L’innovation : seule voie pour sortir la Bretagne de la crise

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Le Club La Tribune a réuni vendredi 8 novembre à Rennes une centaine de responsables politiques, de dirigeants et de chefs d’entreprise bretons© Marc Ollivier.
Le Club La Tribune a réuni vendredi 8 novembre à Rennes une centaine de responsables politiques, de dirigeants et de chefs d’entreprise bretons© Marc Ollivier. (Crédits : Marc Ollivier)
Prendre des risques, oser et accompagner les changements : lors du Club La Tribune qui s’est réuni vendredi 8 novembre à Rennes, les intervenants ont donné une image de la réalité bretonne très éloignée des clichés répandus dans certains médias ces jours-ci.

L'innovation était au cœur des débats du club La Tribune organisé vendredi 8 novembre à Rennes. Pour parler des innovation en Bretagne comme arme anti-crise des PME, La Tribune avait réuni Loïg Chesnay-Girard, vice-président de la région Bretagne, délégué à l'économie et à l'innovation, Karine Prie-Latimier, chargée d'affaires Innovation BPI France Bretagne, Jacques Mallet, directeur Territorial Côtes d'Armor chez ERDF, Ronan Dolle, responsable Innovation chez BDI (Bretagne Développement Innovation) ainsi que quatre chefs d'entreprises : Jean François Gautier, président-fondateur de JFG-Développement, Hervé Balusson, PDG d'Olmix, spécialiste des solutions naturelles pour la nutrition et la santé animale et végétale, Kayvan Mirza PDG Optinvent, spécialiste de l'imagerie et de l'optique, et Berthier Luyt, dirigeant du FabShop, leader français de l'impression 3D personnelle.

30 millions investis chaque année dans les PME innovantes par la Région

Bien que la crise de l'agroalimentaire qui secoue la Bretagne occupe encore la une de l'actualité, les invités ont chacun à leur niveau tenu à rappeler que cette région restait une terre d'innovation. Selon les résultats de l'enquête sur l'innovation (CIS), près de six PME bretonnes sur dix déclarent avoir innové au cours ces quatre dernières années, tous secteurs confondus. Un résultat supérieur à la moyenne des autres régions. « Nous investissons chaque année 30 millions d'euros dans l'innovation », a rappelé Loïg Chesnais-Girard, investissements dans la conception ou l'amélioration de biens et services, mais aussi sur les procédés de production, ou encore les organisations.

Cinquième région la plus innovante

Aujourd'hui, cinquième région la plus innovante, selon le cabinet Altarès, la Bretagne souffre néanmoins de choix industriels notamment dans l'agroalimentaire qui met à mal son tissu social et économique. Certes « il y a eu des erreurs de commises notamment dans les abattoirs, et la crise est là pour nous le rappeler », a reconnu le vice-président de la région mais « de très belles entreprises dans l'agroalimentaire se portent très bien. La Bretagne si elle veut gagner doit innover » a-t-il conclu.

Les algues, l'or breton de demain

Présent également dans les salons de l'hôtel Lecoq Gadby, Hervé Balusson, le PDG d'Olmix (Bréhan, 56), lui a emboîté le pas pour rappeler de son côté que… l'innovation sans financement n'est rien ! Pris pour un « farfelu » il y a quelques années, lorsqu'il est allé chercher des financements pour produire des aliments à base d'algues, l'avenir lui a donné raison : de quelques millions d'euros de chiffre d'affaires début 2000, son entreprise qui réalise 80% de ventes à l'international génère aujourd'hui plus de 60 millions de chiffre d'affaires et emploie près de 250 collaborateurs. « Et demain, a-t-il expliqué, la filière algue que nous développons, pourrait créer des milliers d'emplois car l'enjeu est de nourrir 9 milliards d'hommes ! ». Un argument qui fait mouche en ces temps de crise économique…

Des lunettes bretonnes face aux « Google Glass »

La Bretagne innove, la Bretagne investit… un tableau idyllique tempéré par Kayvan Mirza, dont la société, Optivent, conçoit des lunettes connectées, concurrentes des fameuses Google Glass. Les Français, selon lui, commettent deux fautes : la première est de délaisser leur outil industriel - « il faut pro-dui-re ! », a-t-il martelé - et la deuxième concerne, selon lui, un manque de financement chronique pour les PME. « Nous manquons d'ambition. Il faut absolument embrasser et accompagner les ruptures », a-t-il souligné en prenant l'exemple du walkman : à l'époque de son lancement, certains expliquaient que « les gens allaient se tuer en écoutant leur walkman dans la rue »…

50% des projets d'innovation n'arrivent pas à terme

L'investissement n'est pas un frein, lui a rétorqué Jean-François Gautier, dont la société a investi dans 24 entreprises innovantes, en rappelant que la France est « le 2ème industriel mondial du capital risque ». « Tout le monde trouve du financement, a-t-il estimé. Le problème est le passage à la deuxième phase, après le laboratoire, il faut pouvoir développer son réseau commercial ». De fait, la phase du passage du laboratoire à la production et au marché reste une étape critique dans la vie des jeunes entreprises. « 50% des projets que nous finançons sont des échecs, a rappelé Karine Prie-Latimier de BPIFrance Bretagne. Nous prenons donc des risques ».

Les dégâts des tempêtes réparés en 24H

Prendre des risques, oser et accompagner le changement : les intervenants ont donné une image très éloignée des clichés répandus dans les médias ces jours-ci. La Bretagne de demain se décide aujourd'hui. Politiques et entrepreneurs en sont absolument convaincus. Les initiatives pour accompagner les PME se multiplient. A titre d'exemple, BDI lance un programme pour aider les entreprises innovantes et propose 20 000 € de fonds financés à 75% pour toute entreprise de moins de 250 salariés. Une pierre de plus pour financer la « glaz » économie bretonne, une économie verte (terre), bleue (mer) et grise (intelligence).

Tempête économique

Vaste programme mais aux réalités très concrètes, a conclu Jacques Mallet, d'ERDF Cotes d'Armor : « Grace à l'innovation, dans nos outils et nos organisations, nous réparons les dégâts d'une tempête en 24H contre une à deux semaines auparavant ». Un message qui ira droit au cœur des Bretons secoués non seulement par une tempête économique, mais aussi parfois par des tempêtes météorologiques.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2013 à 11:03 :
Voilà un article qui redonne courage! La Bretagne se relèvera! Cela grâce à son unité, à la volonté de sa population à défendre sa terre. Aussi je pense que plus de pouvoir à la région serait réellement boostant compte tenu que nous possédons de réels atouts, la France elle même aurait tout à y gagner. Nous devons compter sur nous même d'abord, sur l'innovation bien sûr et rester forts et unis dans une volonté de faire progresser notre Bretagne au delà des clivages politiques. Nous devons trouver un nouveau chemin pour notre agriculture.
Réponse de le 21/01/2014 à 8:34 :
Je pense plutot que la bretagne parle beaucoup, est trop chauvine, égoiste , prétentieuse. Mais en terme de vrais solutions, ya rien, que du blabla et de la frime, de l'argent foutu en l'air, distribué entre copains et copines.
a écrit le 12/11/2013 à 21:20 :
La Bretagne et detruite par les allemands et l'union europeenne mafieuse!!

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