Aircall remporte le Global Challenge du Web2day

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Le jury de la finale sur la scène du global Challenge au Web2day: Start'inpost, cabinet BDO, Numa, les fonds d'investissements Isai et Elaia Partners, Everbrite. (Olivier Pailhès (Aircall) avec le tee-shirt vert)
Le jury de la finale sur la scène du global Challenge au Web2day: Start'inpost, cabinet BDO, Numa, les fonds d'investissements Isai et Elaia Partners, Everbrite. (Olivier Pailhès (Aircall) avec le tee-shirt vert) (Crédits : Frédéric Thual)
Evènement emblématique du festival du numérique Web2day qui vient de se dérouler à Nantes, le concours de startups "Global Challenge" a consacré deux jeunes pousses du numérique, l'une positionnée sur les communications téléphoniques, l'autre sur les objets connectés dans l'agriculture.

C'est devenu un rituel. Et l'un des évènements les plus courus des startupers français et d'ailleurs. De 36 candidats la première année, le Global Challenge a attiré deux cent huit startups, cette année. "Tout juste le double de l'an dernier. Grâce à nos réseaux, à la visibilité du festival et de la métropole labellisée French Tech, le concours a pris du poids", explique Florian Herveou, organisateur du Global Challenge, en partenariat avec la Cantine numérique. Au point d'attirer des candidats venant du Québec, de Belgique, d'Italie, d'Allemagne ou du Togo et de participer à l'internationalisation du Festival du digital nantais Web2day qui revendiquait plus de 2.300 inscriptions quand le congrès mondial Vélo-city, voisin organisé en même temps, affichait 1.550 participants. Au point, aussi, de faire venir quarante-cinq investisseurs, principalement des fonds d'investissements parisiens (Alven Capital, Balderton, Isaï, Elaia, Ventech, Partech... et le nantais Go capital) contre une trentaine l'an dernier.

Des besoins de 80.000 euros à 2 millions d'euros

Parmi les deux cent huit postulants, cinquante ont été sélectionnés pour participer à une journée de pitch de quatre minutes, menés pour la première fois exclusivement en anglais, devant un jury composé d'un investisseur, d'un banquier (Banque populaire Atlantique ou BNP Paribas), et deux entrepreneurs (iAdvize et 4 Mod Technology). Les startups ont été  réparties en quatre groupes selon leur besoin en financements  (de 80.000 euros à 2 millions d'euros). Huit d'entre elles ont, au terme d'une journée marathon, constitué une "short list" composée d'Aircall dans la téléphonie, Weenat dans l'agriculture, Stream data dans les technologies, Biosamples dans les biotehnologies, Peak me up dans le management, Ommi dans l'immobilier, Wecut dans la mode (remplacée par Busybee dans l'industrialisation), Haiku dans le vélo. Une véritable diversité, reflet de l'évolution des usages et de l'intégration progressive du numérique dans les différentes composantes d'une société en cours de digitalisation.

Des pros du pitch

Samantha Jerusalmy, du fonds Elaia Partners, venue pour "sourcer des deals", repérer de nouvelles pépites et occuper le terrain. En visant des projets  de moins de 250.000 euros de chiffre d'affaires , ayant moins de 5 ans d'existence et non rentables... et dépourvus d'investisseurs au capital, observe :

"A l'instar des pitch en anglais, les projets sont de plus en plus qualitatifs mais ils  ne rentrent pas forcément dans ma cible. Soit parce qu'ils sont trop gros ou que leur marché me semble trop restrictif...Ce rendez-vous  permet, néanmoins,  de prendre quelques contacts que l'on va suivre... "

 "Même si les projets sont de qualité ou d'envergure inégales, on assiste à une vraie montée en compétences des pitchers qui, d'emblée, montrent qu'ils maitrisent l'anglais et sont, sur ce point, prêts à aller à l'international. Et le pitch, c'est la porte d'entrée des startups ", observe, à son tour, Julien Hervouët, fondateur et dirigeant d'iAdvize, ex-start-up qui compte aujourd'hui une centaine de salariés.

Des numéros de proximité à l'international

Vouloir rayonner à l'international, c'est notamment le cas d'Aircall, une plateforme téléphonique permettant d'obtenir une flotte de numéros de téléphone locaux dans plus d'une trentaine de pays, d'associer des équipes à ces numéros, de gérer les appels à l'autre bout de la terre, à partir d'une application disponible sur PC et sur mobile. Une manière d'offrir, pour un abonnement mensuel à partir de 29 dollars, une impression de proximité pour les sites de e-commerce ou des réseaux internationaux, qui ont besoin d'être interconnectés et réactifs.  "L'idée est venue du constat des difficultés de la banque d'images Fotolia, qui après avoir transmis ses images à travers la planète avait toutes les peines du monde à gérer ses communications téléphoniques derrière", explique Olivier Pailhès,  fondateur d'Aircall, vainqueur du Global Challenge, pour qui, en dépit de la visibilité offerte, ce concours arrive presque trop tard. "Nous venons de lever 800.000 euros, et notre développement passe par une implantation rapide aux Etats-Unis, plus que par un déploiement en Europe où les réseaux téléphoniques sont plus complexes à maitriser", dit-il, espérant transformer son succès d'estime (300.000 appels générés l'an dernier) en chiffre d'affaires sonnant et trébuchant.

L'agriculture connectée

Derrière la communication, c'est l'agriculture qui a séduit le jury du Global Challenge. "Ça m'intéresse beaucoup parce que ce sont des secteurs qui commencent à toucher aux objets connectés. Et là, ce ne sont pas des projets fumeux, mais de vraies boites ", constate Mounia Rkha du fonds d'investissements Isai, elle aussi, membre du jury, qui a décerné le second prix à la jeune start-up lilloise Weenat, fondée par Jérome Leroy. Avec un ensemble de capteurs longue portée, sans fil, autonomes et...  robustes, le jeune entrepreneur veut connecter l'agriculture, pour mieux maitriser les productions, et permettre de meilleures prises de décision. Née dans le Nord de la France, la startup recrute, aujourd'hui, deux ingénieurs agronomes et s'apprête à venir implanter une antenne à Nantes. "Et y créer des emplois", assure Jérôme Leroy.

Troisième prix de ce Global Challenge : Peak me up. Un outil ludique et professionnel de management commercial... à double tranchant. Le vote du public a lui, en tout cas, préféré Ommi, une application de location immobilière innovante, très ancrée sur les réalités quotidiennes.

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