAMPION EUROPÉENDES CARTES DE FIDÉLITÉ DÉMATÉRIALISÉES
Fini les multiples cartes de fidélité qui encombrent nos portefeuilles. Il y a trois ans, Snapp a créé Fid Me, qui réunit vos cartes de fidélité sur mobile. Aujourd'hui, cette application téléchargeable sur tous les téléphones compte 2 millions d'utilisateurs dans 80 pays, et en 14 langues. La PME bordelaise (1,3 million d'euros de CA, 20 salariés) est leader européen du secteur. Le fruit d'un business model simple, mais efficace. Les grandes enseignes (Auchan, Décathlon, Ikéa...) paient pour être présents dans Fid Me. Pour le grand public et les petits commerçants, c'est gratuit. Prochaine étape : « Intensifier notre présence en Europe et mettre en place des fonctions de monétisation », dévoile Jean-Benoît Charreton, président de Snapp.

HÉLILÉO, L'ENVOL DE LA GÉOLOCALISATION
Bernard Panefieu, un ancien de la Direction générale de l'armement, a créé en 2008 cette PME landaise (11 salariés, 1,1 million d'euros de CA). Il avait compris le potentiel des GPS et s'est tourné vers des applicatifs pour l'agriculture, l'e-santé. Aux traceurs, ses ingénieurs ont couplé un back office qui donne en temps réel des informations précieuses (consommation, positionnement des appareils...). Mais, l'innovation sur laquelle Héliléo mise aujourd'hui, c'est TechVie, conçu en partenariat avec le cluster thermal Aqui-O-Thermes. Il s'agit d'une tablette numérique qui intègre des données médicales et guide les patients dans leur cure. Principal client visé : les thermes de Dax, qui reçoivent 70000 personnes chaque année. Commercialisation : début 2014.

IMAGINE ÉDITIONS, LEADER FRANÇAIS DE L'INFORMATIQUE MÉDICALE
1991, les débuts de Windows. À la même époque, les Bordelais Maryline Minault et son mari, informaticien, commercialisent un logiciel permettant aux médecins de gérer les dossiers de leurs patients. Quatre ans plus tard, leur société familiale a 800 clients, alors que la feuille de soins électronique n'arrivera qu'en 1998. Leur logiciel, Hellodoc, est désormais n° 1 en France chez les médecins et les structures de groupes. Aujourd'hui, Maryline Minault, autodidacte, est PDG d'une PME de 130 salariés réalisant 9 millions d'euros de CA. Pour préparer le monde de demain, où une personne pourra être suivie à distance par son médecin, cette PME continue d'innover et travaille actuellement sur une nouvelle version de son logiciel, 100% tablettes et Internet.

ASOBO, LE STUDIO DE JEUX VIDÉOQUI INNOVE POUR MICROSOFT
Premier développeur indépendant de jeux vidéo en France, cette PME bordelaise (80 personnes, 7 millions d'euros de CA en 2012), fondée en 2002 par des anciens de Kalisto, travaille pour les plus grands du milieu. En 2007, elle a produit pour Walt Disney le jeu « Ratatouille », vendu à 2,5 millions d'exemplaires dans le monde, puis en 2010 le blockbuster de Disney-Pixar « Toy Story 3 » pour les PSP & PS2. Le studio a développé « Kinect Héro », sortie en mars 2012, une aventure Disney-Pixar pour Microsoft, qui vient à nouveau de leur confier un juteux contrat. « Nous avons plus de dix ans d'expérience dans les jeux vidéo, chose rare, et sommes capables d'innover sous la pression. C'est ce qui fait la diérence », explique Sebastian Wloch, codirigeant d'Asobo.

CEVA SANTÉ ANIMALE, PÉPITE DE L'INNOVATION AU SERVICE DES VÉTÉRINAIRES
En 2012, ce groupe spécialiste de la fabrication de médicaments vétérinaires, (3000 salariés, dont 750 au siège social à Libourne en Gironde, qui abrite aussi un laboratoire R&D), s'est encore illustré en produisant deux importants vaccins (Transmune IBD, Vectormune ND) qui protègent les élevages de volailles contre trois maladies majeures (Gumboro, Newcastle, Marek). Porté par de bons résultats - 607,3 millions d'euros de CA consolidé, en hausse de 10% -, il a décidé d'investir 15 millions d'euros à Libourne, afin de moderniser et d'améliorer la productivité de la ligne de fabrication de produits injectables. Ceva Santé Animale consacre chaque année 9% de son chiffre d'affaires à la R&D. Un acteur incontournable de l'innovation en Aquitaine.

