Les algues d’Olmix vont aider l’Afrique à améliorer sa sécurité alimentaire

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Hervé Balusson (à gauche), le PDG d’Olmix, et Charles Providence Gomis, l’ambassadeur en France de la Côte d’Ivoire, lors de la présentation du projet d’implantation, près d’Abidjan, d’une usine pour la fabrication de produits pour les animaux à base de concentrés d’algues bretonnes et d’un laboratoire de santé animale © Laurent Ranou
Hervé Balusson (à gauche), le PDG d’Olmix, et Charles Providence Gomis, l’ambassadeur en France de la Côte d’Ivoire, lors de la présentation du projet d’implantation, près d’Abidjan, d’une usine pour la fabrication de produits pour les animaux à base de concentrés d’algues bretonnes et d’un laboratoire de santé animale © Laurent Ranou (Crédits : Laurent Ranou)
En marge du Salon de l’Agriculture qui se déroule actuellement à Paris, Olmix et Charles Providence Gomis, l’ambassadeur en France de la Côte d’Ivoire, ont confirmé le projet d’implantation à Abidjan de la société bretonne spécialisée dans les biotechnologies bleues destinées à la nutrition et à la santé animales.

26 février 2014, Hall 7, salle Vega, 10h : les représentants d'Olmix et de la République de Cote d'Ivoire tiennent une conférence de presse, à quelques mètres seulement du brouhaha du Salon international de l'Agriculture, avec son cortège de belles Limousines et autres Blondes d'Aquitaine, ses kilomètres de saucissons ardéchois, et ses milliers de visiteurs. Et pourtant, qu'on ne s'y trompe pas, l'avenir de l'agriculture pourrait bien (en partie) se dessiner ici, dans cette petite salle discrète. Le projet, ambitieux, présenté aux journalistes repose sur deux implantations en Côte d'Ivoire : une usine dans la Zone Franche de Grand Bassam, près d'Abidjan, dont l'activité portera sur la fabrication de produits pour les animaux à base de concentrés d'algues bretonnes et de protéines locales et l'implantation d'un laboratoire de santé animale, d'analyse des mycotoxines et de sécurité alimentaire, placé sous l'égide de la Côte d'Ivoire, premier laboratoire de ce type en Afrique de l'Ouest.

Une chute de la mortalité de 50% dans les élevages

L'Afrique est en effet confrontée, en raison de son climat, à une forte présence de mycotoxines dans les matières premières destinées à la nutrition animale et humaine (café, cacao, etc.). Les mycotoxines sont des composés toxiques produits par des champignons qui se développent en milieu favorable et à des niveaux de température et d'humidité propices. Ils pénètrent dans la chaîne alimentaire après contamination de cultures destinées à l'alimentation humaine et animale. Mercredi 26 février donc, ont été présentés les résultats spectaculaires obtenus avec des produits à base d'algues sur des élevages de poulets de Côte d'Ivoire : ils font apparaître une baisse de la mortalité de 50% ! (résultats d'essai terrain SeaLyt-Searup spark 2013). « Nous sommes déficitaires en viande, a rappelé Charles Providence Gomis, l'ambassadeur en France de Côte d'Ivoire, et c'est un des secteurs clés au niveau de notre indépendance alimentaire qu'il faut pousser ».

10 ans de R&D dans les biotechnologies bleues pour valoriser les algues

Depuis 10 ans, le Groupe Olmix, expert dans les biotechnologies bleues et déjà présent aujourd'hui en Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria, Mali) conçoit des produits naturels à base de concentré d'algues visant notamment à améliorer la nutrition et la santé animale. La R&D du Groupe s'appuie sur la technologie du cracking qui extrait les principes actifs (molécules) des algues pour les intégrer dans des produits finaux. Ces produits naturels sont des substituts partiels aux produits pharmaceutiques et chimiques destinés la santé et la nutrition animale et végétale.

« Un projet absolument crucial pour l'Afrique de l'Ouest »

De nombreuses personnalités ivoiriennes ont rappelé lors de ce point presse qu'elles fondaient beaucoup d'espoir sur ce projet, l'agriculture constituant la base de l'économie ivoirienne. Ce secteur emploie les deux tiers de la population active et contribue pour 35% au PIB total et pour 70% aux recettes totales de l'exportation. « Ce projet permet de faire comprendre aux éleveurs et aux décideurs que l'élevage est un bien pour maintenant mais surtout pour demain car nous n'arriverons pas à nourrir les populations avec des produits artificiels et chimiques », a ainsi souligné Aimé Franck Essoh, conseiller vétérinaire au ministère des Ressources animales et halieutiques en Côte d'Ivoire.

Des algues pour nourrir 9 milliards d'hommes

De fait, l'enjeu est de taille et les Ivoiriens l'ont compris : derrière l'élevage, il y a… les hommes ! Les programmes de recherche visant à développer des produits à base de protéines issus des algues vertes, rouges et brunes que développe Olmix doivent à terme, espèrent ses dirigeants, servir à l'alimentation humaine. « Nous savons que les algues sont une des solutions pour nourrir les 9 milliards d'hommes qui peupleront demain notre belle planète ! », a martelé Hervé Balusson, le PDG d'Olmix. L'entrepreneur en est d'ailleurs convaincu : l'aventure de l'algue ne fait que commencer…

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Commentaires
a écrit le 07/10/2014 à 11:11 :
Pour avoir fait un entretien chez eux, c'est une entreprise bien huilée, avec de belles équipes ! Un champion de centre Bretagne !
a écrit le 28/02/2014 à 18:19 :
Ces algues s'appellent de la spiruline/chlorella, cela existe depuis des années et se consomme partout dans le monde ! Les algues "d'olmix" c'est très bien et très très très bon pour la santé.

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