ROBOSOFT, LE ROBOT DE DEMAINPOUR LES PERSONNES DÉPENDANTES ET... L'ARMÉE
En 2012, dans le cadre d'un projet européen, cette société basque, installée dans la technopole de Bidart, a testé pour la première fois de l'histoire un robot-com-pagnon chez une personne âgée. Ce robot accompagne la personne dépendante au quotidien : il lui rappelle de prendre ses médicaments, gère ses rendez-vous, sert de téléphone et de visioconférence. Leader européen de la robotique de service, cette PME créée en 1985, est déjà présente dans les hôpitaux avec des robots d'assistance pour la logistique. Mais, pour l'heure, son principal client est... le ministère de la Défense. Aujourd'hui Robosoft (22 salariés) produit une vingtaine de robots par an, de 20 kg à 12 tonnes! En 2012, son CA a atteint 3,2 millions d'euros.

GOUPIL, LE « BOOM » DES VÉHICULES UTILITAIRES ÉLECTRIQUES
Installé depuis sa création en 1996 à Bourran (Lot-et-Garonne), le leader européen des véhicules utilitaires électriques pour les collectivités, l'industrie et les loisirs s'exporte désormais outre-Atlantique. Il a livré 32 exemplaires de son modèle G3 aux Etats-Unis à l'automne denier. Une centaine d'autres devraient suivre cette année. Car l'entreprise a été rachetée en 2011 par l'américain Polaris Industries, fabricant de véhicules tout-terrain et de motoneiges, cotée au Nyse-Euronext, qui nourrit de fortes ambitions pour elle à l'export.
Depuis 2005, cette société de 93 personnes surfe sur une croissance annuelle de son CA (25 millions d'euros en 2012) de près de 40%! Elle vend plus de 1200 véhicules par an à des clients prestigieux comme Volkswagen en Allemagne, Airbus, Peugeot et aux grandes capitales européennes : Madrid, Amsterdam... Toujours à la pointe du secteur, Goupil a inventé en 2010 le G5, premier véhicule hybride rechargeable au monde.

CAUDALIE, LE FLORISSANT BUSINESS DES RAISINS EN COSMÉTIQUE
En 1995, Mathilde Thomas, fille du couple Cathiard, propriétaire du célèbre grand cru classé bordelais, le château Smith Haut-Lafitte, a fait la révolution « verte » dans la cosmétique, bien avant les géants du secteur. Avec son mari, elle a développé une gamme de soins « naturels » à base de pépins de raisin, en s'appuyant sur les travaux du professeur Joseph Vercauteren, qui venait de découvrir que ces pépins contenaient des polyphénols, des molécules naturelles « mille fois plus efficaces que la vitamine E » contre le vieillissement de la peau. Leur société, qui continue d'investir fortement dans la R&D, compte maintenant 120 millions d'euros de CA, 11000 points de vente dans le monde et emploie 500 personnes, dont 300 en France, où elle est numéro un de l'antirides.

EUROPLASMA, LES DÉCHETS INDUSTRIELS TRANSFORMÉS EN ÉLECTRICITÉ
En octobre 2012, cette société a mis en service dans les Landes CHO-Power, première centrale de production par valorisation de déchets et de biomasse forestière. Cette unité unique au monde permettra une fois à pleine puissance (12 mégawatts) d'éclairer 50000 personnes en recyclant 50000 tonnes de déchets par an. « Aujourd'hui, seuls 20% des déchets industriels banals sont revalorisés dans les incinérateurs traditionnels. Nous, c'est 40% », souligne Didier Pineau, le PDG. Si cette usine pilote fait ses preuves, huit autres installations similaires devraient voir le jour prochainement en France et en Angleterre. À l'horizon 2020, le PDG espère installer 75 usines. À terme, le marché potentiel est énorme : 11,2 milliards d'euros. En 2011, Europlasma a réalisé un CA de 58 millions d'euros (40,8 en 2010).

EXOES, LA CHALEUR DES POTS D'ÉCHAPPEMENT TRANSFORMÉE EN ÉLECTRICITÉ
«En 2020, les constructeurs automobiles devront payer une amende si la moyenne des émissions de CO2 de leurs véhicules dépasse 95 g/km, l'objectif fixé par l'UE », rappelle Arnaud Desrentes. Pour y arriver, sa PME, Exoes, fondée en 2009 à Gradignan, a inventé un procédé qui récupère la chaleur dans les pots d'échappement des véhicules (actuellement, un tiers de l'énergie de la voiture y est perdu) pour produire de l'électricité et faire avancer le véhicule sur les 100 premiers mètres, là où la consommation est la plus importante. Les premiers essais auront lieu en mai 2013, mais déjà Exoes a des clients tels que PSA et des propects américains et coréens. « Notre objectif est d'atteindre 10 millions d'euros de CA en 2015, contre 200000 euros en 2012, et 100 salariés, contre 15 aujourd'hui », révèle Arnaud Desrentes.

CIS VALLEY, L'UN DES DATA CENTERS LES PLUS SÉCURISÉS D'EUROPE
Filiale de la Caisse d'Épargne, CIS Valley (123 salariés) est en pleine expansion sur son activité d'infogérance. En 2012, la PME a investi plus de 4 millions d'euros dans deux nouveaux data centers de 1500 m2, près de Castres. Avec un taux de disponibilité exceptionnel : 99, 999%.
« Nous sommes capables de déployer des infrastructures en moins de 10 minutes contre... 15 jours habituellement. Et, nous sommes installés dans un data center bancaire, l'un des trois les plus sécurisés d'Europe », souligne Mathieu Le Treut, le directeur du développement. L'entreprise, dont le siège social est à Bordeaux, vise un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros d'ici fin 2014 (32,1 millions en 2012).

REPETTO, LA QUALITÉ MADE IN FRANCE RÉINVENTÉE
Première collection de prêt-à-porter de son histoire, avec 19 pièces numérotées, inauguration de boutiques au Brésil, bientôt à Dubaï et en Chine... Repetto est en pleine effervescence. En 1999, lorsque Jean-Marc Gaucher l'a rachetée, la marque créée en 1947 par Rose Repetto, mère du danseur Roland Petit, affichait un déficit cumulé de 100 millions d'euros. L'ex patron-fondateur de Reebok en France a redressé la marque, avec ses propres deniers, en misant sur l'innovation et l'exclusivité de ses produits.
Repetto (350 salariés) a dépassé les 60 millions d'euros de CA en 2012 (+ 20%). Objectif : 100 millions d'euros d'ici quatre ans. En juillet 2013, Jean-Marc Gaucher va continuer à innover en créant son parfum, avec Interparfums.

SERMA TECHNOLOGIES, LE HAUT DE GAMME DE L'ÉLECTRONIQUE
C'est le 1er laboratoire français indépendant d'expertise de composants électroniques. Serma Technologies conseille, expertise, analyse, contrôle et teste les composants, cartes et systèmes électroniques achetés par les grands groupes (EADS, Thalès, Safran, PSA, Alstom...). « Notre business model est unique en Europe. Avec la mondialisation, les grands comptes ont délocalisé, mais ont besoin de s'assurer de la haute fiabilité de leurs composants fabriqués en Asie », explique son directeur des opérations, Marc Dus. Alors que les fermetures de sociétés d'électronique se sont multipliées ces dernières années, la PME (175 salariés sur son site de Pessac, près de Bordeaux), recrute près de 20 personnes chaque année.

PRAGMA INDUSTRIES, LA PILE À HYDROGÈNE EN PLEINE CHARGE
Lancée en juillet 2004 par Pierre Forté, ex-ingénieur dans l'aéronautique chez Dassault, cette start-up a mis au point fin 2012 la première machine au monde à bobiner des piles à combustible. Des piles qui stockent trois fois plus d'énergie qu'une batterie lithium-ion. L'entreprise lève actuellement 4 millions d'euros de fonds, afin de construire mi-2015 une usine produisant 50000 unités par an, soit dix fois plus que ses concurrents. Pragma Industries cible le marché des vélos électriques, des outils portatifs et mobiles, ou encore des groupes électrogènes. « Il y a déjà 30 millions de vélos à assistance électrique dans le monde. Et le marché, croît de 35% par an », souligne Pierre Forté.

AERODRONES, N°1 DES STATIONS AU SOL POUR LES DRONES
« Je ne connais pas une PME du secteur créée en même temps que nous en 2006 et qui existe encore aujourd'hui », lance Hubert Forgeot, directeur d'Aérodrones à Bidart, au Pays Basque. Les drones ont tardé à décoller, faute de réglementation les autorisant. Mais, cette start-up issue du Conservatoire national des arts et métiers, lauréate en 2006 du concours national de la création d'entreprises innovantes du ministère de la Recherche, a su réorienter son business model. « Après avoir développé quelques drones, nous nous sommes tournés dès 2007 vers le contrôle des commandes et l'analyse des données, où le marché était plus mature », précise le PDG.
Aérodrones intervient comme intégrateur et « customise » ses produits, afin que les capteurs de performance répondent à des problématiques métiers. Ses produits font référence dans le monde entier. En 2012, Thales a décerné le prix de l'innovation à cette PME, qui a mis au point avec l'Inria un système unique permettant de faire voler des drones avec des données vidéo, sans avionique.
Aujourd'hui, la TPE (11 salariés) est leader européen des stations au sol pour les aéronefs sans pilotes. Ses clients sont pour la plupart dans le civil (Total, GDF-Suez, Air Marine...), à l'exception du ministère de la Défense. 50% de son activité est réalisée sur le marché des avions de surveillance.
Hubert Forgeot (31 ans) vient de recevoir un nouveau prix pour un projet transfrontalier entre l'Aquitaine et le Pays basque espagnol pour les drones de surveillance maritime, destiné à lutter contre la pollution. En 2012, Aerodrones a réalisé 1,9 million d'euros de CA et enregistré une croissance à deux chiffres. Progressivement, la réglementation laisse les drones prendre leur envol. De nombreux secteurs sont demandeurs : la sécurité, l'inspection industrielle, l'environnement, l'agriculture, la communication et les médias (drones pour émissions). « Le meilleur est à venir. La seule question, c'est : quand? », s'interroge Hubert Forgeot.

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